À Limbé, dans le quartier Wututu, les habitants vivent au rythme des délestages interminables. Un résident excédé a décidé de saisir la justice contre Eneo, qu’il accuse de négligence grave. Témoignage d’une colère qui monte.
C’est un cri du cœur qui pourrait bien faire jurisprudence. Dans la ville de Limbé, au sud-ouest du Cameroun, un habitant du quartier Wututu (Mile 4) a décidé de porter plainte contreEneo, le fournisseur national d’électricité. Motif ? Des coupures récurrentes qui plongent le quartier dans le noir pendant des semaines, malgré des factures toujours envoyées… et toujours payées.
« Depuis janvier, nous avons eu du courant deux mois en tout »
Le plaignant, dont le témoignage circule activement sur les réseaux sociaux, ne décolère pas.« Je dénonce les faits macabres d’Eneo dans notre localité », lance-t-il d’emblée. Son récit est accablant : * »Depuis le début de l’année 2025, nous avons eu de l’électricité seulement en janvier et deux semaines en février. Entre mi-février et avril, c’était le noir total. Le courant est revenu fin mai… pour quinze jours à peine. »*
La raison invoquée par Eneo ?« Ils nous disent que le transformateur a explosé. Depuis, plus rien. Et pendant ce temps, les factures arrivent tous les mois comme si de rien n’était », s’indigne-t-il.
Insécurité et factures fantômes : la double peine
Outre les désagréments du quotidien – frigos inutilisables, enfants incapables de réviser le soir –, ces coupures à répétition ont des conséquences plus graves.« Les malfrats profitent de l’obscurité. Dès 19h, ils attaquent les maisons les unes après les autres, méthodiquement », raconte le résident. Une situation qui transforme la vie du quartier en cauchemar.
Mais ce qui scandalise le plus les habitants, c’est l’inertie totale d’Eneo.« Ces gens n’ont aucun chagrin pour nous. Ils savent que nous souffrons, mais rien ne change. Pire : ils continuent à nous facturer une électricité que nous ne consommons pas ! »
Une plainte qui pourrait faire des émules
Si cette procédure judiciaire est l’une des premières du genre, elle reflète une exaspération généralisée. Au Cameroun, les délestages sont monnaie courante, mais certains quartiers – comme Wututu – semblent carrément abandonnés à leur sort.
Contactée à plusieurs reprises par des médias locaux, la direction régionale d’Eneo se contente de promettre des « travaux en cours », sans donner de calendrier précis. Une réponse qui ne convainc plus personne.
La balle est désormais dans le camp de la justice.Si la plainte aboutit, elle pourrait créer un précédent et inciter d’autres Camerounais excédés à suivre la même voie. En attendant, à Wututu comme ailleurs, on compte les jours – et les factures – dans l’obscurité.
Une chose est sûre : la patience des habitants a ses limites. Et Eneo ferait bien de ne pas l’oublier.














