La nuit du 3 avril 2025 a plongé le village de Kedjom Ketinguh, dans la subdivision de Tubah (région du Nord-Ouest), dans la peur et la désolation. Le redoutable combattant séparatiste et kidnappeur en série Ngeh Cyprian, surnommé« The Only Bro », a une nouvelle fois semé la terreur en attaquant la localité. Selon des témoins, l’homme et son groupe armé ont fait irruption dans le village en tirant des coups de feu en l’air pendant de longues minutes, avant d’enlever au moins deux personnes.
Parmi les victimes figurent l’épouse de Bah Awongie, un notable et homme d’affaires respecté, ainsi qu’un certain Kenneth. Cette attaque a plongé les habitants dans l’effroi, tant le groupe de Cyprian est connu pour ses exactions et ses méthodes d’extortion violentes dans la région.
Un passé sanglant
Cette nouvelle incursion s’ajoute à la longue liste des crimes attribués à Ngeh Cyprian, commandant des forces séparatistes ambazoniennes sous les ordres de Sako Samuel Ikome, basé aux États-Unis. Sa faction est accusée d’être à l’origine de meurtres, d’enlèvements et de demandes de rançon, alimentant une crise humanitaire persistante dans les régions anglophones.
Le 19 février 2025, ses hommes avaient déjà attaqué Bamessing, tuant cinq civils, dont une femme et son nouveau-né. Selon des sources locales, cette dernière aurait été arrachée de force d’une église catholique avant d’être exécutée en public. Trois jours plus tard, le 22 février, le même groupe s’en prenait à des participants d’un enterrement à Kedjom Ketinguh, volant quatre véhicules et exigeant 28 millions de FCFA pour libérer les otages.
En janvier 2025, Cyprian avait assassiné Leo Vishi Newuh, avant d’intensifier ses activités criminelles en août 2024, menaçant d’enlever en masse les habitants de Bamukumbit s’ils ne lui versaient pas 12 millions de FCFA pour financer ses opérations.
Une région à vif
Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, en proie à la crise anglophone depuis 2017, vivent un calvaire. L’affrontement entre séparatistes et forces gouvernementales a fait des milliers de morts, déplacé des populations et détruit des infrastructures.
Si les autorités peinent à reprendre le contrôle des zones concernées, des chefs rebelles comme Ngeh Cyprian continuent d’imposer leur loi par la terreur, ciblant souvent les civils pour financer leurs actions. Enlèvements, rançons et exécutions sommaires sont désormais le lot quotidien de cette guerre oubliée.
Quel avenir pour Kedjom Ketinguh ?
Après l’attaque de la nuit dernière, la communauté de Kedjom Ketinguh retient son souffle, tandis que les hommes de Cyprian agissent en toute impunité. Les proches des victimes, paralysés par l’angoisse, attendent désespérément des nouvelles. Les autorités locales, elles, semblent dépassées, confrontées à un manque de moyens et à une escalade de violence complexe à endiguer.
Alors que les appels à l’aide internationale se multiplient, le sort des otages reste incertain. Les habitants, eux, espèrent ne pas voir leur drame s’ajouter aux pages les plus sombres de cette crise qui déchire le Cameroun depuis près de huit ans.















