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Port de Garoua : l’Autorité portuaire nationale institue des redevances pour augmenter les recettes

(Investir au Cameroun) – Le 14 janvier 2025, le directeur général par intérim de l’Autorité portuaire nationale (APN), Pamela Ayuketah, a signé une décision portant homologation des tarifs hors taxes des services rendus au port de Garoua, capitale régionale du Nord du Cameroun. Ces redevances s’appliquent aux propriétaires de bateaux et aux propriétaires de marchandises transitant par les installations du port.
Plusieurs types de redevances ont été instaurés. C’est le cas de la redevance d’accostage, exigée lors de l’arrivée au quai principal. Les tarifs sont de 30 000 FCFA pour un navire de 3 à 30 m, 50 000 FCFA pour un navire de 31 à 100 m, et 100 000 FCFA pour un navire de plus de 100 m.
Il y a également la redevance de stationnement, applicable lorsque le navire reste au quai au-delà des 24 heures réglementaires après l’accostage. Les tarifs sont de 500 FCFA par heure pour un navire de 3 à 30 m, 1 000 FCFA par heure pour un navire de 31 à 100 m, et 1 500 FCFA par heure pour un navire de plus de 100 m.
La redevance d’embarquement et de déchargement s’applique lors du chargement ou du déchargement des marchandises. Les tarifs sont de 1 000 FCFA par fût pour le carburant et les lubrifiants, et de 5 FCFA/kg pour les autres marchandises. La redevance de transit est également désormais en vigueur. Celle-ci est prélevée sur les navires franchissant le quai principal à l’aller comme au retour, à hauteur de 10 000 FCFA par navire. Enfin, la redevance de partance est perçue avant le départ du navire, calculée selon les mêmes tarifs que la redevance d’accostage.
Pamela Ayuketah a précisé que toute activité non couverte par ce tarifaire fera l’objet d’une homologation ultérieure, conformément à la réglementation en vigueur. Elle a également averti que des pénalités de 100 % des droits dus seront infligées aux navires accostant sur des quais non homologués par la Communauté urbaine de Garoua, gestionnaire du port.
L’instauration de ces redevances vise à augmenter les recettes du port de Garoua, un outil clé pour le développement économique des régions du septentrion. Ces fonds contribueront également à la rénovation de ce port fluvial, construit il y a plus de 60 ans et fortement dégradé en raison de l’ensablement.
La réhabilitation du port, estimée à plus de 16 milliards de FCFA par l’APN, permettra de densifier les échanges commerciaux avec le Nigeria et de formaliser une grande partie des transactions avec ce pays voisin.
Frédéric Nonos
Lire aussi:
21-08-2024 – Réhabilitation du port de Garoua : le PAD propose son expertise
27-07-2023 – Le Cameroun à la recherche de plus de 16 milliards de FCFA pour réhabiliter le port de Garoua
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le Cameroun passe de 7 à 19 unités de production en six ans

Depuis 2020, le nombre d’unités de production locales est passé de 7 à 19, pour 239 références homologuées. Une dynamique encourageante, même si ces produits ne couvrent encore qu’environ 15 % de la Liste nationale des médicaments essentiels et moins de 5 % des besoins de consommation.
Sur très haute instruction du président de la République, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a pris part ce 24 août 2026, à Addis-Abeba, en Éthiopie, à la première session du Dialogue Ministériel de Haut Niveau, organisée en marge de la 76ᵉ session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique.
Consacrée au renforcement des systèmes de réglementation et de la fabrication au niveau régional, cette session a permis aux ministres et parties prenantes de bâtir une compréhension commune des enjeux liés à la production locale des produits médicaux et au renforcement de la régulation pharmaceutique. Deux leviers jugés essentiels pour consolider la sécurité sanitaire, renforcer la résilience des systèmes de santé et accélérer la marche vers la Couverture Santé Universelle.
Portant la voix du Cameroun, le Dr Manaouda Malachie a exposé les progrès réalisés par le pays dans le développement de son industrie pharmaceutique. Depuis 2020, le nombre d’unités de production locales est passé de 7 à 19, pour 239 références homologuées. Une dynamique encourageante, même si ces produits ne couvrent encore qu’environ 15 % de la Liste nationale des médicaments essentiels et moins de 5 % des besoins de consommation.
Le ministre a aussi pointé les obstacles qui freinent l’essor du secteur : accès au financement, difficultés énergétiques, approvisionnement en matières premières, concurrence des produits importés et retards de paiement des commandes publiques.
Face à ces défis, le gouvernement camerounais a déjà engagé plusieurs mesures : exonération des droits et taxes sur certains intrants et équipements, ainsi que mécanismes de préférence pour la production nationale, sous réserve du respect des exigences de qualité, de sécurité, d’efficacité et de compétitivité.
Le renforcement de la commande publique s’impose également comme un levier majeur pour soutenir durablement les producteurs locaux. Dans cette optique, le Cameroun finalise sa stratégie nationale de développement de l’industrie pharmaceutique et explore de nouvelles formes de partenariats public-privé.
Sur le plan réglementaire, le pays veut franchir un nouveau cap, avec le renforcement des capacités de son Autorité nationale de régulation et l’étude de faisabilité pour la création d’une Agence camerounaise du médicament.
Au-delà des frontières nationales, le ministre a insisté sur la coordination et la collaboration régionales, indispensables pour bâtir une industrie pharmaceutique africaine capable de répondre aux besoins des populations et de contribuer à la souveraineté sanitaire du continent.
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les transporteurs lèvent leur mot d’ordre de grève

La grève annoncée à partir du 24 août 2026 dans le secteur des transports routiers de marchandises n’aura finalement pas lieu. À l’issue d’une réunion de concertation tenue le 23 août au ministère des Transports, les pouvoirs publics et les organisations socioprofessionnelles sont parvenus à plusieurs résolutions sur les principales revendications des transporteurs.
La menace de grève dans le transport routier de marchandises au Cameroun est levée. Réunis dimanche 23 août 2026 à Yaoundé, sous la présidence du ministre des Transports, Jean-Ernest Masséna Ngalle Bibehe, les représentants du gouvernement et les organisations syndicales du secteur ont examiné les préoccupations contenues dans le préavis de grève.
Parmi les principales mesures arrêtées figure la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de la délivrance de la licence S6, ainsi que la proposition de créer un comité interministériel chargé de relire le dispositif réglementaire concerné. Les préoccupations liées à la transformation du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) feront également l’objet d’un examen interministériel.
Par ailleurs, les autorités ont décidé de limiter les contrôles routiers des marchandises en transit aux check-points conventionnels des corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui. La perception d’amendes forfaitaires par les équipes de prévention routière du ministère des Transports est interdite. D’autres mesures portent sur la pesée des camions-citernes, les contrôles de gabarit, les pèses-essieux mobiles et les tracasseries routières dénoncées par les transporteurs, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Le gouvernement s’est également engagé à accélérer le traitement de plusieurs dossiers, dont l’extension de la convention collective nationale du secteur des transports routiers et la réhabilitation des axes routiers dégradés, dont les points critiques devront être signalés aux pouvoirs publics sous 24 heures.
Prenant acte de ces engagements, les professionnels du secteur ont salué le dialogue social engagé avec les autorités et décidé de lever le mot d’ordre de grève prévu le 24 août 2026. Ils invitent ainsi l’ensemble des membres de leur plateforme à reprendre normalement leurs activités.
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le gouvernement suspend la cession aux Camerounais malgré un investissement de 137 milliards FCFA

Le gouvernement camerounais a demandé au groupe français Somdia de « surseoir, avec effet immédiat, à toute démarche relative au projet de cession » de ses 82% dans la Société sucrière du Cameroun (Sosucam).
L’instruction, contenue dans une correspondance du directeur de cabinet du Premier ministre, Balungeli C. Ebune, gèle un accord signé le 13 août dernier entre Somdia et un consortium entièrement camerounais, en attendant les conclusions d’un comité stratégique de pilotage qui dispose de six mois pour se prononcer.
Un accord 100% camerounais, mis en pause par l’État camerounais
L’accord suspendu n’est pourtant pas anodin. Il prévoyait le transfert du premier producteur industriel de sucre du pays à cinq entrepreneurs nationaux, l’avocat d’affaires Joseph Pagop Noupoué, l’avicultrice industrielle Henriette Noutchougouin, l’ingénieur et financier William Nkontchou, l’ingénieur Igor Djoukwé et l’expert-comptable Marcel Tchagongom, adossé à un programme d’investissement de 210 millions d’euros, soit environ 137,7 milliards de FCFA.
Sur le papier, c’est précisément le scénario que tout discours de souveraineté économique appellerait de ses vœux : une entreprise stratégique, fondée en 1965, qui compte des milliers d’employés répartis entre les complexes de Mbandjock et de Nkoteng, échappant à un actionnariat étranger pour passer sous contrôle national.
Or c’est justement ce transfert que l’État vient de figer. Le motif invoqué par Balungeli C. Ebune est que la Sosucam « revêt, pour l’État camerounais, un caractère hautement stratégique, tant au regard de la souveraineté alimentaire du pays que de ses enjeux économiques, sociaux et politiques ». Un argument de souveraineté utilisé, non pas pour accélérer la reprise par des Camerounais, mais pour la suspendre.
Le dossier est en réalité plus enchevêtré qu’un simple choix entre repreneurs étrangers et nationaux. Somdia est une filiale du groupe Castel, dont la gouvernance fait l’objet d’un conflit familial ouvert. Le 22 juin 2026, Romy Castel a publiquement contesté le processus de cession porté par Somdiaa, revendiquant elle-même un projet concurrent pour Sosucam, adossé à Boissons du Cameroun, filiale historique du groupe dans la bière et les boissons gazeuses. Sa proposition reste toutefois suspendue à l’issue d’une procédure judiciaire engagée à Singapour pour la reprise en main de la gouvernance du groupe Castel. Le nom du géant nigérian Dangote avait également circulé plus tôt dans le dossier, avant d’être écarté par la signature du 13 août.
Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a lui-même reconnu ne pas savoir avec précision combien de candidats sont réellement en lice, insistant sur la nécessité de consulter l’ensemble des actionnaires, dont l’État lui-même, présent au capital via la CNPS et la SNI. C’est cette pluralité d’intérêts, camerounais et français mêlés, que le comité stratégique doit désormais démêler en six mois.
Il reste que l’effet immédiat de la décision est de freiner, non pas une cession à un groupe étranger, mais une cession à des investisseurs camerounais déjà engagés, alors que le gouvernement invoque justement la souveraineté alimentaire pour la justifier. Sosucam pèse dans les comptes publics avec un chiffre d’affaires annuel d’environ 60 milliards de FCFA et près de 12 milliards de FCFA d’impôts versés chaque année ; l’entreprise est, selon ses dirigeants, fragilisée depuis une décennie par des importations massives de sucre qui ont compromis son développement. Un contexte qui aurait pu plaider pour une validation rapide d’un plan d’investissement de 137,7 milliards de FCFA porté par des Camerounais, plutôt que pour un gel supplémentaire du dossier.
Le gouvernement fait valoir que la prudence s’impose sur un actif de cette importance, et que six mois ne sont pas un délai déraisonnable pour sécuriser l’emploi, l’outil de production et la continuité de l’approvisionnement national en sucre. Mais pour les cinq repreneurs camerounais, comme pour l’opinion, le résultat immédiat est le même : un accord porté par des capitaux nationaux, présenté par ses auteurs comme un projet de souveraineté industrielle, se retrouve suspendu par l’État au nom d’une souveraineté qu’il ne leur reconnaît pas encore.
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