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Grand Nord : plus de 600 milliards de FCFA de projets routiers, mais plusieurs chantiers restent sous 6 % d’exécution

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Grand Nord : plus de 600 milliards de FCFA de projets routiers, mais plusieurs chantiers restent sous 6 % d’exécution
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(Investir au Cameroun) – Le ministère des Travaux publics présente sous un jour favorable l’évolution des grands chantiers routiers financés avec la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale et l’Union européenne dans le Grand Nord. Mais derrière les avancées mises en avant par Emmanuel Nganou Djoumessi dans une note d’information publiée le 29 septembre 2026, le document technique examiné lors de la revue des projets fait apparaître des retards importants sur plusieurs axes.

Selon le ministre, les projets concernés dans l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua représentent 709 km de routes, dont 449 km sur la Nationale n°1, partie du corridor Douala-N’Djamena. Leur financement cumulé dépasse, selon le MINTP, 600 milliards de FCFA.

Le décalage entre l’état des chantiers et la présentation du ministère apparaît notamment sur la route Ngaoundéré-Garoua, longue de 242 km. Emmanuel Nganou Djoumessi affirme que l’évaluation a permis de constater que« les entreprises sont bien mobilisées sur les cinq sections du projet ». Il relève le démarrage de la production des granulats et des terrassements entre le pont Salah et le pont sur la Bénoué, tandis que les bases-vie et les concasseurs sont en cours d’installation sur d’autres sections.

Le document de revue consulté par Investir au Cameroun montre cependant qu’aucun des cinq lots ne dépassait 5 % d’exécution physique. Les entreprises avaient parallèlement déjà perçu environ 30,5 milliards de FCFA d’avances de démarrage. Sur trois lots, les missions de contrôle n’étaient pas encore mobilisées.

Des délais consommés à près de 80 %

La situation est également tendue sur le Projet d’aménagement territorial de l’Extrême-Nord. La note ministérielle estime que les travaux sur les axes Maroua-Moutourwa, Magada-Guidiguis et Guidiguis-Yagoua« connaissent quelques avancées, avec le démarrage des travaux de chaussée ».

Les données examinées lors de la revue donnent une mesure plus précise de ces avancées : les trois lots affichent des taux d’exécution compris entre 14 % et 34 %, alors qu’environ 80 % des délais contractuels ont déjà été consommés. Des avenants de prolongation sont en préparation et les livraisons sont désormais attendues entre janvier et février 2027.

Le ministre a lui-même demandé aux entreprises et aux missions de contrôle d’accélérer les travaux à la fin de la saison des pluies et de présenter des chronogrammes d’achèvement pour des ouvrages« qui doivent être livrés dans les délais ».

Sur la route Maroua-Bogo-Pouss, le MINTP met notamment en avant l’achèvement de la section Bogo-Guirvidig, longue de 32 km, le bitumage de près de 6 km de voirie à Bogo et la construction des berges du Mayo Doumou.

Mais le ministère reconnaît que la poursuite du projet dépend désormais de la trésorerie. L’achèvement des travaux, indique la note,« est adossé aux paiements des décomptes des entreprises ». Le MINTP, le ministère de l’Économie et la BAD conduisent les procédures destinées à débloquer ces paiements.

La note ne précise pas la situation de la section Guirvidig-Pouss, dont le taux d’exécution ressort à 42 % dans le document de revue. Celui-ci fait également état de plus de 12,5 milliards de FCFA dus aux entreprises chinoises CGCOC et Xinjiang depuis la clôture du prêt de la BAD, fin 2024.

Près de 192 milliards de FCFA de marchés encore au démarrage

Autre dossier suivi : la réhabilitation du corridor Mora-Dabanga-Kousseri, long de 210 km et financé par la Banque mondiale. Pour Emmanuel Nganou Djoumessi, le projet« enregistre de bons points dans l’ensemble ». La section Mora-Tchakamari, longue de 22 km, est achevée et l’entreprise finalise la signalisation.

La situation est beaucoup moins avancée sur les quatre autres sections. D’après le ministère, l’examen des chronogrammes« laisse entrevoir le démarrage des travaux de terrassement et de construction des ouvrages hydrauliques à la fin de la saison des pluies ».

Ces marchés, signés en début d’année pour près de 192 milliards de FCFA, n’affichaient pourtant que 1 % à 6 % d’exécution lors de la revue.

La note ministérielle reconnaît plusieurs contraintes : les retards de paiement sur la route Bogo-Pouss, la libération des emprises sur l’axe Ngaoundéré-Garoua et un« environnement sécuritaire préoccupant »sur la section Tchakamari-Waza-Kousseri. Emmanuel Nganou Djoumessi indique également que« quelques mises en demeure »ont été adressées aux entreprises intervenant sur le corridor Mora-Dabanga-Kousseri.

Au terme de la revue, le ministre a demandé un suivi renforcé des chantiers, le respect des délais et l’application des prescriptions contractuelles. Des comptes rendus publics de la réunion indiquent également que le MINTP a prescrit la mise en demeure des entreprises insuffisamment mobilisées et l’application des pénalités prévues en cas de retard.

Ludovic Amara

Lire aussi :

25-09-2026-Ngaoundéré-Garoua : 30 milliards de FCFA d’avances versées, aucun lot au-delà de 5 % de travaux

27-09-2026-BTP : les entreprises chinoises captent 66 % des 465 milliards de FCFA de chantiers routiers dans le Grand Nord

28-09-2026-Extrême-Nord : les routes du PAT s’enlisent, les chantiers restent sous 35 % à quatre mois des échéances

25-09-2026-Route Maroua-Bogo-Pouss : la clôture du prêt BAD laisse 12 milliards de FCFA d’impayés aux entreprises chinoises

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le Cameroun veut réactiver les comités de vigilance face à Boko Haram

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le Cameroun veut réactiver les comités de vigilance face à Boko Haram
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Le Cameroun s’apprête à relancer les comités de vigilance communautaires dans la région de l’Extrême-Nord, dans le cadre d’efforts renouvelés pour renforcer la lutte contre les insurgés de Boko Haram.

Cette décision a été évoquée mardi 29 septembre 2026 à Maroua, lors d’une réunion sur la sécurité présidée par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, et le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo. La rencontre a rassemblé des autorités administratives ainsi que de hauts responsables de la défense et de la sécurité afin d’évaluer la dégradation de la situation sécuritaire dans la région.

Joseph Beti Assomo a souligné le rôle crucial joué par les comités de vigilance en soutien aux forces de sécurité régulières, notamment au début de l’insurrection de Boko Haram au Cameroun, à partir de 2014. Les membres de ces comités fournissaient des renseignements locaux, signalaient aux forces de sécurité les mouvements suspects et aidaient à identifier les insurgés qui connaissaient bien les communautés où ils opéraient.

Le gouvernement souhaite désormais réactiver ces comités, dont les activités ont marqué le pas ces derniers mois. Des consultations sont en cours avec les autorités administratives pour faciliter leur relance effective au sein des communautés touchées.

Ce regain d’intérêt pour les comités de vigilance intervient alors que l’Extrême-Nord continue de subir des attaques liées à Boko Haram, dans un contexte marqué par une crise humanitaire persistante et le déplacement de populations civiles.

Selon les autorités, ces comités ont vocation à compléter — et non à remplacer — l’action de l’armée, de la gendarmerie et de la police, en fournissant des informations au niveau local ainsi que des systèmes d’alerte précoce.

Les membres de ces comités ont payé un lourd tribut au cours du conflit ; plusieurs d’entre eux ont trouvé la mort alors qu’ils prêtaient main-forte aux forces de sécurité et défendaient leurs communautés.

Le gouvernement cherche donc à rétablir ce qu’il considère comme un volet communautaire essentiel de sa stratégie de sécurité, en s’appuyant sur le rôle que ces comités ont joué au début de l’insurrection de Boko Haram.

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David Pagou sans détour après le nul du Cameroun : « Lilian et Tchamba pouvaient faire mieux »

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Le Cameroun a laissé filer deux points à Brazzaville. Accrochés par le Congo (1-1) au Stade Alphonse Massamba Débat, les Lions Indomptables ont dû se […]

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Après le reportage sur Me Zeifman, le CNC suspend Vision 4 pour un mois et Martial Owona pour 6 mois

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Après le reportage sur Me Zeifman, le CNC suspend Vision 4 pour un mois et Martial Owona pour 6 mois
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Le Conseil national de la communication (CNC) du Cameroun a suspendu la chaîne privée Vision 4 pour une durée d’un mois, intensifiant ainsi un différend avec la station qui a déjà pris une tournure judiciaire.

Cette décision a été prise le mardi 29 septembre, lors de la 48e session extraordinaire de l’organe de régulation à Yaoundé. Le Conseil a également suspendu Philippe Boney, directeur des médias de Vision 4, de l’exercice de la profession de journaliste pour un mois, et a porté de trois à six mois la durée de la suspension du journaliste Martial Owona.

Ces nouvelles sanctions découlent en partie d’un reportage diffusé le 2 juin par Martial Owona au sujet de Me Félicité Esther Zeifman, avocate représentant la famille du journaliste assassiné Martinez Zogo. Le CNC avait précédemment jugé que ce reportage contenait des propos portant atteinte à la dignité de Me Zeifman et avait suspendu Martial Owona pour trois mois en août.

L’organe de régulation a indiqué mardi que Vision 4 n’avait pas appliqué la sanction précédente et que certains de ses responsables n’avaient pas répondu aux convocations pour comparaître devant le Conseil.

Philippe Boney a fait l’objet d’une sanction distincte en raison de propos qui lui ont été attribués lors de l’émission *Club d’Élite* du 30 août, lesquels ont été considérés par le CNC comme une remise en cause de son autorité.

Cette dernière décision intervient alors que le différend opposant Martial Owona à l’organe de régulation a été porté devant la justice. À la suite de sa suspension initiale de trois mois, le journaliste a engagé une procédure judiciaire visant le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu. Une convocation judiciaire enjoint à ce dernier de comparaître devant une chambre d’instruction à Ngoumou le mercredi 30 septembre.

L’affaire a ainsi ouvert une voie judiciaire parallèle, alors même que le CNC continue d’exercer ses pouvoirs de régulation à l’égard de Vision 4 et de ses journalistes.

La dernière mesure prise par le CNC porte la suspension de Martial Owona à six mois, tout en imposant une suspension de diffusion d’un mois à Vision 4 et une suspension professionnelle d’un mois à Philippe Boney.

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