À Pitoa, une commune du nord du Cameroun située dans le département de la Bénoué, les habitants vivent depuis des mois avec une pénurie d’eau qui semble sans fin. Et même si les premières pluies de la saison sont enfin arrivées, la situation ne s’améliore pas. Au contraire, les problèmes s’accumulent.
Une citerne, et tout le quartier accourt
Cette semaine, l’arrivée d’un camion-citerne de la Camwater a attiré une foule impressionnante. Hommes, femmes, enfants… Tous se sont précipités pour remplir quelques bidons. Une scène devenue presque banale, mais qui en dit long sur l’urgence. Dans la cohue, il faut souvent se bousculer, espérer avoir une place dans la file, et croiser les doigts pour repartir avec un peu d’eau.
« On n’a plus d’eau courante depuis des mois. La citerne, c’est tout ce qu’on a pour boire », raconte une habitante, bidon vide à la main.
Les coupures d’électricité aggravent la crise
Le manque d’eau n’est pas le seul souci. Les coupures de courant, fréquentes à Pitoa, paralysent le système de pompage qui alimente la commune. Sans électricité, les installations sont à l’arrêt. Résultat : aucune distribution d’eau n’est possible, et les habitants n’ont d’autre choix que d’attendre les livraisons, irrégulières et trop rares, de la Camwater.
Des pluies attendues… mais dévastatrices
Ironie du sort : les premières pluies de la saison, généralement synonymes d’espoir après la sécheresse, ont fait plus de mal que de bien. Des trombes d’eau se sont abattues sur la ville, causant des inondations et endommageant plusieurs maisons, notamment dans les zones les plus fragiles.
« La pluie qu’on attendait a fini par détruire une partie de ma maison », confie un habitant touché par les intempéries.
L’eau, un bien devenu rare et précieux
Chaque passage du camion-citerne devient un événement. Les habitants arrivent avec des seaux, des jerrycans, n’hésitant pas à se mettre en danger dans la bousculade pour obtenir quelques litres.
« Même s’il y a un accident, on viendra quand même », lance un jeune homme en attendant son tour, bien décidé à ne pas rentrer les mains vides.
Une solution durable, plus qu’urgente
Face à cette crise qui s’enlise, la population réclame des solutions concrètes. Les habitants espèrent une remise en marche rapide de l’approvisionnement en eau potable, mais aussi une meilleure gestion de l’électricité pour permettre aux stations de pompage de fonctionner normalement.
En attendant, à Pitoa, l’eau reste un luxe. Et chaque citerne qui passe n’est qu’un petit répit dans une situation qui devient de plus en plus intenable.














