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Au bord de la faillite, la Semry vacille entre pertes financières, déficit d’investissements et subventions irrégulières
(Investir au Cameroun) – La Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) traverse une crise financière profonde qui menace sa survie. Selon un récent rapport d’audit de la Chambre des comptes de la Cour suprême, cette entreprise publique à but lucratif est structurellement déficitaire, incapable de couvrir les coûts réels de ses prestations agricoles. Le document, qui porte sur la période 2018-2021, dresse un tableau inquiétant de la gestion de la Semry, mettant en évidence son incapacité à équilibrer ses charges et ses recettes malgré l’appui de l’État.
« Une entreprise qui ne parvient pas à fournir à ses clients des services dont le coût de revient est supérieur au prix de vente est nécessairement condamnée à disparaître », prévient la Chambre des comptes.
Pertes financières
En 2021 par exemple, la Chambre des comptes relève que la Semry a engagé 2,8 milliards FCFA pour des prestations agricoles sur ses 10 348 hectares d’exploitation situés à Yagoua et Maga, dans la région de l’Extrême-Nord. Ces prestations comprennent le travail mécanisé, la fourniture d’eau d’irrigation, l’entretien du réseau hydraulique et des pistes d’accès, ainsi que la production de semences de base. Le coût moyen de ces services s’élève à 276 547 FCFA par hectare.
Or, la redevance rizicole exigée aux exploitants agricoles ne s’élève qu’à 102 000 FCFA par hectare. Même en y augmentant la quote-part de la subvention de l’État (40 588 FCFA), la Semry accuse une perte de 133 959 FCFA par hectare. À l’échelle de 10 000 hectares, cela représente une perte sèche de 1,3 milliard FCFA. Pour réduire les pertes de la Semry, la Chambre des comptes recommande l’abandon de certaines prestations, notamment le labour et la gestion des parcelles.
Un modèle économique intenable
« Malgré l’aide accordée par l’État, la Semry ne parvient pas à dégager une marge positive sur ses activités de prestations rizicoles, qui constituent pourtant son cœur de métier », souligne l’audit.
Créée en 1971, la Semry s’appuie principalement sur les redevances rizicoles pour fonctionner. Celles-ci sont destinées à couvrir les frais de maintenance des équipements, ainsi que les dépenses en carburant et lubrifiants. Le tarif actuel de 102 000 FCFA par hectare, fixé depuis 2003, représentait à l’époque environ la moitié du coût réel. Mais il n’a jamais été révisé depuis.
En plus de ce déséquilibre tarifaire, l’entreprise fait face à un taux de recouvrement très faible. « Dans le cas particulier du secteur de Maga, seuls 32 % des riziculteurs avaient effectivement payé les redevances à la date butoir du 31 octobre 2023 pour la campagne de saison sèche 2023/2024. À ce jour, plus de 20 % d’entre eux, ayant pourtant exploité des parcelles travaillées, n’ont toujours pas réglé leurs redevances », déplore la direction de la Semry.
Pour compenser les pertes liées au faible recouvrement des redevances rizicoles, l’État a accordé à la Semry une subvention d’équilibre de 1 milliard de FCFA pour l’exercice 2018 (versée en 2019) et de 300 millions pour 2020 (versée en 2021), soit un total de 1,4 milliard de FCFA injectés entre 2018 et 2022. Cette aide, bien que salutaire, est jugée insuffisante et versée de façon irrégulière, aussi bien par la Chambre des comptes que par la Semry elle-même.
Restructuration
Pour éviter la faillite, la Chambre des comptes recommande une restructuration des activités de la Semry, préconisant notamment l’abandon de certaines prestations jugées trop coûteuses, telles que le labour et la gestion directe des parcelles.
Même s’il n’est pas évoqué dans le rapport, l’autre facteur aggravant de la situation financière de la Semry est sa masse salariale annuelle. Estimée à 1,05 milliards de FCFA, elle génère à elle seule un déficit structurel de 450 millions de FCFA. Ce déséquilibre budgétaire chronique a conduit à l’accumulation d’arriérés de salaires, comme en témoigne la grève des employés déclenchée en février 2025 pour réclamer six mois d’impayés, ce qui a paralysé la campagne rizicole et mis en péril le projet Viva-Logone financé par la Banque mondiale.
Bien avant le rapport de la Chambre des comptes, la Commission technique de réhabilitation (CTR) avait déjà alerté sur la situation de la Semry. Dans son rapport 2022, la CTR soulignait notamment l’absence de subventions d’investissement, responsable d’une baisse de l’actif immobilisé de l’entreprise.
Import-substitution
Ces difficultés persistent alors que le Cameroun s’est engagé dans le Plan intégré d’importation-substitution pour réduire sa dépendance au riz importé. En effet la production nationale reste très inférieure à la demande. En 2022, le pays a produit de 84 000 tonnes de riz pour des besoins évalués à 736 565 tonnes, ce qui a nécessité l’importation de 652 565 tonnes pour un montant de 162,5 milliards de FCFA.
Face à ces défis, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour renforcer les capacités de la Semry. Le ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, a indiqué en janvier 2025 l’acquisition de dix tracteurs, l’ajout de quatre autres, ainsi que la réhabilitation d’une troisième ligne de décorticage, afin de moderniser l’outil de production et de pallier la faiblesse des investissements antérieurs.
Ludovic Amara
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Cameroun à l’UNSAC : Sécurité en Afrique centrale
Le Cameroun prend part à la 61e session de la Réunion ministérielle du Comité consultatif permanent des Nations Unies sur les questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC), qui se tient du 25 au 29 mai 2026 à Bujumbura, au Burundi. Les discussions portent sur le renforcement des mécanismes régionaux de prévention et de règlement pacifique des conflits.
Conduite par le Secrétaire général du ministère des Relations extérieures, Oumarou Chinmoun, sur instruction du ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, la délégation camerounaise participe aux travaux de la 61e session ministérielle de l’UNSAC à Bujumbura.
Placée sous le thème « Renforcement des mécanismes régionaux de prévention, de médiation et de règlement pacifique des conflits pour une paix durable et un développement résilient en Afrique centrale », cette rencontre réunit les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) autour des enjeux de paix et de sécurité dans la sous-région.
En marge des travaux, le Secrétaire général du MINREX a eu des échanges avec Parfait Onanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale et chef par intérim du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale. Les discussions ont porté sur l’évolution de la situation politique dans la sous-région, la redynamisation de l’UNSAC ainsi que le renforcement de la coopération entre le Cameroun et l’Organisation des Nations Unies.
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Manchester United et Carlos Baleba : Dossier en pause
Annoncé parmi les pistes sérieusement étudiées par Manchester United ces derniers mois, Carlos Baleba ne semble plus être une priorité aussi brûlante du côté d’Old Trafford. C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre le journaliste anglais Laurie Whitwell, spécialiste du club mancunien.
Interrogé sur l’intérêt des Red Devils pour le milieu de terrain camerounais de Brighton, Whitwell a reconnu que les signaux étaient auparavant plus encourageants.
« Oui. J’étais très confiante il y a deux ou trois mois sur la direction que ça prenait », a-t-il expliqué, avant de nuancer son propos. « Mais ça s’est un peu refroidi depuis. »
Selon le journaliste, plusieurs facteurs pourraient expliquer ce ralentissement. Malgré les performances remarquées de Baleba en Premier League, Manchester United pourrait avoir revu ses priorités sur le marché des transferts. La valorisation du joueur constituerait également un frein important.
« Peut-être que Brighton exige encore une somme d’argent conséquente que United ne considère pas comme étant la juste valeur du joueur », a-t-il analysé.
Pour autant, la piste n’est pas totalement abandonnée. Whitwell assure que le club anglais continue de surveiller l’évolution de l’international camerounais, dont le profil reste apprécié en interne.
« Il fait définitivement partie des joueurs qu’ils continuent de suivre », a-t-il ajouté.
À ce stade, rien ne permet toutefois d’affirmer qu’une offensive imminente est à prévoir. « Peut-être qu’ils ont décidé d’aller dans une autre direction. Ça ne donne pas une impression de chaleur », a conclu le journaliste.
Si Manchester United conserve Baleba dans son radar, le dossier semble aujourd’hui avoir perdu de son intensité. Reste à savoir si le mercato estival permettra de relancer l’intérêt des Red Devils pour l’ancien joueur du LOSC, ou si le club mancunien choisira finalement d’explorer d’autres options pour renforcer son entrejeu.
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4e Recensement général en cours
Lancé le 24 avril 2026, le 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE), se poursuit sur l’ensemble du territoire national. Cette opération d’envergure vise à actualiser les données démographiques, agricoles et urbaines nécessaires à la planification du développement du pays.
Les opérations de dénombrement du 4e Recensement général de la population et de l’habitat, couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage, sont en cours dans toutes les régions du Cameroun depuis le 15 mai 2026. Cette phase intervient après les travaux préparatoires de reconnaissance des zones de dénombrement et d’ajustement de la cartographie censitaire.
La mutualisation des deux recensements avait été décidée en 2019 par le Premier ministre Joseph Dion Ngute afin d’optimiser les coûts de mise en œuvre. L’objectif est de disposer de données actualisées sur la population, l’habitat, l’agriculture et l’élevage pour mieux orienter les politiques publiques.
Pour le ministère de l’Habitat et du Développement urbain, cette opération revêt un intérêt stratégique majeur. Elle permettra notamment de mieux connaître la structure urbaine du pays, d’évaluer le nombre de logements et leur niveau d’occupation, ainsi que de mesurer l’ampleur des phénomènes de surpopulation, de mal-logement et des déplacements de populations.
Parmi les innovations introduites figure la géolocalisation des logements, destinée à identifier les zones habitées à risque ou difficiles d’accès et à alimenter l’Observatoire national des villes. Le recensement recueillera également des informations sur les modes d’évacuation des déchets et des eaux usées, afin de faciliter la planification des infrastructures d’assainissement, des espaces verts et des équipements de loisirs.
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