Le championnat Elite Two camerounais a connu un départ catastrophique ce samedi 31 janvier. Bamboutos FC s’est présenté face à Avion Académie avec seulement huit joueurs, un effectif déjà rachitique qui s’est réduit à six éléments après deux blessures. Le match a dû être arrêté, offrant au monde entier le spectacle navrant d’un football incapable de respecter les règles les plus élémentaires de la compétition.
Au-delà de l’incident lui-même, c’est toute la crédibilité du football camerounais qui vole en éclats. Comment un club peut-il se préparer pendant plusieurs semaines et se retrouver dans l’incapacité d’aligner le minimum réglementaire de joueurs ? Deux hypothèses se dessinent, toutes deux accablantes.
La première serait celle d’un sabotage délibéré. Les relations tendues entre les dirigeants de Bamboutos FC et l’actuel exécutif de la Fecafoot sont de notoriété publique. Dans ce cas, le club aurait sciemment torpillé le championnat, transformant le terrain en arène politique. Une telle stratégie sacrifierait le spectacle, les supporters et l’image du football national sur l’autel de querelles d’appareil.
La seconde explication relève de l’amateurisme pur et simple. Des dirigeants incapables de gérer un effectif, de prévoir les imprévus, de planifier une saison. Un niveau d’incompétence qui désole dans un pays où le football devrait être une fierté nationale, fort de son palmarès continental et de ses générations de talents.
Dans les deux cas, le constat est amer : le football camerounais s’enfonce dans un régime d’amateurisme chronique qui le discrédite aux yeux de l’Afrique et du monde. Pendant que d’autres championnats du continent se professionnalisent, le Cameroun, cinq fois champion d’Afrique, offre le spectacle d’une désorganisation qui confine au ridicule.
Les instances dirigeantes doivent réagir avec fermeté. Sanctions exemplaires, contrôles renforcés, exigences de professionnalisation : il est temps de sortir le football camerounais de cette spirale destructrice qui l’empêche de retrouver ses lettres de noblesse.






