Actualités locales
la confusion des rôles au sommet de l’État

«Au Cameroun, le protocole d’État finit parfois par produire des scènes politiquement déroutantes. Les obsèques officielles récentes de certaines hautes personnalités ont remis au centre du débat une incohérence devenue presque structurelle : pourquoi le président de la République désigne-t-il comme « représentant personnel » les responsables mêmes des institutions directement concernées par les cérémonies auxquelles ils participent déjà de droit ? », questionne Charles Armel Mbatchou.
Lire ici son analyse :
Le cas des obsèques de l’ancien président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, est révélateur. Le président actuel du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, y a représenté personnellement le chef de l’État lors des cérémonies officielles.
Le problème est institutionnel avant même d’être symbolique.
Le Sénat rendait hommage à son propre ancien président. Dans toute architecture institutionnelle cohérente, la présence du président du Sénat était déjà automatique, naturelle et suffisante au nom de l’institution. Lui attribuer en plus la qualité de « représentant personnel du chef de l’État » crée une confusion des fonctions : parle-t-il au nom du Sénat ou au nom exclusif de la présidence de la République ?
Cette ambiguïté devient encore plus frappante lorsqu’on observe la participation de Théodore Datouo aux cérémonies concernant l’ancien président de l’Assemblée nationale, Cavayé Yéguié Djibril. Là encore, le chef de l’institution appelée à honorer l’un des siens devient simultanément émissaire personnel du président de la République.
Or, dans les usages républicains classiques, le représentant personnel du chef de l’État est généralement choisi hors de l’institution directement concernée, précisément pour préserver la lisibilité institutionnelle. On désigne souvent :
* le Premier ministre ;
* un ministre d’État ;
* le secrétaire général de la présidence ;
* ou une personnalité spécialement mandatée.
Au Cameroun, cette logique semble progressivement remplacée par une hyper-présidentialisation où toutes les institutions sont ramenées à des extensions du pouvoir présidentiel. Le président du Sénat n’agit plus seulement comme chef d’une chambre parlementaire autonome ; il devient avant tout relais du chef de l’État. Même phénomène pour l’Assemblée nationale.
La conséquence politique est lourde : les institutions cessent d’apparaître comme des pouvoirs distincts pour devenir de simples démembrements du centre présidentiel.
La question devient alors inévitable : où sont le Premier ministre et les ministres d’État dans ce type de cérémonies ?
Le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, était bien présent aux obsèques de Marcel Niat Njifenji, mais non comme représentant personnel du président. Pourtant, dans une logique administrative et protocolaire normale, c’est précisément le chef du gouvernement qui devrait assumer ce rôle de représentation de l’exécutif dans les grandes cérémonies nationales.
Le paradoxe est donc double :
* les responsables institutionnels représentent des institutions qui se représentent déjà elles-mêmes ;
* tandis que l’exécutif politique, lui, s’efface symboliquement derrière eux.
Cette pratique traduit une autre réalité du système camerounais : la concentration excessive de la légitimité autour de la personne présidentielle. Chaque événement d’État semble devoir être requalifié comme une extension directe de la volonté du chef de l’État, même lorsque les institutions disposent déjà de leurs propres autorités compétentes.
À terme, cette confusion affaiblit la culture institutionnelle elle-même. Car une République fonctionne aussi par la clarté des rôles. Lorsque les fonctions se superposent constamment, les institutions perdent leur autonomie symbolique et leur crédibilité politique.
Le plus troublant est peut-être ailleurs : cette situation ne choque presque plus l’appareil d’État. Ce qui aurait dû apparaître comme une anomalie protocolaire devient progressivement une norme politique.
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plus de deux millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë (ONU)

En République centrafricaine, près d’un tiers de la population centrafricaine continue de faire face à une insécurité alimentaire aiguë. Selon les agences des Nations Unies, plus de deux millions de personnes ont besoin d’une assistance urgente.
La République centrafricaine reste confrontée à une grave crise alimentaire. D’après la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 2 millions de personnes, soit près d’un habitant sur trois, vivent dans des conditions d’insécurité alimentaire aiguë nécessitant une intervention urgente. Parmi elles, 262 000 personnes sont en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 1,75 million en situation de crise (phase 3).
Les populations les plus touchées sont les déplacés internes, les réfugiés, les communautés hôtes et les ménages les plus pauvres dépendant principalement des marchés pour se nourrir. Dix-huit sous-préfectures enregistrent des niveaux particulièrement préoccupants, avec plus de la moitié de leur population confrontée à une insécurité alimentaire sévère.
Cette situation est alimentée par la hausse des prix des denrées alimentaires, la faiblesse du pouvoir d’achat, l’insécurité persistante, les déplacements de population ainsi que les chocs climatiques qui affectent la production agricole.
Toutefois, les Nations Unies relèvent une légère amélioration par rapport aux projections d’octobre 2025. Le nombre de personnes en situation de crise ou pire a diminué d’environ 288 000 personnes, grâce notamment à de meilleures perspectives agricoles, à des opportunités accrues de subsistance et à une aide humanitaire plus importante attendue entre avril et août 2026.
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les joueurs boycottent l’entraînement pour réclamer quatre mois de salaires

Le malaise est profond au sein de PWD de Bamenda. Le club camerounais traverse une crise interne majeure après que ses joueurs ont décidé de boycotter la séance d’entraînement prévue mardi matin afin de protester contre des arriérés financiers qui s’accumulent depuis plusieurs mois.
Selon les informations rapportées par le journaliste Afeseh Apong, les joueurs se sont présentés au stade de proximité de Bamenda comme prévu, mais ont refusé de prendre part aux exercices. Une action collective destinée à attirer l’attention de la direction sur leur situation. Les footballeurs réclament le paiement de quatre mois de salaires ainsi que trois primes de match toujours impayées.
La réaction du club ne s’est pas fait attendre. En réponse à ce mouvement de protestation, les joueurs se sont vu interdire l’accès au bus de l’équipe pour le trajet retour. Contraints de se débrouiller par leurs propres moyens, ils ont quitté les installations dans un climat particulièrement tendu, révélateur de la fracture grandissante entre l’effectif et les dirigeants.
Cette crise suscite d’autant plus d’interrogations que le président de PWD de Bamenda, Pascal Abunde, occupe également le poste de quatrième vice-président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Une position qui rend cette affaire particulièrement sensible dans le paysage du football camerounais.
À quelques semaines de la reprise des compétitions et alors que le club cherche à retrouver de la stabilité sur le terrain, cette situation pourrait avoir de lourdes conséquences sur les performances sportives de l’équipe. Les supporters, eux, attendent désormais des réponses concrètes de la direction afin d’éviter que cette crise financière ne se transforme en véritable crise institutionnelle.
Le dossier est désormais suivi de près par les observateurs du football camerounais, qui s’interrogent sur la capacité du club à rétablir rapidement un climat serein au sein de son vestiaire.
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Camair-co à la traîne sur l’international, les compagnies étrangères captent plus de 1,3 million de passagers
La compagnie nationale Camair-Co peine à s’imposer sur les lignes internationales, où les transporteurs étrangers captent plus de 1,3 million de passagers au Cameroun. Le marché est fortement dominé par des géants comme Ethiopian Airlines et Air France, qui tirent profit de la croissance continue du trafic passager dans les aéroports du pays.
Près de 16 compagnies internationales régulières desservent les aéroports de Douala et Yaoundé. Des acteurs comme Ethiopian Airlines et Air France se partagent la part du lion. La position de Camair-Co, l’étoile du Cameroun se concentre principalement sur son réseau domestique et quelques lignes sous-régionales (Libreville, Brazzaville, Kinshasa, Cotonou).
D’après les données des Aéroports du Cameroun (ADC), dix compagnies aériennes ont concentré l’essentiel du trafic passagers et fret au Cameroun en 2024. Une particularité se dégage sur le classement, le maintien de l’Etoile du Cameroun comme acteur central du réseau domestique, et la domination des transporteurs européens et africains sur les liaisons internationales.
Ethiopian Airlines
Avec 11 606 mouvements et 549 303 passagers, la compagnie nationale reste le leader de la desserte intérieure. Néanmoins, l’optimisation du taux de remplissage demeure un défi récurrent, reflétant les fragilités structurelles de la compagnie nationale. Le classement est dominé par Ethiopian Airlines, qui a transporté 291 763 passagers, en hausse de 13,9 %, confirmant son statut de principal acteur du trafic international au Cameroun. Elle est suivie de Brussels Airlines avec 258 856 passagers (+1,0 %) et d’Air France malgré son mauvais service avec 258 711 passagers (-3,1 %).
Derrière ce trio de tête figurent Asky Airlines (157 104 passagers), Turkish Airlines (115 607), Royal Air Maroc (94 851), Air Côte d’Ivoire (79 698), RwandAir (78 416), Kenya Airways (30 291), mince, ils sont vraiment tombés et Cronos Airlines (8 109 passagers).
L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale
«Les 1,37 million de passagers transportés par les dix compagnies étrangères représentent autant d’opportunités commerciales qui échappent à Camair-Co. Si la compagnie nationale disposait d’une flotte plus importante, d’une meilleure régularité opérationnelle et de dessertes internationales plus nombreuses, elle pourrait capter une partie significative de ce marché. L’exemple d’Ethiopian Airlines est particulièrement révélateur. La compagnie éthiopienne a bâti un puissant hub africain à Addis-Abeba et transporte à elle seule près de 292 000 passagers au Cameroun. Elle illustre comment une compagnie africaine bien structurée peut dominer le trafic régional et international», analyse Shance Lion.
Pour ce lanceur d’alerte, le défi pour Camair-Co n’est donc plus seulement de maintenir sa position sur le réseau domestique, mais de conquérir une partie du marché international. Tant que les liaisons vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient resteront majoritairement exploitées par des compagnies étrangères, une grande partie de la valeur créée par le transport aérien camerounais continuera d’être captée hors du pays.
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