À quelques jours de la célébration de la 53e Fête nationale du Cameroun, prévue le 20 mai, les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans les grandes villes du pays, notamment à Bamenda et Yaoundé. Objectif : garantir des festivités sans accroc, dans un climat apaisé malgré les tensions persistantes dans certaines régions.
Sécurité maximale à Bamenda, ville sous haute surveillance
À Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest où les affrontements entre séparatistes armés et forces de l’ordre se poursuivent depuis plusieurs années, les forces de sécurité sont sur le qui-vive. La police y a lancé plusieurs opérations ciblées pour mettre la main sur des individus soupçonnés de pouvoir troubler les célébrations.
Des cachettes de drogue sont perquisitionnées, et les patrouilles ont reçu l’ordre de redoubler de vigilance, notamment dans les quartiers sensibles. La grande parade prévue à Bamenda doit se tenir sur l’esplanade de Commercial Avenue. Tandis que certains agents s’entraînent à perfectionner leurs formations pour le défilé, d’autres restent déployés sur le terrain pour prévenir toute tentative de sabotage.
Les autorités locales affirment que cette double stratégie – allier présence visible sur le terrain et préparation logistique – est indispensable. Bamenda a souvent été le théâtre de violences le jour de la Fête nationale : tirs, bouclages de la ville, voire assassinats ciblés de participants.
Depuis plusieurs années, les séparatistes qui militent pour la création d’un État indépendant appelé « Ambazonie » perturbent régulièrement les événements officiels dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans certaines zones de Bamenda, des engins explosifs improvisés ont même été utilisés pour dissuader la population de participer aux festivités.
Cette année, les autorités affichent clairement leur volonté d’assurer un niveau de sécurité optimal afin que la Fête nationale se déroule sans incident.
Yaoundé finalise ses préparatifs
Dans la capitale Yaoundé, l’ambiance est tout autre. Les répétitions battent leur plein à quelques jours de l’événement. Le commissaire principal Fai Ernest Suru, qui supervisait les entraînements mercredi 14 mai, s’est dit satisfait de l’avancement des préparatifs : « Le résultat actuel, on peut facilement dire 18 sur 20. On vise l’excellence, c’est pourquoi il nous reste encore quelques ajustements à faire pour que l’alignement soit parfait », a-t-il déclaré.
Trois unités majeures de la police ouvriront le défilé à Yaoundé : l’École nationale supérieure de police, l’École de police de Mutengene et le Régiment spécial d’intervention. Ensemble, ces unités mobiliseront plus de 447 agents, appuyés par un impressionnant défilé motorisé censé illustrer la réactivité et la force de la police camerounaise.
Selon les responsables de la sécurité, trois escadrons seront alignés, chacun composé de 144 éléments, accompagnés d’un commandement de cinq personnes. Cette année, l’accent est mis sur la précision, la discipline, mais aussi sur un message fort de résilience et d’unité à travers une prestation parfaitement orchestrée.
Appel à la vigilance et à la collaboration
À l’approche du 20 mai, les autorités ont lancé un nouvel appel à la population : vigilance et collaboration sont essentielles pour assurer une célébration sans heurts. Elles assurent que tout est mis en œuvre pour garantir la sécurité de tous et faire de cette 53e édition de la Fête nationale un moment de cohésion et de fierté nationale.














