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Cameroun : le secteur de l’électricité pourrait-il disjoncter ?

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Cameroun : le secteur de l’électricité pourrait-il disjoncter ?
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Le 19 novembre 2025, l’État du Cameroun a procédé à ce qu’il est convenu d’appeler la renationalisation d’ENEO (Energy of Cameroon), en rachetant les 51 % jusque-là détenus par le fonds d’investissement britannique ACTIS. De par cette opération, l’État détient désormais 95 % du capital d’ENEO, qui, faut-il le rappeler, est l’opérateur de référence du secteur de l’électricité au Cameroun, ayant le monopole de la distribution et gérant des unités de production constituées de 44 centrales d’un mix énergétique comprenant l’hydroélectricité, le thermique et le solaire.

Cette renationalisation s’effectue dans un contexte marqué, entre autres, par une crise multidimensionnelle sévère à laquelle le secteur de l’électricité au Cameroun est confronté. Du coup, la question lancinante et de fond est de savoir ce que l’État du Cameroun peut ou va faire pour sauver un secteur névralgique pour la qualité de vie des populations et le développement économique du pays.

En reprenant ENEO, l’État a opéré une intégration verticale d’envergure, concentrant sous sa bannière, à travers quelques-uns de ses démembrements, la production (ENEO), le transport (SONATREL), la distribution (ENEO), la régulation (ARSEL), la gestion des eaux (EDC) et l’électrification rurale (AER). Cette intégration, en elle-même, est une additionnalité des problèmes, chaque entité ayant ses faiblesses longtemps décriées, dont la moindre n’est pas les tares endémiques de la gestion des entreprises publiques.

LE DÉSÉQUILIBRE FINANCIER STRUCTUREL DU SECTEUR, UN FACTEUR DE TENSIONS POUR LES FINANCES PUBLIQUES

Mais au-delà de cette intégration, le problème majeur est celui du déséquilibre financier structurel d’un secteur devenu un risque de pression effective mais aussi parfois caché pour les finances publiques. Si l’État va débourser 78 milliards de F CFA (environ 119 millions d’Euros) pour acquérir les parts d’ACTIS, cette opération s’accompagne de l’héritage de 800 milliards de F CFA (environ 1,220 milliard d’Euros) de dettes dues par ENEO à divers créanciers à la fin de 2024, dont des fournisseurs, des producteurs indépendants d’électricité, des banques, etc.

Le déséquilibre financier du secteur s’illustre notamment par la situation d’ENEO qui, d’après les chiffres du Ministère camerounais de l’énergie, réalise des revenus mensuels d’environ 30 milliards de F CFA (45,7 millions d’Euros) contre des engagements de près de 50 milliards de F CFA (76,2 millions d’Euros). Cette situation est exacerbée par une tarification gelée par le régulateur ARSEL depuis 2012, obligeant le distributeur à facturer le kWh d’électricité en dessous du prix de revient, la différence devant être compensée par l’État. Rien que pour 2025, cette compensation serait comprise entre 70 et 100 milliards de F CFA.

Cette situation financière est d’autant préoccupante que les défauts de paiement d’ENEO et de l’Etat vis-àvis de NHPC créent un risque important sur la capacité du secteur à attirer de futurs investissements. Plus préoccupant encore, la dégradation continue de la situation financière du secteur a conduit à l’utilisation quasi complète de la Lettre de Crédit garantie par la Banque mondiale dans le cadre du projet Nachtigal. Il est impérieux pour le gouvernement de reconstituer les montants tirés sur la Lettre de Crédit qui s’élèvent en novembre 2025 à plus de 85 millions d’euros (56 milliards de FCFA).

Face à une telle situation, marquée, entre autres, par une crise de trésorerie de l’État et des finances publiques tendues, le régulateur ARSEL pourrait-il résister davantage à une hausse des tarifs ? Quelles en seraient les conséquences sur le plan social et sur la compétitivité des entreprises, alors même que l’épineux problème de la fourniture d’électricité, en quantité comme en qualité, reste prégnant ?

À titre d’illustration, dans son dernier tableau de bord de l’économie publié en novembre 2025, le GECAM (Groupement des Entreprises du Cameroun) révèle que 83,6 % des chefs d’entreprise considèrent l’insuffisance et les perturbations de la distribution de l’énergie électrique comme la principale faiblesse de l’environnement des affaires au Cameroun.

DES INADÉQUATIONS DANS LA PROGRAMMATION ET LA PLANIFICATION DES INVESTISSEMENTS

S’agissant justement de la fourniture d’énergie électrique, l’entrée en pleine activité en mars 2025 de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, avec ses 420 MW, devait accroître la capacité installée d’environ 30 %, sonnant ainsi la fin durable des délestages et autres rationnements de la fourniture d’électricité. Si Nachtigal, dans sa conception et son montage en PPP (Partenariat Public-Privé), constitue l’un des meilleurs exemples de ce qui se fait en Afrique dans le secteur de l’énergie, c’est sans compter avec les réalités du contexte camerounais, caractérisé par des choix de programmation et de planification des investissements qui, avec le temps, se sont avérés inadéquats.

En aval de la production d’électricité, le maillon de transport, géré par une entreprise publique, la Société Nationale de Transport de l’Électricité (SONATREL), présente des défis et accumule un déficit d’investissement, ce qui en fait un point de blocage à surveiller. Le réseau n’est pas en mesure de supporter toute l’énergie produite, notamment celle du producteur indépendant NHPC (Nachtigal Hydro Power Company), opérateur du barrage de Nachtigal. Bien plus, le contrat d’achat d’électricité produite par Nachtigal est assorti d’une clause « Capacity Payment », dont le principe, proche de celui du « Take or Pay », consiste à payer le producteur NHPC en fonction de la puissance disponible de la centrale et non de l’énergie produite effectivement.

Cette clause diffère de « Energy payment », qui rémunère l’électricité produite. En d’autres termes, Nachtigal ayant une puissance disponible de 420 MW, cette énergie doit être intégralement payée, même si, en raison des défaillances du réseau de transport et de distribution, le dispatcheur SONATREL exprime des besoins parfois avoisinant 200 MW (seulement). Or, l’un des préalables cardinaux du « Capacity Payment » est la solidité du réseau de transport et de distribution, capable d’absorber toute la puissance installée aux heures de pointe.

Cette clause, qui avait un double objectif de garantir, d’une part, la disponibilité en continu de la puissance installée et, d’autre part, la viabilité financière du système, se trouve au centre d’une controverse que l’État, devenu client de NHPC (du fait de la reprise d’ENEO), devra régler au plus vite. Pour les spécialistes du secteur, sans le mécanisme de « Capacity payment », il aurait été impossible de mobiliser les 800 milliards de F CFA nécessaires au financement de Nachtigal.

Du fait de la reprise d’ENEO par l’État, devenu off-taker (acheteur d’énergie), ce qui aurait dû être une simple caution de garantie devient un engagement décisif et une dépense récurrente insoutenable à long terme, sans réforme en profondeur du secteur. Outre l’exécution des engagements contractuels, l’État devra investir massivement afin de corriger les défaillances du réseau de transport et de distribution, dans un contexte de contraintes budgétaires.

DES RISQUES SUR LE PROJET DE BARRAGE DE KIKOT ET LE COMPACT ÉNERGÉTIQUE DU CAMEROUN

L’exécution intégrale du contrat d’achat d’électricité (PPA – Power Purchase Agreement) est d’autant impérieuse qu’une défaillance aurait des implications sur les autres projets en cours de préparation notamment le barrage de Kikot de 500 MW dont le montage est calqué sur Nachtigal avec pratiquement les mêmes acteurs dont l’énergéticien EDF (Electricité de France) et les mêmes partenaires financiers notamment le Groupe de la Banque mondiale et la Banque Africaine de Développement entre autres.

Mais au-delà de Kikot, une défaillance sur Nachtigal mettrait en péril toute la stratégie du secteur de l’électricité du Cameroun, cristallisée dans le Pacte National pour l’Energie du Cameroun (Compact Energétique), qui comporte un ensemble de réformes visant à soutenir le développement du secteur de l’énergie dans les 5 prochaines années et à fournir un accès à l’électricité à environ 8 millions de camerounais d’ici 2030. Il ambitionne de mobiliser 12,5 milliards de dollars, dont 6,5 milliards provenant du secteur privé. Le Cameroun pourrait, en conséquence, ne pas être éligible aux opportunités de la Mission 300, programme lancé par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) visant à fournir de l’électricité à 300 millions d’africains d’ici 2030.

Autre défi et pas des moindres, comment redéfinir la contribution des centrales thermiques dont le prix du KWh est 3 fois supérieur à celui de l’hydro, dans le mix énergétique notamment la centrale thermique à gaz de Kribi (216 MW) et la centrale à fuel lourd de Douala/dibamba (88 MW) conçus pour produire en base alors que dans le contexte camerounais dominé par l’hydroélectricité, le thermique devrait être un appoint en période de pointe. Faut-il le rappeler, le britannique Globeleq, propriétaire des deux centrales thermiques, est porteur d’une créance de plus de 137 milliards de F CFA auprès d’ENEO et de l’État du Cameroun. Au regard de tous ces défis et bien d’autres, le secteur de l’électricité au Cameroun pourrait disjoncter, entraînant avec lui l’ensemble de l’économie, compte tenu de la place centrale de l’énergie électrique dans la réalisation des ambitions de développement du pays. L’État, redevenu acteur principal du système, est au pied du mur, la souveraineté énergétique n’étant pas un objectif en soi.

Par Emmanuel Noubissie Ngankam Analyste Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale enoubissie7897@gmail.com

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun
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Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.

La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.

Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.

DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.

La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.

Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.

Portrait

LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.

Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.

En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois
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L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.

Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.

Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.

Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.

Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.

Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.

Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.

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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui
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Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).

Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.

L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.

Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.

Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.

La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.

UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE

Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.

Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.

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