À quelques jours de la célébration des meilleurs talents du championnat national, une sortie médiatique fait déjà grand bruit dans le paysage sportif camerounais. Invité de l’émission Horizon Sport sur Equinoxe TV, le consultant sportif Tony Franck Ndam n’a pas mâché ses mots en évoquant les difficultés structurelles du football local.
Selon lui, l’échec récurrent des distinctions individuelles nationales s’explique avant tout par la faiblesse du niveau du championnat camerounais. « Le championnat n’est pas de qualité. Que vaut réellement le championnat camerounais ? Il faut une véritable réflexion sur le football camerounais », a-t-il déclaré, pointant du doigt les lacunes organisationnelles et structurelles qui fragilisent la compétitivité locale.
L’analyste sportif souligne également un phénomène économique inquiétant. D’après lui, le marché du football camerounais privilégie désormais les jeunes issus des académies de formation, dont la valeur marchande dépasse largement celle des joueurs évoluant dans le championnat national. « Aujourd’hui, les joueurs des centres de formation coûtent cinq, voire dix fois plus chers que les joueurs du championnat camerounais », a-t-il insisté, illustrant un déséquilibre qui interpelle les acteurs du football local.
Ces déclarations interviennent alors que la Fédération camerounaise de football s’apprête à organiser la cérémonie récompensant le meilleur joueur évoluant sur le plan national. L’événement est prévu pour le 27 février 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, où seront célébrées les performances individuelles de la saison.
Au-delà du prestige de la distinction, cette édition du Ballon d’Or camerounais intervient dans un contexte où de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une réforme profonde du football national. Entre attractivité en baisse, fuite des talents vers l’étranger et difficultés financières des clubs locaux, les défis restent nombreux.
La sortie de Tony Franck Ndam relance ainsi le débat sur l’avenir du championnat camerounais et pose, en filigrane, la question de la valorisation du football local. La cérémonie du 27 février prochain ne consacrera pas seulement un joueur, mais pourrait également raviver les discussions sur la nécessité d’une refondation du modèle footballistique national.