Au Cameroun, les nouvelles nominations à des postes stratégiques de l’administration territoriale font déjà grincer des dents. Ce lundi soir, le président Paul Biya a signé une série de décrets portant désignation de nouveaux préfets et sous-préfets à travers le pays. Parmi les promus, plusieurs noms ont immédiatement retenu l’attention : ils sont les fils et filles de figures emblématiques du régime.
Un parfum de népotisme dans les nominations administratives
C’est une habitude bien ancrée dans les hautes sphères du pouvoir camerounais : les liens familiaux semblent parfois peser aussi lourd que le mérite. Les décrets présidentiels publiés ce soir en sont une illustration frappante. Dans la liste des promus, on retrouve notamment :
Tam Likeng Richard Marcel, nouvellement nommé préfet du département du Mayo-Louti (Région du Nord). Il est le fils de Minette Libom Li Likeng, actuelle ministre des Postes et Télécommunications.
Eto Famé Justin Hector Daniel, qui quitte son poste de sous-préfet à Édéa 1er pour une nouvelle affectation. Il n’est autre que le fils du ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo.
Sadi Gilles Christian devient sous-préfet dans le département du Nyong-et-So’o. Il est le fils de René Sadi, ministre de la Communication.
Bomba Nkolo Ofile, nommée sous-préfète de Monatele (Région du Centre), est la fille de Cécile Bomba Nkolo, ancienne ministre de la Promotion de la femme et de la famille.
Enfin, Tchuente Tsemo Liliane Flore, désormais secrétaire générale des services du gouverneur de la région de l’Est, est la nièce de Madeleine Tchuente, ministre en charge de la Recherche scientifique.
Une élite administrative de plus en plus endogamique ?
Si le régime ne manque jamais de rappeler que les nominations se fondent sur les compétences, ces nouvelles affectations ravivent les critiques sur le manque d’ouverture et la reproduction des élites au sein de l’appareil d’État. Pour beaucoup d’observateurs, ces choix renforcent l’image d’un pouvoir verrouillé, où les postes-clés restent dans le giron des mêmes familles, au détriment de l’égalité des chances.
Dans un contexte de tensions sociopolitiques persistantes et de désenchantement croissant de la jeunesse, ces nominations pourraient accentuer le sentiment d’injustice et d’exclusion chez ceux qui ne disposent pas de « parrainages » haut placés.
On attend de voir si ces nouveaux responsables administratifs, issus de lignées influentes, sauront faire leurs preuves sur le terrain… ou s’ils resteront symboles d’un système figé où l’ascension rime davantage avec héritage qu’avec mérite.














