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Moussa Njoya révèle les graves incongruités lors de l’audition du colonel Otoulou

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Mardi 14 juillet dernier, dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, avait lieu l’audition d 34e témoin en la personne de Jean Pierre Otoulou, Commandant de la légion de gendarmerie du Littoral, et anciennement Commandant de la légion du Centre au moment des faits.

Malheureusement comme cela est devenu coutumier depuis le début de cette affaire, les comptes-rendus qi ont été faits par les médias et autres lanceurs d’alerte, ont été très largement biaisés, voire falsifiés, on ne sait dans quel but exactement.

C’est ainsi que de la plupart se sont limités à restituer le récit fait par Jean Pierre Otoulou, sur les conditions et les raisons qui ont conduit à l’ensemble des arrestations auxquelles ses équipes et lui ont procédé.

Il ressort globalement de cette narration aux accents lyriques que ce qui l’a conduit à l’arrestation de Justin Danwé, c’est que lors de sa descente au poste de gendarmerie de Nkolgodi devant lequel Martinez Zogo a été enlevé, il a constaté que la manière avec laquelle son véhicule a été percuté est une affaire spécialiste travaillant surement dans l’un des services spéciaux de défense et de sécurité. Cette intime conviction était d’autant plus fondée que n’importe quel bandit du quartier ne saurait avoir le courage de venir enlever quelqu’un devant un poste de sécurité. Quelques jours plus tard, il aurait appris par l’un de ses collaborateurs, le Lieutenant Ngambi, que Danwé se renseignait sur Martinez Zogo avant son enlèvement. C’est ainsi que ses équipes et lui aurait repéré, grâce à la vidéosurveillance, le Prado noir qui aurait servi à enlever Martinez au niveau de Total Yannick, et au même moment le téléphone de Danwé aurait rayonné au même endroit. Suite à cela, il a décidé de demander la mise à sa disposition de Danwé. Et une fois dans ses services et face à la convivialité qui y régnait, le Lieutenant-colonel Danwé, tout directeur des opérations de la DGRE qu’il était et qui a fait toute sa carrière au sein de ce service secret, est passé très facilement aux aveux, en disant qu’il a mené cette opération avec l’Adjudant-Chef Ebo’o Clément, pour faire plaisir à son patron Eko Eko. Danwé aurait ensuite fait venir Ebo’o, qui a son tour a donné les noms des autres membres du Commando, qui ont par la suite été mis à sa disposition par le DGRE, ainsi que par le commandant de la légion de l’Extrême-Nord.

Pour ce qui est de l’arrestation de Eko Eko, il l’aurait fait parce que Danwé a fait savoir que c’est sur sa demande qu’il aurait fait. Ensuite, pour lui Eko ne pouvait pas ignorer ce qui se passait eu égard à la densité de la vidéosurveillance présente les locaux de la DGRE et qui serait monitoré depuis le cabinet du DG, ainsi que les compétences avérées de celui-ci en matière de renseignements. Bien plus, il estime que Eko Eko n’avait ouvert aucune enquête interne alors que ses éléments étaient mêlés à cette affaire. Mieux, dans un audio remis par Eko lui-même, on y entend Amougou Belinga dire à un certain « Bidzongo » que Danwé et Eko sont ses « gens ».

Pour ce qui est d’Amougou Belinga, son interpellation serait due au fait que lors de son audition, Eko Eko aurait déclaré que c’est à Danwé et à celui-ci qu’il faut aller demander ce qu’ils ont fait ensemble, parlant de l’enlèvement de Martinez. Bien plus, après avoir nié dans un premier temps ne pas connaitre Amougou Belinga, Danwé est revenu sur ses dires, en faisant savoir que c’est Amougou Belinga qui lui aurait demandé de « faire taire » Martinez, en contrepartie de l’argent et d’une avance de solde. Et pour cela, il a rencontré plusieurs fois Amougou Belinga à son domicile au complexe BEAC, et dans ses bureaux, à l’immeuble Ekang. Et pour cela, il garait son véhicule au magasin Playce, puis venait à pieds, en veillant à prendre un trajet différent, comme s’il tenait à chaque fois à être filmé et à documenter ses passages, « au cas où il y aurait des problèmes ».

Pour Bruno Bidjang, c’est la découverte d’un message dans son téléphone dont copie lui avait été donné par le Colonel Bialo, et dans lequel il faisait savoir à Paul Dauzy Biya, le jour où ils vont réagir ils seront « sans pitié », qui a justifié sa détention. Même comme celui-ci a déclaré qu’il faisait en réalité mention du fait que Amougou Belinga a de fortes relations dans la justice, et qu’il serait capable d’envoyer Martinez en prison à tout moment. D’ailleurs, son arrestation serait aussi largement justifiée par le fait que « tout le monde savait que Bruno Bidjang et Amougou Belinga étaient liés comme l’ongle et le doigt », et que par conséquent l’un ne pouvait pas faire quelque chose sans que l’autre ne soit au courant.

Une fois ce récit fort ampoulé fait, est venu la phase de l’examination in chief, c’est-à-dire de l’audition à la barre du témoin par le parquet, conduit par le Commissaire du gouvernement. Et c’est à ce moment que le témoin s’est dégonflé comme une baudruche sous les questions des substituts du Commissaire du gouvernement.

Tellement ses réponses étaient pleines d’incongruités, dont voici quelques-unes :

1- À la question de savoir quels sont les actes qu’il a posé lors de sa descente au poste de gendarmerie de Nkolgondi, notre officier supérieur de gendarmerie, qui n’a pas manqué de faire savoir à l’assistance qu’il est à la consécration de sa carrière en tant que commandant de légion, a répondu qu’il n’a posé aucun acte lors de cette descente, et qu’il était juste allé voir ce qui s’est passé ! C’est-à-dire qu’il n’a procédé ni à la fouille du véhicule, ni à la vérification du dossier dudit véhicule. Plus grave, à l’issue de sa descente, il n’a fait aucun compte-rendu à ses supérieurs judiciaire et administratif que sont le commissaire du gouvernement et le général commandant de la première région de gendarmerie, parce qu’il estimait que ce n’était pas « une situation grave ». Donc, l’enlèvement d’un individu devant un poste de gendarmerie n’est pas une situation assez grave qui mérite un rapport, ne serait-ce que verbal ? Incroyable !

2- Après avoir déclaré qu’il n’avait rien pris lors de cette descente, et après que le substitut du Commissaire du gouvernement lui ait rappelé le contraire en lisant la déposition du chef de poste de gendarmerie de Nkolgondi, il a finalement avoué avoir reçu des mains de celui-ci le téléphone de Martinez, ainsi qu’un lot de documents sur lequel était marqué « MZ ». Et à la question de savoir ce qu’il en a fait, il répondra qu’il aurait remis cela à l’un de ses collaborateurs, sans les fouiller, et qu’il ne sait même pas l’usage qui en a été fait par la suite ! Comment tout un commandant de légion de gendarmerie peut négliger autant les effets d’une victime d’enlèvement ? Terrible !

3- À la question de savoir comment est-ce qu’il a récupéré le Prado noir de Danwé qui aurait servi à l’opération, il a répondu que c’est celui-ci lui-même qui les a conduit, un collaborateur et lui, à la montée Jouvence dans un garage où ils ont récupéré ledit véhicule pour le déposer à la brigade de gendarmerie de Mendong. Et à la question de savoir quels sont les actes d’enquête qu’il a posé sur ledit véhicule, notre officier supérieur de gendarmerie répondra qu’il n’en a fait aucun ! Même pas une fouille sommaire ! Encore moins l’identification formel dudit véhicule à travers son dossier. Terrible !

4- À la question de savoir s’il pouvait confirmer que le véhicule déposé à la brigade de Mendong est celui ayant effectivement servi à l’opération. Il répondra que non ! Et justement, ledit véhicule n’est pas du tout celui qui a servi à l’opération, et qui est garé dans la cour du tribunal militaire de Yaoundé !

5- Quel est alors le Prado noir qu’il prétend avoir identifié à Total Yannick, et qui l’a conduit sur la piste de Danwé ? Mystère !

6- D’autre part, il a déclaré que durant l’opération, le commando a fait usage de deux véhicules, à savoir le Prado noir et un Pick-up dans lequel Martinez a été transféré après son enlèvement, parce que le Prado noir était déjà « grillé ». Alors, comment se fait-il que Jean Pierre Otoulou et ses équipes n’aient jamais cherché à repérer ledit Pick-up, qui est pourtant la voiture dans laquelle Martinez auriat été conduit à son lieu de torture et d’assassinat ?

7- À la question de savoir quel est le nombre de téléphones qu’il a reçu de Justin Danwé lors de son arrestation, notre colonel, tout commandant de légion qu’il est, dira ne pas s’en rappeler !

8- À la question s’il savait que Danwé continuait à user de son téléphone pour appeler ses collaborateurs et des membres de sa famille afin qu’ils aillent récupérer des documents et des effets dans ses bureaux à la DGRE, des jours après son arrestation, et la supposée confiscation de son téléphone, notre colonel répondra que ce n’est pas grave. D’ailleurs, il ne sait pas exactement où ledit téléphone était gardé. Alors qu’à l’entame de l’audience lui-même avait déclaré qu’il a décidé de confisquer le téléphone de Danwé, parce qu’il avait fait des manipulations suspectes au début de son audition, comme s’il voulait effacer des messages !

9- Après avoir justifié la continuité de l’usage de son téléphone par Danwé par des raisons d’humanisme, à la question de savoir s’il avait accordé la même faveur aux autres accusés, il répondra par la négative, en voulant justifier ce traitement de faveur par le fait que Danwé était leur « camarade » et était coopératif !

Comment peut-on laisser le téléphone d’un tel suspect sans le sceller ? Incroyable !

10- S’agissant de Eko Eko, il sera établi que contrairement aux dires du Colonel Otoulou, le DG de la DGRE avait effectivement ouvert une enquête interne dès les premières arrestations de ses éléments survenues le 27 janvier 2023.

11- Pire notre colonel a avoué que lors de leur descente à la DGRE pour voir le dispositif de vidéosurveillance, ils n’avaient aucunement pris la peine de vérifier si ces cameras étaient effectivement fonctionnelles. Alors, comment ont-ils su que c’est depuis le cabinet du DG que celles-ci étaient directement monitorées ? Mystère !

12- Bien plus grave, le colonel Otoulou dit ne pas se rappeler si la fameuse descente à la DGRE a été sanctionnée par un rapport ! Incroyable !

13- Par ailleurs, alors qu’il a déclaré que c’est Danwé et Ebo’o qui ont donné les noms de tous les membres du commando, comment se fait-il qu’avant l’arrestation de Danwé, Jean Pierre Otoulou et ses éléments savaient déjà que Godje était en fuite, et étaient déjà à sa recherche ? Qui leur avait déjà donné les noms exacts des membres du Commando, qui plus est sont des agents secrets travaillant généralement sous des faux noms ? Mystère et boule de gomme !

14- Plus grave notre commandant de légion déclare ne plus se souvenir de la période de la journée (le matin, le soir, l’après-midi) au cours de laquelle il a procédé à la première audition de Justin Danwé !

Bref, l’audition de ce témoin, très loin d’avoir contribué à la manifestation de la vérité, a plutôt révélé les très graves incongruités qui ont jonché l’enquête préliminaire dans l’affaire Martinez Zogo.

Et là, nous ne sommes qu’à la phase de l’examination in chief. La cross examination, c’est-à-dire l’audition du témoin par les avocats des parties civiles, de la défense, et par les accusés eux-mêmes sera assurément explosive.

Et pour cela, j’invite tous ceux qui le peuvent, à venir eux-mêmes assister aux audiences des 03 et 04 août prochains, au lieu de se fier aux faux comptes-rendus qui sont souvent faits.

Ils en partiront avec une tout autre idée de cette affaire, à l’instar de Maximillienne Ngo Mbe.

Moussa Njoya

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Blériot Nyemeck raconte comment Parfait Ayissi a perdu son poste de DG

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Blériot Nyemeck est revenu sur les circonstances qui ont conduit au départ de Parfait Ayissi de la direction générale d’Info TV.

Invité de l’émission Obama Times ce dimanche 1ᵉʳ novembre 2026, diffusée sur A1 TV et présentée par Ernest Obama, il a notamment évoqué les sollicitations répétées du promoteur de la chaîne, Dieudonné Mveng, pour qu’il prenne la tête de la télévision, ainsi que l’incident survenu lors de la couverture de la Coupe André Onana à Oveng.

Selon son témoignage, Dieudonné Mveng lui aurait proposé de devenir directeur général d’Info TV environ six mois après son arrivée au sein de la chaîne. Une proposition qu’il affirme avoir refusée à plusieurs reprises, alors que Parfait Ayissi occupait déjà cette fonction.

« On est resté dans cette discussion pendant 18 mois », a déclaré Blériot Nyemeck, expliquant avoir finalement accepté après une longue période de réticence, en raison de difficultés de fonctionnement qu’il dit avoir observées au sein de la chaîne.

Cameroun Actuel vous propose cet extrait de l’interview de Blériot Nyemeck sur A1 TV :

Blériot Nyemeck : Six mois après mon arrivée à Info TV, M. Dieudonné Mveng me propose de devenir directeur général d’Info TV. Alors que Parfait Ayissi est directeur général, je lui dis non, ce n’est pas possible. Il me dit non, je lui dis ce n’est pas possible.

On est resté dans cette discussion pendant 18 mois. C’est au 18ᵉ mois, pour une raison que je vais évoquer ici, que j’ai fini par accepter.

Ernest Obama : Pourquoi vous avez accepté ?

Alors, Dieudonné Mveng décide chaque fois qu’il y a un problème, chaque fois qu’il y a un malentendu, avec Parfait Ayissi, il m’en parle et je lui dis : « Il faut en parler à Parfait. » Il me dit non, il s’en plaint, il se plaint de beaucoup de petites choses, mais notamment du fait que Parfait, dès que les émissions sont finies, il rentre directement, il quitte l’Info TV.

Ernest Obama : Mais est-ce qu’il travaille là-bas ?

Blériot Nyemeck : Non, il était directeur général.

Ernest Obama : Mais le directeur ne doit pas rester au bureau tout le temps ?

Blériot Nyemeck : Non, non, le directeur suit la télé. Je ne parle pas du CEO, à moins que… Moi, c’est mon directeur qui gère au quotidien.

Donc, Dieudonné Mveng a besoin d’un directeur général présent, opérationnel. Alors, Parfait fait cela et Dieudonné pense qu’il doit s’en séparer. Je lui dis non.

Un jour, même Parfait et moi, nous discutons, on est allé lui dire que Nyemeck est en train… Je lui dis non, il n’en est rien. Dieudonné m’a proposé, je n’ai pas accepté.

Il se produit un événement un jour, lors de la coupe André Onana, à Oveng. Aristide Manda, je cite les contemporains, vient voir Parfait Ayissi. Il lui dit : Je veux que Info TV vienne couvrir l’événement.

Ils s’entendent et puis Aristide Manda verse ce qu’il faut pour la couverture. Il lui dit : « Mais je veux aussi que Blériot et toi soyez là, à mon nom. » Il donne à Parfait son carburant et il dit à Parfait : « Bon, tu remets ceci à Blériot. »

Parfait Ayissi me remet mon carburant, on va à Oveng. Quand l’équipe d’Info TV va à Oveng et à la fin de la cérémonie, l’équipe d’Info TV a des problèmes pour rentrer parce qu’on ne leur a pas donné leur argent de transport.

Ernest Obama : Qui n’a pas donné ?

Blériot Nyemeck : Parfait Ayissi ne leur a pas donné l’argent de transport. Et l’un des beaux-frères de Parfait est de la délégation, son beau-frère, le cousin à sa femme. Donc, les gars,

Ernest Obama : Est-ce qu’il avait vraiment reçu les frais de transport ?

Blériot Nyemeck : Il les avait reçus. Peut-être qu’il n’a jamais su.

Ernest Obama : Peut-être qu’il a oublié…

Blériot Nyemeck : J’ai dit à Dieudonné, tu aurais dû lui dire pourquoi tu l’as enlevé DG. Donc, alors, les gars, finalement, Aristide leur donne 10 000. Ils rentrent.

Quand ils arrivent, Dieudonné Mveng il décide que l’élément ne va pas passer. Aristide, qui a des accords avec André Onana, se rend compte. Il essaie d’appeler Dieudonné Mveng, Dieudonné Mveng ne le prend pas au téléphone.

Il est dépité. Il me joint. Il me dit Mais voici ce qui s’est passé. Tu sais, maintenant, le PDG m’insulte. Il dit que j’ai méprisé ses collaborateurs…

Je demande au PDG d’écouter Aristide ? Aristide Manda lui explique ce qui s’est passé et Dieudonné Mveng m’appelle et il me dit : je vais licencier Parfait Ayissi et je vais le relever de ses fonctions ce soir.

J’essaie encore de faire la médiation. Rien. […] Et Dieudonné, me dit : « Tu deviens DG. » Jamais de la vie, je ne peux pas remplacer Parfait Ayissi.

Et je lui suggère quelqu’un qui devrait le remplacer, puisqu’il est déjà décidé. Je lui suggère une femme qui avait été DGA. Il me dit non. Et lui-même propose une certaine Ilouga Hermine qu’il nomme.

Alors Parfait me reproche le fait que je ne l’ai pas prévenu des échanges que j’avais eus avec Dieudonné Mveng, sachant qu’on allait le relever de ses fonctions.

Mais je lui dis non, je ne pouvais pas revenir te dire que même si je te l’avais dit, qu’est-ce que cela aurait changé ? Parfait est donc relevé de ses fonctions de DG.

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