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De 6 000 à 1 500 FCFA le kilo : le cacao camerounais s’écroule
Des milliers de producteurs de cacao, répartis dans les différentes régions cacaoyères du pays, alertent sur le risque d’effondrement du secteur, conséquence des multiples taxes imposées après une récolte exceptionnelle lors de la dernière campagne.
Ils expliquent qu’à la différence de 2025, année où le kilogramme de cacao se vendait à un prix historique de 6 000 FCFA, les prix du marché se sont effondrés à 1 500 FCFA le kilogramme, provoquant une onde de choc dans tout le secteur.
Nombreux sont ceux qui déplorent le silence du gouvernement face à cette chute des prix et aux nombreuses taxes introduites l’an dernier, alors que le cacao atteignait des prix très attractifs.
Compte tenu des perspectives offertes par la dernière campagne, les coûts des intrants agricoles restent excessivement élevés, aggravés par la taxation. Cette situation a engendré un découragement chez les agriculteurs, freinant l’intérêt pour un secteur qui semblait prendre son essor l’an dernier.
Les agriculteurs étant les piliers de la chaîne de valeur du cacao, beaucoup estiment qu’il est urgent de revoir les lourdes taxes qui pèsent sur eux.
Si la catastrophe qui se profile n’est pas prise en compte, les économistes prévoient une chute brutale de la production, une baisse de la qualité, l’abandon des plantations par les agriculteurs et un déclin général du produit intérieur brut (PIB) du Cameroun.
La fiscalité perturbe le secteur
Auparavant, la taxe de l’Office national du cacao et du café (ONCC) était plafonnée à 75 FCFA par kilogramme et à 75 000 FCFA par tonne de cacao exportée.
Le gouvernement a relevé cette taxe à 150 FCFA par kilogramme et à 150 000 FCFA par tonne. Ce montant a été communiqué par une décision du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en date du 13 janvier 2025.
Parallèlement, le 1er avril 2024, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a signé une autre décision fixant un droit de douane à 10 % de la valeur FOB (Franco à bord).
Cela correspond à une taxe estimée à 200 000 FCFA par tonne métrique, en supposant que chaque tonne métrique de cacao exportée coûte 2 millions de FCFA.
De plus, les acteurs du secteur ajoutent que d’autres taxes sectorielles, entrées en vigueur ces dernières années, ont encore aggravé les difficultés des agriculteurs.
Si l’on ajoute à cela le coût élevé des pesticides, des fongicides et des engrais, ainsi que les coûts de main-d’œuvre et de transport, entre autres, la plupart des agriculteurs affirment désormais que la culture du cacao n’est plus rentable.
Comment une fiscalité excessive tue le secteur
Le principal inconvénient de la lourde charge fiscale, et à juste titre, est la pauvreté et l’endettement généralisés qui touchent des milliers de communautés cacaoyères.
Certains critiquent ouvertement le gouvernement, l’accusant d’avoir mis en place un système qui, loin de protéger les agriculteurs, les exploite.
Parmi les autres conséquences de cette fiscalité jugée excessive par les agriculteurs, on peut citer : l’abandon des exploitations face à la chute des revenus, la perte de motivation pour se lancer dans la cacaoculture, l’effondrement des efforts de développement durable (nombreux sont ceux qui rejettent désormais les bonnes pratiques), une forte dégradation de la gestion des exploitations, de faibles rendements et une détérioration rapide de la qualité (les agriculteurs précipitant les ventes et réduisant les périodes de fermentation).
La baisse des volumes d’exportation entraîne une perte de réputation et de devises étrangères. Le trafic de cacao à grande échelle vers le Nigéria, florissant, est également imputé à la fiscalité excessive du gouvernement. Les agriculteurs déplorent le manque de contrôles et la baisse des taxes sur le marché nigérian.
Selon les analystes, cette situation risque également de faire perdre au Cameroun sa réputation en matière de qualité du cacao. Le système en place, source de mécontentement chez les agriculteurs, encourage la fraude, affaiblit les contrôles et nuit aux intérêts nationaux.
Déjà, certains agriculteurs se tournent vers la culture de céréales pour échapper à ce qu’ils considèrent comme le piège mortel du secteur cacaoyer, imputé à une fiscalité inadaptée.
Les experts soulignent que si cette tendance se confirme, il sera difficile de l’inverser et de maintenir l’intérêt pour la cacaoculture.
Le secteur cacaoyer va-t-il suivre le même chemin que le secteur caféier ?
Dans de nombreuses communautés, l’inquiétude est grande quant à un possible effondrement du secteur cacaoyer, à l’instar de celui du café.
On se souvient de l’époque où la culture du café revêtait une importance nationale considérable, avant que des pressions similaires ne la précipitent au bord du gouffre.
Certains agriculteurs affirment que le secteur du café a connu la même trajectoire avant de s’effondrer. Ils évoquent la baisse de la production, la mauvaise qualité, l’abandon du secteur par les agriculteurs et la perte progressive de son importance économique.
Ils ont affirmé que le café, autrefois culture d’exportation phare au même titre que le cacao, a été progressivement étouffé par des incitations insuffisantes, des prix à la production trop bas et des politiques inefficaces.
Que peut faire le gouvernement ?
Dans leur quête d’un équilibre, les agriculteurs insistent sur le fait que le gouvernement ne peut continuer à réduire les récoltes pendant les périodes fastes sans prendre de mesures pour les protéger de l’instabilité du marché, comme c’est le cas actuellement.
Ils réclament des actions concrètes, à la hauteur des dures réalités qui plongent des millions de familles dépendantes de la culture du cacao dans la précarité.
Parmi les mesures urgentes pour remédier à cette situation chaotique, les agriculteurs ont notamment demandé aux autorités de suspendre ou de revoir les taxes appliquées pendant les périodes fastes.
Ils ont ajouté que la pression fiscale sur le secteur doit être alignée sur les réalités du marché, que des mécanismes de protection des agriculteurs adaptés sont nécessaires, que des incitations à la qualité et à la durabilité doivent être mises en place et que les exportations formelles doivent être rétablies.
En définitive, ils demandent simplement un traitement équitable et une action rapide dans l’intérêt de toute la nation.
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la Banque africaine de l’énergie officiellement créée avec un capital de 5 milliards de dollars

La Banque africaine de l’énergie (BAE) a été officiellement créée ce 31 octobre à Abuja. Dotée d’un capital de 5 milliards de dollars, elle veut financer toute la chaîne de valeur énergétique africaine et réduire la dépendance au financement extérieur.
C’est un tournant pour la souveraineté énergétique du continent. La Banque africaine de l’énergie (BAE) a été officiellement créée ce 31 octobre à Abuja, au Nigeria.
Elle est née d’un partenariat stratégique entre l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), qui regroupe 18 pays membres, et la banque d’import-export Afreximbank.
Dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars, sa mission est claire : financer des projets sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique africaine, du pétrole au gaz, en passant par le raffinage et les infrastructures.
Pour l’Afrique, l’enjeu est majeur. Face au désengagement progressif des banques internationales du financement des énergies fossiles, le continent entend sécuriser lui-même ses investissements et valoriser ses ressources.
Avec plus de 125 milliards de barils de réserves prouvées, l’Afrique ne veut plus exporter brut et importer cher. La BAE doit permettre de financer des raffineries, des gazoducs, des centrales et des infrastructures de stockage.
C’est aussi un instrument de souveraineté financière. En mobilisant des capitaux africains pour des projets africains, la nouvelle institution veut accélérer l’industrialisation, créer de la valeur ajoutée locale et garantir l’accès à l’énergie pour plus de 600 millions d’Africains qui en sont encore privés.
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