Il y a des incidents qui passent inaperçus, et d’autres qui méritent qu’on s’y attarde. Celui du dimanche 29 mars 2026 au stade de la Réunification de Bepanda appartient clairement à la seconde catégorie. La journaliste Gaelle Moudio Ndedi, reporter sportive à la CRTV, affirme avoir été empêchée de couvrir la rencontre entre Dynamo de Douala et PWD de Bamenda, comptant pour la 12e journée du championnat MTN Élite One.
C’est sur Facebook, le jour même des faits, qu’elle a choisi de prendre la parole. Son message ne laisse aucune ambiguïté sur ce qu’elle a vécu. « Pour la première fois de ma vie de reporter, j’ai été empêchée de travailler », écrit-elle. Une déclaration qui pèse lourd pour une journaliste qui se dit habituée à couvrir des compétitions dans des conditions bien plus contraignantes.
Tout s’est effondré à dix minutes du coup d’envoi
D’après son récit, rien ne laissait présager ce qui allait suivre. Accréditée en bonne et due forme, elle arrive au stade avec son cameraman environ deux heures et demie avant le match, soit bien avant le coup d’envoi. La routine habituelle d’un match de championnat, du moins jusqu’à ce moment précis. « Régulièrement accréditée […] c’est à 10 minutes du début du match que mon cameraman et moi sommes informés que la CRTV n’est pas autorisée à couvrir le match », déplore-t-elle, sans qu’aucune explication officielle ne lui soit fournie.
Dix minutes. Le temps d’absorber la nouvelle, de tenter d’obtenir des éclaircissements, et le match commence sans elle. Les raisons de cette interdiction de dernière minute restent pour l’heure totalement obscures.
Un travail préparatoire réduit à néant
Ce qui rend cet épisode encore plus difficile à avaler pour la journaliste, c’est le travail qu’elle avait fourni en amont. Elle n’était pas simplement venue filmer un match.Elle s’était préparée pendant plusieurs jours, notamment pour réaliser un portrait lié à l’événement. « Situation difficile pour un reporter commentateur de match qui s’est préparé depuis des jours », regrette-t-elle, photos à l’appui, prises depuis les tribunes où elle a finalement dû s’installer.
La rencontre avait pourtant une dimension particulière pour Dynamo, qui signait ce jour-là son retour à domicile après trois déplacements consécutifs. Club unique représentant de Douala en Élite One cette saison, il suscitait un intérêt médiatique naturellement élevé. Un contexte qui rendait la présence de la télévision nationale d’autant plus attendue.
Ni les organisateurs de la rencontre, ni les instances du football camerounais n’ont, à ce jour, réagi publiquement à cet incident. Un silence qui interroge, et qui laisse planer une zone d’ombre sur les conditions réelles d’accès des médias aux rencontres du championnat. Au-delà du cas Moudio Ndedi, c’est toute la question des relations entre clubs, organisateurs et presse sportive qui refait surface, un débat jamais vraiment clos dans le football camerounais.






