Alors que 82 candidats ont déposé leur dossier auprès d’Élections Cameroun (ELECAM) pour briguer la magistrature suprême en octobre 2025, la candidature du président sortant, Paul Biya, suscite déjà des interrogations. Entre accueil protocolaire et gestes inhabituels, les observateurs s’inquiètent d’untraitement préférentielqui pourrait entacher la crédibilité du scrutin.
Un dépôt de dossier sous haute attention
La semaine dernière, les aspirants à la présidentielle ont présenté leurs candidatures dans les antennes régionales d’ELECAM ou au siège de l’institution à Yaoundé. Mais tous n’ont pas été reçus de la même manière.
Si la plupart des prétendants – ou leurs représentants – ont été accueillis par des agents administratifs pour un dépôt classique, l’arrivée des émissaires de Paul Biya a, elle, donné lieu à une véritable cérémonie. Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de la présidence, et Jean Nkuete, secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, parti au pouvoir), ont été reçus en grande pompe par le directeur général d’ELECAM, Éric Essousse. Une marque de considération qui tranche avec le traitement réservé aux autres candidats, pourtant de poids : Maurice Kamto, Joshua Osih, Akere Muna ou encore Cabral Libii, tous déjà opposants en 2018.
Un geste ministériel qui interroge
Mais le protocole spécial ne s’est pas arrêté là. Le soir même du dépôt de la candidature de Biya, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a publié un document officiel« accusant réception »du dossier du chef de l’État. Une formalité qui n’a, curieusement, été appliquée à aucun autre candidat.
Des craintes sur l’impartialité du processus
Ces différences de traitement alimentent les soupçons d’un« deux poids, deux mesures »dans la gestion électorale. Trois institutions clés supervisent le scrutin : ELECAM, le ministère de l’Administration territoriale et le Conseil constitutionnel. Or, dès l’étape du dépôt, les favoritismes apparents soulèvent des doutes sur la neutralité du processus, notamment dans la manière dont les résultats seront traités.
Pour l’opposition, ces signaux sont inquiétants.« Quand on commence par faire des exceptions pour un candidat, où s’arrêtera la partialité ? », s’interroge un proche d’un des challengers, sous couvert d’anonymat.
À quelques mois du scrutin, cette polémique vient rappeler que, malgré la pluralité des candidats, l’ombre des pratiques opaques plane toujours sur les élections camerounaises. Reste à savoir si ces« petits arrangements »protocolaires préfigurent un scrutin déséquilibré.














