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Soutien aux jeunes entrepreneurs: plus de 5 milliards FCFA injectés par la coopération allemande

(Investir au Cameroun) – A Ahala, dans la banlieue ouest de Yaoundé, Akuah Ndefru loue depuis quelques mois une villa qui lui sert d’unité de production pour ses produits phytothérapeutiques labellisés Johina. Grâce à un financement de 2 500 euros (environ 1,6 million de FCFA) provenant du projet Widu Africa, soutenu par le gouvernement allemand, elle a pu améliorer son cadre de production. Sa micro-industrie, Johina Center, a vu son chiffre d’affaires passer d’un million à 5 millions de FCFA par mois, avec plus de 7 000 baumes vendus chaque mois au Tchad, l’un de ses produits phares.
Dans le même registre, Grace Yimta Kanmegne, à Nkolbisson, une banlieue nord-ouest de Yaoundé, a développé sa micro-industrie de production et d’enrichissement de champignons. Grâce à 5 000 dollars (environ 3 millions FCFA) et une formation en entrepreneuriat du projet Investir dans les jeunes entreprises en Afrique : Femmes entrepreneures en Afrique (IYBA WE4A), financé partiellement par le gouvernement allemand, son entreprise Agro Valoris Plus produit désormais 111 kg de champignons enrichis par mois, vendus à 3 000 FCFA le kg.
Comme Akuah Ndefru et Grace Yimta Kanmegne, des milliers de jeunes entrepreneurs à travers le pays ont bénéficié de financements et d’un accompagnement grâce à trois instruments du gouvernement fédéral allemand, qui font actuellement l’objet d’une revue par la coopération allemande au Cameroun.
Depuis 2020, le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) a mis en place ces trois instruments pour financer les très petites industries au Cameroun : Widu Africa, le projet Prodef (Promotion de la participation digitale et économique des femmes du Cameroun), et IYBA WE4A. Le montant total investi dépasse 5 milliards de FCFA.
Dans le détail, Widu Africa est une plateforme de cofinancement impliquant la diaspora, le gouvernement allemand et les entrepreneurs eux-mêmes. « La diaspora initie la participation en présélectionnant les entreprises éligibles, puis co-investit avec l’entrepreneur sur la plateforme », expliquent les responsables. Depuis 2020, le BMZ a versé 3,96 millions d’euros (2,5 milliards FCFA), tandis que les apports privés et personnels s’élèvent à 3,5 millions d’euros (2,2 milliards FCFA), soutenant 2 200 entreprises, dont 49 % détenues par des femmes.
Pour Prodef, le BMZ a engagé 3 millions d’euros (près de 2 milliards FCFA) depuis septembre 2023. Le programme vise à renforcer l’égalité des sexes, la participation économique et l’inclusion numérique des femmes micro-entrepreneurs rurales dans l’Ouest du pays, leur permettant de formaliser leurs activités. Il est mis en œuvre dans les communes de Bandja, Bamendjou et Bayangam, accompagnant 90 entrepreneurs dans les villages de Fondjomokwet, Bameka et Batoufam.
Enfin, IYBA WE4A, financé à hauteur de 20 millions d’euros par l’Union européenne, l’OEACP et le gouvernement allemand, a permis à 105 femmes entrepreneures de recevoir 3 millions de FCFA chacune comme capital d’amorçage, avec le soutien de la Fondation Tony Elumelu. La coopération allemande précise que la mise en œuvre de ces trois instruments est assurée au Cameroun par la GIZ.
Ludovic Amara
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Issa Tchiroma Bakary salue une « victoire d’étape »
Issa Tchiroma Bakary a salué la libération d’André Blaise Essama, détenu dans le cadre de la contestation post-électorale. Il a rendu hommage aux différentes mobilisations ayant contribué à sa remise en liberté et réitéré son appel à la libération des autres personnes détenues.
L’activiste André Blaise Essama a été acquitté par le tribunal militaire de Douala. Dans un communiqué, l’équipe d’Issa Tchiroma Bakary présente cette libération comme une « victoire d’étape » dans le combat pour les libertés et la défense de la mémoire des héros nationaux.
Selon le document consulté par Actu Cameroun, André Blaise Essama avait été interpellé dans le contexte de la contestation post-électorale, avec plusieurs centaines d’autres compatriotes. L’équipe de l’opposant affirme que sa détention s’est déroulée « au mépris des règles fondamentales du droit » et dans des conditions jugées préoccupantes pour sa santé.
Pour l’équipe d’Issa Tchiroma Bakary, cette libération constitue une étape supplémentaire dans la mobilisation visant, selon ses termes, au « rétablissement de la victoire » à la présidentielle d’octobre 2025. Elle appelle également à la libération de l’ensemble des compatriotes qu’elle qualifie de détenus injustement dans les prisons et autres lieux de détention de la République.
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Un exploit historique en tant qu’entraîneur

Un an après l’autre, les portes de la Ligue des champions s’ouvrent aux techniciens africains. Mais cette fois, un homme vient de franchir une frontière symbolique. Yaya Touré est devenu le premier entraîneur africain à conduire un club jusqu’à la phase de groupes de la prestigieuse compétition européenne. Une première qui donne une autre dimension à la reconversion de l’ancien milieu de terrain ivoirien.
Une première qui dépasse le simple résultat
Il y a des qualifications qui valent plus que les trois points ou qu’un passage au tour suivant. Celle obtenue par Yaya Touré avec le Slovan Bratislava appartient à cette catégorie. En venant à bout de Celje, les Slovaques se sont imposés 2-1 au match retour et 3-2 sur l’ensemble des deux rencontres. Un résultat qui offre au technicien ivoirien bien davantage qu’un billet pour la suite de la compétition : une place dans l’histoire.
Car avant lui, aucun entraîneur africain n’avait réussi à franchir tous les tours de qualification pour installer un club en phase de groupes de la Ligue des champions. Le Nigérian Ndubuisi Emmanuel Egbo avait déjà ouvert une brèche en 2020 avec le KF Tirana, devenant le premier technicien africain à diriger une équipe dans la compétition. Mais son parcours s’était arrêté lors des qualifications.
Touré, lui, vient de franchir l’obstacle qui manquait encore à cette histoire.
De la légende du terrain à un nouveau défi
Cette réussite prend une saveur particulière lorsqu’on regarde le parcours de Yaya Touré. L’Ivoirien n’arrive pas sur un banc comme un technicien anonyme. Son nom appartient déjà à l’histoire du football européen. Passé notamment par le FC Barcelone et Manchester City, il a connu les plus grandes soirées continentales comme joueur.
Le voilà désormais de l’autre côté de la ligne de touche.
Cette transition n’était pourtant pas gagnée d’avance. Être une grande figure du vestiaire ne garantit rien une fois assis sur le banc. La connaissance du haut niveau doit se transformer en choix tactiques, en gestion des hommes, en capacité à maintenir une équipe sous pression. La qualification du Slovan Bratislava constitue donc un premier signal particulièrement fort.
Elle montre surtout que Touré n’est pas venu chercher un simple rôle honorifique dans sa nouvelle carrière.
Une qualification qui change déjà son statut
Pour une première expérience comme entraîneur principal, difficile de rêver meilleure vitrine. La Ligue des champions expose immédiatement un technicien à un niveau d’exigence hors norme. Chaque décision est scrutée, chaque erreur peut coûter cher, tandis que les adversaires disposent souvent de moyens supérieurs.
Le Slovan Bratislava aura désormais l’occasion de mesurer son projet à ce qui se fait de mieux en Europe. Pour Touré, cette campagne sera autant un défi sportif qu’un examen grandeur nature.
C’est là que commence réellement son histoire sur les bancs. La qualification est un exploit, mais elle ne doit pas devenir une fin en soi. Le plus difficile sera désormais de confirmer.
L’Afrique des bancs attend aussi son grand tournant
L’exploit de Yaya Touré possède enfin une portée qui dépasse son propre parcours. Pendant longtemps, les anciens grands joueurs africains ont davantage été attendus comme des ambassadeurs, des consultants ou des adjoints que comme de véritables patrons techniques capables de s’imposer au plus haut niveau européen.
Touré vient bousculer cette perception.
Son parcours pourrait inspirer une nouvelle génération d’anciens internationaux africains désireux de se lancer dans le métier d’entraîneur. La question n’est plus seulement de savoir si les techniciens africains peuvent atteindre les grands bancs européens, mais s’ils peuvent y construire une véritable légitimité.
Le premier chapitre est désormais écrit. Et il porte la signature de Yaya Touré.
Une histoire à poursuivre
Cette qualification restera quoi qu’il arrive une étape majeure de sa carrière d’entraîneur. Mais elle ouvre surtout une question passionnante : jusqu’où Yaya Touré peut-il aller ?
L’ancien maestro de Manchester City a déjà réussi là où aucun technicien africain n’était allé avant lui. Il lui reste maintenant à démontrer que cette première historique n’est pas un coup d’éclat, mais le début d’une véritable aventure sur les bancs du football européen.
Yaya Touré est entré dans l’histoire. À lui, désormais, d’écrire la suite.
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Jean-Pierre Bekolo pose la question qui dérange sur la responsabilité de l’État

Le cinéaste camerounais Jean-Pierre Bekolo appelle à ne pas réduire les féminicides à un simple phénomène de société et invite à replacer la responsabilité de l’État, de la police et de la justice au centre du débat sur les violences faites aux femmes.
Dans une tribune consacrée aux meurtres de femmes, Jean-Pierre Bekolo estime que la multiplication des références aux « féminicides » peut conduire à diluer la question de la responsabilité institutionnelle.
« FÉMINICIDE : ATTENTION À NE PAS DÉPOLITISER LE CRIME
À force de parler des « féminicides » comme d’un phénomène de société, ne risque-t-on pas de faire disparaître ceux qui ont la responsabilité de maintenir l’ordre dans la société ?
Une femme assassinée est d’abord victime d’un meurtre, donc d’un crime.
Et face au crime, une société organisée doit d’abord vérifier si ses institutions fonctionnent : police, justice, parquet, services sociaux, dispositifs de protection.
Le meurtre peut avoir des causes sociales. Mais sa prévention et sa répression relèvent aussi d’une responsabilité politique et institutionnelle.
Il revient à l’État de prévenir les meurtres liés aux violences sexistes, de poursuivre leurs auteurs et de rendre compte de ses défaillances lorsqu’il n’a pas protégé une victime pourtant connue comme étant en danger.
La catégorie « féminicide » permet-elle toujours de mieux comprendre et combattre le crime, ou peut-elle parfois déplacer la responsabilité du terrain politique et institutionnel vers celui, beaucoup plus vague, de « la société » ? »
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