C’est une contradiction écrite qui jette une ombre sur le processus électoral.Notre rédaction a mis la main sur deux documents officiels d’ÉLÉCAM (Élections Cameroun) qui se contredisent ouvertement dans le traitement de la candidature de Léon Theiller ONANA à la présidentielle du 12 octobre. Une incohérence troublante à trois mois du scrutin.
Première version : le rejet pour « absence de soutien »
Sur le premier document, l’institution justifie le rejet de la candidature de Léon Theiller ONANA par un motif clair et sans appel :« absence de soutien d’un parti politique ou de candidat indépendant ». Une raison formellement inscrite noir sur blanc.
La preuve accablante : le document interne qui contredit tout
Mais voilà : lafiche actualisée d’ÉLÉCAMelle-même – le document officiel mis à jour après chaque dépôt de candidature – pulvérise cette argumentation. Sous nos yeux, en face du nom du candidat recalé, une mention officielle atteste pourtant son soutien :« RDPC », le parti au pouvoir.
Comment une même institution peut-elle affirmer deux réalités opposées dans ses propres archives ?La question brûle les observateurs.
Un traitement différencié qui interroge
Cette révélation s’ajoute à d’autres zones d’ombre pointées par les experts :
Le rejet contesté de Maurice Kamto pour des « irrégularités de signature » ;
La validation de Paul Biya malgré des questions sur son dossier ;
L’absence de transparence sur les critères appliqués.
« Quand l’organe censé garantir des élections libres et transparentes se contredit dans ses propres documents, toute la crédibilité du scrutin est en jeu », lâche un expert électoral sous anonymat.
Crise de confiance à trois mois du vote
La séquence est explosive.À moins de 90 jours d’une présidentielle cruciale, ces documents jettent une lumière crue sur les dysfonctionnements d’ÉLÉCAM. Les oppositions dénoncent déjà unemanipulation du processus électoral, tandis que la tension monte dans un climat politique déjà surchauffé.
Aucune réaction officielle pour l’instant. Mais une certitude s’impose : ces contradictions papier, sorties des tiroirs de l’institution elle-même, risquent d’alimenter durablement la défiance envers l’organisation du scrutin. La crédibilité de l’élection présidentielle camerounaise se joue aussi dans cette bataille des archives.














