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Zoétélé brûle parce que l’État s’est tu

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Zoétélé brûle parce que l’État s’est tu
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«Zoétélé brûle aujourd’hui moins sous les flammes que sous le silence de ceux qui auraient dû parler. Une femme a été violée, battue, brûlée. Un certificat médical a menti. L’État s’est tu. Et dans ce vide, la rumeur a pris la place du droit, la colère celle de la justice, la vengeance celle de la vérité. On ne demande pas justice en travestissant les faits, on ne réclame pas la paix en pillant les biens d’autrui, on ne protège pas un village en dressant ses enfants les uns contre les autres. Comme le rappelle Habermas, une société ne tient que par l’espace public qu’elle construit — un espace de parole, de vérité, de responsabilité. À Zoétélé, cet espace s’est effondré. Il est temps de le reconstruire», note l’universitaire et politologue Vincent Sosthène Fouda.

Lire ici sa tribune :

Zoétélé s’est réveillé, ce 30 mars 2026, dans une honte que rien ne pourra effacer. Une femme, Dikamba Marie Patience, 40 ans, violée, battue, brûlée, abandonnée derrière la mairie comme un déchet humain. Puis, quelques jours plus tard, des boutiques pillées, des maisons incendiées, des hommes pourchassés, des biens détruits sous le regard impuissant des populations et le silence assourdissant des autorités.

Ce qui s’est passé à Zoétélé n’est pas un accident.

C’est un effondrement. Un effondrement moral, institutionnel, politique. Un meurtre, un mensonge, un silence. Dikamba venait d’Ebolowa pour un enterrement. Elle n’est jamais arrivée chez elle. Son corps a été retrouvé à cinquante pas du bureau du sous‑préfet. La gendarmerie a arrêté deux suspects, puis les a relâchés sans explication. Trois jours plus tard, un certificat médical a parlé de « mort accidentelle ».

Sur un corps violé et brûlé.

Alors ou bien Dikamba s’est violée elle‑même, ou bien le papier ment. Et quand le papier ment, la société se fracture. Quand l’État se tait, la foule parle. Habermas nous rappelle que la légitimité politique repose sur la parole publique, sur la capacité de l’État à expliquer, à rendre compte, à dialoguer. À Zoétélé, l’État n’a pas parlé. Il n’a pas expliqué. Il n’a pas protégé. Il n’a pas rassuré. Et lorsque l’État se tait, la rumeur devient loi. La rumeur devient tribunal. La rumeur devient arme. Comme l’avait diagnostiqué Basile‑Juléat Fouda : « La rumeur est la première institution politique du pays. »

La vengeance comme substitut à la justice, La colère est tombée sur ce qui était visible, commode, vulnérable : les commerces des Bamiléké. On ne cherchait plus le coupable. On cherchait celui qui paierait. Platon nous avertissait : « Là où la colère gouverne, la justice s’enfuit. » La justice s’est enfuie. La raison aussi.

Simone Weil écrivait que la vengeance est « la forme la plus basse de la force ». Elle détruit, mais ne répare rien. Kamden Nziko : un fils de Zoétélé livré à la foule. Parmi les victimes de cette folie, un nom revient : Kamden Nziko. Né à Zoétélé. Élevé à Zoétélé. Formé au lycée Classique et Moderne de Sangmélima. Revenu au village après son baccalauréat C pour investir, travailler, créer. Nous avons été condisciples. Je sais d’où il vient. Je sais qui il est. Et pourtant, il a été livré à la vindicte populaire. Non parce qu’il est coupable. Mais parce qu’il était là. Parce qu’il appartenait à un groupe que certains ont décidé de désigner comme cible. Edith Stein nous rappelle que « la souffrance injuste est le signe d’une communauté malade ».

Zoétélé est malade.

Et la maladie n’est pas ethnique : elle est institutionnelle. La xénophobie n’est pas une explication : c’est un poison. Ce qui s’est passé n’est pas un conflit communautaire. C’est une construction artificielle de la haine, née du vide laissé par l’État. Levinas nous enseigne que « le visage de l’autre m’oblige ». À Zoétélé, on a transformé ce visage en cible. Hobbes l’avait prédit : « Là où l’État ne protège plus, la guerre de tous contre tous recommence. » Zoétélé a goûté à cette guerre. On ne demande pas justice en travestissant la vérité.

Il est vrai qu’on ne demande pas justice en mentant. Il est vrai qu’on ne demande pas justice en falsifiant un certificat médical. Il est vrai qu’on ne demande pas justice en maquillant un féminicide en « accident ». La vérité est la condition de la justice.

La justice est la condition de la paix.

On ne demande pas justice en pillant les biens d’autrui. Le vol est un crime. L’incendie est un crime. La destruction est un crime. On ne répare pas un meurtre en commettant un autre crime. On ne protège pas une communauté en en attaquant une autre. On ne défend pas la dignité en humiliant des innocents. On ne sauve pas Kamden en l’enracinant dans une ethnie. Ce n’est pas en disant « il est Bamiléké » ou « il est d’ici » qu’on protège un homme. Ce n’est pas en opposant les communautés qu’on sauve des vies. Ce n’est pas en dressant les populations les unes contre les autres qu’on trouvera les coupables. On sauve Kamden en exigeant que l’État fasse son travail. Rien que son travail. Tout son travail.

Construire enfin un espace public digne de ce nom. Habermas nous rappelle que l’espace public n’est pas un lieu géographique : c’est un espace de parole, un espace de vérité, un espace de responsabilité partagée. Zoétélé n’a pas d’espace public.

Il n’a que des rumeurs. Il n’a que des silences. Il n’a que des colères. Il est temps de construire un espace public où l’on parle avant de frapper, où l’on écoute avant de condamner, où l’on enquête avant d’accuser. Ce que j’affirme aujourd’hui. Je prends position, clairement, fermement, sans ambiguïté :

  1. L’État a failli. Il n’a pas protégé. Il n’a pas expliqué. Il n’a pas empêché.
  2. La violence est injustifiable. Aucune colère ne légitime le pillage, l’incendie, la haine.
  3. Kamden Nziko doit être protégé. Il est un fils de Zoétélé. Il est un citoyen. Il est un innocent présumé.
  4. La vérité sur la mort de Dikamba Marie Patience doit être dite. Pas demain. Pas plus tard. Maintenant.

Zoétélé ne doit pas mourir de son silence

Zoétélé n’a pas besoin de boucs émissaires. Zoétélé n’a pas besoin de rumeurs. Zoétélé n’a pas besoin de haine. Zoétélé a besoin de justice. Zoétélé a besoin de vérité. Zoétélé a besoin d’un État qui protège. Zoétélé a besoin d’un peuple qui se parle. Levinas nous rappelle que « la justice commence lorsque je reconnais que l’autre est mon frère. » Aujourd’hui, je le dis : Kamden Nziko est mon frère. Dikamba Marie Patience est ma sœur. Et Zoétélé est notre responsabilité.

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les joueurs boycottent l’entraînement pour réclamer quatre mois de salaires

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les joueurs boycottent l’entraînement pour réclamer quatre mois de salaires
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Le malaise est profond au sein de PWD de Bamenda. Le club camerounais traverse une crise interne majeure après que ses joueurs ont décidé de boycotter la séance d’entraînement prévue mardi matin afin de protester contre des arriérés financiers qui s’accumulent depuis plusieurs mois.

Selon les informations rapportées par le journaliste Afeseh Apong, les joueurs se sont présentés au stade de proximité de Bamenda comme prévu, mais ont refusé de prendre part aux exercices. Une action collective destinée à attirer l’attention de la direction sur leur situation. Les footballeurs réclament le paiement de quatre mois de salaires ainsi que trois primes de match toujours impayées.

La réaction du club ne s’est pas fait attendre. En réponse à ce mouvement de protestation, les joueurs se sont vu interdire l’accès au bus de l’équipe pour le trajet retour. Contraints de se débrouiller par leurs propres moyens, ils ont quitté les installations dans un climat particulièrement tendu, révélateur de la fracture grandissante entre l’effectif et les dirigeants.

Cette crise suscite d’autant plus d’interrogations que le président de PWD de Bamenda, Pascal Abunde, occupe également le poste de quatrième vice-président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Une position qui rend cette affaire particulièrement sensible dans le paysage du football camerounais.

À quelques semaines de la reprise des compétitions et alors que le club cherche à retrouver de la stabilité sur le terrain, cette situation pourrait avoir de lourdes conséquences sur les performances sportives de l’équipe. Les supporters, eux, attendent désormais des réponses concrètes de la direction afin d’éviter que cette crise financière ne se transforme en véritable crise institutionnelle.

Le dossier est désormais suivi de près par les observateurs du football camerounais, qui s’interrogent sur la capacité du club à rétablir rapidement un climat serein au sein de son vestiaire.

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Camair-co à la traîne sur l’international, les compagnies étrangères captent plus de 1,3 million de passagers

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La compagnie nationale Camair-Co peine à s’imposer sur les lignes internationales, où les transporteurs étrangers captent plus de 1,3 million de passagers au Cameroun. Le marché est fortement dominé par des géants comme Ethiopian Airlines et Air France, qui tirent profit de la croissance continue du trafic passager dans les aéroports du pays.

Près de 16 compagnies internationales régulières desservent les aéroports de Douala et Yaoundé. Des acteurs comme Ethiopian Airlines et Air France se partagent la part du lion. La position de Camair-Co, l’étoile du Cameroun se concentre principalement sur son réseau domestique et quelques lignes sous-régionales (Libreville, Brazzaville, Kinshasa, Cotonou).

D’après les données des Aéroports du Cameroun (ADC), dix compagnies aériennes ont concentré l’essentiel du trafic passagers et fret au Cameroun en 2024. Une particularité se dégage sur le classement, le maintien de l’Etoile du Cameroun comme acteur central du réseau domestique, et la domination des transporteurs européens et africains sur les liaisons internationales.

Ethiopian Airlines

Avec 11 606 mouvements et 549 303 passagers, la compagnie nationale reste le leader de la desserte intérieure. Néanmoins, l’optimisation du taux de remplissage demeure un défi récurrent, reflétant les fragilités structurelles de la compagnie nationale. Le classement est dominé par Ethiopian Airlines, qui a transporté 291 763 passagers, en hausse de 13,9 %, confirmant son statut de principal acteur du trafic international au Cameroun. Elle est suivie de Brussels Airlines avec 258 856 passagers (+1,0 %) et d’Air France malgré son mauvais service avec 258 711 passagers (-3,1 %).

Derrière ce trio de tête figurent Asky Airlines (157 104 passagers), Turkish Airlines (115 607), Royal Air Maroc (94 851), Air Côte d’Ivoire (79 698), RwandAir (78 416), Kenya Airways (30 291), mince, ils sont vraiment tombés et Cronos Airlines (8 109 passagers).

L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale

«Les 1,37 million de passagers transportés par les dix compagnies étrangères représentent autant d’opportunités commerciales qui échappent à Camair-Co. Si la compagnie nationale disposait d’une flotte plus importante, d’une meilleure régularité opérationnelle et de dessertes internationales plus nombreuses, elle pourrait capter une partie significative de ce marché. L’exemple d’Ethiopian Airlines est particulièrement révélateur. La compagnie éthiopienne a bâti un puissant hub africain à Addis-Abeba et transporte à elle seule près de 292 000 passagers au Cameroun. Elle illustre comment une compagnie africaine bien structurée peut dominer le trafic régional et international», analyse Shance Lion.

Pour ce lanceur d’alerte, le défi pour Camair-Co n’est donc plus seulement de maintenir sa position sur le réseau domestique, mais de conquérir une partie du marché international. Tant que les liaisons vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient resteront majoritairement exploitées par des compagnies étrangères, une grande partie de la valeur créée par le transport aérien camerounais continuera d’être captée hors du pays.

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André Marc Emmanuel Yinda, nommé directeur général de Tradex Guinée Équatoriale

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André Marc Emmanuel Yinda, nommé directeur général de Tradex Guinée Équatoriale
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La décision a été prise ce mardi 9 juin 2026 à Douala, le temps d’une session extraordinaire. Il remplace à ce poste Alain Francis Ngondi Owona.

Du mouvement à la tête de Tradex Guinée Équatoriale. Actu Cameroun apprend la nomination ce mardi 9 juin 2026 d’André Marc Emmanuel Yinda au poste de Directeur Général de la filiale, en remplacement d’Alain Francis Ngondi Owona. Avant sa nomination, André Marc Emmanuel Yinda occupait jusqu’à cette nomination les fonctions de Conseiller Technique N°1 de TRADEX S.A. Il siégeait également aux Conseils d’administration de Tradex Tchad et Tradex RDC.

Âgé de 48 ans, le nouveau Directeur Général est un pur produit du Groupe camerounais, où il cumule plus de 21 années d’expérience dans le secteur pétrolier. Diplômé de l’École Supérieure de Gestion et Finance (ESGF) de Paris et titulaire d’une licence en économétrie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il rejoint TRADEX en février 2005 en qualité de Cadre comptable et financier après des expériences chez Addax et Oryx.

Son parcours au sein du groupe est marqué par une progression constante : Responsable de l’Audit Interne en 2006, Chef de Division Audit Interne en 2008, Chef de Département Budget et Contrôle en 2012, puis Chef de Division Budget et Contrôle en 2024.

André Yinda s’est particulièrement illustré par sa contribution à la définition de la stratégie de l’entreprise et à la conduite de projets innovants. Il est notamment considéré comme l’un des principaux artisans de la création et du développement de la bouteille de gaz TradexGaz, devenue aujourd’hui l’un des produits phares de la marque. Son action a également permis de renforcer la maîtrise des charges, d’améliorer durablement les performances financières de l’entreprise et de moderniser les outils de pilotage budgétaire grâce à l’introduction d’indicateurs clés de performance.

À l’issue de cette nomination, Emmanuel Patrick MVONDO, Président du Conseil d’administration de TRADEX Guinée Équatoriale S.A., a exprimé sa confiance en la capacité du nouveau Directeur Général à poursuivre le rayonnement de la marque dans ce pays frère.

« Le nouveau Directeur Général continuera à œuvrer pour faire rayonner la marque TRADEX en Guinée Équatoriale. Notre ambition est d’accompagner activement les autorités dans le développement de ce pays frère, conformément à la vision portée par Adolphe MOUDIKI, Président du Groupe TRADEX », a-t-il déclaré.

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