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A Yaoundé, la « Kamerun Haus » expose les artefacts camerounais conservés en Allemagne

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A Yaoundé, la « Kamerun Haus » expose les artefacts camerounais conservés en Allemagne
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Nichée derrière le collège technique Charles Atangana à Bastos, la Kamerun Haus a accueilli le 10 janvier dernier, diplomates, autorités culturelles, chercheurs et chefs traditionnels pour le vernissage de l’exposition « Les 11 musées et les trésors royaux du Cameroun ». La rencontre marque un moment significatif dans le long dossier de la restitution des biens culturels camerounais conservés en Allemagne, estimés à près de 40 000 objets selon les sources officielles.

L’exposition ne présente pas physiquement ces œuvres, absentes du territoire national depuis plusieurs décennies. Elle en reconstitue cependant la trajectoire à travers des archives, des photographies historiques et des récits documentés. Une manière de rendre visibles des objets dispersés, tout en inscrivant leur retour dans un cadre diplomatique désormais assumé.

Représentant le ministre des Arts et de la Culture, l’inspectrice générale Ngeh Rekia Nfunfu a rappelé l’enjeu éducatif de l’initiative. « Nous savons tous que l’éducation culturelle et artistique est essentielle pour les jeunes. Elle offre des opportunités inestimables de développement intellectuel, émotionnel et social », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle des institutions culturelles dans la transmission de l’histoire et des valeurs.

Présent au vernissage, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun, Christian Sedat, a réaffirmé l’engagement de son pays dans le processus de restitution. « Pour moi, ici à Yaoundé, l’une de ces priorités est d’assumer cette responsabilité historique au Cameroun et d’accompagner les démarches liées aux questions de restitution. Nous sommes un partenaire engagé sur ces sujets », a-t-il indiqué. Cette position s’inscrit dans l’évolution récente de la politique culturelle allemande, marquée par un travail approfondi sur la provenance des collections publiques, c’est-à-dire l’histoire précise de l’acquisition des objets.

Cartographier un patrimoine dispersé

Ouverte jusqu’au 28 mars, l’exposition propose une cartographie détaillée du patrimoine camerounais conservé dans onze musées allemands. Les collections présentées couvrent les quatre grandes aires culturelles du Cameroun : Fang-Béti, Sawa, Grassfields et Soudano-sahéliens. Textiles, masques rituels, instruments de musique, manuscrits, armes, outils, tabourets et trônes royaux composent entre autres cet ensemble.

Des documents d’archives et des photographies anciennes rappellent les voyages de chefs traditionnels camerounais en Allemagne durant la période coloniale. Ils replacent les objets dans leur contexte d’extraction, souvent marqué par la contrainte et la domination, sans recourir à une mise en scène spectaculaire.

Autorités traditionnelles et diplomatie culturelle

La cérémonie a réuni les chefs traditionnels des quatre aires culturelles, aux côtés de représentants des ambassades d’Allemagne et de Suisse. Leur présence a donné une dimension symbolique forte à l’événement. Les objets évoqués ne sont pas de simples pièces muséales, mais des éléments porteurs de mémoire et d’autorité sociale.

Dans son intervention, l’ambassadeur allemand a insisté sur la restitution comme un processus de coopération à long terme entre États, musées et chercheurs, et non comme un geste ponctuel.

De l’inventaire à la restitution

L’exposition de Yaoundé s’inscrit dans un travail institutionnel engagé par l’État camerounais. Le Comité interministériel chargé du dossier a conduit, en octobre 2023, une mission officielle à Berlin pour des échanges techniques avec les ministères allemands des Affaires étrangères et de la Culture. Ces discussions portent sur les modalités concrètes de restitution, attendues à partir de 2026, et sur l’équilibre entre les différentes aires culturelles dans les premières vagues de retour.

Les chiffres avancés s’appuient sur des travaux universitaires récents. Une étude menée par Bénédicte Savoy, professeure à l’Université technique de Berlin, et Albert Gouaffo, professeur à l’Université de Dschang, estime à environ 40 000 le nombre d’artefacts camerounais conservés en Allemagne. « Aucun de ces biens culturels n’a été conçu comme un objet d’exposition pour une vitrine », rappelle Bénédicte Savoy, soulignant leur fonction initiale au sein des sociétés d’origine.

Restituer le sens, pas seulement les objets

Au-delà des aspects juridiques, le débat porte sur la signification des biens. L’historien camerounais Richard Tsogang Fossi explique que de nombreux objets sacrés ont été « ethnographiés et diabolisés » durant la colonisation, perdant leur rôle social et spirituel. Leur retour pose donc la question de leur réintégration symbolique et de la transmission de leur sens aux générations actuelles.

C’est cette approche que défend la Kamerun Haus, qui consiste à restituer d’abord la connaissance, avant le retour physique des œuvres. À terme, les trônes, statues et regalia royaux devraient rejoindre des institutions nationales comme le Musée des rois Bamoun à Foumban.

Kamerun Haus, espace de médiation

Au centre de ce processus de restitution, se trouve le prince Bangoua Legrand Tchatchouang, promoteur de la Kamerun Haus. Membre du Comité interministériel chargé du rapatriement des biens culturels et conseiller du Cameroun auprès du Humboldt Forum de Berlin, il occupe une position d’interface entre institutions camerounaises et musées allemands. « Mon rôle est d’être un pont. Un pont entre les gouvernements et les musées, mais surtout entre ces objets, devenus silencieux dans leurs vitrines, et les communautés au Cameroun qui en ont été séparées », explique-t-il.

Créée en 2015, la Kamerun Haus s’est progressivement imposée comme un lieu de dialogue culturel. Avec l’ampleur prise par le débat sur la restitution, elle est devenue un partenaire de discussion reconnu par plusieurs musées européens. Elle entend également fonctionner comme centre d’éducation culturelle pour les jeunes et comme espace de travail pour les acteurs de la société civile impliqués dans le Comité interministériel.

Le promoteur de la structure a exprimé sa reconnaissance au gouvernement pour son accompagnement et pour l’intégration de la Kamerun Haus dans le dispositif officiel de restitution. « À sa création, la Kamerun Haus était un point de contact central pour représenter la culture du Cameroun. Mais son rôle a évolué avec la prise de conscience et le mûrissement du débat sur la restitution des œuvres d’art issues de contextes coloniaux en Allemagne. Cela nous a conduits à devenir, progressivement, un partenaire de discussion, puis de coopération, pour les chercheurs, les musées, les ministères, les chefferies traditionnelles et les responsables culturels allemands », expliquait le prince Bangoua Legrand Tchatchouang dans une interview accordée à Cameroon Tribune en juin 2022.

 Et de poursuivre : « cette collaboration a débouché sur un échange d’égal à égal, fondé sur la confiance, à travers diverses manifestations et colloques communs organisés en Allemagne et au Cameroun. Tous les participants s’y efforcent de comprendre et de présenter les œuvres d’art coloniales dans leur contexte d’origine et, à terme, de contribuer à éclairer ce chapitre sombre de l’histoire coloniale allemande ».

Les autorités traditionnelles, venues des quatre aires culturelles du Cameroun, ont à leur tour salué le travail engagé et procédé à une bénédiction symbolique des lieux. À Yaoundé, l’exposition de la Kamerun Haus se présente comme un lieu de mémoire et de diplomatie culturelle, mettant en lumière la recomposition des relations entre le Cameroun et l’Allemagne, autour de la reconnaissance du passé colonial et de la préparation progressive du retour du patrimoine national.

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Infrastructures : Les chantiers routiers les plus attendus en 2026

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Infrastructures : Les chantiers routiers les plus attendus en 2026
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Si le démarrage effectif des travaux de la seconde phase de l’autoroute Yaoundé-Douala reste très attendu du public, il reste que le niveau de dégradation de certains axes routiers stratégiques inquiète de plus en plus. Les axes routiers tels Yaoundé-Douala ; Douala-Bafoussam ; Edéa-Kribi ; Ngaoundéré-Garoua, etc., nécessitent des interventions d’urgence pour relever leur niveau de service, ou tout simplement pour leur reconstruction. Et face à cette situation, le ministère des Travaux publics annonce des « interventions sur ces axes prioritaires, tant en ce qui concerne les actions immédiates liées à l’amélioration de leur praticabilité que pour leur reconstruction avec le concours des partenaires techniques et financiers », indiquait Emmanuel Nganou Doumessi, le ministre des Travaux publics, dans un récent communiqué.

Comme le rappelait le MINTP au cours des conférences budgétaires présidées, au mois de novembre 2025, plus de 92% des ressources du budget du MINTP de l’exercice 2026 seront consacrées à la construction, à la réhabilitation et à l’entretien du réseau routier national. L’objectif étant de livrer près de 650 kilomètres de routes bitumées et plus de 1 300 mètres linéaires d’ouvrages d’art, tout en intensifiant les opérations d’entretien sur les axes prioritaires et communaux, afin d’améliorer la connectivité et la mobilité sur l’ensemble du territoire.

Au-delà des nouvelles constructions, la feuille de route du MINTP prévoit l’entretien de 852 km de routes bitumées et de 5 222 km de routes en terre. Le ministère annonce par ailleurs la poursuite de l’« entretien confortatif » sur environ 754 km de routes. Parmi les 13 chantiers qui devraient par exemple démarrer en 2026, l’on la phase 2 de l’autoroute Douala–Yaoundé, la route Ebolowa– Kribi (170 km), la réhabilitation complète des 242 km de route entre Ngaoundéré et Garoua, ainsi que l’axe Tchakamari–Dabanga–Kousséri, etc. Mais dans sa feuille de route pour l’exercice 2026 transmise au Premier ministre, le 10 février 2026, le MINTP s’engage à livrer environ « 475,9 km de nouvelles routes construites ».

 Le document distingue, d’une part, les chantiers à conduire à achèvement et, d’autre part, « les projets qui connaîtront une accélération dans leur exécution ».

AUTOROUTE YAOUNDÉ-DOUALA, PHASE 2 : LA LIBÉRATION DES EMPRISES BLOQUE L’AVANCEMENT DU PROJET

Pour lever cette contrainte majeure, des dispositions sont en train d’être prises. L’entreprise CFHEC a par exemple procédé, à la fin du mois de janvier 2026, au virement de 170 307 975 FCFA à la CAA pour le paiement par anticipation des indemnisations des populations impactées, conformément à la dérogation prévue par l’instruction du Premier ministre du 21 février 2018.

S’agissant de l’avancement du projet sur le terrain, l’entreprise CFHEC et le laboratoire LABOGENIE sont déjà mobilisés pour les investigations géotechniques, tandis que le MINEPAT a été saisi pour l’avis du Comité national de la dette publique pour finaliser le financement de la section PK 60–PK 100. De son côté, le MINDCAF a été chargé d’accélérer les concertations relatives aux dossiers fonciers en attente.

 Egalement, des diligences sont en cours et quasiment maturées pour la mobilisation des ressources auprès de la Standard Chartered Bank et Eximbank, signe de la détermination du gouvernement à sécuriser les financements nécessaires malgré un contexte budgétaire contraignant.

ROUTE EBOLOWA-AKOM II-KRIBI : DÉJÀ 130,4 MILLIARDS DE FCFA DISPONIBLES

Le comité de crédit de UK Export Finance (UKEF), a en effet validé, le 18 décembre 2025, la 2e tranche de financement de la route Ebolowa-Akom II- Kribi. D’un montant de 130,4 milliards de FCFA, cette tranche couvre près de 95% des coûts de construction de l’axe routier. Elle s’inscrit dans le montage financier associant l’Etat du Cameroun, la banque britannique Standard Chartered Bank UK et UKEF qui apportent des garanties souveraines sur le prêt.

Cette approbation ouvre la voie à la fermeture formelle de l’accord de financement et à un démarrage effectif des décaissements attendu au premier trimestre 2026 sous réserve des conditions habituelles liées à la réassurance, ainsi qu’aux normes environnementales et sociales, selon les précisions du ministère des Travaux publics.

Pour l’heure, les autorités camerounaises s’attèlent à la finalisation des plans d’action de réinstallation des populations affectées, au paiement des indemnisations liées aux emprises foncières et à l’achèvement des études géotechniques complémentaires exigées par les bailleurs. Le partenaire technique du projet, ICM Construction Ltd, déjà attributaire du marché, a entamé les procédures d’importations des équipements lourds. En attendant le lancement des travaux, l’entreprise assure l’entretien de la route existante afin de maintenir la circulation entre Ebolowa, Akom II et Kribi.

ROUTE EDÉA-KRIBI : LES AVIS DE NON-OBJECTION DE LA BAD RESTENT ATTENDUS POUR LA CONTRACTUALISATION DES ENTREPRISES

Pour la reconstruction de la route EdéaKribi, s’agissant du processus de contractualisation des entreprises pour la réalisation des travaux de reconstruction, les avis de non objection du bailleur de fonds, la Banque Africaine de Développement (BAD) restent attendus. Pendant ce temps, l’entretien d’urgence reste plombé par les difficultés financières de l’entreprise SOMAF.

Même si l’entreprise reste mobilisée et poursuit ses opérations, le constat sur le terrain fait état d’une réelle asphyxie financière, avec un retard de paiement des décomptes s’élevant à 1 507 660 808 FCFA sur la ligne Fonds routier et de 620 477 301 FCFA sur la ligne du budget d’investissement public (BIP). Plus grave encore, SOMAF paie également le prix fort de la suspension des paiements au Fonds routier, lesquelles ne rassurent pas. Car, cette suspension est venue davantage relever l’impact négatif de cette mesure sur les capacités de déploiement de l’entreprise, explique-t-on.

DOUALA-YAOUNDÉ-BONIS : LE PROJET DE RECONSTRUCTION SE MATURE

Maillon important du corridor Douala-Bangui, le Cameroun se dit déterminé à mettre en œuvre la reconstruction de l’axe Douala-Yaoundé-Bonis. Le gouvernement, à travers le ministère des Travaux publics, a réaffirmé sa volonté d’accélérer la maturation de ce projet, avec l’appui de la Banque mondiale, l’un des partenaires techniques et financiers ayant manifesté son intérêt pour accompagner le Cameroun.

Lors d’une concertation entre le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi et une délégation de la Banque mondiale conduite par Franz Dress-Gross, Directeur régional des infrastructures, le 20 janvier 2026 à Yaoundé, les échanges avaient porté sur l’identification du projet et la mobilisation des ressources nécessaires à la réhabilitation de cet axe stratégique pour l’économie nationale et l’intégration régionale. La Banque mondiale a exprimé son intention de contribuer à hauteur d’environ 210 milliards de FCFA.

Les principales options techniques du projet, portent notamment le dédoublement de la section Douala-Edéa ; la construction d’un second pont sur la Dibamba ; l’aménagement des voies de contournement de Douala et de Yaoundé, ainsi que la modernisation des stations de pesage d’Edéa et de Nomayos.

ROUTE NGAOUNDÉRÉ-GAROUA : LES ENTREPRISES SE MOBILISENT POUR LA RECONSTRUCTION

En attendant le début des travaux de reconstruction, les entreprises ont été instruites par le MINTP de traiter les dégradations de la chaussée en vue de maintenir la circulabilité sur cet axe. Et, cette mobilisation est déjà progressive selon les lots. Sur le lot 1, entre Ngaoundéré et le bas de la falaise, l’entreprise CGCOC Group n’a pas encore démarré les travaux de maintien de la circulation, alors que certaines sections présentent un niveau de dégradation avancé.

Sur le lot 2, l’entreprise CHEC a engagé des interventions sur les premiers kilomètres, notamment le traitement des points critiques avec des matériaux stabilisés. Sur les lots 4 et 5, les entreprises CFHEC et CWE ont mobilisé leurs équipes et équipements, bien que l’approvisionnement en matériaux concassés persiste, avec des solutions en cours de mise en œuvre. Mais déjà, parmi les difficultés que rencontrent les entreprises sur le terrain, il y a l’approvisionnement en matériaux concassés pour le traitement des nids-de-poule et l’agrément des sites destinés aux bases logistiques.

Pour y faire face, le MINTP, au cours d’une réunion du 9 février dernier, a recommandé le traitement des points critiques au bitume et a indiqué, avec l’appui du MINMIDT que la carrière exploitée par l’entreprise Synohydro, déclarée d’utilité publique, devra faciliter l’accès des entreprises aux agrégats nécessaires.

VOIE EXPRESSE LOLABÉ-CAMPO À CONSTRUIRE

La construction de la voie express LolabéCampo, longue d’environ 40 km et conçue à 4 voies, est un projet crucial pour relier le complexe industrialo-portuaire de Kribi à la frontière de la Guinée équatoriale. Ce projet stratégique vise à booster les échanges sous régionaux, elle s’inscrit également dans le projet de développement du complexe industrialo-portuaire de Kribi, dont elle constitue l’un des maillons routiers structurants, bien que son avancement soit actuellement ralenti par des incertitudes sur le bouclage financier de la BDEA.

Au MINTP, l’inquiétude porte désormais sur la « capacité de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) à mobiliser les 45 milliards FCFA de son apport ». Il est en effet attendu de ce bailleur de fonds une enveloppe de 45 milliards FCFA pour le bitumage de la route, un projet qui inclut également des travaux de voiries urbaines et divers aménagements sociaux.

BINGAMBO-GRAND ZAMBI : 15 ENTREPRISES DÉJÀ EN COURSE

Selon le MINTP, 15 entreprises ont déposé leurs offres pour les travaux de construction de la route Yaoundé-Kribi via Olama, tronçon Bingambo-Grand Zambi (43 km) sur la route nationale N° 22. Les travaux doivent être réalisés dans un délai global de 24 mois calendaires, pour un coût prévisionnel de 50,96 milliards de FCFA. Ce projet est cofinancé par l’État du Cameroun, via le budget d’investissement public (BIP) du MINTP pour les exercices 2023 et suivants, et des partenaires financiers que sont la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (Fkdea), le Fonds saoudien de développement (FSD), le Fonds d’Abou Dhabi pour le développement (FADD) et le Fonds OPEP pour le développement international (OFID).

BATOURI-NGOURA II : LA CONTRACTUALISATION DE L’ENTREPRISE ATTENDUE

 Au MINTP, l’on informe que l’appel d’offres relatif à la contractualisation d’une entreprise pour la construction de la section Batouri-Ngoura II est lancé. Le bitumage de la route Ngoura II-Yokadouma, y compris la voie de contournement de la ville de Batouri, avec l’appui de la Banque Africaine de Développement est donc en voie de consolidation. Selon le chronogramme élaboré par le MINTP, le marché pour la construction de la route Batouri-Ngoura II devait être signé avant la fin de l’année 2025, pour un démarrage des travaux au cours de l’année 2026, comme cela est indiqué dans la feuille du MINTP transmise au Premier ministère.

DE NOMBREUX CHANTIERS À ACCÉLÉRER EN 2026

 Dans la catégorie des chantiers à accélérer au cours de l’exercice 2026, le MINTP liste notamment Ngaoundéré–Paro ; Magada– Guidiguis–Yagoua ; Foumban–Koupamatapit ; Carrefour Yii-Endom-Carrefour Nkam ; Mengueme Si-Nkangkonso et bretelles. Les travaux sur Edéa–Mouanko, Nkondjock–Bafang ; Olounou–Oveng ; Boucle de la Lékié doivent aussi gagner en cadence. Le programme inclut en outre la finalisation des travaux de l’entrée Nord de Yaoundé : Olembé-Echangeur d’Obala en 2×2 voies, la traversée urbaine de Bamenda, ainsi que le bitumage de certains tronçons de routes dans la région du Sud, notamment dans les départements de la Mvila et du Dja-et-Lobo : Section 1 : Ngallan (village Comice)-Melangue 2-Biwong Bané et section 2 : Ebolowa-Nsélan-Koungoulou, axe Nkoeye, fin goudron.

Des avancées notables seront également enregistrées sur les ouvrages d’art ci-après : pont et ses accès sur le fleuve Mbam à Nchiayang, pont et ses accès sur le Mayo Kallio à Palar sur la Nationale No1, etc.

 DES PROJETS À TERMINER…

Parmi les projets annoncés à terminer au cours de l’exercice budgétaire 2026, le MINTP cite la pénétrante Est de Douala, les axes Maroua–Bogo–Pouss et Mora–Tchakamari, la route Mbalmayo–Sangmelima ainsi que l’axe Awae–Esse–Soa. S’ajoutent qaussi la réhabilitation de l’ancien pont sur le Wouri et la route Kumbo–Misaje, y compris la voie de contournement de Nkambe, MbalmayoSangmelima. Emmanuel Nganou Djoumessi promet également la livraison de « six ponts à sections modulaires métalliques ».

 DES ÉTUDES TECHNIQUES À POURSUIVRE…

Les études techniques devront se poursuivre en 2026 dont la plupart pourront s’achever portent sur 350 km d’autoroutes et voies expresses, 1738,3 km de routes à construire. Celles devant démarrer portent sur 2496,4km de routes et 665 ml d’ouvrages d’art. Ces études seront menées jusqu’à la phase d’Avant-projet sommaire (APS) ou Avant-projet détaillée (APD).

Elles concerneront entre autres : le bitumage de la voie expresse Edéa-Dizangue-Mouanko-Yoyo (110 km) ; la construction de l’autoroute intersection (Yaoundé-Douala)-Bafoussam-Bamenda ; la construction des routes Lomie-Ngoila-Mbalam et Zoulabot 2-Messok, ainsi que la construction des routes Djoum (Inter N9)- Onon-Oveng (Inter N11) et Lomie-Mintom.

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BRT de Douala : la CUD lance les premiers appels d’offres

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BRT de Douala : la CUD lance les premiers appels d’offres
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Les autorités chargées de la concrétisation du projet de Bus Rapid Transit (BRT) de Douala ont lancé, en octobre 2025, les premiers appels d’offres pour le recrutement des entreprises auxquelles elles souhaitent confier les travaux liés audit projet. Selon des informations obtenues auprès de sources internes au Projet de mobilité urbaine de Douala — dont le BRT est une composante — 14 entreprises ont déposé des offres pour les voies de rabattement, après que 21 sociétés ont acquis le dossier.

Les résultats sont attendus pour fin février 2026. Le cahier des charges porte sur 12,5 km de voiries d’accès, pour un montant estimé à 4,7 milliards de FCFA. Il concerne des tronçons situés dans Douala 1er, 2e, 3e et 5e, et inclut chaussées, drainage, éclairage, installation d’outils de gestion du trafic ainsi que la relocalisation de réseaux d’eau et d’électricité. Ces chantiers, bien que distincts des travaux principaux du BRT, balisent le terrain pour ces derniers et constituent un signal fort susceptible d’être perçu positivement par la Banque mondiale, auprès de laquelle le Cameroun a emprunté 261 milliards de FCFA pour ce projet estimé à plus de 350 milliards de FCFA.

Ils pourraient également peser dans les discussions engagées avec l’institution de Bretton Woods afin d’obtenir le prolongement de la clôture du financement accordé au Cameroun, initialement prévue en juin 2028.

En effet, au regard des retards accumulés dans la conduite du projet, la Communauté urbaine de Douala, convaincue qu’elle ne pourrait pas livrer l’ensemble du chantier à la date prévue, a entamé des discussions avec la Banque mondiale pour obtenir une extension de la date de clôture des opérations de décaissement.

 « Lors de la dernière mission de supervision de la Banque mondiale, qui s’est tenue en juin 2025, ce risque de ne pas finaliser les travaux en 2028 a bien été relevé. Nous avons obtenu un accord de principe de la Banque mondiale pour une possible extension de la date de fin du projet, mais sous réserve que nous commencions déjà tous les travaux », expliquait en août 2025 Tene Mbimi Prisca, conseillère technique n°3 auprès du maire de Douala et coordonnatrice du projet.

CALENDRIER ENCORE INCERTAIN POUR LE CORRIDOR PRINCIPAL

 À ce stade, les conclusions des discussions engagées avec la Banque mondiale restent confidentielles. Concrètement, on ignore toujours si le Cameroun a obtenu de l’institution financière la prolongation sollicitée. Toutefois, les projections actuelles relatives au corridor principal du BRT semblent plaider pour une issue favorable. Les travaux de ce corridor sont programmés pour démarrer fin 2026 ou début 2027.

Étant donné qu’avant même le lancement des travaux préliminaires susmentionnés, la Communauté urbaine de Douala craignait déjà de ne pas respecter les délais, il paraît peu probable que, quelques mois plus tard, elle ait assuré aux responsables de la Banque mondiale pouvoir achever le chantier entre 2027 et 2028.

En outre, le contrat de l’opérateur chargé d’assurer le transport devrait être signé en 2027. Le projet BRT de Douala est conçu autour de quatre lignes totalisant 27 km, 44 stations et quatre terminaux. Il intègre également environ 80 km de voies urbaines de rabattement.

UN PROJET ANCIEN RELANCÉ À PLUSIEURS REPRISES

 L’idée d’implanter un système de bus à haut niveau de service au Cameroun n’est pas récente. En 2015, le ministère des Finances annonçait la mise en place de deux lignes pilotes : l’une à Yaoundé (21 km, d’Olembé à Ahala) et l’autre à Douala (17 km, du Carrefour des Douanes au PK 17). Ces projets avaient fait l’objet d’une signature de principe avec l’entreprise brésilienne Marco Polo, spécialisée dans la fabrication d’autobus, et devaient entrer en service en 2018.

Les tracés avaient été définis, des études topographiques et de trafic mené, et un mémorandum d’entente signé avec le secrétaire général de la Primature pour le compte du Cameroun. Pourtant, aucune suite concrète n’a été donnée à cette première phase. En 2019, l’initiative est relancée par le ministre du Développement urbain et de l’Habitat, Jean Claude Mbwentchou, dans le cadre du programme Mobilise Your City, une initiative internationale lancée lors de la COP21 à Paris en 2015.

Ce programme vise à aider les villes en développement à concevoir des plans de mobilité urbaine durables. À Douala, il se traduit par l’élaboration d’un Plan de Mobilité Urbaine Soutenable (PMUS). Malgré cette relance, aucun chantier n’a été engagé et le projet est resté à l’état de planification jusqu’à l’intervention de la Banque mondiale.

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La Bourse nationale des déchets : nouvel outil pour stimuler le recyclage

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La Bourse nationale des déchets : nouvel outil pour stimuler le recyclage
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« La toute nouvelle Bourse nationale des déchets est suffisamment équipée, tant sur le plan de la gouvernance que sur le plan humain et beaucoup plus aussi sur le plan politique parce qu’on voit que nos politiques nationales se mettent en branle » a déclaré Sylvie Rebecca Essomba, Directeur général de la Bourse nationale des déchets, le 12 février 2025 à Yaoundé à l’occasion du lancement officielle des activité la Bourse nationale des déchets.

Pour elle, l’heure est l’action. « Nous pensons que les conditions sont réunies pour que la bourse puisse se mouvoir et atteindre les objectifs que le Cameroun s’est fixés en matière de développement durable » poursuit-elle. Il sera désormais question d’animer le marché boursier des déchets où l’offre et la demande sur les déchets vont se rencontrer. « Nous voulons mettre ensemble tous ces manipulateurs de déchets autour d’un outil unique et innovant qui fait que les déchets seront vus par les uns et les besoins des autres remplis. Ces déchets seront ainsi réinjectés dans le circuit industriel et là c’est déjà un apport pour l’import-substitution parce qu’il y aura une réduction des coûts finalement », a précisé Sylvie Rebecca Essomba. Ce jeudi-là, en plus du lancement de ses activités et sa plateforme électronique, l’identité visuelle et logo de la Bourse nationale des déchets a été présentés.

UN VOLUME QUI A DOUBLÉ EN NEUF ANS

Mais derrière la symbolique institutionnelle, l’urgence est chiffrée. En 2016, le Cameroun produisait trois millions de tonnes de déchets. En 2025, le volume atteint six millions de tonnes. En neuf ans, la production a doublé. Or le modèle actuel montre ses limites. À peine un quart de ces déchets est pris en charge par Hysacam. La moitié est gérée sans méthodologie conforme à la réglementation en vigueur.

Le dernier quart finit abandonné dans la nature. Pour le ministère de l’Environnement, cette situation n’est plus soutenable. « Nous avons vécu pendant des années dans ce tourment de déchets avec tout ce que ça cause et que nous puissions maintenant en arriver à mettre en place ce qui fait en sorte que les déchets des uns deviennent la matière première des autres », a déclaré Hélé Pierre, ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, qui présidait la cérémonie.

Les externalités sont lourdes. Pollution des milieux récepteurs, dégradation des paysages urbains, prolifération de maladies, émissions de gaz à effet de serre qui compromettent les engagements du pays auprès de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. La question des déchets devient ainsi un sujet économique autant qu’environnemental.

 LES COLLECTIVITÉS MISENT SUR LA VALORISATION

La Bourse nationale des déchets est présentée comme un mécanisme correctif. Sa plateforme électronique doit mettre en relation offreurs et demandeurs. Les déchets des uns deviennent intrants pour les autres. La logique affichée est celle d’un marché structuré, avec une animation des échanges et une meilleure traçabilité des flux.

Dans les collectivités, l’initiative est perçue comme une opportunité budgétaire. « Ce sont ces territoires qui ont davantage intérêt à voir les déchets disparaître de leurs territoires et nous apprécions cette très forte action du gouvernement à travers le ministère de l’Environnement. Cette action va véritablement donner une valeur ajoutée aux ordures parce qu’on ne peut plus parler de déchets. Il s’agit davantage d’un capital et nous allons nous insérer dans cette brèche. Nous nous réjouissons que nos villes vont changer d’image et surtout se faire un peu d’argent », affirme Daniel Edjo’o, maire d’Ebolowa.

UNE FILIÈRE INDUSTRIELLE EN ATTENTE DE STRUCTURATION

Du côté des industriels du recyclage, l’attente est également forte. « Cette bourse vient à point nommé. Red-Plast, en tant qu’entreprise de recyclage des déchets entend tirer profit de cette bourse de déchets. Nous avons une application qui permet de collecter les déchets en ligne. Donc ça va permettre d’interconnecter tous les acteurs de la chaîne de transformation des déchets pour une meilleure organisation. Nous allons jouer notre partition et nous connecter aux entreprises qui auront besoin de nos produits. Cette bourse est une aubaine. Nous espérons améliorer nos ventes et pouvoir bien huiler le réseau de transformation de déchets au Cameroun », explique Henri Yene, superviseur de Red-Plast à Yaoundé.

 Les associations de consommateurs y voient aussi un enjeu de santé publique. « Nous saluons à juste titre l’avènement de cet outil parce que le consommateur a droit à un environnement sain et le lancement de la Bourse nationale des déchets vient contribuer à l’atteinte de ce droit-là. Nous voyons au quotidien à quoi ressemblent nos villes. Le consommateur est exposé à plusieurs maladies qui impactent sa santé. Aujourd’hui, il est question pour nous d’espérer un meilleur environnement, que l’air que nous respirons soit moins pollué et que nous puissions véritablement être en santé. L’employabilité des jeunes sera également boostée à travers cet instrument. Reste que la mise en œuvre suive véritablement », prévient Prince Mpondo, président d’une association de défense des droits des consommateurs.

La Bourse nationale des déchets ambitionne ainsi de transformer un goulot d’étranglement urbain en filière économique structurée. Reste à savoir si la plateforme saura absorber les six millions de tonnes annuelles et réduire la part des flux hors normes. La crédibilité du dispositif se mesurera à sa capacité à réduire l’abandon sauvage et à intégrer le recyclage dans le circuit industriel national, tout en alignant la gestion des déchets sur les engagements climatiques du pays.

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