Actualités locales
le prix Boutros Boutros Ghali est une invite à l’action continue en faveur de la paix

A l’occasion de la remise du prix Boutros Boutros Ghali dont il est co-lauréat, Maurice Kamto, qui n’a pas pu faire le déplacement de Paris a, dans un discours, dit tout la charge que lui confère cette distinction.
« Recevoir un prix qui, honorant l’héritage de Boutros-Boutros-Ghali, n’est pas, à mes yeux, seulement une distinction. J’y vois également une invite à l’action continue, si modeste soit-elle, en faveur de la paix, de la justice et du respect de l’État de droit, non seulement entre les États sur la scène internationale, mais aussi, et sans doute d’abord, au sein des nations mêmes », a déclaré Maurice Kamto.
« Madame la Présidente de l’Académie des sciences d’outre-mer, Excellences, Chers membres du jury du Prix Boutros-Boutros-Ghali, Mesdames, Messieurs. D’emblée, je voudrais m’excuser de ne pas être physiquement avec vous en ce moment à Paris, en raison de circonstances dérimantes. Permettez-moi ensuite de saluer les promoteurs du Prix Boutros-Boutros-Ghali pour cette initiative qui arrive à son heure, et dont la force symbolique est d’autant plus grande qu’elle vient d’un environnement où les distinctions de cette nature sont rares.
J’y vois un moyen idoine de célébration et de perpétuation de la mémoire et de l’œuvre multidimensionnelle d’un nombre d’envergures exceptionnels, notamment auprès des jeunes générations. Boutros-Boutros-Ghali a marqué son siècle d’une empreinte singulière et fait de sa
vie une œuvre imposante, tellement riche et dense qu’il serait risqué d’essayer de la résumer en quelques mots. Je me garderai donc d’une telle tentative, qu’il ne soit permis d’user du privilège qui m’est offert de m’adresser à vous pour évoquer rapidement deux des occasions
choisies par le destin pour m’envoyer à la rencontre de Boutros-Boutros-Ghali.
La première occasion est l’audience qu’il daigna m’accorder au CAIR en 1987 alors qu’il occupait les fonctions de ministre d’État aux affaires étrangères de l’Égypte. Je l’avais sollicité pour rédiger une préface de notre ouvrage consacré à la rétrospective et aux perspectives africaines sur l’organisation de l’unité africaine. Il y avait répondu de bonnes grâces et suggéré que je vienne le rencontrer à ce sujet.
Je garde le souvenir vivace de nos échanges dans son bureau. Il se dégageait de lui un mélange irradiant de dignité, de générosité et d’autorité que projettent à l’image des pyramides les gardiens de l’Afrique universelle et éternelle. La seconde occasion est en rapport avec un des centres d’intérêt majeurs de Boutros-Boutros-Ghali, à savoir le développement et le renforcement du rôle central du droit international dans la gouvernance mondiale.
Il fut certes un diplomate célébré, dont on connaît le rôle dans la conclusion des accords de Camp-David en 1973, puis comme secrétaire général des Nations Unies. Mais qui peut oublier le juriste ? Professeur rayonnant de droite internationale et son action au sein du curatorium de l’Académie de droite internationale de la Haye, institution vénérable au sein de laquelle il siégea pendant plus de trois décennies et présida à ses destinées pendant 14 années. C’est au cours de la dernière année de sa présidence que j’ai eu l’honneur d’être élu en 2015 comme membre du curatorium de l’Académie de droite internationale.
Une dernière opportunité de collaboration dans son cabinet au secrétariat de l’Organisation des Nations Unies ne put malheureusement se réaliser en son temps pour des raisons politiques internes à mon pays. En tant que secrétaire général des Nations Unies, Boutros-Boutros-Ghali s’est fait l’avocat d’un multilatéralisme inclusif que témoignent en particulier ses publications marquantes qu’ont été l’Agenda pour la paix et l’Agenda pour le développement.
On peut regretter que dans l’ordre international contemporain, marqué par la fragmentation, la rémanence des conflits et l’érosion de la confiance entre les États, le multilatéralisme et ses corollaires soient désormais gravement en péril.
Pourtant, comme Boutros-Boutros-Ghali l’avait compris, il n’existe pas d’alternative crédible à un ordre international fondé sur le droit. Non pas le droit du plus fort, mais un droit international coproduit, assis sur des valeurs communes, au service de la paix, de la justice et de la prospérité partagées. Mesdames et Messieurs, Excellence, Être lauréat du prix BoutrosBoutros-Ghali est pour moi un signe d’honneur.
Je l’accueille avec humilité et saisis cette occasion pour exprimer ma gratitude au jury. C’est également le lieu pour moi d’adresser mes chaleureuses félicitations à mon excellent collègue et co-lauréat, le professeur Yad Benachour, dont je me réjouis de la brillante compagnie.
Recevoir un prix qui, honorant l’héritage de Boutros-Boutros-Ghali, n’est pas, à mes yeux, seulement une distinction. J’y vois également une invite à l’action continue, si modeste soit-elle, en faveur de la paix, de la justice et du respect de l’État de droit, non seulement entre les États sur la scène internationale, mais aussi, et sans doute d’abord, au sein des nations mêmes.
Je voudrais dédier ce prix à toutes celles et tous ceux qui œuvrent au quotidien à l’avènement de ce monde auquel Boutros-Boutros-Ghali a cru et consacré sa vie. J’ai une pensée particulière pour mes concitoyens, dont les droits fondamentaux sont bafoués au quotidien par un régime politique autocratique, relevant d’une ère que l’on aurait cru définitivement révolue.
Je vous remercie ».
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« une forfaiture de plus du régime Biya »

Le président national du FSNC Issa Tchiroma Bakary affirme que la suspension de son parti est une provocation et une illustration des démarches antidémocratiques du régime.
En sa qualité de président national du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), Issa Tchiroma Bakary a réagi par un communiqué à la suspension de trois mois de son parti politique. Il condamne, dénonce et qualifie l’acte d’anti-démocratique.
« Dans une République qui se respecte, aucun individu ne peut se prévaloir d’un tel geste archaïque et inédit dans l’histoire du Cameroun indépendant, notre pays ayant prévu de protéger par voie constitutionnelle la liberté d’association et le droit des partis politiques de bien mener leurs activités en toute liberté et selon les politiques définies par leurs organes dirigeants », a-t-il écrit.

À titre de rappel, le FSNC a été suspendu pour une période de trois mois par le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji. Il a évoqué dans son arrêté les motifs suivants: appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale, incitation à la violence ayant occasionné des destructions de biens publics et privés, des troubles graves à l’ordre public et la résidence de l’un des dirigeants statutaires à l’étranger.
Réagissant à cette suspension dans les colonnes du quotidien gouvernemental Cameroon tribune, le ministre Paul Atanga Nji a parlé du fait qu’Issa Tchiroma Bakary se soit autoproclamé président du Cameroun.
« Le Front pour le salut national du Cameroun est un parti qui a violé de manière grave les lois de la République […] Non seulement ce parti s’est rendu coupable de ces faits graves, mais aussi, vous avez un candidat qui s’est autoproclamé vainqueur », déclare le Minat, dans une interview accordée à Cameroon Tribune.
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Pacte historique à Benghazi : Niger et Libye unissent leurs forces pour sécuriser leur frontière
Face aux menaces terroristes et aux réseaux criminels qui prolifèrent dans le désert, le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine et le général Saddam […]
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174,6 milliards FCFA annoncés pour la reconstruction de 47 km et un second pont sur la Dibamba

Un financement de 266,2 millions d’euros, soit environ 174,6 milliards de FCFA, est annoncé pour la reconstruction de la section Édéa-Douala (47 km) et la construction d’un second pont sur la Dibamba.
Cet engagement a été présenté au ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, par une mission conduite par Adrien Veron Okamoto, spécialiste principal des Transports au siège de l’AFD, en présence de Jérôme Notebaert, directeur AFD Cameroun, au cours d’une audience de restitution le 2 novembre 2026, à la suite d’une mission technique menée du 28 au 30 octobre 2026.
Le projet prévoit également la réhabilitation du pont existant, l’aménagement du carrefour Édéa-Kribi, le prolongement des travaux sur environ 700 mètres vers Douala et la construction d’une station de pesage digitalisée à Missolé 2. Une provision de 5 % du coût des travaux est par ailleurs prévue pour améliorer la connectivité des voies communales, avec l’implication des petites et moyennes entreprises locales.
Le financement mobilise l’Agence française de développement (125 millions d’euros), la Banque européenne d’investissement (100 millions d’euros) et l’Union européenne (39,2 millions d’euros), avec une contribution du Fonds routier. Les parties entendent accélérer les procédures afin de permettre le démarrage des travaux en juin-juillet 2027.
Pour le ministre des Travaux publics, la réalisation de ce projet est un investissement stratégique pour améliorer la circulation sur le corridor Douala-Bangui, faciliter les échanges et soutenir l’économie nationale.
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