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Analyse de la 140ème fête du travail au Cameroun

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Analyse de la 140ème fête du travail au Cameroun
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Selon Charles Armel Mbatchou, le fil conducteur de cette édition de la fête de travail est un assemblage de mots consensuels, «vidé de toute substance, conçu pour donner l’illusion d’une politique sociale structurée là où il n’y a, au mieux, qu’une gestion approximative».

Lire ci son analyse :

Ils sont déjà sur le boulevard allons-y. « Dialogue social et travail décent : facteurs de paix, de cohésion nationale et de développement économique de l’entreprise ». À première lecture, la formule semble ambitieuse. À la seconde, elle révèle surtout ce qu’elle est réellement : un assemblage de mots consensuels, vidé de toute substance, conçu pour donner l’illusion d’une politique sociale structurée là où il n’y a, au mieux, qu’une gestion approximative.

Le “dialogue social” : un simulacre bien rodé utilisé pour endormir l’opinion nationale et international

Parler de dialogue social dans le contexte camerounais relève presque de la provocation. Un dialogue suppose un rapport d’équilibre minimal entre les parties. Or au Cameroun, il n’y a ni équilibre, ni véritable espace de négociation.

Les syndicats sont fragmentés, affaiblis, parfois instrumentalisés. Les travailleurs, eux, n’ont ni levier ni protection suffisante pour peser. Ce qu’on appelle “dialogue” ressemble davantage à une mise en scène administrative où les conclusions sont connues d’avance. Autrement dit : ce n’est pas un dialogue, c’est une formalité.

Le “travail décent” : un concept hors-sol

Le slogan invoque ensuite le “travail décent”. Là encore, l’écart avec la réalité est flagrant.

Salaires irréguliers,

contrats inexistants,

licenciements arbitraires,

absence de couverture sociale : pour une majorité de travailleurs, notamment dans l’informel, ces mots n’ont aucune traduction concrète.

Employer cette expression sans être capable d’en garantir les conditions minimales revient à transformer un standard international en simple décoration lexicale. C’est un mot noble utilisé comme un alibi.

Crises sociales non résolues : un empilement ignoré

Derrière les slogans, les foyers de tension persistent, parfois depuis des années, sans traitement structurel :

– La crise dans les régions anglophones, avec ses conséquences humaines, économiques et éducatives durables

– Les revendications récurrentes des enseignants (statuts, salaires, conditions de travail)

– Les mouvements dans le secteur de la santé (plateaux techniques insuffisants, rémunérations, surcharge)

– Le malaise des personnels universitaires et des étudiants (infrastructures, encadrement, débouchés)

– Les tensions liées au coût de la vie et à la hausse des prix des produits de première nécessité

– Les conflits dans certains secteurs stratégiques (transport, énergie, télécommunications)

– Le chômage massif des jeunes et le sous-emploi chronique

— la mauvaise gestion du profil moto taxis

— l’incapacité à organiser les différentes filières informelles au Cameroun (casse permanente des marchés)

— occupation anarchique des espaces publics encadrés et bien entretenus dans une corruption exponentielle

— la faillite orchestrée des microfinances appauvrissant davantage le pauvre travailleur etc…

Rien de tout cela ne relève de l’anecdote. Et pourtant, rien de cela n’est sérieusement reflété dans le slogan.

Paix et cohésion nationale : une récupération commode

Le lien établi entre ces concepts et la “paix” ou la “cohésion nationale” est stratégiquement pratique. Il permet de déplacer le débat : critiquer les conditions de travail devient presque suspect, comme si revendiquer des droits menaçait la stabilité du pays.

C’est une inversion classique. On ne corrige pas les dysfonctionnements ; on suggère que les dénoncer est problématique. Résultat : la paix devient un argument pour neutraliser les revendications, pas pour les résoudre.

Le développement économique de l’entreprise : priorité réelle, aveu implicite

La fin du slogan est la plus honnête — involontairement. Le “développement économique de l’entreprise” apparaît comme la finalité centrale. Le reste n’est qu’enrobage. Le message implicite est clair : la performance économique prime, même si les conditions sociales restent précaires.

Cela ne serait pas problématique si l’équilibre était assumé. Mais ici, on prétend simultanément défendre le travailleur et justifier un modèle où il reste la variable d’ajustement. C’est incohérent — ou parfaitement cynique.

“Travail décent” selon les textes : vitrine et angle mort

Dans les référentiels officiels et internationaux, le “travail décent” renvoie à des emplois qui respectent des standards minimaux. Sur le papier, cela inclut :

– Emplois avec contrat formel et sécurité juridique

– Rémunérations régulières et au moins alignées sur les seuils légaux

– Accès à une couverture sociale (santé, retraite, accidents du travail)

– Conditions de travail sûres et réglementées

– Liberté d’association et possibilité de négociation collective

La liste est claire. Le problème est ailleurs : son application reste partielle, voire marginale, dans de larges pans de l’économie.

Formations sans débouchés : la fabrique silencieuse du désenchantement

La question de l’adéquation entre formation et emploi. Le pays produit chaque année des cohortes de diplômés dont une part significative ne trouve pas d’insertion professionnelle cohérente.

– Filières universitaires saturées sans lien avec les besoins du marché

– Multiplication d’instituts privés aux promesses élevées mais aux résultats faibles

– Formations techniques insuffisamment valorisées ou mal équipées

– Programmes publics de formation souvent déconnectés des réalités économiques

– Jeunes diplômés contraints de se reconvertir dans l’informel ou des emplois précaires

Le “travail décent” suppose une trajectoire crédible vers l’emploi. Ici, cette trajectoire est souvent inexistante.

Un slogan qui trahit plus qu’il ne convainc

Ce type de formule n’est pas neutre. Il sert à occuper l’espace symbolique, à donner le sentiment d’une vision, sans engagement réel derrière. Le problème n’est pas qu’il soit optimiste ; le problème est qu’il est déconnecté, au point de frôler la caricature.

En résumé, ce slogan ne décrit pas une politique. Il masque une absence de politique cohérente. À force d’empiler des concepts valorisants sans mécanismes concrets, le discours officiel finit par produire l’effet inverse de celui recherché : il expose le vide. Si le “dialogue social” est fictif et le “travail décent” inaccessible, alors les mots cessent d’être des promesses. Ils deviennent des preuves — preuves d’un décalage que même la communication la plus soignée ne parvient plus à dissimuler. Pardon allez défiler on se voit le soir

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Attaque meurtrière de Madegoua : le MRC dénonce le silence du président Paul Biya

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Après l’attaque armée survenue à Madegoua, dans l’arrondissement de Makary, le MRC dénonce la recrudescence des violences dans l’Extrême-Nord et interpelle les autorités sur la […]

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chronique d’un contentieux financier hérité du passé…

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chronique d’un contentieux financier hérité du passé…
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Alors que des voix s’élèvent pour imputer au top management de la Société nationale de raffinage (Sonara) la responsabilité de la sanction financière estimée à 42,8 milliards Fcfa qu’elle devra verser à Sahara Energy, une analyse chronologique rigoureuse de ce différend donne à voir les chiffres qui racontent une histoire plus nuancée que les slogans : environ 80 milliards Fcfa revendiqués, 42,8 milliards Fcfa reconnus, 37,2 milliards d’écart et surtout, une somme de 42,8 milliards qui reste à distinguer de tout paiement effectivement réalisé. Enquête !

De la fumée dans les pipes ! La nouvelle est dans l’ère du temps depuis quatre jours, et n’a pas fini de faire les gorges chaudes derrière les lambris dorés du Palais d’Etoudi et surtout dans les bureaux insonorisés de la Sonara dont les installations ont carbonisé depuis le 31 mai 2019. À l’heure où le gouvernement entend désormais s’activer à la reconstruction et la modernisation en profondeur, dans le cadre d’un projet évalué à 700 milliards de Fcfa, un coup dur et un uppercut financier viennent doucher cette dynamique : la Sonara a perdu son dernier recours judiciaire au Royaume-Uni. Conséquence, elle devra verser 42,8 milliards de Fcfa à la société nigériane Sahara Energy pour des cargaisons de pétrole non payées en totalité. À l’origine du contentieux entre le Cameroun et la société nigériane, on trouve des cargaisons de pétrole brut achetées à Sahara Energy entre 2013 et 2016. Un pétrole livré, consommé mais que la Sonara n’a pas entièrement payé.

La tête d’Harouna Bako mise à prix

On parle notamment des frais annexes, prévus dans le contrat signé par la Sonara, ce qu’on appelle les intérêts de financement et les pertes de change, dont le montant s’est envolé, parce qu’à l’époque l’entreprise nationale chargée de mettre à disposition sur le marché le butane, l’essence super, le jet, le pétrole lampant, le gasoil, le distillat et le fuel oil, a trop tardé à régler sa facture. De quoi susciter l’ire de certains experts financiers qui pointent sans coup férir un doigt accusateur sur le top management conduit par le Directeur général Harouna Bako et dont la tête est désormais mise à prix. Entre procès d’incompétence et mauvaise qualité de la trésorerie en passant par des incohérences dans la procédure et l’attentisme de la Sonara dans le règlement de ce différend, le DG en a pour son grade.

Toutefois, s’il est admis que cette condamnation constitue une onde de choc pour les finances publiques du Cameroun en ces temps de ramadan financier, il est tout aussi plausible de remarquer que derrière les quelque 42,8 milliards de Fcfa désormais reconnus au bénéfice de Sahara Energy, se trouve un contentieux commercial vieux de plus de dix ans, né des livraisons de pétrole brut effectuées entre 2013 et 2016. C’est-à-dire bien avant l’arrivée de l’équipe dirigeante actuelle. Surtout, « le résultat judiciaire est loin de correspondre à l’ensemble des prétentions financières formulées au cours de cette longue bataille », explique une source interne à la Sonara, réfutant toute accusation contre le top management qui a épuisé tous ses recours judiciaires face à la créance reconnue envers Sahara Energy.

Le différentiel qu’on refuse de dévoiler

À l’origine, les revendications financières de Sahara Energy se situaient autour de 80 milliards de Fcfa. Au terme des différentes étapes du dossier, ajoute-t-elle, « la somme reconnue au titre des créances finalement retenues est d’environ 76,97 millions de dollars, soit près de 42,8 milliards de Fcfa. L’écart est donc d’environ 37,2 milliards de Fcfa. Pour le management actuel de la Sonara, conduit par Harouna Bako, ce différentiel constitue un élément majeur à prendre en compte dans l’appréciation du traitement du dossier. Il ne s’agit pas d’une affaire créée par l’actuelle direction : Bako Harouna en a hérité et doit désormais gérer les conséquences d’un contentieux dont les origines remontent à 2013-2016 ».

La désillusion est d’autant plus importante pour Sahara Energy que toutes ses prétentions, apprend-on, n’ont pas été consacrées par la justice britannique. « La Cour d’appel a reconnu certaines créances, notamment les intérêts supplémentaires et les pertes de change, mais a rejeté la partie relative aux pénalités et frais bancaires. Sahara Energy a elle-même tenté de faire examiner cette question par la Cour suprême britannique, sans obtenir l’autorisation de poursuivre cette voie. Le dossier britannique ne peut donc pas être présenté comme une victoire financière intégrale de Sahara Energy : une partie substantielle de ses prétentions n’a pas été retenue », développe un expert financier proche du dossier.

Aux origines d’une créance

De son côté, la Sonara n’a certes pas obtenu l’annulation totale de la créance reconnue. Après la décision de la Cour d’appel du 6 février 2026, puis le refus, le 29 juin 2026, de la Cour suprême britannique d’autoriser un nouvel appel, la voie judiciaire britannique est désormais fermée sur ces questions. Mais là encore, parler de défaite totale de la Sonara serait réducteur. Sahara Energy n’obtient pas les quelque 80 milliards de Fcfa qu’elle revendiquait ; la Sonara, elle, reste confrontée à une créance d’environ 42,8 milliards de Fcfa. Les deux camps sont donc loin d’un scénario de victoire absolue.

C’est du moins l’argument que brandissent les experts pétroliers plaidant pour la Sonara. Eux qui invitent l’opinion publique très remontée contre le gap financier que l’affaire va coûter au Trésor, à éviter de verser dans une confusion fondamentale. En effet, soulignent-ils, « les 42,8 milliards de Fcfa ne signifient pas que cette somme a déjà été payée par la Sonara. Il s’agit du montant de la créance reconnue dans le cadre du contentieux. La question de son règlement effectif constitue une étape distincte. Le chiffre de 42,8 milliards ne doit donc pas être présenté comme un décaissement déjà réalisé ».

Bataille judiciaire perdue contre prétentions adverses rejetées

Sans doute un cinglant argument à la levée de boucliers contre l’équipe dirigeante de la Sonara dont le seul crime est d’avoir hérité d’un legs empoisonné, un passif à problèmes, si ce n’est un château de cartes. À la vérité, cette affaire révèle surtout le poids financier des contentieux hérités du passé. Charles Metouck et Jean Paul Njonou, anciens DG de la Sonara, ne sauraient le démentir. — Une demande d’environ 80 milliards de Fcfa, née d’opérations remontant à plus d’une décennie, aboutit aujourd’hui à une créance reconnue d’environ 42,8 milliards, tandis qu’une partie des prétentions supplémentaires de Sahara Energy a été écartée. 37,2 milliards de Fcfa séparent ainsi la revendication initiale du montant finalement reconnu —, se défend une source à la Sonara.

Après recoupements, Le Messager a appris que pour l’équipe actuelle de la Sonara, et particulièrement pour un manager au profil juridique de l’acabit d’Harouna Bako, « l’enjeu n’est pas de transformer ce dossier en récit triomphaliste, mais de démontrer comment un contentieux ancien peut être repris, défendu et contenu dans son impact financier ». Sahara Energy obtient une décision favorable sur une partie importante de ses demandes, mais n’obtient pas tout ce qu’elle réclamait. La Sonara perd une bataille judiciaire sur les créances reconnues, mais voit également une partie des prétentions adverses rejetée. À suivre !

Frank ESSOMBA / Le Messager

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Canon de Yaoundé : la direction fait le point et lève le voile sur les dossiers sensibles

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À l’approche de la nouvelle saison, le Canon Sportif de Yaoundé veut clarifier sa situation. Le directeur général du club, Aloys Etoundi, a tenu un […]

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