La ville de Kribi, habituellement bercée par le rythme paisible de l’océan, est plongée dans l’effroi. Quatre élèves du Lycée Bilingue de la localité ont péri noyés jeudi 3 avril 2025, emportés par les courants lors d’un pique-nique organisé en secret. Leurs corps, repêchés près de la plage de Nziou, ont mis fin à des heures d’angoisse pour leurs proches.
Un après-midi de détente transformé en cauchemar
Ils étaient huit adolescents de l’Upper Six Science à s’échapper discrètement des cours pour un pique-nique sur la plage de Mahelet, non loin de leur établissement. Alors qu’ils pataugeaient dans l’eau vers 16 heures, une succession de vagues violentes les a déséquilibrés. Quatre d’entre eux, moins expérimentés en natation, ont été engloutis par un tourbillon soudain. Malgré les efforts désespérés de leurs camarades, les jeunes ont disparu dans les flots déchaînés.
Identifiés comme :
- Nsimi Bidja Steve, 18 ans,
- Fotso Choupo Nelson, 17 ans,
- Cipah Yann Errold Valdes, 18 ans,
- Fobasso Brayan Junior, 16 ans,
leurs corps ont été retrouvés le lendemain à proximité de la plage de Nziou, sous le regard impuissant des secours.
Une plage maudite aux alertes ignorées
Ce drame résonne comme un sinistre écho : une semaine plus tôt, un élève de Form 5 Art perdait la vie dans les mêmes eaux. Pourtant, les autorités ne cessent de rappeler les dangers de cette zone – absence de sauveteurs, courants imprévisibles et fonds marins instables. « Les panneaux d’avertissement ne suffisent pas. Il faut des patrouilles et une vraie politique de prévention », dénonce un habitant sous anonymat.
Les corps des victimes reposent désormais à la morgue de l’hôpital régional annexe de Kribi, tandis que la gendarmerie tente de reconstituer le fil des événements. Dans l’ombre, les familles s’interrogent, dévastées. « Comment ont-ils pu quitter l’école sans surveillance ? Où étaient les adultes ? » sanglote un parent, la voix brisée.
L’urgence d’agir
Face à la répétition des tragédies, enseignants et associations montent au créneau. Ils exigent :
- L’interdiction totale de la baignade sur les plages non surveillées,
- Des ateliers de sensibilisation obligatoires en milieu scolaire,
- Une collaboration renforcée avec les chefs traditionnels pour alerter les communautés.
« La mer n’est pas un terrain de jeu. Ces vies auraient pu être sauvées », insiste un responsable éducatif, rappelant l’impérieuse nécessité de mesures concrètes.















