Actualités locales
Recettes 2025: le cacao détrône le pétrole comme premier produit d’exportation, porté par l’envolée des cours

(Investir au Cameroun) – En 2025, le cacao a ravi au pétrole sa place de premier produit d’exportation du Cameroun. Selon le rapport sur l’évolution du commerce extérieur publié par l’Institut national de la statistique (INS), les fèves de cacao ont représenté 26,3% des recettes d’exportation du pays, contre 22,9% pour les huiles brutes de pétrole. Derrière ces deux locomotives figurent le gaz naturel liquéfié, avec 11,4% des recettes, ainsi que la pâte et le beurre de cacao, dont la contribution cumulée atteint 12,2%. Le bois et ses ouvrages pèsent 7,1%, contre 4% pour le coton brut.
Ces chiffres consacrent un basculement inédit dans la structure des exportations camerounaises. Depuis plusieurs décennies, le pétrole brut occupait le premier rang des pourvoyeurs de devises, tandis que le cacao se maintenait parmi les principaux produits exportés, sans jamais supplanter l’or noir. En 2025, cette hiérarchie s’est inversée.
Pour l’INS, cette percée du cacao s’explique avant tout par un effet-prix. Alors que les exportations pétrolières ont été pénalisées par le repli des cours mondiaux, la fève camerounaise a, au contraire, bénéficié d’un marché international particulièrement porteur.
Un effet de prix préjudiciable au brut
« L’embellie des exportations du cacao est corrélée à la hausse du prix du kilogramme de cacao sur le marché international, dont le prix unitaire à l’exportation est resté assez favorable pour les producteurs. Après la forte hausse de 90% des recettes d’exportation du cacao en fèves en 2024, on observe une hausse de 18,7% en 2025 en glissement annuel, pour atteindre 810,2 milliards de FCFA », souligne le rapport de l’INS.
À l’inverse, les recettes pétrolières ont poursuivi leur repli en 2025. « En glissement annuel, la baisse est de 29,6% et les recettes sont estimées à 705,6 milliards de FCFA, représentant 22,9% des recettes totales des exportations. Les quantités, quant à elles, baissent de 15,6% sur la même période. Cette situation s’explique par la baisse des prix unitaires à l’exportation de 16,7%, consécutive à la baisse des cours mondiaux du pétrole brut », précise le statisticien public.
Le contraste est donc net : d’un côté, un cacao dopé par des cours historiquement favorables ; de l’autre, un pétrole affecté à la fois par la baisse des prix et par le recul des volumes exportés. Autrement dit, le renversement observé en 2025 traduit moins, à ce stade, une substitution définitive entre deux filières qu’un déplacement provisoire du centre de gravité des exportations sous l’effet de la conjoncture internationale.
Une industrie cacaoyère locale en mutation
La montée en puissance de la filière cacao ne se limite cependant plus aux seules fèves brutes. Selon le rapport de l’INS, la pâte et le beurre de cacao figurent désormais parmi les principaux contributeurs aux recettes d’exportation du pays. En 2025, ces deux produits dérivés ont généré, à eux seuls, 377 milliards de FCFA, soit 12,2% des recettes d’exportation.
Cette performance reflète les mutations engagées depuis une dizaine d’années dans l’industrie cacaoyère nationale. À partir de 2015, de nouveaux broyeurs de fèves, tels que Neo Industry, Atlantic Cocoa et Africa Processing, se sont implantés dans le pays, tandis que les industriels déjà présents ont accru leurs capacités. C’est notamment le cas de SIC Cacaos, filiale du groupe suisse Barry Callebaut.
Résultat, la transformation locale continue de gagner du terrain. Selon le bilan de fin de campagne publié par l’Office national du cacao et du café (ONCC), le Cameroun a franchi pour la première fois la barre symbolique des 100 000 tonnes de fèves transformées localement.
Cette dynamique commence d’ailleurs à se refléter dans le positionnement international du pays. D’après le rapport sur la compétitivité de l’économie camerounaise, publié par le think tank spécialisé du ministère de l’Économie, le Cameroun est devenu en 2024 le 7e exportateur mondial de pâte de cacao et le 9e exportateur mondial de beurre de cacao.
La progression du cacao dans les recettes d’exportation du Cameroun ne repose donc plus uniquement sur l’exportation de fèves brutes. Elle s’appuie aussi, de plus en plus, sur la montée en régime d’une transformation locale qui conforte la place stratégique de cette filière dans l’économie extérieure du pays.
Reste que la première place conquise par le cacao en 2025 demeure encore largement tributaire de l’envolée des cours mondiaux. Si l’essor de la transformation locale constitue un facteur d’ancrage plus structurel, seul le temps dira si ce renversement de hiérarchie avec le pétrole s’inscrit durablement dans le paysage exportateur camerounais.
Brice R. Mbodiam
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Coopération parlementaire Cameroun-France renforcée

Le président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo a reçu en audience, le 15 juillet 2026, le sénateur français Ronan Le Gluet. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération parlementaire, les projets du C2D ainsi que de nouvelles perspectives de partenariat entre les deux pays.
Le président de l’Assemblée nationale du Cameroun, Théodore Datouo a accordé une audience au sénateur français Ronan Le Gluet, représentant les Français établis hors de France et président délégué du Groupe d’amitié France-Cameroun, dans le cadre du renforcement des relations entre Yaoundé et Paris.
Au cours de leurs échanges, les deux personnalités ont réaffirmé leur volonté de consolider la coopération interparlementaire à travers les groupes d’amitié des deux institutions. Les discussions ont également porté sur la situation de la communauté française vivant au Cameroun, le fonctionnement du Sénat français à l’approche de son renouvellement prévu en septembre 2026, ainsi que sur le partage d’expériences entre les institutions sénatoriales des deux pays.
L’entretien a aussi permis de faire le point sur la mise en œuvre des projets financés dans le cadre du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), notamment dans les domaines du développement urbain et des infrastructures. Les deux personnalités ont, par ailleurs, exploré de nouvelles pistes de coopération dans les secteurs de l’économie et de la santé.
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Plaidoyer pour le Compact Eau au Forum Africain

Représentant personnel du Chef de l’État au Forum Africain de l’Eau de N’Djaména, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a présenté la stratégie du Cameroun en matière de sécurité de l’eau. Il a appelé les partenaires techniques et financiers à soutenir le Compact Eau, un programme d’investissement estimé à près de 4 milliards de dollars.
Prenant la parole le 15 juillet 2026 à N’Djaména, à l’occasion du Forum Africain de l’Eau organisé dans le cadre de l’initiative « Water Forward » de la Banque mondiale, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a exposé la vision du Cameroun pour renforcer la sécurité de l’eau et faire de cette ressource un levier de développement.
Le membre du Gouvernement a mis en évidence les difficultés persistantes d’accès à l’eau potable malgré l’abondance des ressources hydriques du pays, soulignant leurs répercussions sur l’agriculture, l’élevage, l’industrie ainsi que sur la production hydroélectrique, qui représente près de 80 % du mix énergétique national.
Pour relever ces défis, le Cameroun a élaboré un Compact Eau, présenté comme la feuille de route nationale en matière de sécurité hydrique. Estimé à près de 4 milliards de dollars américains, ce programme prévoit des investissements dans les infrastructures et des réformes visant à améliorer la gouvernance du secteur. Si près de 30 % des financements sont déjà mobilisés, le gouvernement sollicite un engagement accru des partenaires afin de combler le déficit restant.
Par ailleurs, le ministre a salué l’appui de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, notamment à travers le projet SEWASH, avant d’appeler à une mobilisation collective pour garantir un accès durable et équitable à l’eau potable et renforcer la résilience du Cameroun face aux effets des changements climatiques.
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Fuh Calistus Gentry : Clarifications sur l’or d’État

Le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt) recadre le débat public après les révélations de pertes financières colossales estimées à près de 2 000 milliards de FCFA à cause des circuits illégaux.
Le ministre des Mines, des Industries et du Développement Technologique, Fuh Calistus Gentry, et le ministre de la Communication, le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, ont donné un point de presse ce mercredi 15 juillet 2026 à Yaoundé, pour mettre à jour les Camerounais sur les réformes dans le secteur minier, en particulier celles visant à renforcer le secteur de l’or dans le pays.
Certains projets majeurs de minage ont également été annoncés pour plus tard en 2026. Aussi, lors de ce point de presse le ministre du Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a affirmé qu’« il n’y a pas de disparition d’or appartenant à l’État».
Le renforcement des contrôles sur les sites d’exploitation
D’après le membre du gouvernement, le problème réside dans la sous-déclaration d’une partie de la production aurifère par certains opérateurs privés. Cette pratique entraîne une diminution des recettes issues de l’impôt synthétique minier et des taxes à l’exportation.
Pour y remédier, plusieurs mesures ont été annoncées, notamment, le renforcement des contrôles sur les sites d’exploitation, l’instauration de seuils minimaux de livraison et l’amélioration de la traçabilité de l’or, depuis son extraction jusqu’à son exportation.
Recettes publiques et mieux encadrer…
Fuh Calistus Gentry a également indiqué que la Société Nationale des Mines du Cameroun Sonamines sera chargée d’assurer un suivi renforcé de la production et de la commercialisation de l’or provenant de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée.
À travers ces réformes, le gouvernement entend renforcer la transparence, lutter contre les pertes des recettes publiques et mieux encadrer un secteur stratégique pour l’économie camerounaise.
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