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Robert Beugré Mambé reconduit au poste de Premier ministre
Robert Beugré Mambé a été reconduit au poste de Premier ministre de la Côte d’Ivoire, a annoncé mercredi la présidence ivoirienne dans un communiqué.
Le président Alassane Ouattara, qui a signé son décret de nomination, « lui a demandé de lui proposer un gouvernement dans les meilleurs délais », a précisé la secrétaire générale de la présidence, Masséré Touré, en lisant ce communiqué.
Robert Beugré Mambé exerçait depuis octobre 2023 la fonction de Premier ministre jusqu’à la dissolution du gouvernement le 7 janvier dernier.
Qui est Robert Beugré Mambé ?
Lundi 16 octobre 2023, Alassane Ouattara crée la surprise en portant à la Primature Robert Beugré Mambé, alors ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan. Discret, davantage associé aux dossiers urbains et aux rouages administratifs qu’aux joutes partisanes, l’homme se retrouve propulsé au centre de l’exécutif ivoirien, avec un portefeuille élargi puisqu’il cumule également les fonctions de ministre des Sports et du Cadre de vie.
Deux ans plus tard, au fil d’une séquence électorale majeure en 2025, il s’affiche comme l’un des visages les plus visibles de la majorité au pouvoir, appelé à composer avec des attentes sociales fortes, des enjeux de cohésion nationale et des défis d’infrastructures dans une métropole abidjanaise en transformation permanente.
Pour comprendre ce que représente Robert Beugré Mambé dans la Côte d’Ivoire contemporaine, il faut remonter à un parcours atypique à l’échelle politique : celui d’un ingénieur formé aux travaux publics, devenu directeur de cabinet, puis figure institutionnelle à la tête de la Commission électorale indépendante dans les années de tension qui précèdent la crise postélectorale de 2010-2011, avant de prendre, pendant plus d’une décennie, les commandes du District autonome d’Abidjan.
À travers lui, se lit aussi une tendance lourde de la gouvernance ivoirienne : la promotion de profils technocratiques et administratifs pour piloter des chantiers considérés comme stratégiques, de l’urbanisme à la mobilisation électorale, en passant par la coordination gouvernementale.
Des bancs d’école d’ingénieur aux sommets de l’administration
Robert Beugré Mambé naît le 1er janvier 1952 à Abiaté, localité rattachée à la zone de Dabou, au sud de la Côte d’Ivoire, non loin d’Abidjan. Son enfance et sa jeunesse se déroulent dans un pays en plein essor, marqué par la consolidation de l’État post-indépendance et par la priorité accordée aux infrastructures. Cette période façonne une génération d’administrateurs et d’ingénieurs convaincus que le développement se mesure autant en kilomètres de routes qu’en réseaux d’assainissement et d’équipements publics.
Après un baccalauréat scientifique obtenu en 1971, il suit une formation orientée vers les sciences et l’ingénierie, avant d’intégrer l’École nationale supérieure des travaux publics de Yamoussoukro, dont il sort diplômé en 1976. Il complète ensuite sa formation en France, notamment au Centre des hautes études de la construction à Paris, avec une spécialisation en calcul des structures, et suit plus tard des modules de formation continue, dont une formation liée au financement du logement.
Dans les biographies officielles et institutionnelles, ce socle technique est présenté comme un marqueur identitaire : Mambé est d’abord un homme de dossiers, un spécialiste des ouvrages, un profil fait pour planifier, dimensionner, superviser et arbitrer.
Ce profil d’ingénieur le conduit rapidement à occuper des fonctions au cœur de l’appareil d’État. Il passe par des structures d’études techniques et d’expertise, puis enchaîne des postes de direction de cabinet au sein de ministères aux périmètres voisins : construction, urbanisme, logement, environnement, transports.
Dans le paysage ivoirien, ces fonctions sont essentielles : elles mettent un haut fonctionnaire au centre de la coordination, entre l’exécutif politique, les administrations, les bailleurs, les collectivités et les entreprises. C’est aussi une école du pouvoir : on y apprend à négocier, à tenir les délais, à sécuriser des financements, à composer avec les contraintes budgétaires et les urgences sociales.
À la charnière des années 1990 et 2000, Robert Beugré Mambé est associé à des projets liés à l’habitat et à l’urbanisation, y compris dans des dispositifs impliquant des partenaires internationaux, comme la Banque mondiale, selon plusieurs biographies publiques. À ce moment, la Côte d’Ivoire fait face à une pression urbaine croissante, particulièrement à Abidjan. L’enjeu n’est plus seulement de construire, mais d’organiser : lotissements, voiries, drainage, services de base, gestion des déchets, et, plus largement, équilibre entre densification et qualité de vie.
Cette trajectoire explique en partie pourquoi, lorsque Mambé entre plus frontalement dans l’arène politique, son image reste longtemps celle d’un technicien passé maître dans l’architecture institutionnelle. Il n’est pas, au départ, un tribun : sa légitimité vient de l’administration, et sa manière d’exercer le pouvoir s’inscrit dans cette culture de la procédure, du chantier et du compromis.
La Commission électorale indépendante, une expérience au cœur des fractures
La Côte d’Ivoire des années 2000 est traversée par une crise politico-militaire, des négociations répétées et une question électorale centrale : comment établir une liste électorale jugée crédible par tous, organiser un scrutin et sortir durablement de l’instabilité ? Dans ce contexte, Robert Beugré Mambé est porté à la tête de la Commission électorale indépendante (CEI) à l’automne 2005. Le poste est exposé : il faut arbitrer des contentieux sensibles, affronter la défiance et gérer une mécanique électorale sous surveillance nationale et internationale.
Son passage à la CEI s’inscrit dans une période d’extrême tension autour de l’identification, de l’inscription sur les listes, et des contestations entre camps politiques. La presse et plusieurs récits institutionnels évoquent des pressions, des accusations et des affrontements politiques, notamment autour de la confection de la liste électorale provisoire. Des responsables politiques de l’époque, au premier rang desquels Laurent Gbagbo et son camp, accusent Mambé de fraude ou de manipulation liée à l’inscription de centaines de milliers de personnes, accusations qui s’inscrivent dans une bataille plus large sur la légitimité du corps électoral.
En février 2010, la CEI est dissoute par décret, dans un climat de crise ouverte. Pour Mambé, l’épisode est un tournant. Dans l’espace public ivoirien, son nom reste associé à cette séquence : certains y voient la preuve qu’il a tenu sous pression sans céder, d’autres y lisent une période où la CEI était instrumentalisée, ou, à tout le moins, contestée dans sa capacité à produire un consensus. Le fait demeure : il a été l’un des visages d’une institution devenue, à ce moment, l’un des nœuds de la crise ivoirienne.
Dans les années qui suivent, la Côte d’Ivoire connaît la crise postélectorale de 2010-2011, une période tragique et déterminante. Mambé n’est pas présenté comme un acteur militaire ou partisan de premier plan dans cette phase finale, mais la CEI, son fonctionnement et sa crédibilité constituent l’un des terrains centraux des tensions ayant mené à l’affrontement. Cela donne à son parcours une dimension paradoxale : technicien de l’urbanisme d’un côté, homme placé au cœur de l’arbitre électoral de l’autre, avec, dans les deux cas, une constante : la gestion de mécanismes collectifs où la moindre décision se transforme en enjeu politique majeur.
Cette expérience à la CEI façonne aussi son profil aux yeux du pouvoir issu de 2011. Lorsque Alassane Ouattara arrive à la tête de l’État, il doit reconstruire des institutions, rassurer et relancer l’économie, mais aussi stabiliser Abidjan, cœur politique et économique. C’est dans ce cadre que Mambé est nommé, dès 2011, gouverneur du District autonome d’Abidjan.
Douze ans à Abidjan : gouvernance urbaine, vitrine politique et critiques
Être gouverneur du District autonome d’Abidjan n’est pas un poste protocolaire. Abidjan concentre une part décisive de la population urbaine, des activités économiques, des infrastructures stratégiques et des symboles de l’État. La capitale économique est un organisme vivant : elle grandit, se densifie, se congestionne, s’inonde par endroits, s’étend vers de nouvelles zones, et cumule des défis d’assainissement et d’aménagement.
De 2011 à 2023, Robert Beugré Mambé occupe cette fonction, ce qui en fait l’un des responsables administratifs les plus durables de la période Ouattara dans la métropole. Son action est souvent décrite, dans les communications institutionnelles et dans certains portraits de presse, comme une mission de modernisation : routes, échangeurs, embellissement urbain, espaces publics, coordination avec les communes, projets d’assainissement, et, plus globalement, transformation de l’image d’Abidjan.
Cette période coïncide avec une dynamique de grands travaux dans le pays, dont Abidjan est la vitrine. Dans une capitale économique où l’on inaugure régulièrement des infrastructures, le gouverneur du District devient un maillon essentiel : il doit porter des politiques visibles, organiser la gestion quotidienne, et répondre aux urgences, des embouteillages aux inondations, des marchés informels aux questions de salubrité.
Mais un bilan urbain se lit toujours à double face. Les grands ouvrages suscitent des attentes, et les chantiers peuvent nourrir des critiques : sur les déguerpissements, la gestion des occupations de l’espace, l’équilibre entre modernisation et précarité, ou encore la capacité à réduire concrètement les risques d’inondations dans les quartiers vulnérables. Dans une ville où coexistent quartiers d’affaires et zones d’habitat informel, l’urbanisme devient une politique sociale : chaque décision d’aménagement implique des arbitrages humains.
Robert Beugré Mambé se forge, dans cet exercice, une réputation d’homme de coordination, parfois austère, attaché aux procédures, mais capable de mobiliser des équipes et de tenir une ligne dans la durée. Il devient aussi une figure de la majorité présidentielle, au point d’être identifié, par plusieurs médias, comme l’un des cadres importants du RHDP, le parti au pouvoir. Les biographies publiques mentionnent également qu’il est devenu vice-président du parti, et qu’il a choisi de rester dans la coalition présidentielle lors de la rupture politique entre le PDCI et le RHDP en 2018, marquant un ancrage durable dans le camp Ouattara.
À partir de 2016, Mambé se voit confier une mission ponctuelle à dimension internationale : il est nommé ministre auprès du président, chargé des Jeux de la Francophonie organisés à Abidjan en 2017. Cette séquence renforce sa visibilité et son image d’organisateur. Dans un pays soucieux de projeter une image de stabilité, réussir un événement international est aussi une opération politique : c’est montrer un État fonctionnel, des infrastructures prêtes, une sécurité assurée, une administration capable.
En mai 2020, il est nommé ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, ce qui institutionnalise encore davantage son rôle. La fonction de ministre-gouverneur, dans l’architecture gouvernementale ivoirienne, renforce le lien direct entre la gouvernance urbaine et l’exécutif national. Pour Mambé, cela signifie une responsabilité accrue et une exposition plus forte, dans un Abidjan qui reste un baromètre social et politique : quand la ville va mal, le pays tremble ; quand elle se transforme, le pouvoir s’en prévaut.
De Songon à la Primature : l’ascension politique et la surprise d’octobre 2023
Si Robert Beugré Mambé est longtemps perçu comme un administrateur, il construit aussi, progressivement, une base électorale locale. Il est élu député de la circonscription de Songon en mars 2021. Songon, commune en périphérie d’Abidjan, connaît une croissance importante, à la fois résidentielle et économique. Dans le paysage ivoirien, tenir un ancrage local est un atout : il permet de sortir de l’image d’un technocrate déconnecté, et de montrer une proximité avec les réalités du terrain.
En 2023, il est également élu maire de Songon. Cette dimension municipale compte : elle l’inscrit dans une logique de gestion de proximité, dans une commune où les enjeux urbains sont très concrets, entre voirie, équipements, foncier et services. Elle contribue aussi à la perception d’un homme qui, tout en gravissant les échelons, conserve un lien avec sa zone d’origine, ce qu’il met en scène dans plusieurs déplacements publics.
Puis vient octobre 2023. Après la démission du gouvernement conduit par Patrick Achi, et une période de rumeurs sur la succession, Alassane Ouattara nomme Robert Beugré Mambé Premier ministre le 16 octobre. La surprise est relevée par plusieurs médias internationaux : peu l’avaient placé en tête des pronostics. Dès le lendemain, 17 octobre, il prend officiellement ses fonctions et présente un gouvernement de 33 ministres. Il conserve en outre un portefeuille directement rattaché à des sujets très visibles : ministre des Sports et du Cadre de vie.
Cette double casquette a une portée politique. Le sport, en Côte d’Ivoire comme ailleurs, dépasse la seule administration des compétitions : il touche à la jeunesse, à l’identité nationale, à la diplomatie d’influence et aux grands événements. Le cadre de vie, quant à lui, renvoie à l’urbanisme, la salubrité, l’aménagement, des thèmes où Mambé a construit sa légitimité. En somme, la nomination semble capitaliser sur son expertise urbaine, tout en l’exposant à des enjeux très populaires.
À la Primature, sa mission principale est de coordonner l’action gouvernementale, de piloter les politiques publiques et de servir de relais entre la présidence, les ministères et l’administration. Dans la tradition institutionnelle ivoirienne, le Premier ministre est un chef d’orchestre, mais la présidence conserve un rôle déterminant dans les grandes orientations. Cela place Mambé dans une position exigeante : il doit donner une cohérence aux politiques publiques, gérer les urgences, et porter un discours de stabilité dans un environnement politique souvent polarisé.
Son profil correspond à une logique de continuité et de maîtrise : il incarne une forme de “gouvernance par les chantiers”, où la performance de l’État se mesure aussi à sa capacité à livrer des projets, à améliorer des services, à rendre la ville plus praticable. Mais il hérite également de questions qui dépassent l’infrastructure : emploi des jeunes, coût de la vie, attentes sociales, rapport entre pouvoir central et collectivités, et climat politique à l’approche de la présidentielle de 2025.
Depuis 2023, un Premier ministre dans la séquence électorale et les défis du quotidien
Être nommé Premier ministre à deux ans d’une présidentielle est rarement neutre. En Côte d’Ivoire, l’élection de 2025 constitue une séquence majeure. Robert Beugré Mambé se retrouve en première ligne pour accompagner l’action gouvernementale dans un moment où chaque décision est scrutée, interprétée, parfois contestée. L’enjeu principal, côté pouvoir, est de maintenir l’image d’un pays stable, en croissance, et capable d’organiser des scrutins sans basculer dans la violence.
Au fil des communications officielles, Mambé insiste sur la mobilisation civique et le déroulement pacifique des élections. Le 25 octobre 2025, jour du scrutin présidentiel, il vote à Songon-Abiaté et appelle publiquement les Ivoiriens à accomplir leur devoir citoyen dans le calme. Ce type de prise de parole peut sembler classique, mais il s’inscrit dans une histoire nationale où les élections ont parfois été synonymes de rupture. La parole du chef du gouvernement prend alors une dimension performative : rassurer, apaiser, inciter à la participation.
Dans le même temps, son action s’étend à des politiques de jeunesse et d’emploi, mises en avant dans les communications de la Primature, comme des programmes de stage, d’apprentissage et de reconversion, ou des dispositifs de soutien aux entrepreneurs. Ces thématiques répondent à une réalité démographique : une population jeune, des attentes fortes en matière d’insertion, et une demande sociale d’opportunités concrètes.
Sur le volet “cadre de vie”, l’équation reste délicate. Améliorer l’urbanité d’Abidjan et d’autres villes suppose des investissements lourds, mais aussi des arbitrages sensibles : relogement, réorganisation des occupations, lutte contre l’insalubrité, gestion des déchets. Le Premier ministre, même si ces dossiers sont portés par des ministères et des collectivités, demeure comptable d’un résultat global : la perception de l’État dans le quotidien.
Le sport, lui, représente une autre vitrine. Les succès sportifs sont des accélérateurs de popularité, mais l’administration sportive se heurte aux infrastructures, aux fédérations, aux calendriers internationaux, aux financements, et à la nécessaire transparence. Dans un pays où le football est une passion nationale, les attentes autour des stades, de la formation, et de la gestion des compétitions sont élevées. En cumulant la Primature et ce portefeuille, Mambé se place volontairement sur un terrain d’exposition.
Enfin, la dimension politique interne n’est pas absente. Mambé est identifié comme un cadre du RHDP et une personnalité de la majorité présidentielle. À ce titre, ses déplacements, ses appels à la cohésion, ses rencontres avec des chefs traditionnels et des acteurs communautaires, prennent une tonalité qui dépasse l’administration : il s’agit aussi de consolider un climat de paix, de prévenir les tensions, et de préparer des échéances législatives et locales. En décembre 2025, la Primature communique ainsi sur des appels à des élections paisibles lors des législatives, signe que l’exécutif cherche à encadrer politiquement et symboliquement la période.
Dans ce paysage, Robert Beugré Mambé apparaît comme un Premier ministre de stabilisation et de continuité, dont l’autorité repose moins sur une posture charismatique que sur une capacité à orchestrer l’État. Son parcours explique aussi les attentes : on attend de lui des résultats mesurables, des chantiers livrés, des services améliorés. On attend également une gestion prudente des tensions politiques, héritées d’une histoire récente douloureuse.
Reste que la fonction de Premier ministre, en Côte d’Ivoire, se heurte à une réalité : l’exécutif est fortement structuré autour de la présidence. Le chef du gouvernement doit donc affirmer une capacité d’action tout en restant aligné sur la stratégie présidentielle. Dans cet équilibre, la marge d’autonomie est moins institutionnelle que pratique : elle se joue dans la capacité à faire travailler ensemble des ministères, à obtenir des arbitrages, à gérer les crises, et à incarner un discours qui tienne.
Pour ses partisans, Robert Beugré Mambé incarne l’efficacité, l’expérience et la méthode. Pour ses critiques, il symbolise un pouvoir technocratique parfois éloigné des difficultés quotidiennes, ou un système politique qui recycle des figures de l’appareil d’État. Mais tous s’accordent sur un point : son parcours le place parmi les acteurs les plus importants de la Côte d’Ivoire des années 2020, à la croisée de l’urbanisme, de l’organisation institutionnelle et de la vie politique.
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Camair-co à la traîne sur l’international, les compagnies étrangères captent plus de 1,3 million de passagers
La compagnie nationale Camair-Co peine à s’imposer sur les lignes internationales, où les transporteurs étrangers captent plus de 1,3 million de passagers au Cameroun. Le marché est fortement dominé par des géants comme Ethiopian Airlines et Air France, qui tirent profit de la croissance continue du trafic passager dans les aéroports du pays.
Près de 16 compagnies internationales régulières desservent les aéroports de Douala et Yaoundé. Des acteurs comme Ethiopian Airlines et Air France se partagent la part du lion. La position de Camair-Co, l’étoile du Cameroun se concentre principalement sur son réseau domestique et quelques lignes sous-régionales (Libreville, Brazzaville, Kinshasa, Cotonou).
D’après les données des Aéroports du Cameroun (ADC), dix compagnies aériennes ont concentré l’essentiel du trafic passagers et fret au Cameroun en 2024. Une particularité se dégage sur le classement, le maintien de l’Etoile du Cameroun comme acteur central du réseau domestique, et la domination des transporteurs européens et africains sur les liaisons internationales.
Ethiopian Airlines
Avec 11 606 mouvements et 549 303 passagers, la compagnie nationale reste le leader de la desserte intérieure. Néanmoins, l’optimisation du taux de remplissage demeure un défi récurrent, reflétant les fragilités structurelles de la compagnie nationale. Le classement est dominé par Ethiopian Airlines, qui a transporté 291 763 passagers, en hausse de 13,9 %, confirmant son statut de principal acteur du trafic international au Cameroun. Elle est suivie de Brussels Airlines avec 258 856 passagers (+1,0 %) et d’Air France malgré son mauvais service avec 258 711 passagers (-3,1 %).
Derrière ce trio de tête figurent Asky Airlines (157 104 passagers), Turkish Airlines (115 607), Royal Air Maroc (94 851), Air Côte d’Ivoire (79 698), RwandAir (78 416), Kenya Airways (30 291), mince, ils sont vraiment tombés et Cronos Airlines (8 109 passagers).
L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale
«Les 1,37 million de passagers transportés par les dix compagnies étrangères représentent autant d’opportunités commerciales qui échappent à Camair-Co. Si la compagnie nationale disposait d’une flotte plus importante, d’une meilleure régularité opérationnelle et de dessertes internationales plus nombreuses, elle pourrait capter une partie significative de ce marché. L’exemple d’Ethiopian Airlines est particulièrement révélateur. La compagnie éthiopienne a bâti un puissant hub africain à Addis-Abeba et transporte à elle seule près de 292 000 passagers au Cameroun. Elle illustre comment une compagnie africaine bien structurée peut dominer le trafic régional et international», analyse Shance Lion.
Pour ce lanceur d’alerte, le défi pour Camair-Co n’est donc plus seulement de maintenir sa position sur le réseau domestique, mais de conquérir une partie du marché international. Tant que les liaisons vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient resteront majoritairement exploitées par des compagnies étrangères, une grande partie de la valeur créée par le transport aérien camerounais continuera d’être captée hors du pays.
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André Marc Emmanuel Yinda, nommé directeur général de Tradex Guinée Équatoriale

La décision a été prise ce mardi 9 juin 2026 à Douala, le temps d’une session extraordinaire. Il remplace à ce poste Alain Francis Ngondi Owona.
Du mouvement à la tête de Tradex Guinée Équatoriale. Actu Cameroun apprend la nomination ce mardi 9 juin 2026 d’André Marc Emmanuel Yinda au poste de Directeur Général de la filiale, en remplacement d’Alain Francis Ngondi Owona. Avant sa nomination, André Marc Emmanuel Yinda occupait jusqu’à cette nomination les fonctions de Conseiller Technique N°1 de TRADEX S.A. Il siégeait également aux Conseils d’administration de Tradex Tchad et Tradex RDC.
Âgé de 48 ans, le nouveau Directeur Général est un pur produit du Groupe camerounais, où il cumule plus de 21 années d’expérience dans le secteur pétrolier. Diplômé de l’École Supérieure de Gestion et Finance (ESGF) de Paris et titulaire d’une licence en économétrie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il rejoint TRADEX en février 2005 en qualité de Cadre comptable et financier après des expériences chez Addax et Oryx.
Son parcours au sein du groupe est marqué par une progression constante : Responsable de l’Audit Interne en 2006, Chef de Division Audit Interne en 2008, Chef de Département Budget et Contrôle en 2012, puis Chef de Division Budget et Contrôle en 2024.
André Yinda s’est particulièrement illustré par sa contribution à la définition de la stratégie de l’entreprise et à la conduite de projets innovants. Il est notamment considéré comme l’un des principaux artisans de la création et du développement de la bouteille de gaz TradexGaz, devenue aujourd’hui l’un des produits phares de la marque. Son action a également permis de renforcer la maîtrise des charges, d’améliorer durablement les performances financières de l’entreprise et de moderniser les outils de pilotage budgétaire grâce à l’introduction d’indicateurs clés de performance.
À l’issue de cette nomination, Emmanuel Patrick MVONDO, Président du Conseil d’administration de TRADEX Guinée Équatoriale S.A., a exprimé sa confiance en la capacité du nouveau Directeur Général à poursuivre le rayonnement de la marque dans ce pays frère.
« Le nouveau Directeur Général continuera à œuvrer pour faire rayonner la marque TRADEX en Guinée Équatoriale. Notre ambition est d’accompagner activement les autorités dans le développement de ce pays frère, conformément à la vision portée par Adolphe MOUDIKI, Président du Groupe TRADEX », a-t-il déclaré.
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Discours d’Aboubakary Abdoulaye au Sénat

Le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye a présidé ce mardi 9 juin, les travaux d’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année 2026. Il a appelé principalement à préserver la paix et la cohésion sociale.
Discours d’ouverture du président du Sénat
• Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
• Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
• Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;
• Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême et Madame le Procureur Général près ladite Cour ;
• Monsieur le Premier Vice-Président du Conseil Économique et Social ;
• Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
• Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Chers collègues ;
• Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Hauts Commissaires ;
• Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales ;
• Distingués Invités en vos qualités, grades et titres respectifs,
C’est avec un grand honneur et un immense plaisir que je vous souhaite la bienvenue au sein de cet hémicycle, à l’occasion de « la Cérémonie Solennelle d’Ouverture de la Deuxième Session Ordinaire du Parlement, au titre de l’année législative 2026 ».
Je tiens à cet égard, à vous remercier très chaleureusement pour votre présence qui constitue la preuve de votre attachement à prendre part aux activités de la Chambre Haute de notre Parlement.
• Mesdames, Messieurs,
Avant l’entame de mon propos, je voudrais tout d’abord revenir sur la page nécrologique du Sénat et du parlement en général durant l’intersession et saluer, par la même occasion, la mémoire d’Illustres Membres de notre Parlement partis pour l’éternité.
Je salue en premier, la mémoire de Son Excellence Marcel NIAT NJIFENJI, tout premier Président du Sénat, décédé le 11 avril 2026, qui a eu droit à des hommages parlementaires le 14 mai 2026, suivis de son inhumation le 16 mai 2026 à l’occasion des obsèques officielles instituées en son honneur par le Président de la République.
Je salue ensuite la mémoire du Sénateur Chief TABETANDO NDIEB NSO, Deuxième Vice-Président du Sénat, décédé le 20 avril 2026, et dont les obsèques sont prévues du 10 au 13 juin 2026.
Je salue dans le même esprit, la mémoire de l’Honorable CAVAYE YEGUIE DJIBRIL, Ancien Président de l’Assemblée Nationale, décédé le 6 mai 2026 et pour qui, le Chef de l’Etat a institué des Obsèques Officielles, le 23 mai 2026.
Je m’incline enfin devant la mémoire de L’Honorable Théodore Alexandre MBE ASSAE MENDOMO, Président de la Commission des Affaires Économiques, de la Programmation et de l’Aménagement du Territoire de l’Assemblée Nationale, décédé le 6 mai 2026.
Je saisis à nouveau cette occasion pour rendre, une fois de plus, un vibrant et mérité hommage au Président Marcel NIAT NJIFENJI ainsi qu’au Très Honorable Président CAVAYE YEGUIE DJIBRIL.
L’un et l’autre resteront dans nos mémoires comme des hommes de caractère certes, mais surtout des hommes d’État qui ont consacré une grande partie de leur vie au service de la Nation et ont joué un rôle important dans le développement de deux principales Institutions constitutionnelles de notre pays, contribuant ainsi au renforcement de notre démocratie, de l’unité nationale, à la stabilité et au rayonnement du Cameroun.
Leur héritage restera gravé dans la mémoire de toutes les personnes qui ont eu le privilège de travailler avec eux. Je forme le vœu que leur héritage continue d’inspirer les futures générations de Camerounais.
Je renouvelle aux familles si durement éprouvées les sincères condoléances du Sénat auxquelles, j’associe l’expression de ma compassion personnelle.
• Mesdames, Messieurs,
Je vous invite à présent, à vous lever pour observer une minute de silence en la mémoire des disparus.
(Minute de silence)
Je vous remercie.
Pour clore ce chapitre, je tiens à remercier tous les Collègues Sénateurs qui, malgré l’intersession, ont trouvé du temps pour accompagner le Président Émérite du Sénat et le Président Émérite de l’Assemblée Nationale à leur dernière demeure, respectivement à Bangangté et à Mada.
• Distingués Invités,
• Chers Collègues Sénateurs,
La présente session s’ouvre aux lendemains de la célébration de la 54ème édition de la Fête Nationale de l’Unité, placée cette année sous le thème « L’unité nationale, pilier de notre défense et socle du développement du Cameroun ».
Le Sénat joint sa voix à Celle la plus autorisée de la République pour adresser ses vives et chaleureuses félicitations à toutes les administrations, institutions ainsi qu’à tous nos compatriotes, de l’intérieur comme de la diaspora, qui ont contribué au succès de ces festivités.
Nous adressons tout particulièrement nos félicitations à nos forces de défense et de sécurité qui, sous la conduite éclairée de S.E Paul BIYA, Président de la République, Chef de l’Etat, et Chef des Forces armées, s’acquittent remarquablement de leurs devoirs.
C’est cet exemple que je demande à chacun de nous, Chers Collègues, de suivre en apportant tout notre soutien au Président de la République dans cette symbiose pour la sauvegarde de la Paix et de l’Unité Nationale qui nous permettra de bâtir ce Cameroun fort et prospère que nous appelons de tous nos vœux.
Nous devons travailler, encore et toujours pour préserver l’Unité Nationale, ce bien commun que nous ont légué les pères fondateurs et que, à notre tour, nous transmettrons aux générations futures.
Dans son discours prononcé le 20 février 2014 à l’occasion de la célébration du Cinquantenaire de la Réunification, discours toujours d’actualité, le Président Paul BIYA nous interpellait en ces termes : « Notre Unité Nationale est l’ossature autour de laquelle s’articule les organes de notre société. Elle se confond avec l’existence même de notre peuple. J’en appelle donc à tous nos concitoyens, tout particulièrement à nos jeunes, à veiller jalousement sur elle, pour que jamais elle ne s’altère.
Je leur demande d’éviter le piège tendu par certaines forces centrifuges régionales, tribales ou religieuses qui peuvent compromettre la cohésion nationale. »
• Distingués Invités,
• Chers Collègues Sénateurs,
La célébration de la Fête de l’Unité Nationale se tenant aux lendemains de la Visite Apostolique historique du Souverain Pontife, Sa Sainteté Le Pape Léon XIV, dans notre pays du 15 au 18 avril 2026, souvenons-nous du message de paix que le Très Saint-Père a porté à Yaoundé, Bamenda et Douala.
Souvenons-nous également de Son exhortation au Peuple camerounais exprimée en ces mots : « Restons Unis !». J’invite par conséquent chaque Camerounais et, plus encore les représentants du peuple que nous sommes, à jouer un rôle déterminant dans la sensibilisation populaire autour de ces messages afin de contribuer à la consolidation de l’Unité Nationale ainsi qu’à la construction et à l’édification d’un avenir de paix et de prospérité pour notre pays.
Je demande, pour sa part, au Gouvernement de la République de ne ménager aucun effort pour, d’une part, combattre toutes les dérives qui constituent autant de menaces pour le vivre-ensemble et, d’autre part, trouver des solutions durables devant garantir la paix, la sécurité, la préservation de l’unité nationale et la poursuite des efforts de développement inclusif.
• Mes Chers Collègues Sénateurs,
Nous devons, quant à nous, prendre toutes nos responsabilités et apporter, chaque fois que nous le pouvons, une réponse pertinente aux attentes des Camerounais.
Le Débat d’Orientation Budgétaire nous en donne singulièrement l’occasion en nous offrant la possibilité d’aborder, avec le Gouvernement, certains sujets préoccupants pour changer durablement l’environnement socio-économique du pays et les conditions de vie de nos compatriotes.
Cet exercice ne doit pas être une occasion de discussions sur les ponts, les points d’eau ou salles de classe à construire dans nos villes, villages ou circonscriptions respectives.
Il doit plutôt être un moment de grands échanges avec le Gouvernement sur les orientations stratégiques appelées à changer globalement les conditions de vie de nos compatriotes.
En effet, nous le savons tous, le contexte économique mondial actuel est difficile en raison, d’une part, de la persistance des tensions géopolitiques et de nombreux conflits armés qui menacent la paix mondiale et, d’autre part, de la montée en puissance des agendas populistes et de l’avènement des politiques souverainistes.
En tant que Représentants de nos populations, nous avons l’obligation de porter leurs préoccupations concernant la paix et le renforcement de la sécurité dans nos villes et campagnes.
Ces préoccupations concernent aussi un besoin accru en infrastructures de toutes sortes, l’amélioration de la couverture sanitaire ainsi que celle du système éducatif et de la formation professionnelle, sans perdre de vue la lutte contre la vie chère, l’accès généralisé à l’eau potable et une meilleure offre qualitative et quantitative en énergie.
Ainsi, en 2027, le Sénat attend du Gouvernement des décisions budgétaires, financières et structurelles susceptibles de renforcer la résilience de notre économie et, de manière plus globale, celle de notre pays face aux multiples menaces et crises du moment.
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