
Un incident choquant sur les réseaux sociaux vient de jeter une lumière crue et dérangeante sur la persistance du tribalisme au sommet des instances sportives camerounaises.
Lire l’analyse de nos confrères de Cfoot :
David Eto’o, le frère du président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), Samuel Eto’o, et récemment coopté comme délégué de la Ligue Régionale du Littoral, a défrayé la chronique en tenant des propos d’une violence et d’une bassesse inouïes à l’encontre de la communauté Bamileke.
Les faits se sont déroulés sur Snapchat, où David Eto’o, répondant à un abonné, a lâché une phrase qui glace le sang et qui résume à elle seule la gangrène du repli identitaire : « Ferme ta gueule. Tu es bamileke je me disais bien bâtard, fils de pute» Ces quelques mots ont suffi à provoquer une vague d’indignation et de colère à travers le pays. En associant directement l’injure à l’appartenance ethnique, David Eto’o a transformé une simple dispute en ligne en une attaque frontale et gratuite contre l’une des plus grandes communautés du Cameroun.
L’affaire prend une dimension d’autant plus grave que David Eto’o n’est pas un citoyen lambda. Sa position au sein de la Fecafoot est le résultat d’une cooptation directe, orchestrée par son frère, Samuel Eto’o, le président de l’instance. Cette nomination, comme d’autres autour du président, a déjà suscité des accusations de népotisme et de conflits d’intérêts, remettant en question la bonne gouvernance au sein du football camerounais.
En utilisant sa notoriété et sa position institutionnelle pour proférer de tels propos, David Eto’o a non seulement manqué de respect à toute une communauté, mais il a également entaché l’image de la FECAFOOT. L’injure n’est pas seulement dirigée contre un individu, elle vise l’identité et la dignité de tous les Bamileke
L’opinion publique attend désormais une réaction ferme et sans équivoque de la part de la FECAFOOT et de son président. Le silence de l’instance serait interprété comme une caution tacite des propos. La position de David Eto’o en tant que délégué est-elle encore tenable après de tels propos ? Des sanctions exemplaires pourraient être nécessaires pour réaffirmer l’engagement de la fédération contre le tribalisme.
Dans un pays où le football est un puissant vecteur d’unité et de fierté nationale, il est intolérable que des responsables, même indirects, se permettent de semer la discorde et la haine. Les stéréotypes et la haine ethnique restent des armes utilisées pour discréditer et diviser.

NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.







