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Secteur minier : la Pekin invite Yaoundé à rejoindre son initiative d’exploitation verte

(Investir au Cameroun) – Le 31 octobre 2025, le ministre intérimaire des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), Fuh Calistus Gentry, a reçu en audience l’ambassadeur de Chine au Cameroun, Xu Yong. Selon une communication du ministère, les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale autour du développement durable et de la croissance verte dans le secteur des ressources minérales.
Au cours de cette rencontre, le diplomate chinois a invité le Cameroun à adhérer à la nouvelle initiative de coopération économique et commerciale sur l’exploitation minière verte et les minéraux, récemment lancée par Pékin. Une proposition accueillie favorablement par le ministre camerounais, qui y voit « une opportunité de promouvoir une exploitation responsable de nos ressources ».
Cette initiative s’inscrit dans la vision du président chinois Xi Jinping, exposée lors des Sommets du G20 et des BRICS en 2024, axée sur la transformation écologique de l’économie mondiale et la promotion des minéraux verts. Elle sera présentée officiellement au 20ᵉ Sommet du G20, prévu les 22 et 23 novembre 2025 à Johannesburg (Afrique du Sud).
Acteur clé du secteur minier mondial, la Chine a récemment débloqué un milliard de dollars pour soutenir le développement des minéraux stratégiques en Afrique, indispensables à ses industries de l’électronique et de l’automobile. Ce financement vise à stimuler la croissance économique africaine tout en consolidant la coopération sino-africaine dans une logique de transition verte.
L’invitation adressée au Cameroun intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les impacts environnementaux et sociaux de l’exploitation minière nationale. L’approche chinoise pourrait contribuer à renforcer la gouvernance du secteur, encore faiblement contributeur à l’économie, malgré un potentiel considérable.
Selon le rapport 2017 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), les mines et carrières ne représentaient que 1,4 % des 624,44 milliards de FCFA de paiements effectués par les entreprises extractives, et 0,83 % des 441,97 milliards de FCFA de recettes budgétaires du secteur.
Pour accroître ces revenus, le Cameroun doit actualiser son potentiel minier et mieux encadrer la fiscalité et les exportations. Dans ce sens, la direction générale des Douanes a engagé une concertation stratégique avec les principaux acteurs du secteur pour renforcer le suivi des exportations de minerai de fer et de bauxite, deux ressources clés de son sous-sol.
Frédéric Nonos
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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »

Dans un éditorial consacré à l’histoire et à l’identité du Cameroun, Le Capitaine de vaisseau Serge Atonfack Guemo défend l’idée d’un peuple camerounais dont les racines socioculturelles seraient antérieures à la colonisation. Il met en garde contre les discours qui, selon lui, réduisent l’identité nationale aux héritages linguistiques et aux découpages historiques issus de la période coloniale et postcoloniale.
Atonfack Guemo prend position dans le débat sur les origines et la construction de l’identité nationale camerounaise. Dans un texte intitulé « Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1650, à 1961 et à 1972 », il appelle à reconnaître l’ancienneté des communautés et des traditions qui composent le pays.
Le chef de la Division de la Communication au ministère délégué à la présidence de la République chargé de la Défense conteste les approches qui situent la naissance du Cameroun à des dates historiques précises, notamment janvier 1960, octobre 1961 ou encore la conférence de Foumban d’avril-mai 1972. Selon lui, ces repères ne sauraient résumer l’histoire des populations qui occupaient déjà le territoire avant l’arrivée des puissances étrangères.
Dans son argumentaire, Atonfack Guemo estime que les communautés camerounaises disposaient bien avant la colonisation de leurs propres espaces de peuplement, de leurs coutumes et de leurs formes de relations sociales. Il évoque notamment les liens de voisinage, les parentés et les similitudes entre les pratiques culturelles des différentes communautés.
Lire l’éditorial de Cyril Atonfack Guemo :
Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1960, à 1961 et à 1972
Une acception communément admise présente le fondamentalisme comme étant l’ensemble des radicalités qui défendent une conception rigoriste de la religion ou de la politique, au risque d’une confrontation avec la société environnante. Le fondamentalisme renvoie ainsi à une espèce de comparaison entre un état originel et ses évolutions. Ce qui peut donner de la matière pour une discussion constructive et mutuellement enrichissante, du moins pour des personnes bien intentionnées. Sinon de prêter à polémique, le fondamentalisme devient très vite polémologique, lorsqu’il se nourrit d’intransigeance, d’affabulations et de fausses allégations.
Ainsi en est-il du fait, pour certains, d’élever des techniques administratives apprises pendant l’occupation étrangère, en éléments culturels jouissant d’une légitimité égale à celle des fondements de l’écologie sociologique héritée de nos ancêtres. Il en va de même du travestissement d’autres pans de l’histoire de notre pays, qui consiste à faire croire que cette histoire ne commencerait qu’en janvier 1960 pour les uns, en octobre 1961 pour d’autres, ou après la conférence de Foumban d’avril-mai 1972 pour une autre mouvance. Autant d’aliénantes manipulations cognitives, autant d’enivrantes élégies qui engendrent le clivage, l’ostracisme, le déracinement et, au final, la violence.
Ces discours, tout ce qu’il y a de plus inepte, finissent par transformer de paisibles jeunes gens nourrissant des rêves d’un avenir radieux au sein de la cité Cameroun en de furieux désespérés animés d’une haine viscérale de leur propre pays, car se prenant pour les descendants de chimériques héros d’autrefois, intrépides défenseurs de royaumes qui n’ont pourtant jamais existé sous nos cieux.
Mais d’une manière qui ne serait autre que délibérée, tout semble mis en œuvre pour occulter, déformer, contrefaire l’irréfragable réalité selon laquelle nos divers sites de peuplement tribaux sont antérieurs à l’arrivée du colonisateur. Nos voisinages et consanguinités, nos divers us et coutumes ancestraux, qui entre eux partagent de très nombreux points de similarité, ont depuis toujours constitué des facteurs de fraternel rapprochement, voire d’inextricable intrication entre nos tribus.
Le peuple camerounais ne saurait donc être réduit à une addition, une juxtaposition, et encore moins à une superposition de tribalités sui generis, seulement liées par une communauté de langues étrangères d’un usage purement transactionnel. Le peuple camerounais est d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriaux. L’occupation étrangère n’y aura d’ailleurs rien changé, contrairement aux malsaines intentions opportunistes qui veulent regrouper les Camerounais en fonction des langues apportées de l’extérieur, ou en rapport avec les points cardinaux. Pareille catégorisation est une source additionnelle de tracas dont on devrait résolument se passer.
Car ce qui importe avant et après tout, ce n’est ni la fidélité proclamée à tel ou tel idiome d’outre-mer, ni la tapageuse démonstration du désir de mimétisme avec tel ou tel peuple étranger. Ce qui importe avant et après tout, c’est la volonté des Camerounais de faire de cette binarité linguistique d’opportunité un précieux instrument devant servir au rapatriement des savoirs techniques et technologiques, un important atout d’attraction et de facilitation dans le contact avec d’autres peuplades de la scène planétaire. Tout en préservant, tout en pérennisant et tout en promouvant l’être et l’artefact qui fondent à la fois l’originalité et la singularité de notre personnalité. Vous parlez d’un fondamentalisme inclusif ?
Sachons rester vigilants,
Sachons rester patriotes,
Sachons aimer définitivement le Cameroun.
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