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Les syndicats d'enseignants anglophones appellent à la fin des attaques contre les écoles

Par David Atangana
Les professeurs d'anglais regroupés au sein du All Anglophone Teachers Trade Unions ont appelé à la fin des attaques contre les écoles dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, frappées par la crise.
Ils ont appelé à une reprise en douceur des activités académiques dans ces régions dès le lundi 9 septembre 2024, conformément au calendrier scolaire national.
Leur appel intervient alors que les combattants séparatistes anglophones menacent de mettre en place des mesures de confinement avant la rentrée scolaire.
Depuis l’escalade de la crise anglophone en 2016, les activités académiques ont été gravement perturbées dans ces régions, les attaques contre les écoles, les enseignants et les étudiants devenant fréquentes.
Le conflit armé a commencé lorsque les revendications des enseignants et des avocats concernant l'érosion des systèmes éducatifs et juridiques anglophones ont été détournées par des extrémistes prônant l’indépendance.
Cela a conduit à un boycott scolaire imposé par les séparatistes, qui ont également ciblé les acteurs de l’éducation.
Dans une lettre adressée à la population des régions anglophones, signée par le président de l’Association des enseignants du Cameroun (TAC), Tameh Valentine, et le secrétaire général du Syndicat des enseignants du Cameroun (CATTU), Sema Valentine, les syndicats appellent à une réflexion sur les effets néfastes de la stratégie de boycott scolaire.
« Nous appelons tous les acteurs de ces régions à réfléchir aux conséquences des boycotts scolaires au début de chaque année depuis huit ans », peut-on lire dans la lettre.
Les enseignants ont souligné que l’éducation, qu’ils décrivent comme « un don de Dieu », doit être protégée des attaques.
Les syndicats ont exprimé leur frustration face au fait que la cause initiale de la réforme de l’éducation dans les régions anglophones ait été avortée, avec des conséquences dévastatrices pour les étudiants et les enseignants.
« Huit ans après le début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, suite aux appels à des réformes éducatives, la situation n’a fait qu’empirer. Les attaques contre les infrastructures scolaires, les élèves et les enseignants ont poussé un système éducatif déjà fragile vers un désarroi encore plus grand », ont-ils noté.
Autres secteurs non touchés
Les enseignants ont également déploré que, même si d’autres secteurs impliqués dans les grèves de 2016 – comme la santé, l’agriculture et le système judiciaire – ont repris leurs activités, l’éducation reste assiégée.
Les avocats anglophones sont de retour devant les tribunaux même si tous leurs griefs n’ont pas été résolus.
« D’autres services – la santé, l’agriculture, les tribunaux, les commissariats de police, les ressources énergétiques et hydriques, l’urbanisme – fonctionnent dans l’arrière-pays, mais seules les écoles restent asphyxiées », observe la lettre.
Les menaces constantes qui pèsent sur les infrastructures éducatives, les élèves et les enseignants ont conduit des milliers d’enfants à perdre des années d’éducation, sans aucun espoir de rattraper leur retard.
Des centaines d’enseignants sont également incapables de remplir leurs fonctions professionnelles en raison de problèmes de sécurité.
Effets des villes fantômes
Les boycotts scolaires, combinés aux déclarations des séparatistes sur les « villes fantômes », ont eu un impact négatif significatif sur les étudiants.
Alors que les enfants dans d’autres régions du pays reprennent l’école comme prévu, ceux des régions anglophones sont obligés de commencer plus tard, ce qui perturbe les programmes scolaires.
Ils ont appelé la population des deux régions à faire un choix pour protéger et promouvoir un enseignement et un apprentissage structurés en sécurisant toutes les zones et tous les acteurs scolaires.
« Nous appelons tous les acteurs à éviter d’utiliser les écoles et les situations difficiles de la scolarité à des fins de propagande ou pour tester et promouvoir le pouvoir et l’influence », conclut la lettre.
Kate Bih a contribué à ce rapport.
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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »

Le ministre de l’Administration territoriale explique que dans le cas de la suspension du FSNC de Issa Tchiroma Bakary, le gouvernement camerounais a pris le temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et la justice se devait d’aller jusqu’au bout.
Le 27 octobre 2026, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a prononcé la suspension pour une durée de trois mois du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’opposition dirigé par Issa Tchiroma Bakary actuellement en exil.
Revenant sur les faits dans une interview accordée au journal Cameroon Tribune du jeudi 29 octobre 2026, le membre du gouvernement rappelle tout d’abord que tous les partis politiques au Cameroun se déploient en fonction des dispositions de la loi du 19 décembre 1990, régissant la liberté des associations dans le pays.
«Vous avez vécu les événements postélectoraux et les violences inouïes enregistrées avant, pendant et après le processus électoral. Dans l’article 17 de la loi que je viens de citer, il est clairement dit que le ministre chargé de l’Administration territoriale peut d’office suspendre par décision motivée pour une durée de trois mois, tout parti politique responsable de troubles graves à l’ordre public ou qui ne satisfait pas aux dispositions des articles 5,6,9,10 et11 de la loi de 1990» justifie Paul Atanga Nji.
Outre les motifs d’appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, incitation à la violence ayant occasionné des destructions des biens publics et privés, troubles graves à l’ordre public qui sont formulés dans la décision de suspension du FSNC, Paul Atanga Nji parle également d’un candidat qui s’est autoproclamé vainqueur, faisant ici référence à Issa Tchiroma Bakari.
«Il a même eu l’audace de demander aux autorités administratives et aux forces de défense de se mettre à sa disposition. Face à cette dangereuse imposture, nous avons pris notre temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et nous avons voulu que la justice aille jusqu’au bout. A partir de là, lorsque les indices concordants de culpabilité sont réunis, le Minat prends les décisions appropriées à l’encontre des contrevenants» explique le Minat.
Opportunité ou hasard de calendrier ?
A la question de savoir si la décision de suspendre le FSNC a un lien avec les élections municipales et législatives prévues pour se tenir en début d’année 2027, le Minat est péremptoire : « …je ne m’intéresse pas à ce genre de considérations. Il y a des échéances électorales, bien évidemment. Le corps électoral n’est pas encore convoqué. Il le sera le moment voulu par le chef de l’Etat qui dispose seul de cette prérogative. Mais si vous êtes fautifs, je n’ai pas besoin d’attendre les élections» explique le membre du gouvernement.
Il affirme même qu’il était temps de sanctionner ce parti politique afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir en pensant qu’après un processus électoral on peut se livrer à tous genres de dérives.
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Résilience économique : ce que l’Afrique doit copier et ne doit pas copier de l’expérience russe

Alors que Moscou a accueilli le troisième sommet Russie-Afrique les 28 et 29 octobre 2026, l’économie russe sert de cas d’école. Elle montre ce que permet la diversification des partenaires, et ce qu’elle coûte. Au-delà de la diplomatie, un enjeu s’impose : comment une économie visée par des sanctions sans précédent a-t-elle tenu, et que peut-on en tirer pour le continent africain ?
Une résilience réelle, mais risquée
Les chiffres sont impressionnants. Fin avril 2025, 28 937 restrictions non commerciales visaient la Russie, dont 92 % imposées après février 2022. Malgré cela, la croissance russe a atteint 4,3 % en 2024. Le tableau s’est depuis nettement assombri. La croissance est retombée à 1 % en 2025.
Le PIB s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2026, premier recul annuel depuis 2023, avant un rebond de 1,3 % au deuxième trimestre. La Banque centrale russe table désormais sur 0 à 1 % pour l’année. L’économie de guerre a été portée par des dépenses de défense record, près de 6,5% du PIB, mais freinée par une demande des ménages faible et un recul de l’investissement civil.
La résilience russe tient donc à une capacité d’adaptation de court terme, et non à un modèle de croissance durable. L’Afrique a intérêt à retenir les deux volets et à se méfier de l’économie de guerre.
Le pivot asiatique : réorienter, mais sans se rendre dépendant
Premier mécanisme de survie face aux sanctions occidentales : la réorientation des exportations d’hydrocarbures. Selon le vice-Premier ministre Alexandre Novak, Moscou vendait fin 2023 de 45 à 50 % de son pétrole à la Chine et environ 40 % à l’Inde. La part de la Chine dans le commerce russe a presque doublé pour atteindre 18 %, alors que la Russie ne pèse que 2,5 % dans le commerce chinois. L’Inde, de son côté, est passée de moins de 3 % à plus de 40 % de pétrole russe dans ses achats.
Leçon n° 1 : ne dépendre d’aucun client unique. Le pivot a sauvé les recettes russes, mais il a créé un risque de dépendance à l’Asie. L’Afrique, dont les échanges restent concentrés sur l’Europe, la Chine et les États-Unis, a tout intérêt à élargir son éventail de partenaires avant d’y être contrainte. Elle doit aussi éviter de remplacer une dépendance par une autre.
Dédollarisation : un outil réel, mais insuffisant
Second pilier : le règlement des échanges en monnaies locales. Selon le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov, la quasi-totalité des quelque 240 milliards de dollars d’échanges russo-chinois se règle désormais en yuans et en roubles.
Avec l’Inde, les monnaies nationales représentent environ 90 % des paiements directs, selon l’ambassadeur russe à New Delhi. Toutefois, la part du dollar dans les réserves de change des banques centrales est passée d’environ 70 % en 2000 à 58 % fin 2024, ce qui reste une érosion lente. Le yuan peine à dépasser 2 % des paiements mondiaux.
Leçon n° 2 : sécuriser des circuits de paiement alternatifs. Les pays africains disposent déjà d’un outil, le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), lancé sous l’égide d’Afreximbank et de la Zone de libre-échange continentale. Il vise à réduire le recours aux devises tierces dans les échanges intra-africains, qui plafonnent autour de 15 % du commerce du continent. Il ne s’agit pas de rejeter le dollar, mais de ne plus en être prisonnier.
Le sommet de Moscou : l’écart entre ambitions et réalité
Les chiffres du commerce russo-africain invitent à la prudence. Les échanges ont atteint 27 milliards de dollars en 2025, essentiellement avec l’Afrique du Nord. Ils sont très déséquilibrés : en 2024, la Russie a exporté 24,3 milliards de dollars vers l’Afrique et n’y a importé que 3,5 milliards. Le continent ne représente que 3,9 % de son commerce extérieur. Le blé russe couvrait environ 30 % des besoins africains.
À titre de comparaison, les échanges de l’Afrique avec l’Union européenne ont atteint 355 milliards d’euros en 2024, et avec la Chine 348 milliards de dollars en 2025. À Sotchi, Moscou s’était engagée à doubler ses échanges pour atteindre environ 40 milliards, et l’objectif n’est toujours pas atteint. Moscou vise désormais 50 à 60 milliards de dollars d’ici 2030.
Leçon n° 3 : négocier en position de force. L’Afrique n’a pas à choisir un camp. Elle peut exiger de chaque partenaire, Russie comprise, de la transformation locale, des transferts de technologie et un rééquilibrage de la balance commerciale. Concrètement, il s’agit d’engrais, de nucléaire civil, de céréales et de formation, avec des engagements chiffrés et vérifiables.
En gros, l’Afrique n’est pas sous sanctions, et la comparaison a ses limites. Le modèle russe repose sur une économie de guerre, avec ses coûts : une inflation attendue autour de 5 % en 2026 et des prévisions de croissance divisées par trois par le gouvernement. Il s’appuie aussi sur une rente énergétique que la plupart des économies africaines ne possèdent pas.
Ce qui se transpose, c’est la méthode : multiplier les partenaires, bâtir des circuits financiers de secours et protéger ses marges de manœuvre avant la crise plutôt que pendant. Pour l’Afrique, l’enjeu est moins de rejoindre un bloc que d’éviter d’avoir à dépendre d’un seul.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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Mercato : La lente mais progressive ascension d’Achille Wébo

C’est un changement pour le moins historique qui vient de s‘opérer à la tête de l’USL Dunkerque, club de Ligue 2 française. Hier 29 octobre 2026, le club du nord de la France a officialisé la promotion de Pierre Achille Wébo à la tête du club. Le Camerounais remplace à ce poste Albert Sanchez parti pour Las Palmas. Après à peine un an passé à la tête du club (il est arrivé en juillet 2025, Ndlr), l’Espagnol a trouvé mieux dans son pays, et s’est accordé avec son employeur pour rompre son contrat. Alors que l’on n’en était encore qu’aux supputations, Albert Sanchez avait évoqué le principe de «la continuité» sur la question du banc de touche. Et c’est donc son adjoint camerounais qui lui succède, «jusqu’à nouvel ordre».
C’est un nouveau chapitre dans l’écriture de l’histoire de la carrière de l’ancien Lion indomptable reconverti à l’entraînement depuis la fin de sa carrière. C’est la première fois que l’homme va prendre les commandes d’un club. Jusqu’ici, Achille Wébo n’avait été qu’entraîneur adjoint. L’homme a fait ses classes notamment dans le championnat turc, sur le banc d’Antalyaspor et d’Istanbul Basaksehir.
L’ancien attaquant de 44 ans reprend un club classé 10ème, et devra rassurer ses employeurs en maintenant le cap, ou à défaut en améliorant le rang du club. Le premier test aura lieu ce soir en déplacement à Rodez, 14ème au classement. Du comportement du nouveau patron du banc de touche dépendra la suite, notamment sa confirmation à la tête du club.
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