La pluie s’est abattue sans prévenir ce lundi sur Yaoundé, transformant en quelques minutes le quotidien du quartier d’Ekounou en cauchemar. Alors qu’elle faisait la lessive avec ses sœurs près d’un point d’eau, la petite Soana, 5 ans, a été emportée par un torrent subitement gonflé par l’averse. Sous les yeux impuissants de ses proches, l’enfant a disparu dans les flots boueux.
Un drame en quelques secondes
Tout est allé très vite. Les enfants, surpris par la montée brutale des eaux, ont tenté de fuir. L’une des sœurs de Soana a eu le réflexe de s’accrocher à une pierre, essayant désespérément de retenir la main de la fillette.« Je l’ai vue lâcher prise… et le courant l’a emportée », raconte un témoin, encore sous le choc. Malgré les recherches immédiates des riverains et des secours, aucune trace de l’enfant n’a été retrouvée.
« Elle n’avait pas d’habits sur elle… Peut-être que quelqu’un l’a recueillie et habillée différemment. On espère… », murmure une proche, la voix brisée. Dans le quartier, l’angoisse se mêle à l’incompréhension. Des affiches ont été collées aux murs, des appels lancés sur les réseaux sociaux, mais pour l’instant, le silence reste assourdissant.
Une famille brisée, un quartier en deuil
Les parents de Soana, anéantis, n’ont plus la force de parler. Sa mère, inconsolable, ne quitte plus les abords du torrent, comme si elle attendait que l’eau lui rende son enfant.« Nous avons cherché partout. Rien. Aidez-nous, s’il vous plaît… », supplient les proches, épuisés par l’attente.
Soana avait cinq ans. Elle était vive, joyeuse, et aujourd’hui, c’est toute une communauté qui retient son souffle, espérant contre toute attente un signe, une piste, un miracle.
Un drame qui pose question
Au-delà de la douleur, cette tragédie relance le débat sur l’aménagement des zones à risques dans les quartiers populaires de Yaoundé. Comme dans beaucoup d’autres villes du Cameroun, les points d’eau mal sécurisés et les canalisations défaillantes transforment chaque averse en menace mortelle. À Ekounou, comme ailleurs, les enfants viennent quotidiennement y puiser de l’eau ou y laver le linge, sans protection face aux crues soudaines.
Combien de drames faudra-t-il pour que les choses changent ? En attendant, une famille pleure, et tout un pays retient son souffle pour Soana.














