Le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, n’a pas mâché ses mots ce soir sur les antennes de la CRTV. Visiblement satisfait, il a salué la décision de Maurice Kamto de se présenter à l’élection présidentielle de 2025 sous la bannière du MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie).
Pour le membre du gouvernement, ce choix ne fait que conforter ses prises de position passées quant à la situation juridique du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), le parti fondé par Kamto. « Il s’est accroché à un petit arbre pour présenter sa candidature », a lancé Atanga Nji, reprenant une métaphore pour désigner l’adossement de Kamto au MANIDEM, formation politique mineure sur l’échiquier national. Et d’ajouter : « La vérité a triomphé ».
Une manœuvre politique très commentée
Depuis plusieurs mois, l’incertitude planait sur la participation de Maurice Kamto à la présidentielle, en raison de l’imbroglio juridique autour du MRC, dont les activités sont officiellement suspendues. Le choix de passer par une autre formation politique, en l’occurrence le MANIDEM, apparaît donc comme un contournement stratégique pour rester dans la course à Etoudi.
Ce geste n’a pas manqué de faire réagir la sphère politique camerounaise. Tandis que les partisans de Kamto y voient une preuve de résilience et de pragmatisme, ses détracteurs, à l’image d’Atanga Nji, y lisent plutôt un aveu d’échec et une validation de la ligne officielle qui contestait la légalité actuelle du MRC.
Le jeu des alliances en ligne de mire
À moins de trois mois du scrutin, la scène politique camerounaise entre dans une phase de recomposition active. Le choix du MANIDEM par Kamto pourrait bien annoncer d’autres regroupements ou alliances inattendues dans les semaines à venir. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits dans une élection dont les règles du jeu, souvent critiquées, n’ont pas changé.
Dans un contexte où la présidentielle de 2025 s’annonce particulièrement disputée, chaque geste est lourd de sens. Et dans ce ballet politique, la prise de parole d’Atanga Nji, fidèle lieutenant du pouvoir en place, donne déjà le ton.














