Ndong Emmanuel, activiste séparatiste connu et controversé, qui utilise le pseudonyme de Capo Daniel, a exprimé sa profonde tristesse suite à l’incendie de la maison de sa famille située à Mile 2 Junction à Bamenda, dans la soirée du 7 janvier. Des habitants rapportent que les incendiaires ont tiré des coups de feu, empêchant toute intervention jusqu’à ce que la maison soit complètement détruite par les flammes.
Dans une déclaration publique, Capo Daniel a décrit l’attaque comme un « incident dévastateur » qui a causé une immense douleur à sa famille. Il a salué le courage des voisins qui ont tenté d’éteindre l’incendie et a reconnu les efforts des responsables militaires camerounais qui se sont rendus sur les lieux et se sont excusés pour leur intervention tardive en raison d’un camion de pompiers défectueux.
Capo Daniel a identifié les auteurs comme étant des combattants ambazoniens, venant apparemment de la division de Bui, dont les actions pendant l’attaque étaient inhabituelles.
« Ce comportement calme et calculé contraste fortement avec la façon dont les combattants ambazoniens ont agi par le passé lorsqu’ils ciblaient des individus en raison de désaccords politiques », a-t-il remarqué.
Une attaque considérée comme une trahison
L’ancien chef de la défense des Forces de défense ambazoniennes (ADF), connu pour son plaidoyer en faveur de la violence séparatiste, a condamné l’attaque comme une trahison de la cause. Il a critiqué les combattants, les décrivant comme des « outils de destruction à louer » et les accusant de saper la lutte de libération pour des gains financiers et personnels.
« C’est un acte honteux de la part de combattants qui ont vendu leur âme. Notre lutte s’est égarée », a déclaré Capo Daniel, qualifiant l’incident d’embarras pour la communauté anglophone.
L’incendie de la maison familiale de Capo Daniel est un signe de la fragmentation croissante au sein du mouvement séparatiste, alors que les dirigeants et les combattants se retournent de plus en plus les uns contre les autres au milieu d’accusations d’exploitation et de trahison.
Malgré l’attaque, Capo Daniel a réaffirmé son engagement à rechercher la justice et la liberté pour les régions anglophones. Il a appelé à l’unité et à la fin de la violence, en demandant un effort collectif pour guérir le pays et construire un avenir pacifique.
Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont en conflit depuis 2016, avec des combattants séparatistes et les forces gouvernementales engagés dans une lutte violente. Le conflit a entraîné la mort de plus de 6 000 personnes, selon l’International Crisis Group, a déplacé des centaines de milliers de personnes et a détruit des moyens de subsistance.
