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quand la médiocrité devient un système, selon Louis-Marie Kakdeu

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quand la médiocrité devient un système, selon Louis-Marie Kakdeu
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Entre recrutement, concours, positions administratives, l’économiste Louis Marie Kakdeu décrit une administration camerounaise au sein de laquelle la médiocrité et la démotivation sont généralisées.

Dans une récente tribune, Louis Marie Kakdeu dresse un constat clair : « Malgré la dégradation de son image, l’emploi public conserve un statut symbolique élevé. Il confère une respectabilité, une reconnaissance sociale que le secteur privé, encore marqué par son association au commerce et à l’activité informelle, peine à égaler. Enfin, et peut-être surtout, les opportunités de revenus parallèles. »

« La culture de la médiocrité dans l’administration camerounaise

Par Louis-Marie Kakdeu 

L’inefficacité de l’appareil bureaucratique ne résulte pas simplement de son gigantisme. Elle procède de dysfonctionnements structurels profonds qui en font un obstacle majeur au progrès. Le recrutement dans la fonction publique obéit rarement à des critères de compétence ou de mérite. Les concours, lorsqu’ils existent, sont souvent détournés par des pratiques de favoritisme, de népotisme ou de corruption pure et simple. Les positions administratives se distribuent selon des logiques d’équilibre politique, de représentation ethnique ou régionale, de récompense de fidélités politiques. Cette politisation extrême de l’administration compromet sa neutralité et sa capacité à servir l’intérêt général.

La gestion des carrières souffre des mêmes travers. L’avancement dépend moins de la performance que de l’ancienneté, des affiliations politiques ou des réseaux de parrainage. Les fonctionnaires compétents et motivés se découragent face à l’absence de reconnaissance de leurs efforts, tandis que l’incompétence et la paresse restent sans sanction. Cette absence de système méritocratique crée une culture de médiocrité et de démotivation généralisée.

Les rémunérations constituent un autre problème majeur. Les salaires de base restent souvent dérisoires, insuffisants pour assurer une existence décente. Cette situation pousse les fonctionnaires à rechercher des revenus complémentaires par divers moyens, légaux ou illégaux.

La corruption, petite ou grande, devient alors un mode de rémunération parallèle, un système informel de compléments de revenus qui pervertit totalement le fonctionnement de l’administration. Le citoyen qui sollicite un service public sait qu’il devra généralement payer, officiellement ou non, pour obtenir satisfaction.

Les conséquences de ces dysfonctionnements sur l’économie sont considérables. L’administration camerounaise, au lieu de faciliter l’activité économique, la complique et l’entrave de multiples façons. La gestion quotidienne des entreprises n’est pas aisée. Les contrôles administratifs se multiplient, souvent redondants et contradictoires.

Chaque service administratif revendique une compétence de contrôle, une prérogative d’inspection, créant un harcèlement permanent des opérateurs économiques. Les réglementations changent fréquemment, sans information adéquate, exposant les entreprises à des risques juridiques constants. Le système fiscal illustre parfaitement ces travers.

La multiplicité des taxes et impôts, leur instabilité, l’arbitraire dans leur application, la lourdeur des procédures de déclaration et de paiement créent un environnement hostile à l’activité économique formelle. De nombreux opérateurs préfèrent rester ou migrer dans l’informel, renonçant aux bénéfices de la légalité pour échapper à ce carcan réglementaire et fiscal.

Malgré tous ces dysfonctionnements, la fonction publique continue d’exercer une attraction considérable sur les jeunes diplômés camerounais. D’abord, la sécurité de l’emploi. Dans des économies marquées par l’instabilité et l’incertitude, le statut de fonctionnaire offre une garantie de revenu régulier, aussi modeste soit-il. La fonction publique représente un havre de sécurité dans un océan d’incertitudes économiques.

Ensuite, le prestige social. Malgré la dégradation de son image, l’emploi public conserve un statut symbolique élevé. Il confère une respectabilité, une reconnaissance sociale que le secteur privé, encore marqué par son association au commerce et à l’activité informelle, peine à égaler. Enfin, et peut-être surtout, les opportunités de revenus parallèles.

Tout le monde sait qu’un poste dans l’administration, particulièrement dans certains services stratégiques comme les douanes, les impôts ou l’attribution de marchés publics, offre des possibilités de revenus informels substantiellement supérieurs au revenu officiel. Cette réalité, bien que rarement énoncée publiquement, oriente massivement les choix de carrière.

Cette orientation vers la fonction publique crée une distorsion grave dans l’allocation des talents. Les meilleurs étudiants, ceux qui ont bénéficié des meilleures formations, souvent financées à grands frais par des budgets publics limités, aspirent majoritairement à intégrer l’administration plutôt qu’à créer des entreprises ou à développer des activités productives. Le capital humain du pays s’enlise ainsi dans des structures bureaucratiques improductives au lieu de s’investir dans la création de richesse. (…)

(Extrait de Kakdeu, LM. Cette Afrique qui s’éloigne du progrès. Ouvrage à paraître)

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Tempête sur Trabzonspor, André Onana fragilisé après le revers face à Fenerbahçe

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Tempête sur Trabzonspor, André Onana fragilisé après le revers face à Fenerbahçe
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Prêté en Super Lig pour retrouver du rythme, André Onana vit l’effet inverse. Après la défaite 3-2 contre Fenerbahçe, le portier camerounais se retrouve dans le collimateur du staff de Trabzonspor, qui n’exclut plus une mise sur le banc.

Il était arrivé en Turquie auréolé d’un palmarès éloquent — Ligue des champions avec l’Inter Milan, recrutement XXL à Manchester United — et avec la mission implicite de dominer un championnat qu’il devait, pensait-on, survoler. Mais le football a le don de rappeler à l’ordre les certitudes trop bien établies. André Onana en fait l’amère expérience depuis plusieurs semaines sur les bords de la mer Noire.

La défaite concédée face à Fenerbahçe (3-2), dimanche, a fait l’effet d’un révélateur. Dans les moments décisifs, le gardien de 29 ans n’a pas su peser sur la rencontre. Ses hésitations et son manque d’autorité dans la surface ont nourri les critiques d’une presse locale qui ne lui accorde plus le bénéfice du doute. Les supporters, eux, n’ont pas tardé à amplifier le malaise sur les réseaux sociaux.

Des statistiques correctes qui cachent une réalité moins flatteuse

Sur le papier, le bilan d’Onana depuis son intégration dans le onze, à la 5e journée de Super Lig, reste défendable. En 18 matchs de championnat, il affiche 25 buts encaissés, soit 1,38 par rencontre — une moyenne qui, dans l’absolu, ne plaide pas pour un homme en perdition. Il a même traversé une séquence impressionnante de 620 minutes sans prendre de but, signant au passage plusieurs clean sheets qui avaient, un temps, dissipé les doutes.

Mais c’est précisément ce contraste qui inquiète désormais le staff technique de Trabzonspor. L’écart entre le meilleur Onana et le moins bon est trop grand, trop imprévisible. Et dans un championnat aussi intense que la Super Lig, où chaque point peut faire basculer une saison, l’irrégularité d’un dernier rempart se paie cash.

La menace vient de l’intérieur

Selon plusieurs sources proches du club, la direction sportive envisagerait sérieusement d’instaurer une rotation dans les cages si Onana ne redresse pas rapidement la barre. Deux noms circulent dans les couloirs du stade Papara Park : Onuralp Çevikkan et le jeune Ahmet Doğan Yıldırım, qui observent, attendent, et s’entraînent avec l’appétit de ceux qui sentent leur heure approcher.

Pour un joueur prêté par Manchester United — club qui le surveille nécessairement de loin — l’image renvoyée depuis quelques semaines est loin d’être idéale. Pire encore, les échéances internationales avec le Cameroun se profilent à l’horizon, et un gardien qui perd sa place en club envoie rarement le bon signal aux sélectionneurs.

Une marge de manœuvre qui se rétrécit

Le message qui filtre de Trabzonspor est, en tout cas, sans ambiguïté : le capital de confiance engrangé en début de saison a été en grande partie consommé. En Turquie, la patience des dirigeants et des supporters est une denrée rare, et le statut international d’un joueur n’a jamais constitué une assurance tous risques.

André Onana se retrouve donc à un carrefour. Soit il retrouve rapidement la solidité et le leadership qui avaient fait de lui l’un des gardiens les plus en vue d’Europe, soit il risque de voir son aventure turque se transformer en parenthèse douloureuse dans une carrière jusqu’ici bien construite. La réponse, elle, devra venir sur le terrain — et vite.

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première titularisation, premier but et prestation complète avec Al Ittihad

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première titularisation, premier but et prestation complète avec Al Ittihad
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Le défenseur camerounais Stéphane Keller n’aurait pas pu rêver meilleure entrée dans la peau de titulaire. Aligné d’entrée lors de la large victoire d’Al Ittihad face à Al Sadd (4-1), dans le cadre de la Ligue des Champions asiatique, le défenseur a livré une prestation aussi solide qu’efficace.

Positionné en charnière défensive, Keller a rapidement marqué les esprits en inscrivant son premier but sous ses nouvelles couleurs. Profitant d’une phase arrêtée parfaitement exploitée, le Camerounais a contribué à asseoir la domination de son équipe dans une rencontre globalement maîtrisée par les Saoudiens.

Mais la performance du défenseur ne s’est pas limitée à son apport offensif. Sérieux et appliqué dans ses interventions, Keller s’est illustré par son activité défensive, totalisant trois récupérations précieuses. Combatif dans les duels, il a également remporté deux de ses cinq confrontations directes, participant activement à la solidité du bloc défensif d’Al Ittihad.

Cette prestation aboutie pourrait marquer un tournant pour Keller, qui confirme déjà la confiance placée en lui par son staff technique. Avec une telle entrée en matière, le défenseur camerounais envoie un message fort et s’impose comme une option crédible pour s’installer durablement dans l’effectif.

Al Ittihad, de son côté, poursuit son parcours continental avec ambition, porté par un collectif en confiance et des individualités capables de faire la différence, à l’image de la soirée réussie de Stéphane Keller.

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Pénétrante Nord de Yaoundé : les travaux à l’arrêt, des blocages administratifs du préfet du Mfoundi pointés du doigt

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Pénétrante Nord de Yaoundé : les travaux à l’arrêt, des blocages administratifs du préfet du Mfoundi pointés du doigt
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(Investir au Cameroun) – La voie de contournement de la sortie nord de la capitale Yaoundé pourrait bien ne pas dépasser les 13 % de réalisation en 2026. C’est du moins l’inquiétude exprimée par les responsables du ministère des Travaux publics dans le plan de travail annuel que cette administration entend mettre en œuvre au cours de cette année. Le document consulté par Investir au Cameroun indique des freins administratifs sur le projet d’aménagement de la voie de contournement de la sortie nord de Yaoundé, notamment sur le tronçon Nkometou-Carrefour Ekabita Mendoum-Carrefour Ezezan-Carrefour Katanga (Nyom 2)-Carrefour Yegassi-Carrefour Febe Village, et la voie de raccordement de la boucle routière au niveau d’Obac.

Le ministère des Travaux publics rapporte ainsi que les travaux sont à l’arrêt « pour non-libération de l’emprise ». Cette route traversant deux départements, « le préfet du département de la Lékié a transmis le rapport partiel sur 16 km déjà évalués et réclame des frais supplémentaires pour la suite de l’évaluation », peut-on lire dans le document susmentionné. La même source ajoute que, de son côté, le préfet du Mfoundi « n’a toujours pas transmis son rapport malgré de multiples relances du maître d’ouvrage », or « les sous-traitants en charge du déplacement des réseaux sont déjà sur le terrain ».

La conséquence directe est que le ministère des Travaux publics ne peut programmer un calendrier d’avancement du chantier sur l’année.

À l’inverse, le ministère prévoit des avancées sur les autres sections de cette route. Il s’agit du lot 1, qui consiste au dédoublement de la route Olembe-échangeur Obala et au renforcement de la route Obala-Batchenga.

Par ailleurs, le plan de travail annuel du ministère des Travaux publics indique que le projet est évalué à plus de 26 milliards FCFA. Les travaux ont été confiés à l’Égyptien Arab Contractors, et le chantier a officiellement été lancé en 2024.

Ludovic Amara

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