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SIARC 2024 : l’artisanat camerounais sur la voie de la digitalisation

Pour cette édition, « il s’agit de jeter les bases d’une transformation digitale accélérée de l’artisanat au Cameroun », a déclaré Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes entreprises, de L’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), lors du point de presse qu’il a donné à cette occasion le 19 juillet dernier à l’esplanade du Musée national. Du 22 au 31 juillet prochain, 800 artisans venus non seulement des 10 régions du pays, mais également d’une vingtaine d’autres pays africains vont exposer leur savoir-faire à l’esplanade du Musée national de Yaoundé dans le cadre de la 8e édition du Siarc. Pour cette biennale, la Tunisie est le pays invité d’honneur. Le choix de ce pays s’est opéré du fait de « son expertise avérée dans la créativité artisanale mais surtout de son arrimage réussi aux mutations digitales dans le secteur de l’artisanat », justifie Achille Bassilekin III. Le membre du gouvernement s’est fixé un objectif audacieux atteindre au moins la barre des 15000 visiteurs », a-t-il projeté. Ce chiffre, bien au-delà des éditions précédentes, souligne la volonté du gouvernement de faire du Siarc l’événement incontournable de l’artisanat en Afrique centrale.
Cette foire de dix jours se tient dans un contexte où l’artisanat camerounais, bien qu’il soit un pilier de l’économie locale, est confronté à de nombreux défis : les crises sécuritaires, et la concurrence des produits étrangers entre autres. Pour relancer ce secteur, le gouvernement camerounais, a mis en place des politiques visant à promouvoir un artisanat compétitif et performant. Il s’agit entre autres de mettre en place un cadre efficace pour l’éclosion de l’artisanat afin d’atteindre les objectifs de croissance économique fixés par la Snd-30 qui a prévu de porter la part du secteur secondaire dans le PIB à 36,8% à l’horizon 2030 ; porter la valeur ajoutée manufacturière de 14,5% en 2017 à 25% en 2030, porter la part des exportations des produits manufacturiers à 54,5%. Les artisans sont à cet effet invités à mieux se vendre et de développer leurs activités à l’échelle nationale et internationale. Pour le Minpmeesa, l’urgence est aux « changements fondamentaux dans les modes de fonctionnement, de production, de transformation de nos unités de production industrielles ou artisanales, car il est question pour ces dernières de gagner en compétitivité, en agilité, afin d’améliorer leur productivité et leur contribution dans la création des emplois, la création des richesses et surtout l’amélioration de notre PIB. »
INNOVATIONS : JOURNÉES PATRIMONIALES RÉGIONALES…
Au rang des innovations, la présente édition va également donner lieu à l’organisation des journées patrimoniales régionales. « Il s’agira chaque jour, de mettre en lumière une région qui pourra ainsi, non seulement présenter son patrimoine artisanal, mais aussi et surtout les spécificités propres à chacune des régions. Et cela permettra également, et nous escomptons, que les artisans auront l’opportunité d’écouler leurs produits. Parce qu’une chose est de produire, une autre est celle de vendre », explique le Minpmeesa.
Le membre du gouvernement fait ainsi appel au grand public pour que « les artisans qui viendront ne repartent pas avec leurs produits. Qu’on puisse acheter tous ces produits pour qu’ils soient stimulés davantage dans leur production artisanale », exhorte-til. Le Siarc 2024 sera aussi l’occasion de découvrir un pavillon entièrement consacré à la normalisation et à la certification des produits artisanaux. Parallèlement, des ateliers pratiques de trois jours permettront aux participants d’acquérir de nouvelles compétences dans des métiers tels que la peinture, la fabrication de produits de beauté naturels et la coiffure, pour une approche plus professionnelle de l’artisanat.
LES JOURNALISTES CULTURELS APPELÉS A LA RESCOUSSE DE L’ARTISANAT
Lors du point de presse, le ministre des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat a insisté sur l’importance de la promotion de la culture et de l’artisanat camerounais. Aux journalistes de la presse culturelle : « nous attendons de vous que vous amplifiez ce message, que vous appeliez le grand public et que vous sensibilisiez davantage nos compatriotes à la chose culturelle, » a déclaré le ministre. Il a exprimé son rêve de voir les espaces publics ornés de tableaux et de sculptures, déplorant le manque d’objets culturels et artisanaux dans les foyers camerounais. Le ministre a rappelé que c’est dans cette optique que Paul Biya, président de la République a décidé de doter le territoire national d’infrastructures pour la promotion de l’artisanat. Il a insisté sur la nécessité de développer et de consolider la relation avec les journalistes spécialisés dans le secteur culturel pour renforcer la sensibilisation du grand public sur les enjeux culturels et l’importance de consommer des produits artisanaux camerounais. « Nous souhaitons développer, consolider cette relation avec les journalistes spécialisés dans le secteur culturel pour davantage renforcer cette sensibilisation du large public sur les enjeux culturels et la nécessité de consommer des produits artisanaux camerounais, » a-t-il conclu.
Réaction
Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes entreprises, de L’Economie sociale et de l’Artisanat
« La mobilisation du gouvernement est totale pour offrir des opportunités à nos artisans »
Il faut dire que s’il y a un produit dont la nature nous a richement doté, c’est le bois. Dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, ce secteur a été identifié comme un pilier essentiel pour accélérer la transformation économique structurelle de notre pays. En termes de recettes d’exportation, de création d’emplois et de richesses locales, le potentiel de ce secteur est énorme. Sur le plan réglementaire, il existe aujourd’hui une disposition qui impose de consacrer au moins 30% de la commande publique à la consommation et à l’acquisition de produits locaux. Ce travail de sensibilisation des ordonnateurs publics à la commande locale des produits transformés, notamment ceux issus du bois, est une réalité. La Banque mondiale a récemment présenté un rapport sur le recours à la commande publique avec l’implication des très petites entreprises et des artisans, recommandant cette approche.
La mobilisation du gouvernement est totale pour offrir des opportunités à nos artisans dans ce secteur. Cependant, le secteur du bois nécessite des équipements de séchage, la formation des artisans et l’acquisition de savoir-faire en matière de design. Ces aspects sont essentiels pour la chaîne de valeur, et des ateliers réguliers sont organisés avec le concours de certaines administrations publiques pour consolider l’utilisation des produits issus de la transformation locale du bois. Consommer du « Made in Cameroon » permet d’exploiter de manière optimale cet atout naturel. Le Cameroun compte plus de 300 essences de bois, ce qui justifie les réformes entreprises par le gouvernement pour développer à la fois la production artisanale et industrielle autour de la filière bois.
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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.
La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.
Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.
Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.
DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.
La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.
Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.
Portrait
Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.
Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.
En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.
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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.
Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.
Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.
Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.
Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.
Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.
Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.
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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).
Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.
L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.
Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.
Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.
La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.
UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE
Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.
Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.
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