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Bruno Bidjang « Marc Brys tente désormais de se victimiser et d’inverser la narration »

Le journaliste Bruno Bidjang martèle qu’il y a véritablement eu démission du coach Marc Brys.
On n’est pas sorti de l’auberge avec l’histoire de la prétendue démission de Marc Brys, entraîneur-sélectionneur des Lions indomptables. Après les différentes sorties des acteurs en charge de notre football, le journaliste Bruno Bidjang martèle que le Belge a bel et bien envoyé une lettre de démission à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot).
« Le Cameroun n’en a pas fini avec le feuilleton Marc Brys. Alors que le sélectionneur belge a lui-même fait parvenir par voie d’huissier une lettre de démission à la Fédération Camerounaise de Football, voilà qu’il tente, deux jours plus tard, une manœuvre grossière : il signe un démenti officiel, daté du 23 juillet 2025, adressé au ministre des Sports, dans lequel il nie avoir démissionné. Mais qui croit encore à cette mise en scène ? Qui ignore encore que c’est lui-même, Marc Brys, qui a mandaté un cabinet privé pour transmettre son courrier de démission à la FECAFOOT ? Qui feint de ne pas savoir que c’est grâce à ce document que la Fédération a pu accéder, pour la première fois, aux véritables clauses de son contrat, soigneusement cachées jusque-là par le ministère ? », peut-on lire dans sa publication.
Le journaliste Bruno Bidjang affirme que, contrairement à ce que Narcisse Mouelle Kombi, le ministre des Sports, indiquait dans son communiqué, c’est Marc Brys qui essaie de manipuler l’opinion.
« Ce revirement spectaculaire n’est pas seulement surprenant, il est révélateur d’une tentative de manipulation d’opinion. Car, non content d’avoir tourné le dos à ses responsabilités, Marc Brys tente désormais de se victimiser et d’inverser la narration. Il évoque un prétendu « piratage » de sa messagerie, alors même que les documents transmis à la FECAFOOT proviennent d’un huissier de justice, mandaté en bonne et due forme par ses soins.
Pire encore, selon plusieurs sources proches du dossier, Brys aurait livré lui-même aux responsables de la FECAFOOT le montant de son contrat, les rétrocommissions négociées en coulisse, ainsi que les noms des bénéficiaires au sein du ministère des Sports. Ce sont ces révélations explosives, embarrassantes pour certaines hautes personnalités, qui auraient déclenché une contre-offensive précipitée, maquillée sous la forme d’un démenti.
Cette stratégie bancale de Brys, visiblement soutenue par des officines paniquées à l’idée de voir le scandale éclater au grand jour, ne tient pas la route. Le courrier de démission existe bel et bien. Il a été reçu, enregistré, et fait foi. Il ne s’agit donc ni d’un faux, ni d’un piratage, mais d’un acte volontaire, assumé… que l’intéressé tente aujourd’hui de renier, acculé par les répercussions de ses propres aveux », peut-on lire dans sa publication.
Pour le journaliste Bruno Bidjang, le démenti du coach Marc Brys est un acte de désespoir.
« Ce n’est pas la FECAFOOT qui a inventé sa démission, c’est lui qui l’a rédigée, validée, et fait transmettre. Et c’est également lui qui a alimenté les accusations de corruption en interne, dans un moment de colère où, pensait-il, il n’avait plus rien à perdre. Aujourd’hui, alors que les langues se délient et que l’État réalise l’ampleur de la manipulation, il est temps de remettre les pendules à l’heure : le problème, ce n’est pas la Fédération. Ce n’est pas la presse. Ce n’est même pas l’administration. Le problème, c’est Marc Brys lui-même, qui joue un double jeu aussi dangereux qu’indigne », peut-on lire dans la publication du journaliste.
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Café : les recettes d’exportation reculent de 17,6 % à 4,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026

(Investir au Cameroun) – La valeur des exportations camerounaises de café a reculé à 4,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre 5 milliards de FCFA un an auparavant. Cette baisse de 17,6 % intervient alors que les cours mondiaux de l’arabica et du robusta se détendent après les fortes tensions observées en 2025.
Les données provisoires du commerce extérieur, reprises dans le rapport de conjoncture du Conseil national économique et financier (CNEF), montrent que le café évolue à contre-courant de plusieurs autres produits agricoles. Les exportations de coton brut, de bananes et de savons de ménage ont progressé, tandis que celles de café ont perdu 900 millions de FCFA en un an.
Le café ne représente toutefois qu’une faible part des ventes camerounaises à l’étranger. Au premier trimestre 2026, les exportations totales du pays se sont établies à 606,9 milliards de FCFA, en baisse de 23,6 % par rapport aux 794 milliards enregistrés sur la même période de 2025.
L’arabica perd 17,4 %, le robusta 31,5 %
Le recul des recettes camerounaises coïncide avec une nette détente des prix mondiaux. Au premier trimestre 2026, le cours de l’arabica s’est établi à 7,37 dollars le kilogramme, en baisse de 17,4 %. Celui du robusta a chuté de 31,5 %, à 3,90 dollars le kilogramme.
Selon les données de la Banque mondiale reprises par le CNEF, cette évolution résulte de l’amélioration des perspectives de l’offre mondiale et de la suppression des droits de douane américains sur les importations de café en provenance du Brésil.
Le rapport ne permet cependant pas d’attribuer intégralement la baisse de la valeur des exportations camerounaises au recul des cours. Il ne précise pas les volumes de café effectivement exportés au premier trimestre 2026. Une diminution des quantités expédiées peut donc également avoir contribué au repli des recettes.
Une troisième année de hausse attendue pour l’offre mondiale
La pression sur les prix devrait se maintenir en 2026. La production mondiale est attendue à environ 179 millions de sacs au cours de la campagne 2025-2026, soit une progression proche de 2 %. Il s’agirait de la troisième année consécutive d’augmentation de l’offre.
Dans ce contexte, la Banque mondiale prévoit un prix moyen de l’arabica de 7,25 dollars le kilogramme en 2026, contre 8,47 dollars en 2025, soit une baisse de 14,4 %. Le robusta devrait afficher un cours moyen de 4 dollars le kilogramme, contre 4,86 dollars un an plus tôt, en recul de 17,7 %.
Ces perspectives demeurent exposées aux conditions climatiques et phytosanitaires au Brésil, qui assure plus du tiers de la production mondiale. Des pluies excessives ou la propagation de maladies pourraient réduire l’offre et inverser rapidement la tendance baissière des cours.
La hausse de la production camerounaise ne compense pas encore le recul des prix
La baisse enregistrée au premier trimestre contraste avec les résultats de la campagne caféière 2024-2025. La production nationale commercialisée avait progressé de 9,9 %, à 11 637 tonnes. La production de robusta avait augmenté de 2,8 %, à 10 377 tonnes, tandis que celle d’arabica avait bondi de 150,9 %, à 1 260 tonnes.
Le prix moyen d’achat au planteur avait également augmenté de 33,3 %, à 2 055 FCFA le kilogramme. La hausse avait atteint 20 % pour l’arabica, à 2 850 FCFA, et 30,6 % pour le robusta, à 1 959 FCFA.
La détérioration actuelle des cours internationaux pourrait donc réduire les marges des exportateurs et limiter la transmission aux producteurs des gains observés lors de la précédente campagne.
Cette évolution s’inscrit dans un repli plus large des matières premières agricoles exportées par le Cameroun. En mars 2026, l’Indice des cours des produits de base exportés par le Cameroun a baissé de 10,6 % en glissement annuel, principalement sous l’effet de la chute des prix du cacao et du café. L’indice spécifique aux produits agricoles a reculé de 41,7 %.
Amina Malloum
Lire aussi :
15-07-2026 – Cacao : les prix reculent à 2 700-2 750 FCFA le kilogramme en fin de campagne
11-07-2026 – Cacao : au Cameroun, le prix du kilogramme au producteur se rapproche de 3 000 FCFA en fin de saison 2025-2026
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Bauxite de Minim-Martap : A2MP veut retirer Canyon de la cote et remet en cause la rentabilité du projet

(Investir au Cameroun) – A2MP Investments, qui détient 55,56 % de Canyon Resources, veut prendre le contrôle total de la compagnie australienne, la retirer de la cote et revoir l’échelle du projet de bauxite de Minim-Martap. Dans son offre déposée le 29 juillet 2026, l’actionnaire majoritaire soutient que les hypothèses de prix, de fret et de production retenues par Canyon pourraient ne plus permettre une exploitation rentable du gisement camerounais.
Canyon Resources a confirmé avoir reçu cette offre publique d’achat non sollicitée et conditionnelle, portant sur l’ensemble des actions qu’A2MP ne détient pas encore. Le document de l’acquéreur a été publié le même jour sur la plateforme d’annonces de l’Australian Securities Exchange (ASX).
L’offre hors marché propose aux actionnaires minoritaires 0,05 dollar australien par action. Ce prix représente une décote de 42,5 % par rapport au cours de clôture de 0,087 dollar australien enregistré le 28 juillet, veille du dépôt de l’offre.
L’opération valorise les fonds propres de Canyon à environ 103 millions AUD. En ajoutant la dette nette évoquée par A2MP, la valeur d’entreprise ressortirait autour de 188 millions AUD.
A2MP devrait débourser au maximum 45,82 millions AUD pour acquérir les titres minoritaires existants. La facture pourrait atteindre 46,57 millions AUD si les options encore en circulation étaient exercées. L’acquéreur affirme disposer d’environ 127 millions de dollars américains de trésorerie pour financer l’opération.
L’offre reste conditionnée à l’obtention d’au moins 75 % du capital. Si sa participation dépasse 90 %, A2MP prévoit de procéder au rachat obligatoire des titres restants, puis de retirer Canyon Resources de l’ASX. Même en deçà de ce seuil, mais au-delà de 75 %, le groupe pourrait solliciter une radiation de la cote, sous réserve du respect des règles de la place boursière australienne.
Les dates d’ouverture et de clôture de l’offre n’étaient pas encore précisées dans le document déposé le 29 juillet.
Une prime réduite de moitié, un coût du fret presque doublé
Derrière l’opération boursière se profile une remise en cause des principaux paramètres économiques présentés par Canyon Resources dans l’étude de faisabilité définitive de Minim-Martap, publiée en septembre 2025.
Cette étude évaluait la valeur actuelle nette du projet à 835 millions de dollars américains et son taux de rentabilité interne avant impôts à 29 %. Elle reposait notamment sur une prime moyenne d’environ 11 dollars par tonne de bauxite, justifiée par la teneur élevée du minerai en alumine et sa faible concentration en silice.
A2MP estime désormais qu’une prime proche de 5 dollars par tonne sèche correspondrait davantage aux conditions du marché. Le groupe affirme appuyer cette estimation sur six mois d’échanges commerciaux avec des acheteurs potentiels.
Dans le même temps, il évalue le coût du fret au démarrage entre 32 et 36 dollars par tonne, contre 17 dollars dans l’étude de faisabilité.
À l’échelle d’une tonne, la combinaison de ces deux révisions détériorerait de 21 à 25 dollars l’équation économique présentée par Canyon : environ six dollars de prime en moins et entre 15 et 19 dollars de fret supplémentaire.
Cette comparaison ne constitue toutefois pas une nouvelle étude complète de rentabilité. A2MP ne recalcule pas l’ensemble des coûts, des volumes, des prix de vente et des investissements nécessaires au développement du projet.
L’actionnaire majoritaire estime néanmoins que les assurances, les droits à l’exportation, les frais d’échantillonnage, le carburant et certains investissements logistiques pourraient également avoir été sous-évalués.
« Le projet pourrait ne plus être viable dans sa forme actuelle et avec les financements disponibles », affirme A2MP.
Cette appréciation contraste avec les conclusions de l’étude de faisabilité, qui chiffrait les investissements globaux à 446 millions de dollars américains, dont 348 millions consacrés aux infrastructures ferroviaires. Canyon estimait alors disposer de bases raisonnables pour envisager le financement du développement, sans pour autant avoir sécurisé l’intégralité des capitaux nécessaires.
A2MP envisage une exploitation plus petite
A2MP ne se contente pas de contester certains paramètres financiers. L’actionnaire majoritaire envisage explicitement une exploitation plus petite que celle retenue dans la feuille de route de Canyon.
Si l’offre aboutit, il prévoit de réexaminer la stratégie, la situation financière, les actifs et les opérations de la compagnie. Cette revue devra notamment déterminer si Minim-Martap peut atteindre une production commerciale rentable aux prix et volumes retenus jusqu’ici.
« Le projet de Minim-Martap pourrait ne pas être rentable aux prix et volumes actuellement proposés », soutient A2MP.
Si cette analyse était confirmée par des conseils indépendants, le groupe indique qu’il pourrait renoncer à développer le projet jusqu’aux niveaux de production actuellement annoncés. Certains travaux miniers seraient poursuivis, mais la configuration, l’échelle et le calendrier de l’exploitation seraient redéfinis.
Le retrait de la cote permettrait également de supprimer les coûts liés au maintien de Canyon sur l’ASX et de l’intégrer plus étroitement à la stratégie minière africaine d’A2MP.
Le groupe affirme vouloir développer au Cameroun une chaîne allant de l’extraction de la bauxite à la production d’alumine et d’aluminium. Son document ne précise toutefois ni les capacités envisagées, ni le coût des installations de transformation, ni leur calendrier de réalisation.
La première expédition repoussée au quatrième trimestre
Cette réévaluation intervient alors que le calendrier de Minim-Martap a déjà glissé. Initialement annoncée pour le premier semestre 2026, la première expédition de bauxite est désormais attendue au quatrième trimestre.
Canyon indiquait encore, le 26 juin, que les sept locomotives prévues pour la première phase avaient été livrées. Associées à 160 wagons, elles doivent permettre de transporter environ 35 000 tonnes humides de minerai par mois.
Pour porter cette capacité à 105 000 tonnes mensuelles dès le troisième trimestre 2027, la compagnie estime devoir mobiliser 160 millions de dollars américains supplémentaires. Ces ressources financeraient l’acquisition de 15 locomotives, de 400 wagons additionnels et le renforcement du réseau ferroviaire.
Sans ce financement, la capacité resterait limitée à environ 35 000 tonnes par mois. À titre purement arithmétique, une cadence constante de ce niveau correspondrait à environ 420 000 tonnes par an, hors interruptions, montée en puissance ou contraintes opérationnelles.
Ce volume demeure très inférieur au premier palier de 1,2 million de tonnes par an retenu dans l’étude de faisabilité.
Pour le Cameroun, une réduction de l’échelle du projet modifierait les perspectives de recettes minières, de trafic ferroviaire et d’activité portuaire associées à Minim-Martap. Cette hypothèse ne constitue toutefois pas encore une décision industrielle. Elle correspond au scénario avancé par A2MP pour justifier son offre et la décote proposée aux actionnaires minoritaires.
Canyon demande aux actionnaires de ne pas agir
Canyon Resources n’a pas encore répondu sur le fond aux critiques formulées par A2MP contre les hypothèses économiques de Minim-Martap.
Dans son communiqué du 29 juillet, la compagnie indique que son conseil d’administration examine la déclaration d’offre et prépare sa recommandation officielle. Il demande aux actionnaires de ne prendre aucune décision concernant l’offre ni les documents transmis par A2MP avant la publication duTarget’s Statement, qui présentera la position formelle de Canyon.
Cette réponse devra notamment être accompagnée d’une expertise indépendante sur le caractère équitable et raisonnable du prix proposé.
La réponse de Canyon devra donc aller au-delà de la défense du prix de son action. Elle devra convaincre les investisseurs que les hypothèses de l’étude de faisabilité de septembre 2025 restent valables malgré le renchérissement du fret, la baisse de la prime commerciale envisagée et les besoins de financement supplémentaires.
L’offre ouvre ainsi une confrontation entre deux scénarios industriels : celui d’un développement progressif vers plusieurs millions de tonnes défendu jusqu’ici par Canyon, et celui d’un projet redimensionné, contrôlé hors cote et intégré à la stratégie africaine d’A2MP.
Baudouin Enama
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