Le professeur Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), réclame une enquête indépendante et des poursuites contre les responsables du meurtre de deux chercheurs et d’un conducteur de moto dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.
Un acte de violence collective à Souledé-Roua, dans le département du Mayo-Tsanaga, a coûté la vie à M. Mounsi Frédéric, chercheur au Centre de Recherche Géologique et Minière de Garoua, au Dr Bello Bienvenue, enseignant à l’Université de Maroua, ainsi qu’à leur conducteur de moto.
La population locale les aurait pris à tort pour des militants de Boko Haram, un groupe armé qui mène des attaques dans le bassin du lac Tchad depuis plus d’une décennie.
Les trois hommes effectuaient apparemment une mission scientifique dans la localité lorsqu’ils ont trouvé la mort de manière tragique. La foule en furie les a lynchés, torturés, puis brûlés vifs.
« Malgré leurs tentatives pour s’expliquer face à une foule déchaînée, ils ont été soumis à un lynchage ignoble suivi d’une immolation collective », a déclaré Maurice Kamto dans un communiqué de presse.
Présentant ses condoléances aux familles des victimes, Kamto a affirmé que le MRC suivait de près l’évolution de cette tragédie, horrifié par une barbarie d’une cruauté inouïe.
« Au nom du MRC et en mon nom propre, j’adresse nos condoléances les plus attristées à leurs familles si durement éprouvées, ainsi qu’à la communauté scientifique si cruellement frappée », a-t-il ajouté.
L’appel de Maurice Kamto pour la justice
Tout en condamnant cet acte atroce, le leader de l’opposition a exigé que justice soit rendue aux victimes.
« Nous demandons aux autorités judiciaires de mener une enquête impartiale et approfondie afin d’établir les responsabilités dans cet acte abominable et de punir sévèrement les coupables. »
Il a également exhorté les autorités compétentes à sensibiliser les populations et à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
Comment les faits se sont déroulés
Selon des sources locales, Mounsi Frédéric et Bello Bienvenue étaient en mission de recherche dans une localité sujette aux attaques de Boko Haram, une région qu’ils connaissaient peu. Ils avaient engagé un conducteur de moto pour les emmener jusqu’au village de Souledé-Roua.
À leur arrivée, les villageois les ont confondus avec des membres de Boko Haram, qui terrorisent la région depuis plus de dix ans.
Leurs supplications et leurs tentatives pour prouver leur innocence n’ont servi à rien.
Avec leur conducteur de moto, ils ont été encerclés, torturés, démembrés, puis brûlés vifs.
Ce lynchage a provoqué une onde de choc à travers le pays, soulevant des inquiétudes quant à la montée de l’insécurité et à la justice populaire, un phénomène répandu au Cameroun.
Alors que Maurice Kamto réclame justice, le gouvernement n’a pas encore officiellement réagi à l’incident.







