Actualités locales
Théophile Abéga : docteur du foot champagne


Télesphore Mba Bizo, Journaliste-éditorialiste dans sa chronique Petit dictionnaire sonore du 16 novembre 2025 sur le Poste national de la Crtv, ce dernier rend hommage au Docteur Abéga décédé le 15 novembre 2012.
Lire ici sa sortie :
Théophile Abéga, le capitaine des Lions indomptables lors de leur tout premier sacre continental à Abidjan en 1984, quitte cette terre des hommes le 15 novembre 2012. Cela fait donc 13 ans depuis le dimanche 15 novembre 2025 en pleine période du mois dédié aux défunts.
L’Académicien des stades
Le public est unanime sur le talent de Théophile Abéga. Le peuple des stades, en état d’allégresse, l’appelle Dr Abéga. Jouer comme un docteur, dans l’imaginaire camerounais, c’est d’abord pratiquer le football comme d’aucuns mènent une recherche savante. Théophile Abéga se retrouvé doté d’une intelligence de jeu qui opère comme une démonstration académique. En lui attribuant le titre de Docteur, le public recourt à la métaphore, notamment une image forte qui assimile chaque passe millimétrée à une phrase de thèse. Son dribble devient une hypothèse testée. Ses ouvertures de jeu aboutissent à des conclusions lumineuses.
Le chef-d’œuvre d’Abidjan
L’illustration parfaite est cette finale de la Coupe d’Afrique des Nations Abidjan 1984. Le Cameroun affronte alors le Nigeria au stade Félix Houphouët-Boigny, avec pour enjeu un premier sacre continental. Tout un pays suspend sa respiration pour attendre ce trophée depuis l’indépendance. À l’heure de jeu, dans cette rencontre verrouillée où chaque erreur peut coûter un trophée, se produit la séquence devenue légendaire : l’Abéga-Milla puis le Milla-Abéga. Abega, en vrai chef d’orchestre, déclenche l’action par une ouverture aussi pensée qu’un paragraphe de conclusion ; Milla, en renard inspiré, lui remet le ballon dans un une-deux qui ressemble à une phrase parfaitement écrite au pied.
Alors Abéga s’avance, observe, calcule, et d’un geste aussi élégant qu’une démonstration théorique, exécute une balle piquée qui se joue du gardien nigérian Patrick Okala avant d’achever sa trajectoire dans les filets. Ce but est l’acte fondateur du Cameroun champion avec les Lions. Le terrain se transforme en amphithéâtre. Théophile Abéga soutient, devant l’Afrique entière, cette thèse de foot qui lui vaut, pour toujours, son doctorat populaire. Le surnom de docteur Abéga relève aussi d’une admiration excessive : le savoir-faire sportif est porté à son degré suprême.
Le médecin du rythme et du dribble
Certes, Théophile Abéga se fait appeler Docteur en français comme dans les langues nationales. Mais la nuance culturelle est tout aussi savoureuse que révélatrice. En français, il est docteur au sens académique, notamment celui qui maîtrise son art comme un chargé de cours déroule son syllabus ; en ewondo, il devient Dobro, c’est-à-dire le médecin, en l’occurrence celui qui consulte le jeu, palpe le rythme du match et diagnostique, en une fraction de seconde, la faiblesse adverse avant de prescrire la passe juste.
Jouer comme un médecin, chez Abéga, relève donc d’une métaphore à double détente : le ballon est son stéthoscope, le terrain son service d’urgences, et les phases de jeu, ses dossiers cliniques. Sa conduite de balle possède le calme d’un praticien qui ne s’émeut jamais de la gravité des symptômes ; ses dribbles présentent la précision d’une incision bien posée.
La langue comme miroir du talent
De Docteur à Dobro, la langue ne fait pas que traduire : elle éclaire la vérité profonde d’un joueur qui pratiquait le football comme une médecine du mouvement et un art de soulager son équipe. En l’appelant Docteur ou Dobro, le public lui attribue plus qu’un titre. Il lui reconnait cette vocation de génie de la feinte. Son génie voyage encore, libre, entre les tribunes d’hier et les rêves de demain, tel un dribble qui refuse de s’éteindre dans les esprits de la patrie.
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le maire de Makary fait le lien avec l’arrestation d’un présumé ravitailleur de Boko Haram

Le village Madegoua, situé à environ 9 km de Makary, dans le département du Logone-et-Chari, a été pris pour cible dans la nuit du mercredi au jeudi 17 septembre 2026.
Selon le maire de la commune de Makary, Agbassi Adoum, joint au téléphone par le journaliste Jean Charles Biyo’o Ella, il est fort probable que l’attaque de Madegoua survenue vers 2 h du matin ce 17 septembre et qui a coûté la vie à 13 personnes, toutes inhumées ce matin, soit une opération de représailles !
Tôt ce jeudi vers 2 h du matin, alors que les habitants dormaient, une escouade d’hommes armés a fait irruption dans la localité. Les premiers tirs ont brutalement réveillé les populations. Les assaillants ont alors ouvert le feu sur plusieurs habitants, faisant treize morts et plusieurs blessés.
Des enfants auraient également été enlevés au cours de cette incursion, selon la même source. Le nombre exact des personnes kidnappées reste toutefois à établir.
Pour le maire de Makary, cette attaque pourrait être liée à une opération de représailles. L’édile fait le rapprochement avec l’arrestation, le 9 août dernier, d’un homme présenté comme un présumé ravitailleur de Boko Haram. Le suspect, domicilié à Ngouma, avait été interpellé à Dougoum-Silo, dans l’arrondissement de Hilé-Alifa, avec une importante cargaison de munitions.
Selon les éléments rendus publics à l’époque par la Gendarmerie nationale, les forces de l’ordre avaient découvert 7 412 munitions de calibre 7,62 × 39 millimètres, dissimulées dans trois bidons. Le suspect avait ensuite été conduit à l’état-major de la compagnie de gendarmerie de Makary pour les besoins de l’enquête.
Pour le maire, l’homme avait été dénoncé par des habitants avant son interpellation. L’attaque de Madégoua, survenue tôt ce matin, serait donc, selon lui, une vengeance contre une population accusée d’avoir contribué à son arrestation. Une hypothèse qui reste, à ce stade, à confirmer par les autorités sécuritaires et judiciaires.
Cette nouvelle attaque rappelle l’incursion menée en juin dernier à Afadé, autre localité de l’arrondissement de Makary. Des hommes armés avaient alors fait irruption de nuit au palais du sultan et enlevé plusieurs personnes, parmi lesquelles deux filles du chef traditionnel, âgées de cinq et quatorze ans.
À Madégoua, l’heure est désormais au deuil et à l’inquiétude. Dans cette partie du Logone-et-Chari, les populations restent exposées aux incursions nocturnes, aux enlèvements et aux attaques attribués aux groupes armés actifs autour du bassin du lac Tchad.
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Logone-et-Chari : 13 morts dans une attaque à Madegoua
Le village de Madegoua, situé à environ 9 km de Makary, dans le département du Logone-et-Chari, a été attaqué dans la nuit du mercredi au […]
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Willy Mengue attaqué par Mamadou Mota après sa défaite judiciaire face au MRC

L’ancien premier vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Yacouba Mota, a vivement réagi à la décision du Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou dans l’affaire opposant le parti à trois de ses anciens militants, dont Willy Mengue.
Dans un texte publié sur les réseaux sociaux, M. Mota s’en prend particulièrement à Willy Mengue, qu’il accuse d’avoir choisi la voie judiciaire pour contester le fonctionnement interne du MRC.
« Le cas d’école Willy Mengue », écrit-il en ouverture, avant de dénoncer ce qu’il présente comme une démarche contraire, selon lui, au combat politique mené par le parti.
Le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou s’est déclaré, jeudi, incompétent pour examiner en référé la demande introduite par Willy Mengue, Kamegne Georgette Laure, dite Laure Noutchang, et Sébastien Mbala Wouria II. Les trois requérants sollicitaient notamment la désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc chargé de « normaliser » le fonctionnement du MRC.
Lire la sortie de Mamadou Mota :
« De l’art d’être le dindon d’une farce tragique : le cas d’école Willy Mengue.
Mes chers amis, s’il y a bien une leçon à tirer des soubresauts politiques qui agitent notre scène nationale, c’est que le ridicule possède désormais ses propres professionnels. Pour comprendre la dernière sortie numérique de Monsieur Willy Mengue, il convient d’abord de rappeler le décor. Nous ne sommes pas dans une démocratie scandinave où l’on débat du budget autour d’un thé. Nous sommes au Cameroun, un pays où faire de l’opposition et en particulier au MRC s’apparente à une discipline de haute voltige sans filet.
L’acharnement du régime de Yaoundé n’est plus une tactique, c’est une seconde nature. Arrestations arbitraires, interdictions systématiques, diabolisation médiatique : l’appareil d’État déploie un zèle kafkaïen pour étouffer le moindre souffle de dissidence. Et c’est précisément au milieu de cette tempête, alors que ses anciens camarades font face aux vents contraires avec un courage qui force le respect, que Monsieur Willy Mengue a eu cette illumination magistrale : traîner son propre parti en justice. Quelle audace. Quelle vision stratégique.
Malheureusement pour lui, son plan s’est fracassé sur un écueil prévisible : la justice s’est déclarée incompétente. Traduction politique : circulez, il n’y a rien à voir.
En renvoyant ce plaignant égaré à ses chères études, le tribunal n’a pas seulement douché ses ambitions de grandeur ; il a involontairement privé le MINAT d’un hochet qu’il s’apprêtait à agiter avec gourmandise pour déstabiliser l’opposition. Mais le summum de l’art dramatique est atteint lorsque l’intéressé se répand sur Facebook, la mine défaite, en écrivant : « Quelle triste nouvelle pour le MRC ». Voyez-vous cela.
Monsieur joue les Tartuffes de la démocratie. Il feint de pleurer sur le sort d’un parti qu’il a lui-même tenté de saboter. La vérité, c’est que la triste nouvelle n’est que pour lui, et pour cette cohorte d’opportunistes qui n’ont jamais compris la gravité de la tâche qui leur incombait. Ils ont confondu le combat pour la liberté avec une vulgaire querelle d’arrière-boutique, jouant avec une constance touchante le rôle d’idiots utiles pour un régime qui n’en demandait pas tant. Heureusement, face à ce vaudeville juridico-politique, il restait des adultes dans la pièce.
Je tiens à saluer le collectif Souop Sylvain. Votre patience face à l’absurde, votre abnégation et votre rigueur ont agi comme un puissant révélateur. Vous avez démontré que face aux marionnettes et aux maîtres du cynisme d’État, la droiture et la constance restent les seules boussoles. Les masques sont tombés, et le spectacle est terminé.
Mamadou Mota
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