
Dans une sortie fracassante, l’homme politique s’attaque frontalement à la gestion de la sélection nationale et dénonce un système où les légendes cachent l’absence de vision.
Banda Kani n’a pas mâché ses mots. Lors d’une récente intervention, le président-fondateur du parti politique NMP (Nouveau Mouvement Populaire) a livré une charge virulente contre la manière dont le football camerounais est géré, pointant du doigt une approche qu’il juge superficielle et dangereuse pour l’avenir de la discipline.
« Le football, ce n’est pas de présenter la gloire d’une légende »
Pour Banda Kani, le constat est sans appel : ériger des figures emblématiques du football au rang de symboles nationaux ne constitue pas une stratégie sportive viable. « Prendre une légende, le mettre en avant, ce n’est pas un projet de football », martèle-t-il, fustigeant une tendance à privilégier l’image au détriment de la substance.
Selon lui, cette approche relève davantage de la communication que du développement réel du football. Elle donne l’illusion d’une ambition, alors qu’en réalité, aucune infrastructure solide ni vision à long terme ne soutient ces nominations prestigieuses.
L’environnement, clé de la performance
L’observateur insiste sur un principe fondamental souvent négligé : « La performance d’un joueur dépend de l’environnement dans lequel il évolue. » Cette phrase, lourde de sens, souligne que les talents individuels, aussi exceptionnels soient-ils, ne peuvent s’épanouir sans un cadre structuré, des moyens adéquats et une organisation professionnelle.
Un message indirect mais clair à ceux qui pensent qu’il suffit d’aligner des noms prestigieux pour obtenir des résultats sur le terrain.
Marc Brys : un intouchable sous protection présidentielle ?
Mais c’est sur la question de Marc Brys que Banda Kani se montre le plus incisif. Alors que certains réclament le départ du sélectionneur belge, il pose une question dérangeante : « Qu’est-ce qui vous empêche de limoger Marc Brys ? »
Sa réponse est sans équivoque : « Il n’est pas venu là par hasard ; c’est le coach de la Présidence. Le Président sait pourquoi il le laisse là-bas. »
Ces propos soulèvent une problématique récurrente dans le football africain : l’ingérence politique dans les décisions sportives. Si Marc Brys bénéficie effectivement d’une protection au plus haut niveau de l’État, cela signifie que les critères de performance sportive passent au second plan, derrière des considérations qui échappent au monde du football.
Un débat qui dépasse le sport
Les déclarations de Banda Kani ouvrent un débat crucial sur la gouvernance du football camerounais. Elles interrogent sur la légitimité des décisions prises, sur l’autonomie réelle de la fédération et sur la place accordée aux résultats concrets par rapport aux enjeux politiques.
Dans un pays où le football est bien plus qu’un sport – une passion nationale, un outil de cohésion sociale et parfois un levier politique – ces questions méritent d’être posées sans détour.
Reste à savoir si ces critiques trouveront un écho au-delà des débats médiatiques, ou si le statu quo continuera de prévaloir, au risque de compromettre les ambitions sportives du Cameroun sur la scène continentale et mondiale.







