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Marché de la BEAC : avec 853,3 milliards sollicités en 2023, le Cameroun émet son plus gros volume de titres en 5 ans

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Marché de la BEAC : avec 853,3 milliards sollicités en 2023, le Cameroun émet son plus gros volume de titres en 5 ans
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(Investir au Cameroun) – Le rapport d’activités de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) révèle qu’au cours de l’année 2023, l’État du Cameroun a émis des titres publics d’un montant de 853,3 milliards de FCFA sur le marché sous-régional des valeurs du Trésor. Avec 751,8 milliards de FCFA sollicités auprès des investisseurs, les bons du Trésor assimilables (BTA), qui sont des titres de créance de court terme (12 mois de maturité au plus), dont le but est de permettre de mobiliser des financements destinés à gérer des tensions ponctuelles de trésorerie, ont été les instruments les plus utilisés par l’État du Cameroun en 2023.

Sur la même période, apprend-on de la même source, le Cameroun n’a émis que pour 105,6 milliards de FCFA d’obligations du Trésor assimilables (OTA) sur le marché des titres de la BEAC. Il s’agit du plus petit volume émis en 5 ans sur cette catégorie de titres, dont la particularité est d’être assortis de maturités allant de 2 ans à 10 ans. Ce qui en fait des valeurs du Trésor plus adaptées à la recherche des financements destinés à la réalisation des projets d’infrastructures.

Si le document de la BEAC reste muet sur le montant des financements effectivement mobilisés auprès des investisseurs au terme de ces opérations de levées de fonds, l’analyse des données compilées par la banque centrale des six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) révèle qu’en 2023, le Cameroun a émis son plus gros volume de BTA et OTA sur le marché de la BEAC des cinq dernières années. Jusqu’ici, c’est l’année 2021 qui détenait le record, avec des émissions de titres d’un montant de 834,9 milliards de FCFA. Le nouveau record établit au cours de l’année 2023 témoigne des besoins de financements de plus en plus croissants, notamment pour gérer les tensions de la trésorerie publique.

Cependant, en dépit du dynamisme du Trésor camerounais pour la mobilisation des financements sur le marché de la BEAC en 2023, le pays n’a pas été le plus gros emprunteur sur ce marché. Le Cameroun ne pointe qu’à la 2e position, derrière le Gabon. En effet, selon les données de la BEAC, le Gabon a émis des titres publics pour 1054,2 milliards de FCFA en 2023, dont 576,5 milliards de FCFA d’OTA et 477,7 milliards de FCFA de BTA. Les émissions de titres congolais, elles, ont cumulé 826,3 milliards de FCFA, dont 721,4 milliards de FCFA de BTA.

Au total, le Cameroun, le Congo et le Gabon, qui sont les principaux animateurs du marché sous-régional des titres publics depuis son lancement en 2011, ont émis des valeurs d’un montant total de près de 2464 milliards de FCFA en 2023. Ce qui représente 60,3% du volume global des titres émis sur ce marché au cours de la période sous revue.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

29-07-2024 – Marché de la Beac : en 6 mois, le Cameroun paye plus de 8 milliards de FCFA d’intérêts sur ses emprunts de long terme

30-08-2024 – Marché des titres de la BEAC : le Cameroun rembourse plus de 700 milliards de FCFA d’emprunts en 2023

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Filière lait : le PNUD appuie la transformation locale face à un déficit national de plus de 120 000 tonnes

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Filière lait : le PNUD appuie la transformation locale face à un déficit national de plus de 120 000 tonnes
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(Investir au Cameroun) – Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entend accompagner le Cameroun dans la transformation locale du lait, alors que la production nationale reste très inférieure à une demande estimée à plus de 300 000 tonnes par an. Cette coopération doit porter sur le montage de projets, l’amélioration de la collecte et de la conservation ainsi que le renouvellement générationnel au sein des communautés pastorales.

L’engagement a été évoqué le 23 juillet 2026, lors d’une rencontre entre le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, et le représentant résident du PNUD au Cameroun, Mathieu Ciowela.

Les échanges ont porté sur une assistance technique à la préparation de projets, l’appui à la transformation du lait local et la préparation d’une relève au sein des communautés d’éleveurs. Le partenariat vise à corriger plusieurs faiblesses structurelles qui limitent encore la production et la commercialisation des produits laitiers camerounais.

Un déficit supérieur à 120 000 tonnes

Selon les données du ministère de l’Élevage, la production nationale de lait a atteint 176 618 tonnes en 2023, contre 173 907 tonnes en 2022, soit une progression précise de 1,6 %, généralement arrondie à 2 %.

Face à une demande intérieure supérieure à 300 000 tonnes par an, le déficit théorique dépasse 120 000 tonnes. Cet écart est en partie couvert par les importations de lait, de poudre et d’autres produits laitiers.

D’après l’Institut national de la statistique, cité parBusiness in Cameroon, le pays a consacré 40,6 milliards de FCFA à l’importation de 20 596 tonnes de lait et de produits laitiers en 2023. Les industries auraient parallèlement importé 17 217 tonnes de lait en poudre ou concentré, pour 35 milliards de FCFA.

Ces deux montants ne doivent toutefois pas être automatiquement additionnés : les importations industrielles de poudre et de lait concentré peuvent déjà être comprises dans la catégorie plus large du lait et des produits laitiers.

Collecte, chaîne du froid et transformation

L’appui du PNUD devrait porter sur l’amélioration des systèmes de collecte, de conservation et de transformation, le renforcement des capacités des éleveurs, des collecteurs et des unités de transformation, ainsi que l’adoption de technologies modernes.

La faiblesse de la chaîne du froid reste l’un des principaux obstacles au développement du secteur. Une partie du lait produit dans les bassins d’élevage ne peut être rapidement acheminée vers les centres de consommation ou les unités industrielles. L’insuffisance des équipements de conservation provoque ainsi des pertes après la traite et réduit les volumes commercialisés.

À ces contraintes s’ajoutent les faibles rendements de nombreuses races bovines, le coût de l’alimentation animale, la dispersion des producteurs et le nombre limité d’unités de transformation à proximité des zones de production.

Le développement de centres de collecte équipés, de moyens de transport réfrigérés et de petites unités de pasteurisation pourrait mieux connecter les éleveurs aux industries et aux marchés urbains.

Un plan de 305,7 milliards de FCFA jusqu’en 2035

Le gouvernement considère la filière laitière comme un axe de sa politique d’import-substitution. Au-delà de la réduction de la facture extérieure, une transformation accrue du lait local pourrait créer des débouchés pour les éleveurs, les transporteurs, les collecteurs et les entreprises agro-industrielles.

En juin 2024, le Cameroun a adopté un plan de développement du secteur laitier évalué à 305,7 milliards de FCFA pour la période 2024-2035. Il ambitionne de porter la production nationale à plus d’un million de tonnes à l’horizon 2035.

Cet objectif suppose de multiplier par près de six le niveau de production enregistré en 2023. Sa réalisation dépendra de la mobilisation effective des financements, de l’amélioration génétique du cheptel, du développement des cultures fourragères et de la construction d’infrastructures de collecte et de transformation.

L’intervention annoncée du PNUD pourrait aider à structurer certains projets et à renforcer leur viabilité technique et commerciale. Aucun montant, calendrier d’exécution ou portefeuille précis d’investissements n’a toutefois encore été communiqué.

Mercy Fosoh

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