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seul un dialogue national peut sauver le Cameroun du chaos post-électoral

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L’International Crisis Group (ICG) a averti que la médiation nationale reste l’une des rares alternatives viables pour mettre fin à l’aggravation de la crise postélectorale au Cameroun.

L’organisation indépendante, qui surveille les conflits et met en garde contre une escalade de la violence, a déclaré que le conflit post-électoral du 12 octobre risquait de devenir violent au milieu d’une insurrection anglophone en cours.

Des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour réclamer la reconnaissance de la prétendue victoire du candidat de l’opposition, Issa Tchiroma, faisant au moins quatre morts avant l’annonce des résultats et plus de 100 manifestants, dont des hommes politiques de l’opposition, arrêtés.

« Aucune des deux parties n’étant disposée à reculer, les risques d’aggravation des troubles sont élevés », a prévenu Crisis Group.

Le groupe de crise a suggéré que le président Paul Biya pourrait désamorcer la colère du public et sauvegarder la stabilité nationale en lançant un forum de médiation de haut niveau dirigé par des personnalités religieuses.

« Alors que les protestations s’intensifient, Biya devrait rapidement lancer un forum de haut niveau, animé par des chefs religieux, notamment de l’influente Église catholique et de la communauté musulmane, pour discuter de la voie à suivre pour le pays. » recommande le rapport, ajoutant que les décisions prises au cours des prochains jours seront cruciales.

Il a exhorté les autorités camerounaises à éviter de tenter de résoudre la crise par la force, comme elles l’ont fait lors des poussées politiques passées, y compris lors du dernier vote en 2018.

L’ICG a souligné qu’un tel dialogue devrait viser non seulement à prévenir un nouveau chaos, mais également à tracer l’avenir politique du Cameroun. Il a exhorté les dirigeants de l’opposition, ainsi que les partisans du gouvernement, à décourager la violence et les discours de haine.

Le groupe a également critiqué l’inaction des organismes régionaux tels que l’Union africaine (UA), soulignant que l’UA et les pays voisins sont restés largement à l’écart. Il a appelé l’Union européenne, l’UA et les Nations Unies à prêter leur voix en « appelant directement Biya à résoudre les troubles par des moyens consensuels plutôt que coercitifs ».

Crisis Group s’est dit préoccupé par le fait que l’opposition ne fait plus confiance au Conseil constitutionnel, le considérant comme dominé par des personnalités pro-Biya, sapant ainsi les espoirs d’un règlement juridique du conflit électoral.

Bien que le gouvernement ait remanié l’armée en 2023 et 2024, le groupe a averti que des fractures internes ne pouvaient être exclues.

« Un coup d’État ne peut pas être exclu, mais les schismes au sein des forces armées qu’un tel bouleversement pourrait déclencher ne peuvent pas non plus être considérés, compte tenu de la manière dont Biya a positionné les loyalistes parmi les hauts gradés. Des scissions pourraient surgir selon des lignes ethno-politiques, avec des soldats dans certaines parties du pays qui ont massivement soutenu Biya défiant toute tentative de prise de pouvoir militaire. » le rapport a noté

L’ICG a averti que la crise actuelle pourrait porter atteinte à la réputation de longue date du Cameroun en tant que pilier de la paix et de la stabilité en Afrique centrale. Il a exhorté les hommes politiques nationaux et les chefs religieux, soutenus par des partenaires internationaux tels que l’ONU, la France, l’UE, le Tchad et le Nigeria, à agir rapidement et de manière décisive pour empêcher que la crise ne s’étende aux régions anglophones ou à l’Extrême-Nord, ou ne plonge le pays tout entier dans le chaos politique.

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Or Camerounais : l’Ouganda déclare 150,5 milliards de FCFA importés en 2024, après un flux non retracé de 43,4 milliards en 2023

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Or Camerounais : l’Ouganda déclare 150,5 milliards de FCFA importés en 2024, après un flux non retracé de 43,4 milliards en 2023
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(Investir au Cameroun) – L’Ouganda a déclaré avoir importé du Cameroun 3 175 kg d’or non monétaire sous forme brute en 2024, pour une valeur de 248,18 millions de dollars, soit environ 150,5 milliards de FCFA. Selon les données de WITS, tirées d’UN Comtrade, le Cameroun était cette année-là le sixième pays d’origine déclaré de l’or brut importé par l’Ouganda, derrière la Tanzanie, le Burkina Faso, l’Afrique du Sud, le Mali et le Mozambique.

Ces flux prolongent une situation déjà observable en 2023. Kampala avait alors déclaré 1 117 kg d’or brut provenant du Cameroun pour 71,61 millions de dollars, soit environ 43,4 milliards de FCFA. Or aucune exportation camerounaise de ce produit vers l’Ouganda n’apparaît dans les données WITS pour cette année-là. Le Cameroun y déclarait 674 910 dollars d’exportations mondiales sous le code 710812, dirigées vers les Émirats arabes unis, l’Italie et les États-Unis.

Les stocks déclarés par Kampala dépassent la production semi-mécanisée enregistrée

Le volume attribué au Cameroun par l’Ouganda en 2023 dépasse même la production d’or issue de l’exploitation artisanale semi-mécanisée officiellement retracée cette année-là. Le rapport ITIE 2023, sur la base des déclarations de la Sonamines, chiffre cette production à 952,77 kg, contre 859,92 kg en 2022.

Les 1 117 kg déclarés par Kampala sont donc supérieurs de 164,2 kg, soit 17,2 %, à cette production enregistrée. Cette comparaison a toutefois une limite importante : les 952,77 kg ne correspondent pas à l’ensemble de la production aurifère susceptible d’avoir circulé au Cameroun. Ils représentent la production de l’exploitation artisanale semi-mécanisée retracée par la Sonamines. Le rapport indique par ailleurs qu’aucune production industrielle d’or n’a été déclarée au MINMIDT en 2023.

L’écart statistique avec l’Ouganda s’est amplifié en 2024. Entre les deux années, la valeur des importations ougandaises déclarées d’origine camerounaise a augmenté de 246,6 %, tandis que leur volume progressait de 184,2 %. En 2024, le Cameroun représentait ainsi 6,9 % des 46 197 kg d’or brut importés par l’Ouganda et 7,6 % de leur valeur totale de 3,27 milliards de dollars.

15,2 tonnes dans les statistiques miroir, contre 22,31 kg recensés par la DGD

Le cas ougandais s’inscrit dans une asymétrie plus large déjà relevée par le rapport ITIE 2023. La Direction générale des Douanes y fait état de 22,31 kg d’or exportés pour 904,14 millions de FCFA. Le tableau correspondant recense des opérations vers l’Italie, les Émirats arabes unis, les États-Unis et le Portugal. L’Ouganda n’y apparaît pas.

Le même rapport confronte ces données aux statistiques miroir d’UN Comtrade. Pour 2023, les pays partenaires ont déclaré 15 194 kg, soit 15,194 tonnes, d’or du code SH 7108 attribué au Cameroun, contre 22,3 kg dans les statistiques douanières nationales. Cette comparaison porte toutefois sur des nomenclatures qui ne sont pas parfaitement identiques et ne constitue pas une réconciliation opération par opération.

Les Émirats arabes unis concentrent l’essentiel des flux enregistrés par les pays partenaires. WITS indique qu’ils ont déclaré 14 048 kg d’or brut non monétaire importés du Cameroun en 2023, pour 879,72 millions de dollars. L’Ouganda arrive ensuite avec 1 117 kg pour 71,61 millions de dollars.

Les données transactionnelles de Volza apportent un autre élément. Au 15 septembre 2026, la plateforme recensait 128 expéditions sous le code 71081200000 entre le Cameroun et l’Ouganda, associées à 67 fournisseurs camerounais et cinq acheteurs ougandais. Volza est toutefois une base commerciale privée et non une statistique douanière officielle.

L’extrait de 70 lignes analysé par Investir au Cameroun ne couvre qu’une partie de cette base. Soixante lignes ont l’Ouganda pour destination et totalisent 2,043 tonnes selon les quantités renseignées. Plusieurs enregistrements présentent des unités ou des champs nécessitant une vérification. Ce total ne peut donc être assimilé à un volume annuel officiel d’exportations camerounaises.

Des écarts qui appellent une réconciliation douanière

UN Comtrade prévient que les exportations déclarées par un pays et les importations enregistrées par son partenaire peuvent différer pour plusieurs raisons : valorisation CIF des importations contre FOB des exportations, décalage entre expédition et enregistrement, transit par des pays tiers, entrepôts douaniers, classifications différentes ou règles distinctes d’attribution du pays partenaire.

Ces facteurs ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer les écarts constatés entre les données camerounaises et celles déclarées par l’Ouganda ou les Émirats arabes unis. Inversement, les statistiques miroir ne suffisent pas, à elles seules, à établir l’existence d’une fraude ou d’exportations clandestines.

L’ampleur et la répétition des divergences justifient néanmoins une réconciliation des données douanières. Celle-ci devrait permettre de rapprocher les opérateurs, dates, quantités, certificats d’origine, itinéraires, valeurs et caractéristiques des lots enregistrés de part et d’autre. Pour 2024, cette comparaison reste à compléter avec les données détaillées d’exportation du Cameroun.

Baudouin Enama

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