Actualités locales
les villageois bravent un camp séparatiste pour demander la paix
Mardi, les habitants de Nkar, dans le département de Bui, ont organisé une marche, fait rare, jusqu’au camp des combattants séparatistes dirigés par le « Général Capo », après des mois de tensions croissantes marquées par des enlèvements, des demandes de rançon et des barrages routiers qui ont fortement perturbé la circulation dans la communauté.
Les villages voisins, notamment Mantum, Kinsenjam, Bamti, Kuvluh, Kikaikilaki et Maah, sont confrontés à des conditions similaires, alimentant une frustration grandissante dans toute la région.
Selon MMI, la délégation de Nkar a été arrêtée à l’entrée du camp, où un échange tendu a eu lieu. Le Général Capo a averti les villageois de ne pas avancer et leur a demandé s’ils étaient venus pour le conflit ou le dialogue. Les habitants ont répondu qu’ils recherchaient le dialogue. Il leur a également demandé s’ils l’avaient déjà vu faire du mal à des civils, ce à quoi la foule a répondu par la négative.
Cette confrontation a mis en lumière les profondes tensions entre la population civile et les groupes armés opérant dans la région, tandis que les communautés continuent de réclamer des secours et un retour à la normale.
La crise anglophone au Cameroun aussi appelée la guerre d’Ambazonie, est un conflit armé qui se déroule depuis 2017 dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, opposant le gouvernement camerounais à divers groupes séparatistes. Ce conflit est lié à la situation socio-politique spécifique de ces régions depuis fin 2016.
Cette crise, initialement basée sur des revendications corporatistes des avocats et enseignants, bascule progressivement vers des revendications sécessionnistes fortes en raison des réponses jugées insuffisantes du gouvernement, du refus d’ouvrir un débat sur le retour au fédéralisme et de nombreuses violations des droits humains par les forces de sécurité.
En septembre 2017, des séparatistes prennent les armes et lancent une vague d’attentats contre les forces gouvernementales, les lieux publics et les écoles. Le 1er octobre 2017, le leader séparatiste Sisiku Julius Ayuk Tabe déclare symboliquement l’indépendance des régions anglophones sous le nom de république fédérale d’Ambazonie, déclenchant des manifestations réprimées dans le sang. Il devient également président de cette république autoproclamée.
En novembre 2017, une série d’attaques meurtrières visant les forces de sécurité sont attribuées aux indépendantistes. En réponse, les autorités lancent des opérations militaires dans les régions anglophones en décembre de la même année.
En janvier 2018, le leader séparatiste Sisiku Julius Ayuk Tabe et neuf de ses partisans sont arrêtés au Nigeria et extradés vers le Cameroun. Le 20 août 2019, ils sont condamnés à la prison à vie. Le 11 septembre 2019, le président Paul Biya annonce qu’un « grand dialogue national » se tiendra à la fin du mois pour résoudre le conflit. À l’issue de cette concertation, un « statut spécial » est accordé aux régions anglophones. Malgré cet évènement, les violences se poursuivent.
Depuis son déclenchement, le conflit a fait plus de 6 000 morts et a contraint plus d’un millier de personnes à fuir leur domicile, avec des exactions commises ou attribuées aux deux camps.
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Actualités locales
« la répétition des émeutes de 2008 pourrait atteindre des proportions difficilement maîtrisables »

Les incidents survenus au Lycée Technique Bilingue de Nsam, à Yaoundé, et les précédents troubles enregistrés au Lycée Bilingue d’Etoug-Ebe illustrent, selon l’observateur politique Jean-Paul Ntsengue, la capacité d’un incident ponctuel à déclencher une mobilisation collective lorsque les frustrations sociales se sont accumulées.
Dans une tribune intitulée « De la frustration collective à la contestation de l’ordre établi : il suffit d’une étincelle ! », Jean Paul Ntsengue estime que ces événements doivent être considérés comme des signaux d’alerte sur les tensions qui traversent la société camerounaise.
L’auteur rappelle que, dans le cas du Lycée Technique Bilingue de Nsam, des sanctions disciplinaires liées à la coiffure des élèves auraient précédé les violences. À Etoug-Ebe, il évoque une décision de fermeture du portail à 7 heures, qui aurait provoqué la colère d’élèves arrivés en retard avant de s’étendre à une partie plus large de l’établissement.
Lire la tribune de Jean Paul Ntsengue :
DE LA FRUSTRATION COLLECTIVE À LA CONTESTATION DE L’ORDRE ÉTABLI : IL SUFFIT D’UNE ÉTINCELLE !
La plus grande leçon que nous devons retenir des incidents récents au Lycée Technique Bilingue de Nsam à Yaoundé et, il y a quelques années, au Lycée Bilingue d’Etoug-Ebe, c’est la rapidité avec laquelle une étincelle peut entraîner un embrasement général de la société. Dans le premier cas, le renvoi disciplinaire des élèves pour coiffure non conforme a abouti à un drame.
Dans le deuxième cas, la fermeture du portail à 7 h du matin sur ordre du proviseur a déclenché la colère des élèves retardataires puis de l’ensemble des élèves du lycée. Dans les deux cas, les deux proviseures (des dames) ont été prises pour cible, leurs véhicules et d’importantes infrastructures de ces établissements ont été vandalisés.
Ces exemples, auxquels j’ajoute la grande émeute estudiantine de décembre 1987 suite au retard dans le paiement de certaines bourses aux étudiants, sont des indicateurs sérieux qui renseignent sur la fragilité de l’ordre lorsque des frustrations accumulées au sein d’un corps social explosent à l’occasion d’un incident mineur. Car en réalité, tout part inévitablement d’un contexte de frustrations accumulées, d’injustices ressenties, de perte de confiance envers les autorités et d’événements déclencheurs qui transforment le mécontentement latent en mobilisation collective.
Depuis la Révolution française de 1789 aux soulèvements populaires contemporains, notamment la grève actuelle des lycéens en France, l’histoire montre que des événements parfois limités et anodins peuvent provoquer des mouvements d’une ampleur inattendue lorsqu’ils cristallisent des frustrations préexistantes.
Dans le contexte camerounais actuel, de nombreux ingrédients sont disponibles pour nous plonger tous dans « une sauce bien pimentée ». En effet, des scandales touchant la gouvernance, la sécurité nationale et la sûreté de l’État se multiplient devant nos yeux indifférents ou impuissants.
Il est urgent de soigner et de sauver la République car la répétition des émeutes de février 2008, « émeutes de la faim » selon le président Paul Biya lui-même, pourrait atteindre des proportions difficilement maîtrisables dans un contexte de repli identitaire et de contestations politiques.
Jean-Paul Ntsengue
Observateur neutre et indépendant de la scène politique
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Actualités locales
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Actualités locales
Teungueth FC débarque à Yaoundé pour renverser Colombe

Teungueth FC est déjà au Cameroun. Le club sénégalais est arrivé il y a quelques heures à Yaoundé en provenance de Dakar. C’est en vue du match retour du deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions de la CAF.
En effet, Malick Daf et ses coéquipiers ne sont pas en villégiature au pays de Samuel Eto’o. Ils sont en mission commando après le faux pas du stade Léopold Sédar Senghor au match aller.
Au match aller, Colombe sportive du Dja et Lobo était allé brûler la politesse à Teungueth FC à Dakar (0-2). Les Sénégalais veulent rattraper cet écart au tableau d’affichage. Cette rencontre promet des étincelles dans la cuvette du stade Omnisports Ahmadou Ahidjo. Avant l’échéance, les joueurs sénégalais sont conscients de l’enjeu. Ils ont trois jours pour peaufiner leur plan de bataille.
Teungueth FC et Colombe sportive du Dja et Lobo sont à 90 minutes de la phase de groupe de la Ligue des champions. Richard Towa est prévenu. Le technicien camerounais devra trouver les moyens nécessaires pour relever le défi herculéen qui s’annonce. On s’attend à une belle confrontation entre deux équipes aux styles différents.
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