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le MINFI inquiet de la montée en flèche des chiffres
Selon les données fournies par le ministère des Finances, entre juin 2024 et mars 2026, en l’espace de seulement 21 mois, il y a eu plus de 55 % d’enfants déclarés.
Ces données sont un motif d’inquiétude pour le ministère des Finances. C’est le sens de la réunion tenue le mercredi 3 juin 2026 à Yaoundé.
Pour le gouvernement, il s’agit de renforcer « les mécanismes de contrôle et de transparence à travers l’Opération d’Audit des Allocations Familiales (AALFA) ».
Le ministre des Finances Louis Paul Motaze a présidé le 3 juin à Yaoundé la session de lancement du Comité de pilotage de l’opération AALFA Audit des Allocations Familiales du Personnel de l’État.
« L’objectif de l’opération AALFA est d’extirper du fichier solde tous les enfants alignés frauduleusement et de recouvrer les sommes indûment payées », a indiqué le ministre des Finances Louis Paul Motaze.
L’enjeu à travers cette activité est de démarrer « les travaux visant à vérifier l’authenticité des déclarations ouvrant droit aux allocations familiales dans la Fonction publique. »
Les Objectifs sont de parvenir à garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques, à préserver l’équité entre les agents de l’État, à renforcer la fiabilité du fichier solde et à lutter contre les déclarations irrégulières.
En deux ans, la facture annuelle supportée par l’État a bondi de 21 à 38 milliards de francs CFA. Pour le gouvernement, cette évolution ne peut pas se justifier uniquement « par la seule démographie ».
Pour mettre fin à cette inflation des déclarations jugées douteuses, des brigades d’audit seront déployées sur l’ensemble du territoire national pour vérifier, dossier par dossier, l’authenticité des actes de naissance produits et la réalité des situations familiales déclarées.
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Bini à Warak : trois groupements en lice pour auditer un projet énergétique enlisé depuis 2018

(Investir au Cameroun) – Le ministère de l’Eau et de l’Énergie a franchi une nouvelle étape dans le dossier Bini à Warak. Dans un communiqué publié le 3 juin 2026, le département ministériel dirigé par Gaston Eloundou Essomba a dévoilé la liste des candidats présélectionnés pour réaliser l’audit technique et financier du projet d’aménagement hydroélectrique de Bini à Warak, dans la région de l’Adamaoua.
Trois groupements ont été retenus à l’issue de l’avis de sollicitation à manifestation d’intérêt lancé le 31 mars 2026. Le groupement Auditec-Foirier Consulting arrive en tête avec 89 points, devant SICAF-Hydreole, crédité de 82 points, et Brainstorm Consulting-Moore-Labogexp, qui obtient 77 points. Ces candidats sont désormais admis à soumissionner à l’appel d’offres national restreint devant aboutir au choix du consultant chargé de conduire la mission.
Au-delà d’une simple procédure de passation de marché, cet audit constitue une étape sensible pour la relance du projet. Il doit permettre au gouvernement de disposer d’un état des lieux technique, financier et contractuel avant toute nouvelle phase de développement. La mission devra notamment vérifier les travaux déjà réalisés, leur conformité avec les engagements contractuels, les livrables disponibles, les montants effectivement investis et l’état des factures introduites en paiement.
Sur le plan financier, l’enjeu est important. L’audit doit clarifier les coûts historiques du projet, les dépenses engagées, les dettes éventuelles ainsi que l’exécution des financements mobilisés avant l’arrêt du chantier. Cette clarification apparaît nécessaire avant l’entrée dans un nouveau schéma de développement, notamment pour sécuriser les engagements de l’État, rassurer les partenaires financiers et réduire les incertitudes héritées de la première phase du projet.
Le projet Bini à Warak avait initialement été confié à l’entreprise chinoise Sinohydro Corporation Limited dans le cadre d’un contrat EPC signé en 2013. Il portait alors sur la construction d’un aménagement hydroélectrique de 75 MW destiné à renforcer l’approvisionnement en électricité des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Le chantier, lancé avant d’être interrompu, est resté enlisé depuis 2018-2019, dans un contexte marqué par la suspension du financement associé au projet.
Dans la perspective de sa relance, le gouvernement camerounais a engagé un nouveau processus avec la société britannique Savannah Energy, appelée à développer le projet sous un modèle de producteur indépendant d’électricité. Le nouveau schéma envisagé ne se limite plus à l’hydroélectricité. Il prévoit un aménagement hybride hydro-solaire d’une capacité pouvant atteindre 95 MW, intégrant notamment une composante solaire photovoltaïque de 40 MW.
Cette évolution modifie la portée économique du projet. En combinant production hydroélectrique et solaire, Bini à Warak est présenté comme un actif stratégique pour le Réseau interconnecté Nord, une zone régulièrement confrontée à un déficit d’offre électrique. Sa relance pourrait contribuer à améliorer la disponibilité de l’énergie dans le septentrion, à condition que le montage financier, les responsabilités contractuelles et les passifs de l’ancien chantier soient clairement établis.
Les conclusions de l’audit seront donc déterminantes. Elles devraient permettre d’identifier ce qui peut être conservé, régularisé ou renégocié avant l’entrée dans une nouvelle phase de développement. Pour l’État comme pour les investisseurs potentiels, l’exercice vise surtout à transformer un projet longtemps bloqué en actif bancable, capable de mobiliser de nouveaux financements et de répondre aux besoins énergétiques du nord du Cameroun.
Amina Malloum
Lire aussi :
17-06-2025 – Barrage de Bini à Warak : le Cameroun peaufine la finalisation des indemnisations sur un projet à l’arrêt depuis 7 ans
30-09-2024 - Au Cameroun, le septentrion compte 3 fois moins d’abonnés au service de l’électricité que le Littoral et le Sud-Ouest |
05-09-2022 - Barrage de Bini à Warak (75 MW) : las d’attendre la reprise des travaux depuis 4 ans, Sinohydro quitte le chantier |
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le dossier Carlos Baleba ralentit

Le dossier Carlos Baleba semble marquer le pas du côté de Manchester United. Alors que le milieu de terrain camerounais figurait parmi les priorités des Red Devils pour renforcer leur entrejeu, le club mancunien aurait désormais avancé davantage dans ses discussions pour recruter Mateus Fernandes, selon les informations de talkSPORT.
L’intérêt de Manchester United pour Baleba ne serait toutefois pas totalement abandonné. Ces dernières semaines, les dirigeants anglais auraient quelque peu ralenti leurs démarches concernant l’international camerounais, sans pour autant fermer définitivement la porte à une offensive lors du mercato estival. À ce stade, aucune décision finale n’aurait encore été prise.
Le club d’Old Trafford suit le joueur depuis plusieurs mois. Déjà l’été dernier, Manchester United avait tenté d’attirer le milieu de Brighton dans ses rangs. Mais les exigences financières des Seagulls avaient considérablement compliqué les négociations. Le club de la côte sud aurait alors réclamé plus de 100 millions de livres sterling pour laisser partir son joueur, un montant jugé excessif par les Red Devils.
Malgré ce coup de frein, les discussions entre les différentes parties n’auraient jamais totalement cessé. Toujours selon talkSPORT, un accord sur les conditions personnelles existerait déjà entre le clan Baleba et Manchester United. Un élément qui pourrait faciliter une éventuelle reprise des négociations dans les semaines à venir.
Parallèlement, les dirigeants mancuniens continuent d’explorer plusieurs options afin de renforcer leur milieu de terrain. Parmi elles, la piste menant à Mateus Fernandes semble aujourd’hui la plus avancée.
Si Manchester United paraît désormais concentrer ses efforts sur d’autres cibles, le dossier Carlos Baleba reste l’un des feuilletons les plus surveillés de ce mercato estival. L’avenir du milieu camerounais pourrait encore connaître plusieurs rebondissements avant la fermeture du marché des transferts.
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Cameroun : un MoU État–AGL–Camalco pour relancer le corridor ferroviaire Edéa–Kribi–Lolabé–Campo

(Investir au Cameroun) – L’État du Cameroun, Africa Global Logistics (AGL) et Camalco doivent franchir, ce jeudi 4 juin à Yaoundé, une nouvelle étape dans le projet de corridor ferroviaire Edéa–Kribi–Lolabé–Campo. Les trois parties sont attendues pour signer un mémorandum d’entente destiné à encadrer les discussions autour de cette infrastructure, appelée à connecter le réseau ferroviaire national au port en eau profonde de Kribi et, à terme, aux flux miniers d’exportation.
Derrière cette signature, l’enjeu dépasse la seule construction d’une ligne. Il touche à la recomposition de la logistique nationale autour du rail, des ports et des mines. Pour l’État, il s’agit de renforcer la desserte du Sud et la compétitivité des corridors. Pour AGL, déjà présent dans la logistique portuaire et ferroviaire, le projet peut consolider son rôle dans l’acheminement des marchandises. Pour Camalco, filiale de Canyon Resources, il s’agit surtout de sécuriser l’évacuation de la bauxite de Minim Martap.
La cérémonie est prévue à l’hôtel Starland, sous la présidence du ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngallè Bibehe. Selon les éléments disponibles, le MoU doit poser le cadre d’un partenariat public-privé portant sur les études, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance de la future infrastructure. Il ne constitue donc pas encore une décision finale d’investissement.
Le corridor Edéa–Kribi–Campo figure depuis plusieurs années dans la planification ferroviaire camerounaise. En 2021, le gouvernement préparait déjà une table ronde des investisseurs pour deux projets totalisant 291,5 km : Edéa–Kribi–Campo, long de 184,5 km, et Douala–Limbé–Idénau, long de 107 km. L’intitulé Edéa–Kribi–Lolabé–Campo renvoie à cette ambition de desserte du Sud et de connexion à Kribi. Mais plusieurs paramètres restent à préciser : linéaire exact, phasage, coût, concession et calendrier.
Kribi, maillon stratégique
L’intérêt économique du projet est lié à la montée en puissance du port de Kribi. Cette infrastructure en eau profonde est appelée à jouer un rôle croissant dans la stratégie portuaire camerounaise. Mais son potentiel reste limité par la qualité de ses dessertes terrestres. Une liaison ferroviaire renforcerait la cohérence entre port, zones industrielles et flux de marchandises.
La présence de Camalco donne au MoU une dimension minière. La société développe le projet de bauxite de Minim Martap, dans l’Adamaoua. Canyon Resources estime les réserves de minerai à 144 millions de tonnes, avec une teneur moyenne de 51,2 % en alumine et 1,7 % en silice. La ressource totale est évaluée à 1,102 milliard de tonnes. Ces volumes imposent une chaîne fiable entre la mine, le rail, le stockage et les navires.
À court terme, le schéma logistique de Canyon Resources reste centré sur Douala. La société a annoncé que Camalco avait payé 9,852 milliards de FCFA pour porter sa participation dans Camrail de 9,1 % à 26,9 %, afin de renforcer son influence sur une infrastructure critique pour le transport de la bauxite. Elle a aussi investi 347,447 millions de FCFA dans Terminal Bois du Port de Douala S.A.
Les préparatifs avancent sur l’Inland Rail Facility et au port de Douala. Les premières locomotives sont attendues à la fin du deuxième trimestre 2026, avant l’arrivée des wagons en juillet. La première expédition de bauxite est prévue à la fin du troisième trimestre 2026. Mais Douala, situé dans l’estuaire du Wouri, n’offre pas les mêmes conditions nautiques qu’un port en eau profonde. Pour des flux minéraliers massifs, ces contraintes peuvent alourdir coûts et délais.
Le corridor Edéa–Kribi–Lolabé–Campo prend ainsi une dimension stratégique. En reliant davantage le rail à Kribi, il pourrait offrir à Camalco une alternative plus directe vers le port en eau profonde et réduire, à moyen ou long terme, la dépendance au schéma centré sur Douala.
Une décision encore préliminaire
Pour l’État, le projet peut contribuer au désenclavement du Sud, au renforcement de Kribi et à la valorisation des ressources naturelles. Pour AGL, il consoliderait une position sur les corridors reliant zones de production, plateformes portuaires et marchés d’exportation. Pour Camalco, il s’agit surtout de sécuriser une architecture « mine-to-port » compatible avec la montée en puissance de Minim Martap.
Plusieurs inconnues demeurent. Le MoU ne précise pas encore le coût du projet, le calendrier, la répartition des responsabilités, le partage des risques ni les impacts fonciers, environnementaux et sociaux du tracé. Ces éléments seront décisifs pour mesurer la portée réelle de l’accord.
La signature attendue marque donc une étape importante, mais préliminaire. Elle confirme le retour du corridor dans l’agenda des grands projets structurants du Cameroun et esquisse une future architecture logistique autour du rail, des ports et des mines.
Baudouin Enama
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