Actualités locales
Agbor Balla exige la convocation urgente du Conseil supérieur de la magistrature
Agbor Balla, éminent défenseur des droits humains, a alerté sur le fait que l’incapacité prolongée du Conseil supérieur de la magistrature du Cameroun à se réunir depuis cinq ans a engendré une grave crise du système judiciaire, ralentissant les procédures et prolongeant les détentions provisoires.
Dans une déclaration publiée lundi 19 janvier, Agbor Balla a indiqué qu’environ 150 magistrats ayant atteint l’âge de la retraite restent en fonction, le Conseil étant dans l’incapacité de se réunir pour traiter leurs dossiers de départ ou nommer leurs successeurs.
Cette situation aggrave ce qu’il a qualifié de « vide judiciaire sans précédent », où près de 300 magistrats, diplômés de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) au cours des six dernières années, demeurent non intégrés, légalement empêchés de traiter des affaires ou même de consulter des dossiers.
« La gêne occasionnée par ces postes vacants a conduit à des nominations dont la légalité est plus que contestable », a affirmé Agbor Balla. « Des juges ont été nommés à siéger dans certains tribunaux administratifs sans l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, malgré la prérogative constitutionnelle exclusive de ce dernier en matière de nomination et de mutation des magistrats. »
Qu’est-ce que le Conseil supérieur de la magistrature ?
Le Conseil supérieur de la magistrature est un organe qui supervise la carrière des magistrats, notamment leur intégration, leur discipline, leurs promotions et leurs départs à la retraite. Présidé par le Président de la République, il est censé se réunir chaque année, or sa dernière session a eu lieu le 10 août 2020.
L’inactivité prolongée du Conseil depuis lors a paralysé ses fonctions essentielles, engendrant ce qu’Agbor Balla a qualifié de « gérontocratie profondément enracinée » au sein du système judiciaire. Les conséquences sur le système judiciaire du pays sont considérables.
Détentions provisoires prolongées dues au manque de personnel
Selon Balla, une pénurie critique de magistrats surcharge les tribunaux du pays, contribuant à un engorgement massif des tribunaux et à la détention provisoire prolongée de milliers de personnes.
La loi prévoit que la détention provisoire ne devrait pas excéder 18 mois, mais de nombreux Camerounais passent des années en prison en attente de leur procès, notamment parce que le manque de personnel judiciaire retarde indéfiniment les audiences.
« La justice ne peut fonctionner sans un nombre suffisant de magistrats pour traiter les affaires », a souligné Agbor Balla. « Ce retard prive également les citoyens d’un accès rapide à la justice. »
Le communiqué met également en lumière la dégradation des institutions. Les procédures disciplinaires contre les magistrats sont bloquées, les promotions sont gelées et les allégations de faute professionnelle restent sans suite.
En juin 2024, le ministre de la Justice, Laurent Esso, a révélé devant la commission des Affaires étrangères du Sénat que son ministère avait reçu des plaintes contre 897 magistrats dans le pays.
Des plaignants avaient dénoncé des cas de corruption et de faute professionnelle de la part de ces magistrats, une affaire qui nécessitait une enquête et une audience ultérieure devant le Conseil supérieur de la magistrature.
Or, l’absence de réunions du Conseil au fil des ans a bloqué les enquêtes et étouffé ce qui aurait pu constituer un scandale au sein du système judiciaire du pays.
« Les magistrats intègres sont démoralisés, tandis que la corruption et l’impunité prospèrent en l’absence de contrôle », a déclaré Agbor Balla.
Il a qualifié l’inactivité du Conseil d’urgence démocratique, avertissant que le silence entourant son dysfonctionnement reflète « une dangereuse érosion de la gouvernance institutionnelle » et vide de son sens le principe de séparation des pouvoirs.
Il a appelé à la convocation urgente du Conseil supérieur de la magistrature afin de régulariser la situation des magistrats en attente de nomination, de remédier aux pénuries de personnel dans les tribunaux, de rétablir la responsabilité et de garantir l’indépendance de la justice.
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Actualités locales
les joueurs boycottent l’entraînement pour réclamer quatre mois de salaires

Le malaise est profond au sein de PWD de Bamenda. Le club camerounais traverse une crise interne majeure après que ses joueurs ont décidé de boycotter la séance d’entraînement prévue mardi matin afin de protester contre des arriérés financiers qui s’accumulent depuis plusieurs mois.
Selon les informations rapportées par le journaliste Afeseh Apong, les joueurs se sont présentés au stade de proximité de Bamenda comme prévu, mais ont refusé de prendre part aux exercices. Une action collective destinée à attirer l’attention de la direction sur leur situation. Les footballeurs réclament le paiement de quatre mois de salaires ainsi que trois primes de match toujours impayées.
La réaction du club ne s’est pas fait attendre. En réponse à ce mouvement de protestation, les joueurs se sont vu interdire l’accès au bus de l’équipe pour le trajet retour. Contraints de se débrouiller par leurs propres moyens, ils ont quitté les installations dans un climat particulièrement tendu, révélateur de la fracture grandissante entre l’effectif et les dirigeants.
Cette crise suscite d’autant plus d’interrogations que le président de PWD de Bamenda, Pascal Abunde, occupe également le poste de quatrième vice-président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Une position qui rend cette affaire particulièrement sensible dans le paysage du football camerounais.
À quelques semaines de la reprise des compétitions et alors que le club cherche à retrouver de la stabilité sur le terrain, cette situation pourrait avoir de lourdes conséquences sur les performances sportives de l’équipe. Les supporters, eux, attendent désormais des réponses concrètes de la direction afin d’éviter que cette crise financière ne se transforme en véritable crise institutionnelle.
Le dossier est désormais suivi de près par les observateurs du football camerounais, qui s’interrogent sur la capacité du club à rétablir rapidement un climat serein au sein de son vestiaire.
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Actualités locales
Camair-co à la traîne sur l’international, les compagnies étrangères captent plus de 1,3 million de passagers
La compagnie nationale Camair-Co peine à s’imposer sur les lignes internationales, où les transporteurs étrangers captent plus de 1,3 million de passagers au Cameroun. Le marché est fortement dominé par des géants comme Ethiopian Airlines et Air France, qui tirent profit de la croissance continue du trafic passager dans les aéroports du pays.
Près de 16 compagnies internationales régulières desservent les aéroports de Douala et Yaoundé. Des acteurs comme Ethiopian Airlines et Air France se partagent la part du lion. La position de Camair-Co, l’étoile du Cameroun se concentre principalement sur son réseau domestique et quelques lignes sous-régionales (Libreville, Brazzaville, Kinshasa, Cotonou).
D’après les données des Aéroports du Cameroun (ADC), dix compagnies aériennes ont concentré l’essentiel du trafic passagers et fret au Cameroun en 2024. Une particularité se dégage sur le classement, le maintien de l’Etoile du Cameroun comme acteur central du réseau domestique, et la domination des transporteurs européens et africains sur les liaisons internationales.
Ethiopian Airlines
Avec 11 606 mouvements et 549 303 passagers, la compagnie nationale reste le leader de la desserte intérieure. Néanmoins, l’optimisation du taux de remplissage demeure un défi récurrent, reflétant les fragilités structurelles de la compagnie nationale. Le classement est dominé par Ethiopian Airlines, qui a transporté 291 763 passagers, en hausse de 13,9 %, confirmant son statut de principal acteur du trafic international au Cameroun. Elle est suivie de Brussels Airlines avec 258 856 passagers (+1,0 %) et d’Air France malgré son mauvais service avec 258 711 passagers (-3,1 %).
Derrière ce trio de tête figurent Asky Airlines (157 104 passagers), Turkish Airlines (115 607), Royal Air Maroc (94 851), Air Côte d’Ivoire (79 698), RwandAir (78 416), Kenya Airways (30 291), mince, ils sont vraiment tombés et Cronos Airlines (8 109 passagers).
L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale
«Les 1,37 million de passagers transportés par les dix compagnies étrangères représentent autant d’opportunités commerciales qui échappent à Camair-Co. Si la compagnie nationale disposait d’une flotte plus importante, d’une meilleure régularité opérationnelle et de dessertes internationales plus nombreuses, elle pourrait capter une partie significative de ce marché. L’exemple d’Ethiopian Airlines est particulièrement révélateur. La compagnie éthiopienne a bâti un puissant hub africain à Addis-Abeba et transporte à elle seule près de 292 000 passagers au Cameroun. Elle illustre comment une compagnie africaine bien structurée peut dominer le trafic régional et international», analyse Shance Lion.
Pour ce lanceur d’alerte, le défi pour Camair-Co n’est donc plus seulement de maintenir sa position sur le réseau domestique, mais de conquérir une partie du marché international. Tant que les liaisons vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient resteront majoritairement exploitées par des compagnies étrangères, une grande partie de la valeur créée par le transport aérien camerounais continuera d’être captée hors du pays.
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André Marc Emmanuel Yinda, nommé directeur général de Tradex Guinée Équatoriale

La décision a été prise ce mardi 9 juin 2026 à Douala, le temps d’une session extraordinaire. Il remplace à ce poste Alain Francis Ngondi Owona.
Du mouvement à la tête de Tradex Guinée Équatoriale. Actu Cameroun apprend la nomination ce mardi 9 juin 2026 d’André Marc Emmanuel Yinda au poste de Directeur Général de la filiale, en remplacement d’Alain Francis Ngondi Owona. Avant sa nomination, André Marc Emmanuel Yinda occupait jusqu’à cette nomination les fonctions de Conseiller Technique N°1 de TRADEX S.A. Il siégeait également aux Conseils d’administration de Tradex Tchad et Tradex RDC.
Âgé de 48 ans, le nouveau Directeur Général est un pur produit du Groupe camerounais, où il cumule plus de 21 années d’expérience dans le secteur pétrolier. Diplômé de l’École Supérieure de Gestion et Finance (ESGF) de Paris et titulaire d’une licence en économétrie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il rejoint TRADEX en février 2005 en qualité de Cadre comptable et financier après des expériences chez Addax et Oryx.
Son parcours au sein du groupe est marqué par une progression constante : Responsable de l’Audit Interne en 2006, Chef de Division Audit Interne en 2008, Chef de Département Budget et Contrôle en 2012, puis Chef de Division Budget et Contrôle en 2024.
André Yinda s’est particulièrement illustré par sa contribution à la définition de la stratégie de l’entreprise et à la conduite de projets innovants. Il est notamment considéré comme l’un des principaux artisans de la création et du développement de la bouteille de gaz TradexGaz, devenue aujourd’hui l’un des produits phares de la marque. Son action a également permis de renforcer la maîtrise des charges, d’améliorer durablement les performances financières de l’entreprise et de moderniser les outils de pilotage budgétaire grâce à l’introduction d’indicateurs clés de performance.
À l’issue de cette nomination, Emmanuel Patrick MVONDO, Président du Conseil d’administration de TRADEX Guinée Équatoriale S.A., a exprimé sa confiance en la capacité du nouveau Directeur Général à poursuivre le rayonnement de la marque dans ce pays frère.
« Le nouveau Directeur Général continuera à œuvrer pour faire rayonner la marque TRADEX en Guinée Équatoriale. Notre ambition est d’accompagner activement les autorités dans le développement de ce pays frère, conformément à la vision portée par Adolphe MOUDIKI, Président du Groupe TRADEX », a-t-il déclaré.
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