Le drame soulève des questions sur l’application du règlement face aux urgences médicales
BAFIA– C’est une histoire qui glace le sang et brise les cœurs. Alors qu’il tentait de décrocher son précieux sésame, un élève du Lycée classique et moderne de Bafia a payé de sa vie son passage au baccalauréat. Atteint de drépanocytose, cette maladie du sang qui rend les malades particulièrement vulnérables au froid, le jeune homme n’a pas survécu aux rigueurs imposées par les surveillants d’examen.
Un règlement plus fort que la médecine ?
Le drame s’est noué dans la froideur d’une salle d’examen. Malgré des signes visibles de souffrance – dont un ventre ballonné caractéristique des crises drépanocytaires – et ses multiples supplications, l’élève s’est vu interdire de porter un pull sous sa tenue réglementaire. « Ils ont été inflexibles », rapporte la plateforme WandaFu qui a révélé l’affaire.
Pourtant, la veille déjà, son état inquiétant avait nécessité qu’on le transporte pour qu’il puisse composer. Un ultime effort qui s’est révélé fatal. Après l’épreuve, sa mère l’a emmené en urgence à l’hôpital. Trop tard.
Quand la rigidité administrative tue
Ce drame pose une question cruciale : jusqu’où doit s’appliquer le règlement face à une urgence médicale avérée ? La drépanocytose, maladie génétique très répandue en Afrique, provoque des crises douloureuses potentiellement mortelles lorsqu’elle est mal prise en charge.
Sur les réseaux sociaux, l’indignation grandit. « C’est criminel », « Ils l’ont tué à petit feu », peut-on lire sous les publications relatant le drame. Certains enseignants rappellent pourtant que des dispositions existent pour les candidats malades, à condition d’avoir fourni un certificat médical au préalable.
Un baccalauréat au goût amer
Alors que les résultats approchent, cette session 2025 restera marquée par ce drame absurde. Le jeune homme, qui luttait déjà contre la maladie pour poursuivre ses études, aura finalement perdu son plus important combat.
L’Éducation nationale camerounaise n’a pas encore réagi officiellement à ce décès qui interroge sur l’humanité à accorder aux procédures administratives. Une enquête serait en cours pour déterminer les circonstances exactes de cette tragédie.
Entre-temps, une famille pleure un fils, et tout un pays s’interroge : jusqu’où faut-il obéir aux règles quand la vie est en jeu ?














