La mort de ce redoutable commandant ambazonien, responsable de multiples exactions, soulage les populations locales mais ne résout pas le conflit anglophone.
Une opération ciblée dans le Nord-Ouest
Dans la nuit du 25 juin, les forces spéciales camerounaises ont porté un coup dur aux séparatistes anglophones. Les soldats de la 3e Brigade d’intervention rapide (BIR) ont mené un raid dans le village de Benahundu, près de Benakuma (département du Menchum), aboutissant à la mort d’un commandant rebelle notoire répondant au pseudonyme de« Vandam ».
Selon des sources militaires, l’opération s’appuyait sur des renseignements précis collectés dans le secteur de Wum. Les troupes ont investi un repaire présumé, récupérant un arsenal comprenant notamment un fusil d’assaut AK-47 et des munitions.
« Une terreur qui prend fin »
La nouvelle a provoqué un soulagement palpable dans le clan Esimbi, ensemble de 13 villages martyrisés par les exactions des groupes armés.« Ils nous terrorisent depuis 2017 », témoigne un habitant ayant fui la région en 2021.« Vandam était l’un des plus brutaux. Beaucoup de ces combattants sont des analphabètes qui rackettent et kidnappent nos populations. »
D’après leCameroon Anglophone Database, les séparatistes ambazoniens sont impliqués dans des incendies d’écoles, des enlèvements d’enseignants et des attaques contre les fonctionnaires. Si l’intensité du conflit a diminué, des accrochages persistent dans les zones périphériques.
Victoire tactique, impasse politique
Pour Yaoundé, cette opération s’inscrit dans une série de succès militaires contre la rébellion. Mais les analystes restent prudents :« Sans solution politique, ces victoires resteront éphémères », souligne un observateur.
Rappelons que la crise anglophone, née en 2016 de revendications contre la marginalisation des régions anglophones, a dégénéré en conflit armé après la répression des manifestations pacifiques. Malgré le Grand Dialogue National de 2019, la violence persiste, alimentant un cycle d’exactions des deux côtés.
Aujourd’hui, les populations réclament davantage de postes militaires permanents pour les protéger. La mort de Vandam apporte un répit, mais le spectre de nouvelles représailles plane toujours sur le Nord-Ouest.














