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“Les actions de Cho Ayaba ont franchi une ligne qu'aucun dirigeant luttant pour la liberté ne devrait jamais franchir”, Chris Anu

Suite à l'arrestation et à la détention d'Ayaba Cho Lucas, leader séparatiste camerounais en Norvège, les réactions ont afflué de la part d'autres membres du mouvement désormais fragmenté. Le mouvement a débuté en 2016 et la majorité de ses dirigeants, issus de la diaspora, se battent pour un État indépendant appelé Ambazonie.
L'un de ces dirigeants de la diaspora est Chris Anu qui a réagi dans une vidéo en disant : « Les actions de Cho Ayaba ont franchi une ligne qu'aucun dirigeant luttant pour la liberté ne devrait jamais franchir. »
Camp adverse
Capo Daniel, qui était l'homme de main d'Ayaba Cho avant sa démission il y a un an, a fait la fête, décrivant l'arrestation comme une justice pour les victimes de Guzang et de la fusillade de Nacho dans la région agitée du Nord-Ouest du Cameroun. Cho est le chef du Conseil de gouvernement d'Ambazonie (AGovC).
L'allié de Cho
Mais le vice-président de Cho, Julius Nyih, affirme qu'il dirige désormais l'Ambazonia Governing Council (AGovC), une faction séparatiste d'Ayaba Cho. Nyih a déclaré que leur lutte pour l'indépendance ne s'arrêtera pas tant que le gouvernement de Yaoundé ne sera pas écrasé. « Nous avons toujours respecté les lois et conventions internationales », a ajouté Nyih.
Mimi Méfo Infos
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IRAD-CENEEMA : le tandem pour faire reculer la dépendance alimentaire

Le Cameroun continue de consacrer des centaines de milliards de FCFA à l’achat de produits alimentaires à l’étranger. Riz, blé, maïs et huile de palme figurent parmi les filières où l’écart entre l’offre locale et les besoins reste important. En rapprochant recherche agricole, mécanisation, aménagement des terres, semences et irrigation, l’IRAD et le CENEEMA veulent accroître les capacités de production.
Les chiffres donnent la mesure du chantier. En 2024, le Cameroun n’a produit que 140 710 tonnes de riz pour un besoin estimé à 648 085 tonnes. Le déficit atteint ainsi 507 375 tonnes. Pour combler cet écart, le pays a consacré 318,5 milliards de FCFA aux importations de riz, soit une progression de 59 %. Le blé présente une situation encore plus déséquilibrée. La production locale reste marginale alors que les besoins dépassent un million de tonnes par an. En 2024, les importations de blé ont représenté 214 milliards de FCFA. Le gouvernement tente de réduire cette dépendance avec un plan triennal de 30,9 milliards de FCFA. L’ambition est de produire 180 000 tonnes de blé d’ici 2027 sur 4 500 hectares.
Le maïs offre un autre profil. Avec 2,36 millions de tonnes produites, le Cameroun se rapproche de son besoin annuel, évalué à 2,8 millions de tonnes. Le déficit existe donc, mais le problème se situe aussi dans le rendement. Les exploitations camerounaises affichent en moyenne 1,8 tonne par hectare, contre 5,9 tonnes au niveau mondial. L’huile de palme reste également déficitaire. Malgré une production de 446 984 tonnes en 2024, le pays accuse un déficit structurel supérieur à 500 000 tonnes par an. Ces écarts montrent que l’import-substitution ne se résume pas à augmenter les superficies cultivées. Le Cameroun doit surtout produire davantage sur les terres disponibles et réduire le coût de cette production.
LA RECHERCHE POUR GAGNER EN RENDEMENT
C’est sur ce terrain que l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) et le Centre National d’Étude et d’Expérimentation du Machinisme Agricole (CENEEMA) veulent rapprocher leurs compétences. Les deux organismes ont signé leur convention le 20 août 2026 à Yaoundé. Le directeur général de l’IRAD, Dr Noé Woin, présente cet accord comme un outil destiné à mieux coordonner les interventions en faveur de l’agriculture de seconde génération. « Ce partenariat entre l’IRAD et le CENEEMA qui est inauguré officiellement en ce jour (jeudi 20 août Ndlr) nous permettra ensemble de relever efficacement les nombreux défis qui interpellent notre pays », a-t-il déclaré.
La convention prévoit la mise en commun des ressources humaines, matérielles et financières. Les deux structures veulent également élaborer, exécuter et suivre des programmes de recherche conjoints. La formation fait partie du dispositif. Les personnels des deux organismes doivent renforcer leurs compétences dans la conduite des travaux de mécanisation agricole et les techniques agropastorales. Le CENEEMA apporte à cette coopération son expertise dans la mécanisation agricole. Celle-ci doit permettre aux producteurs de travailler davantage de superficies dans des délais plus courts, tout en réduisant la pénibilité du travail et, à terme, certains coûts de production. Les deux organismes prévoient de conduire ensemble des travaux dans les champs expérimentaux et sur les parcelles de démonstration de mécanisation agricole dans les cinq zones agroécologiques du Cameroun.
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SEMENCES, SOLS ET IRRIGATION AU MÊME NIVEAU
Le CENEEMA prévoit de travailler avec l’IRAD sur les études des sols, l’aménagement des terres, les champs semenciers et l’irrigation. Les deux structures doivent également intervenir sur l’ouverture des voies d’accès. Pour la directrice générale du CENEEMA, Caroline Mebande Bate, cette coopération doit permettre de moderniser l’agriculture à partir d’itinéraires techniques adaptés aux objectifs de production du pays. « Nous allons nous mettre ensemble pour moderniser l’agriculture par la recherche des itinéraires qui vont avec nos ambitions, par les études des sols », a-t-elle expliqué. Elle évoque aussi la collaboration avec l’IRAD pour exécuter les programmes d’aménagement des terres destinées aux champs semenciers et à l’irrigation, ainsi que pour l’ouverture des voies d’accès.
Le partenariat trouve déjà une application dans le Projet d’Aménagement des Terres et d’Installation des Grands Producteurs de la Plaine Centrale, connu sous le nom de Plaine Centrale Agro Parc Cameroun (PCAP). L’IRAD et le CENEEMA y sont déjà à pied d’œuvre. Pour Dr Noé Woin, ce projet constitue un cadre concret pour mettre les deux institutions au service de la politique d’import-substitution. Le PCAP concentre plusieurs des leviers inscrits dans la convention. Aménagement des terres, recherche, mécanisation et production agricole doivent fonctionner ensemble.
LE RIZ RESTE LE PRINCIPAL CHANTIER
Le riz présente toutefois un défi plus immédiat. Avec seulement 140 710 tonnes produites pour une demande de 648 085 tonnes en 2024, le pays ne couvre qu’une partie de ses besoins. Le déficit de 507 375 tonnes explique l’importance de la facture d’importation, évaluée à 318,5 milliards de FCFA cette année-là. La question devient alors celle de la capacité du système productif à augmenter rapidement les rendements et les superficies exploitées.
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LE BLÉ, LE DÉFI LE PLUS DIFFICILE
Le cas du blé est encore plus complexe. Le Cameroun produit très peu de cette céréale alors que ses besoins dépassent un million de tonnes par an. La stratégie nationale prévoit déjà une première réponse avec le plan triennal de 30,9 milliards de FCFA destiné à produire 180 000 tonnes d’ici 2027 sur 4 500 hectares. Même si cet objectif était atteint, il ne couvrirait qu’une partie des besoins nationaux. Le projet montre toutefois la logique recherchée par les pouvoirs publics. Il s’agit de tester la capacité du pays à produire localement une céréale jusque-là fortement dépendante des importations. Le travail de l’IRAD et du CENEEMA pourrait contribuer à cette dynamique par la recherche, l’aménagement des terres et la mécanisation.
LE MAÏS MONTRE LE POTENTIEL INEXPLOITÉ
Le cas du maïs illustre particulièrement bien l’enjeu de productivité. Avec 2,36 millions de tonnes produites pour un besoin de 2,8 millions, le Cameroun doit combler un déficit d’environ 440 000 tonnes. Mais le problème ne vient pas seulement du manque de superficies. Avec un rendement moyen de 1,8 tonne par hectare, les producteurs camerounais sont très loin de la moyenne mondiale de 5,9 tonnes. L’écart montre la marge qui existe en matière de semences, de pratiques culturales, de fertilisation, de mécanisation et de maîtrise de l’eau.
UNE ÉQUATION QUI DÉPASSE L’IRAD ET LE CENEEMA
Le poids économique du secteur explique l’importance de cette transformation. La filière agropastorale représente entre 15 et 20 % du PIB national selon les données citées par les deux institutions et emploie plus de 60 % de la population active. La SND30 en fait un secteur majeur de la transformation structurelle de l’économie. L’import-substitution doit donc produire un double effet : augmenter l’offre alimentaire nationale et réduire les sorties de devises liées aux importations.
Le tandem IRAD-CENEEMA peut agir sur plusieurs contraintes de production. Il ne peut cependant pas, à lui seul, résoudre les problèmes de financement, de stockage, de transformation, de transport ou de commercialisation. La réussite de cette stratégie dépendra donc de la capacité à faire fonctionner ensemble ces différents maillons. L’enjeu n’est plus seulement de produire davantage, mais de construire une agriculture capable de fournir régulièrement le marché camerounais à des coûts compétitifs.
Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 24/08/2026
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Le Cameroun réalise des progrès significatifs, selon Washington

Le Cameroun améliore son score en matière de transparence budgétaire. Dans son 2026 Fiscal Transparency Report, le département d’État américain classe le pays parmi ceux ayant enregistré des avancées remarquables en matière de transparence budgétaire au cours de la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025. « Au cours de la période examinée, le gouvernement Camerounais a réalisé des progrès significatifs en publiant en ligne, dans un délai raisonnable, sa proposition de budget de l’exécutif ainsi que son rapport de fin d’exercice », note le rapport américain. Une appréciation qui ne signifie pas que Yaoundé satisfait encore à l’ensemble des standards américains, mais qui traduit une évolution favorable dans plusieurs domaines liés à l’information et à la gouvernance budgétaires.
Le rapport, élaboré par le Bureau of Economic, Energy and Business Affairs du département d’État, examine notamment la manière dont les gouvernements rendent accessibles leurs documents budgétaires, assurent le suivi de l’exécution des dépenses publiques, publient les informations relatives à la dette et organisent le contrôle des finances publiques.
Sur ces différents indicateurs, le Cameroun a franchi plusieurs étapes. Le document précise que le gouvernement « a également publié en ligne, dans un délai raisonnable, son budget adopté et a assuré un suivi du budget tout au long de l’exercice fiscal ». Cette disponibilité des documents constitue un élément central de l’évaluation américaine. Le rapport considère par ailleurs que « le budget donnait une image globalement substantielle en incluant les principales sources de recettes et de dépenses ». Il nuance toutefois cette appréciation en relevant que les recettes et dépenses effectivement réalisées « ne correspondaient pas de manière raisonnable à celles inscrites dans le budget adopté ».
Des avancées sur la dette et les marchés publics
Autre point positif : la publication des informations relatives aux obligations liées à la dette. Selon le rapport américain, « le gouvernement a rendu publiques les informations relatives aux obligations liées à la dette et les a mises à jour chaque trimestre, y compris pour les entreprises publiques ». Une pratique qui participe à une meilleure visibilité sur les engagements financiers de l’État et des entités relevant du secteur public.
Le Cameroun est également crédité d’une bonne pratique concernant la ventilation des dépenses destinées au fonctionnement des services de l’exécutif — le document notant que « le gouvernement a ventilé les dépenses destinées au fonctionnement des services de l’exécutif ». Les informations contenues dans le budget sont, de manière générale, « jugées globalement fiables ».
Dans le secteur extractif, le rapport relève que « le gouvernement a précisé dans la loi ou la réglementation, et a semblé respecter dans la pratique, les critères et procédures d’attribution des contrats et licences d’extraction des ressources naturelles ». Des informations de base sur les attributions de contrats dans ce secteur sont également rendues publiques.
Même constat pour la commande publique. Le rapport indique que « le gouvernement a rendu publiques des informations de base sur les attributions de contrats d’extraction de ressources naturelles et sur les marchés publics ». Ces éléments constituent, aux yeux du département d’État, des indicateurs importants de transparence dans la gestion des ressources publiques et naturelles.
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Les entreprises publiques restent un point sensible
Les progrès constatés ne font cependant pas disparaître plusieurs insuffisances. L’une des principales concerne les entreprises publiques : le rapport souligne que le gouvernement « n’a pas divulgué les dotations accordées aux entreprises publiques ni les revenus qu’elles génèrent, et peu d’entreprises publiques ont produit des états financiers ».
Cette observation intervient alors que le Cameroun a engagé ces dernières années un mouvement visant à renforcer la gouvernance financière des entreprises et établissements publics.
Une évolution est toutefois intervenue après la période de référence du rapport. La campagne menée par le ministère des Finances, notamment à travers la Division des participations et des contributions, a contribué à accélérer la publication des comptes des entreprises publiques. Entre la fin du mois de juin et le mois de juillet 2026, une grande partie de ces entreprises a ainsi rendu publics ses états financiers au titre de l’exercice 2025.
Cette dynamique pourrait contribuer à répondre progressivement à l’une des préoccupations formulées par Washington : permettre aux citoyens, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux institutions de contrôle de mieux apprécier les ressources mobilisées par les entreprises publiques, les concours qu’elles reçoivent de l’État et les résultats qu’elles génèrent.
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Le département d’État formule ainsi plusieurs recommandations. Parmi les mesures que le Cameroun pourrait prendre figure celle de « détailler dans les documents budgétaires les dotations accordées aux entreprises publiques ainsi que les revenus qu’elles génèrent ». Il devrait également « supprimer les comptes hors budget ou les soumettre à un audit et à un contrôle adéquats ».
Washington recommande en outre au gouvernement de « produire et publier des prévisions budgétaires révisées, ou adopter un budget supplémentaire, lorsque l’exécution du budget s’écarte de manière significative des projections ». Une telle pratique permettrait de mieux rapprocher les autorisations budgétaires de la réalité de l’exécution.
Le contrôle externe encore à renforcer
L’autre faiblesse majeure relevée par le rapport concerne l’institution supérieure de contrôle des finances publiques. Le document est clair sur ce point : « l’institution supérieure de contrôle ne répondait pas aux normes internationales d’indépendance ».
L’appréciation américaine comporte néanmoins une nuance importante : « elle a néanmoins audité l’intégralité du budget annuel exécuté et ses rapports comportaient des constatations substantielles ». Washington recommande donc de « veiller à ce que l’institution supérieure de contrôle réponde aux normes internationales d’indépendance et ait accès à l’intégralité du budget annuel exécuté ».
Au final, le 2026 Fiscal Transparency Report dresse un bilan contrasté mais plutôt favorable pour le Cameroun. Le pays n’est pas encore présenté comme ayant atteint les standards les plus élevés de transparence budgétaire. Il est toutefois reconnu pour les progrès accomplis dans la publication des documents budgétaires, le suivi de l’exécution, la communication sur la dette, les marchés publics et les ressources naturelles.
L’enjeu est désormais de consolider ces acquis. La publication systématique des comptes des entreprises publiques, une meilleure traçabilité des flux qui les concernent, la suppression ou le contrôle effectif des comptes hors budget et le renforcement de l’indépendance de l’institution supérieure de contrôle constituent les principaux chantiers identifiés. Pour le Cameroun, le classement dans la catégorie des pays ayant réalisé des progrès significatifs constitue donc moins une fin qu’une invitation à poursuivre la réforme de la gouvernance financière publique.
Par Jean Luc FASSI
Défis Actuels du 25/08/2026
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Cameroun : le MINESEC introduit l’intelligence artificielle dans les salles de classe

Le ministère des Enseignements secondaires (MINESEC) franchit une nouvelle étape dans la modernisation du système éducatif camerounais. Réunis le 17 août 2026 au Distance Learning Centre, responsables pédagogiques, inspecteurs et enseignants ont exploré les perspectives offertes par les simulations pédagogiques assistées par l’intelligence artificielle, une innovation appelée à transformer les méthodes d’apprentissage dans les établissements secondaires du pays.
Présidée par le ministre des Enseignements secondaires, le Pr Nalova Lyonga, cette rencontre stratégique a permis de mettre en lumière les avancées réalisées par ce département ministériel dans le développement d’outils numériques capables de rendre l’enseignement plus interactif, plus concret et davantage adapté aux exigences de l’école du XXIe siècle.
UNE RÉPONSE AUX DÉFIS DE L’ENSEIGNEMENT PRATIQUE
Dans de nombreuses disciplines, certaines notions demeurent difficiles à assimiler lorsqu’elles sont abordées uniquement de manière théorique. Les contraintes liées au manque d’équipements, aux coûts élevés des laboratoires ou encore aux exigences de sécurité limitent souvent les possibilités de démonstrations pratiques en milieu scolaire. C’est dans cette optique que le MINESEC a engagé la production de simulations numériques permettant aux élèves d’observer et d’expérimenter virtuellement des phénomènes parfois complexes.
En ouverture des travaux, l’Inspecteur général des Enseignements, Adjaba Biwoli Jean Pierre, a rappelé l’importance de ces ressources multimédias dans l’amélioration des pratiques pédagogiques et dans le renforcement de la qualité des apprentissages. Grâce à ces dispositifs interactifs, les apprenants peuvent désormais visualiser des expériences scientifiques, manipuler des équipements virtuels ou encore comprendre des mécanismes difficiles à reproduire dans un cadre scolaire classique.
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UNE PRODUCTION LOCALE AUX RÉSULTATS REMARQUABLES
L’un des moments marquants de la rencontre a été la présentation effectuée par l’Inspecteur pédagogique national d’Informatique, Muluh Godson. Celui-ci a souligné la capacité de l’intelligence artificielle à accélérer considérablement la conception des contenus pédagogiques. Selon les données présentées, alors que certaines institutions académiques internationales mobilisent des investissements importants pour développer un nombre limité de simulations éducatives, le MINESEC est parvenu à produire plus de 250 simulations bilingues en quelques semaines seulement.
Ces ressources ont la particularité d’être accessibles gratuitement et utilisables sans connexion internet, un atout majeur dans un contexte où l’accès au numérique demeure inégal selon les régions. Cette approche permet non seulement de réduire les coûts de production, mais aussi d’offrir aux enseignants des outils adaptés aux réalités locales et aux programmes nationaux.
DES DÉMONSTRATIONS CONCRÈTES POUR CONVAINCRE
Pour illustrer le potentiel de cette innovation, plusieurs enseignants issus de disciplines variées ont procédé à des démonstrations en direct. Les présentations ont couvert aussi bien la chimie que les sciences de la vie et de la terre, les lettres et arts ou encore les techniques industrielles. Les participants ont ainsi découvert des simulations de réactions chimiques, des laboratoires virtuels permettant de réaliser des manipulations délicates, ainsi que des environnements numériques reproduisant des situations pédagogiques complexes.
Certaines applications permettent par exemple d’observer des phénomènes biologiques ou d’effectuer des analyses qui nécessiteraient habituellement des infrastructures spécialisées et des conditions de sécurité particulières. Afin de faciliter leur exploitation en classe, chaque simulation est accompagnée d’un guide pédagogique détaillant les objectifs, les procédures et les résultats attendus.
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L’ÉLÈVE AU CENTRE DE LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE
En clôturant les travaux, le Pr Nalova Lyonga a salué les efforts des équipes techniques et pédagogiques ayant contribué à la mise en œuvre de ce projet. Tout en encourageant la poursuite des innovations, elle a insisté sur la nécessité d’une utilisation méthodique et réfléchie de l’intelligence artificielle dans le domaine éducatif.
La ministre a notamment mis l’accent sur l’importance de la formulation rigoureuse des requêtes destinées aux outils d’IA, afin de garantir la qualité des contenus produits. Elle a également rappelé que la technologie doit demeurer un instrument au service de l’apprentissage et non une finalité en soi.
Pour le MINESEC, cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de transformation numérique de l’école camerounaise. En combinant expertise pédagogique et innovations technologiques, le ministère entend créer un environnement d’apprentissage plus dynamique, capable de stimuler la curiosité, l’autonomie et la créativité des élèves, tout en renforçant l’efficacité de l’enseignement.
À travers cette initiative, le Cameroun affirme ainsi son ambition de faire de l’intelligence artificielle un levier de modernisation éducative, au service de la réussite scolaire et de la formation des compétences de demain.
Par Yvana TELEZING
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