Connect with us

Actualités locales

Réforme constitutionnelle : Paul Biya, maître du jeu jusqu’au bout

Published

on

Réforme constitutionnelle : Paul Biya, maître du jeu jusqu’au bout
Spread the love

Réforme constitutionnelle : Paul Biya, maître du jeu jusqu’au bout

Dans un éditorial publié dans Mutations du 6 avril 2026, le Directeur de publication dudit journal, Georges Alain Boyomo, explique comment Paul Biya manœuvre pour rester le seul maître du jeu politique au Cameroun.

Selon le journaliste, cette nouvelle modification de la Constitution consacre la ruse stratégique et l’ouverture-fermée du président de la République, qui, lui, a pourtant bénéficié de la courte échelle de son « illustre prédécesseur », au moins dès la révision constitutionnelle du 29 juin 1979.

« Paul Biya, l’homme fort

Par Georges Alain Boyomo

Entre lueurs d’espérance saupoudrées au peuple et velléités de grandeur au crépuscule de son magistère, le chef de l’État, Paul Biya, a encore réussi, avec habileté manœuvrière, à endosser le costume du cardinal Mazarin. Le « bréviaire des politiciens » de l’homme d’église, puis politique français (lui-même influencé par le philosophe italien, Nicolas Machiavel), qui serait le livre de chevet du président de la République, semble avoir inspiré le projet de révision constitutionnelle adopté samedi, au bout d’un marathon parlementaire.

Dans l’art de la simulation et la dissimulation, difficile de faire mieux. En effet, à travers ce texte, le chef de l’État donne le sentiment d’ouvrir sa succession tout en la verrouillant. Tout en s’affirmant comme le « monarque républicain », expression chère à Maurice Duverger, faisant allusion à l’extrême concentration des pouvoirs entre les seules mains du président sous la Ve République française.

Tenez ! Paul Biya « peut » nommer un vice-président et « peut » mettre fin à ses fonctions. Autrement dit, rien ne l’y oblige, d’un. De deux, il s’agit d’un fauteuil éjectable, d’une fonction révocable, comme celle de ministre ou de directeur général d’une société d’État.

Tertio : le président de la République peut déléguer certains de ses pouvoirs au vice-président, au même titre qu’il peut le faire au Premier ministre ou à des membres du gouvernement.

Quant à ceux qui caressaient le rêve d’un binôme présidentiel élu, ils sont invités à repasser.

Le texte en attente de promulgation confirme également la tendance à la méfiance systématique et l’art du contre-pied qui caractérisent le chef de l’État. « Méfiez-vous de tout le monde. Considérez les amis d’aujourd’hui comme de futurs ennemis », conseille le cardinal Mazarin.

Le vice-président (dont les contours opérationnels de la fonction pourraient davantage se dessiner dans un projet de loi à soumettre aux parlementaires) ne sera donc pas automatiquement issu d’une aire socio-linguistique, comme le prédisaient des oracles du sérail. Les cartes sont dès lors rebattues pour les ressortissants anglophones, nostalgiques ou héritiers de la séquence fédérale de l’État.

Si elle vise à ne pas enfermer le dauphinat dans une camisole politico-historique, cette précaution calculée pourrait opportunément interroger ou conforter la détermination, visiblement inoxydable, de certains clans apparentés à Paul Biya ou à quelque proche, à contrôler sa « succession ». Pour sûr, les batailles vont s’intensifier et s’envenimer, pour être calife à la place du calife. Jusqu’au money time.

La nouvelle réforme constitutionnelle, qui intervient après celle, tumultueuse, du 14 avril 2008, a également vocation à envoyer un signal explicite aux partenaires internationaux du Cameroun, qui n’ont de cesse de s’inquiéter des risques de déchirements successoraux et leurs possibles corollaires après Paul Biya.

Comme l’a théorisé le cardinal Mazarin, « il ne faut pas s’opposer frontalement aux puissants ». Le chef de l’État l’a saisi et ménage sa monture, dans un monde où le rapport de forces et les péripéties de l’actualité récente inclinent, plus que jamais, à la prudence et au pragmatisme.

Au demeurant, cette nouvelle modification de la Constitution consacre la ruse stratégique et l’ouverture-fermée du président de la République, qui, lui, a pourtant bénéficié de la courte échelle de son « illustre prédécesseur », au moins dès la révision constitutionnelle du 29 juin 1979.

L’homme fort ou providentiel qu’il tient à demeurer n’entend nullement faire la part belle à des institutions fortes. Aussi s’applique-t-il, à chaque occasion, à pousser, avec une précision d’orfèvre, ses pions sur l’échiquier politique, en le complexifiant, afin de rester le seul et unique maître du jeu et des horloges. Jusqu’à quand ? »

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Paul Biya adresse ses félicitations à Emmanuel Macron à l’occasion de la fête nationale française

Published

on

Spread the love

À l’occasion de la célébration de la fête nationale de la France, célébrée ce 14 juillet, le président Paul Biya a adressé un message de […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Nécrologie : le Général Ezo’o Mvondo Simon est mort

Published

on

Spread the love

Le commandant de la Première Région Militaire Interarmées (RMIA1), est décédé au petit matin de ce mardi 14 juillet 2026 en Inde des suites de […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

la gouvernance de la Chine”

Published

on

Spread the love

BICHKEK, 13 juillet (Xinhua) — Un événement s’est tenu lundi dans la capitale kirghize Bichkek pour promouvoir le cinquième volume de « Xi Jinping : la gouvernance de la Chine ».

Les participants ont indiqué que l’événement, qui coïncidait avec le 25e anniversaire de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), revêtait une grande importance pour les représentants de tous les milieux du Kirghizistan, de la Chine ainsi que de la famille de l’OCS, qui ont ainsi pu échanger leurs points de vue sur l’ouvrage du président chinois.

Ce livre majeur expose de façon systématique la théorie et la pratique de la modernisation chinoise, présente d’une manière saisissante la vision et le programme de la Chine pour l’établissement d’une communauté de destin pour l’humanité, et fait office d’ouvrage de référence pour comprendre la modernisation chinoise et la Chine contemporaine.

Il offre également une orientation importante pour que la Chine et le Kirghizistan approfondissent leurs échanges en matière d’expériences de gouvernance et renforcent l’alignement de leurs stratégies de développement.

L’ancienne présidente kirghize Roza Otounbaïeva a souligné que la vision de l’établissement d’une communauté de destin pour l’humanité, avancée par M. Xi, était une idée et une proposition à l’influence internationale.

La coopération de haute qualité autour de l’initiative « Ceinture et Route » a apporté de nouvelles opportunités de développement et aidé le Kirghizistan à progressivement se transformer en centre majeur du continent eurasien, selon Mme Otounbaïeva. Elle a ajouté qu’une étude approfondie de la logique interne, du mécanisme de gouvernance et de la planification du développement de la Chine était d’une grande valeur pratique.

S’exprimant lors de l’événement, le secrétaire d’Etat kirghize Arslan Koïtchiev a déclaré que la Chine avait réussi à adapter le marxisme à ses conditions nationales et avait accumulé une riche expérience en intégrant le marxisme à la réalité chinoise. Afin de comprendre le marxisme au 21e siècle, il recommande d’étudier attentivement les travaux du président Xi.

La lecture de ce livre peut aider les gens à approfondir leur réflexion sur les relations du Kirghizistan avec la Chine et le reste du monde, et encourager la coopération pratique afin de promouvoir l’apprentissage mutuel entre civilisations ainsi que le développement et la prospérité, a ajouté M. Koïtchiev.

Piao Yangfan, la vice-secrétaire général de l’OCS, a souligné que la Chine et le Kirghizistan, en tant que membres fondateurs de l’organisation, ont apporté des contributions uniques à l’établissement et au développement du mécanisme des Cinq de Shanghai.

L’ouvrage, a-t-elle noté, comprend les discours importants du président Xi sur la construction d’une communauté de destin Chine-Asie centrale et d’une communauté de destin l’OCS, fournissant des orientations pour renforcer la solidarité et la coordination entre les pays de la région, consolider un environnement sûr et stable, améliorer l’alignement des stratégies de développement et promouvoir des liens plus étroits entre les peuples.

Au cours de l’événement, la Chine a offert aux invités kirghizes des exemplaires de l’édition en langue kirghize du troisième volume et de l’édition en langue russe du cinquième volume de « Xi Jinping : La gouvernance de la Chine ».

Dans le même temps, des représentants du personnel médical et des journalistes kirghizes ont partagé des récits de coopération entre les deux pays dans la pratique de la philosophie donnant la priorité au peuple.

Les experts participants ont aussi échangé leurs points de vue sur des sujets tels que la modernisation chinoise, la construction d’une communauté de destin pour l’humanité, l’Initiative pour la gouvernance mondiale, l’initiative « Ceinture et Route » et l’apprentissage mutuel entre les civilisations.

L’événement a été organisé conjointement par le Bureau d’information du Conseil des Affaires d’Etat de Chine, le China International Communications Group et l’ambassade de Chine au Kirghizistan. Environ 300 représentants de partis politiques, d’organisations médiatiques, de groupes de réflexion et d’autres secteurs des deux pays y ont assisté. Fin

(Xinhua/Li Renzi)
(Xinhua/Li Renzi)
(Xinhua/Li Renzi)
(Xinhua/Li Renzi)
(Xinhua/Li Renzi)
(Xinhua/Li Renzi)
(Xinhua/Li Renzi)
(Xinhua/Roman)

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici