L’annonce a fait l’effet d’une petite bombe dans l’arène politique camerounaise. Ce dimanche, sur les ondes de la CRTV, le ministre Paul Atanga Nji a revendiqué un rôle clé dans le rapprochement entre le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) de Robert Kona et son président, Cabral Libii. Selon lui, cette alliance scellée par un« gentlemen agreement »aurait même bénéficié de sa caution. Problème : du côté des concernés, on crie à la manipulation.
Atanga Nji, médiateur autoproclamé ?
Dans un ton aussi sûr que mystérieux, le ministre de l’Administration territoriale a assuré avoir joué les entremetteurs entre les deux figures du PCRN.« J’ai facilité cette médiation, mais certains engagements n’ont pas été respectés », a-t-il déclaré, sans préciser la nature de ces fameux accords. Une version des faits qui, visiblement, ne passe pas.
À peine les mots prononcés, Anne Feconde Noah, porte-parole de Cabral Libii – également député et candidat à la présidentielle –, a répliqué vertement.« Ce sont des contre-vérités. Nous apporterons très vite les éclaircissements nécessaires », a-t-elle lancé, laissant planer le doute sur une possible sortie officielle dans les heures à venir.
Une alliance PCRN sous tension
Depuis plusieurs mois, les tensions internes au PCRN défrayent la chronique. Entre Robert Kona, fondateur du parti, et Cabral Libii, étoile montante de l’opposition, les divergences stratégiques et personnelles ont souvent pris le pas sur l’unité affichée. L’intervention d’Atanga Nji, perçue par certains comme une ingérence, risque d’attiser les rivalités.
« Quand un ministre s’immisce dans les affaires d’un parti d’opposition, cela pose question », glisse un observateur politique sous couvert d’anonymat. D’autant que le timing interroge : à quelques mois de l’élection présidentielle, chaque mouvement est scruté à la loupe.
Qui dit vrai ?
Pour l’instant, le flou persiste. Si Atanga Nji se présente en faiseur de paix, ses détracteurs y voient plutôt une tentative d’instrumentalisation. Du côté du PCRN, on promet des révélations.« Les Camerounais méritent la vérité », insiste Anne Feconde Noah, sans avancer de calendrier.














