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Matières premières : Au Cameroun, la chute des prix mondiaux fragilise la filière coton

Dans le septentrion du Cameroun, l’équation économique devient de plus en plus difficile pour les acteurs de la filière coton. Depuis plus d’un an, le prix de la fibre reste orienté à la baisse sur le marché international, comprimant les marges de l’ensemble de la chaîne de production.
Aujourd’hui, la fibre s’échange autour de 890 FCFA le kilogramme. Un niveau jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production. « Depuis quinze mois, le prix de vente de la fibre est trop faible, autour de 890 F CFA le kilo, inférieur à notre prix de revient », indique Mohamadou Bayero Bounou, directeur général de la Société de développement du coton (Sodecoton).
La conséquence est directe pour les industriels du secteur. « Tous les égreneurs africains travaillent à perte », ajoute-t-il. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le coton fait figure d’exception parmi les matières premières agricoles. Les spécialistes du secteur, soulignent une anomalie persistante sur les marchés internationaux. « Le coton est la seule matière première agricole dont le cours est plus bas aujourd’hui qu’avant la pandémie de Covid-19 ».
LA MONTÉE EN PUISSANCE DE NOUVEAUX GÉANTS
La crise actuelle trouve en grande partie son origine dans la recomposition du marché mondial du coton. Ces dernières années, plusieurs grands producteurs ont renforcé leur présence à l’exportation. Le Brésil s’est imposé comme un acteur majeur. Lors de la campagne 2024-2025, le pays est même devenu le premier exportateur mondial avec près de cinq millions de tonnes, rejoignant les États-Unis, l’Australie ou encore l’Inde parmi les grands fournisseurs du marché international. Cette production abondante repose sur des rendements particulièrement élevés et une mécanisation avancée des récoltes.
Résultat, un coton de qualité arrive sur les marchés à des prix très compétitifs. La tendance devrait se poursuivre. Brasília vise désormais une production de six millions de tonnes pour la campagne 2025-2026. Face à cette concurrence, les producteurs africains comme le Cameroun, le Mali et le Tchad peinent à suivre. L’écart de productivité reste considérable. Au Brésil, la production atteint en moyenne 1 900 kilogrammes de fibre par hectare. Au Cameroun, elle s’établit autour de 670 kilogrammes par hectare, contre environ 450 kilogrammes en Côte d’Ivoire et au Bénin.
UNE FILIÈRE FRAGILISÉE PAR DES CONTRAINTES INTERNES
La faiblesse des rendements ne constitue qu’une partie du problème. Les producteurs doivent aussi composer avec des conditions de production de plus en plus difficiles. La campagne 2024-2025 en offre une illustration. La filière espérait une production de 360 000 tonnes de coton graine. Elle n’a finalement atteint que 284 000 tonnes.
JeanPaul Tizi, président du conseil d’administration de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun, évoque une succession de chocs. « La campagne 2024-2025 a été impactée par les aléas climatiques. Les inondations, la sécheresse et les attaques de jassides ont fortement affecté les cultures », explique-t-il.
Les contraintes financières pèsent également sur les exploitations. La hausse du coût des intrants et la mise en place tardive des approvisionnements compliquent la préparation des campagnes agricoles.
Selon Jean-Paul Tizi, les producteurs se retrouvent parfois dans une situation financière critique. « Les impayés considérables et les crédits obligent certains producteurs à vendre leurs animaux ou leurs vivriers pour rembourser les prêts contractés auprès de la CNPC-C et de la Sodecoton ».
À ces difficultés s’ajoute une insécurité persistante dans certaines zones rurales. Les enlèvements contre rançon se multiplient et poussent certains agriculteurs à quitter leurs villages. « Cet exode imposé par les malfrats aux producteurs de coton est un facteur favorisant la pauvreté dans nos contrées », alerte le responsable de la confédération.
L’APPEL AU SOUTIEN PUBLIC
Face à cette accumulation de difficultés, les acteurs du secteur ont décidé de tirer la sonnette d’alarme. Réunis à Douala à la mi-février dans le cadre de l’Association cotonnière africaine, ils ont appelé les pouvoirs publics à soutenir la filière. L’enjeu est d’assurer la rémunération des petits producteurs au prix d’achat fixé en début de campagne, autour de 300 FCFA le kilogramme de coton graine.
Lors de la campagne 2023-2024 au Cameroun, le prix du coton graine de 1er choix était de 310 F CFA/kg et celui du 2e choix de 285 F CFA/kg. Une garantie jugée essentielle pour maintenir les semis et éviter un effondrement de la production lors des prochaines campagnes.
Dans cette perspective, les organisations de producteurs ont déjà anticipé la campagne 2025-2026. La Confédération nationale des producteurs de coton a passé une commande de 52 000 tonnes d’intrants agricoles, pour un montant évalué à 40 milliards de FCFA. Selon le Rapport sur l’économie nationale 2025, le pays a exporté 151 922 tonnes de coton brut pour une valeur de plus de 177 milliards de FCFA en 2024.
LA TRANSFORMATION LOCALE COMME ISSUE STRATÉGIQUE
Au-delà des mesures de soutien conjoncturel, une transformation plus profonde de la filière apparaît désormais incontournable. Aujourd’hui, près de 99 % de la production de la Sodecoton est exportée sous forme de fibre brute. Dans le même temps, le Cameroun importe pour environ 100 milliards de FCFA de textiles et de friperie chaque année.
Pour réduire cette dépendance, Sodecoton mise sur l’industrialisation. Une usine de confection et un centre de formation devraient voir le jour à Garoua d’ici 2027. Un pôle textile comprenant filature, tissage et teinture est également prévu dans la zone industrielle de la Dibamba, à Douala.
L’objectif consiste à transformer dans un premier temps 15 000 tonnes de coton, puis à atteindre 35 000 tonnes, soit environ un quart de la production nationale. « On ambitionne de capter un quart du marché local de la fripe », indique Mohamadou Bayero Bounou.
UN ENJEU RÉGIONAL ET INTERNATIONAL
La situation du coton africain suscite également l’attention des organisations internationales. À la veille de la quatorzième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce prévue à Yaoundé, une rencontre de haut niveau sera consacrée à cette filière stratégique. L’initiative réunira le Secrétariat de l’OMC, l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, le Centre du commerce international, l’Organisation internationale du travail et la Fédération internationale de football.
L’événement doit permettre de lancer la plateforme d’investissement du Partenariat pour le coton et de présenter de nouvelles opportunités pour le développement de la chaîne de valeur coton-textile-habillement en Afrique de l’Ouest et centrale. L’initiative ambitionne de mobiliser cinq milliards de dollars d’investissements sur dix ans, de générer six milliards de dollars de produits à valeur ajoutée et de créer environ 500 000 emplois décents dans la région, notamment pour les femmes et les jeunes
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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.
Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.
L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.
Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».
Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.
Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.
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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.
Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.
« République en pilotage automatique »
Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».
Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…
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