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Cameroun : 14 milliards FCFA de CAFI pour financer une agriculture sans déforestation

Le financement de 24,57 millions de dollars accordé par la Central African Forest Initiative à IDH, une organisation spécialisée dans le développement de chaînes de valeur agricoles, pour son nouveau dispositif au Cameroun ne sera pas débloqué en une seule fois. Les décaissements suivront l’avancement du programme, les premiers engagements du secteur privé et, surtout, les résultats environnementaux vérifiés. Une approche qui fait des performances réalisées une condition du financement.
Au Cameroun, le financement de l’agriculture durable change de logique. Les 24,573 millions de dollars approuvés par la Central African Forest Initiative (CAFI) le 21 janvier 2026 pour le projet porté par IDH ne constituent pas une enveloppe disponible en une seule fois. Près de 14 milliards de FCFA seront libérés progressivement, au gré de conditions précises.
IDH a annoncé le 15 septembre 2026 la mise en place de son « Investment & Payment for Environmental Services Hub ». Le dispositif doit rapprocher les entreprises agricoles des sources de financement et orienter davantage de capitaux vers des chaînes de valeur sans déforestation. Le mécanisme vise les PME, les grandes coopératives et les entreprises agricoles qui peinent à franchir le seuil séparant la microfinance du crédit bancaire classique.
IDH interviendra avant le passage devant les financeurs. L’organisation apportera une assistance technique, travaillera sur les modèles économiques et préparera les entreprises à l’investissement. Elle pourra également injecter du capital catalytique remboursable. Elle mettra ensuite les entreprises en relation avec les banques, les institutions de microfinance, les investisseurs et les acheteurs.
Le dispositif ne constitue donc pas une garantie bancaire. En cas de défaut d’une entreprise, IDH ne se substituera pas au débiteur pour rembourser la banque. Les établissements financiers et les investisseurs conserveront leur propre analyse du risque et décideront librement de financer ou non les projets présentés.
UNE PREMIÈRE TRANCHE DE 2,5 MILLIARDS
Le financement de CAFI est réparti en trois tranches. La première représente 4,481 millions de dollars, soit environ 2,5 milliards de FCFA. Son décaissement est lié à la signature du document de projet.
La deuxième tranche porte sur 12,190 millions de dollars. Elle représente près de 6,9 milliards de FCFA. Son versement est prévu au premier trimestre de la deuxième année de mise en œuvre. IDH devra cependant franchir plusieurs étapes avant d’y accéder. L’organisation devra avoir rendu opérationnels les mécanismes d’assistance technique et de capital d’amorçage. Elle devra également faire valider par un organisme indépendant une méthodologie destinée à vérifier les résultats.
Le système de suivi des paiements pour services environnementaux de CAFI devra aussi être adapté. Le secteur privé devra, lui aussi, commencer à répondre présent. Au moins une entreprise de cacao devra avoir signé un contrat de soutien financier au programme de paiements pour services environnementaux. Une autre devra avoir signé une lettre d’intention.
Le Hub devra en outre avoir attiré au moins quatre investisseurs dans son réseau d’affaires et d’investissement. Dix entreprises potentielles devront avoir été évaluées en vue d’un accès au mécanisme de capital d’amorçage. Ces exigences montrent que CAFI ne finance pas seulement la mise en place d’une structure. Le bailleur veut mesurer sa capacité à produire des opérations concrètes et à susciter l’engagement des investisseurs.
JUSQU’À 4,5 MILLIARDS LIÉS À LA PERFORMANCE
La troisième tranche porte sur 7,904 millions de dollars, soit environ 4,5 milliards de FCFA. Elle constitue la partie la plus directement liée à la performance environnementale. Son décaissement est prévu au deuxième trimestre de la quatrième année de mise en œuvre. Il dépendra des résultats enregistrés au cours des trois premières années.
Un premier seuil financier devra être franchi. Les engagements matérialisés par des contrats ou des lettres d’intention avec des entreprises privées devront atteindre au moins 6,701 millions de dollars. Ce montant équivaut à environ 3,8 milliards de FCFA.
Il correspond au financement demandé à CAFI pour le volet consacré aux paiements pour services environnementaux. Le montant restant dépendra des performances effectivement constatées. CAFI prévoit un calcul fondé notamment sur le nombre d’unités de résultats validées et le montant attribué à chacune. Dans ce système, un hectare n’a donc pas uniquement une valeur foncière ou agricole. Il peut devenir une unité permettant de mesurer une performance environnementale.
Sont notamment concernés les hectares d’agriculture sans déforestation, d’agroforesterie, de reboisement, de régénération ou de conservation forestière. Une vérification indépendante devra confirmer ces résultats. Si elle conclut à une performance « faible », aucun versement de cette troisième tranche à IDH ne sera effectué. Le risque financier ne disparaît donc pas. Il change de place. Le programme doit d’abord démontrer sa capacité à atteindre les objectifs fixés avant de prétendre à la totalité des ressources prévues.
IDH DOIT ENCORE MOBILISER 16,5 MILLIARDS
Les 14 milliards de FCFA apportés par CAFI ne représentent qu’une partie de l’ambition financière du programme. IDH vise la mobilisation de 29 millions de dollars supplémentaires d’ici 2030. Soit environ 16,5 milliards de FCFA. Ces ressources devront provenir de financeurs privés, climatiques et d’acteurs liés aux paiements pour services environnementaux. Il s’agit d’un objectif de mobilisation. Cet argent n’est donc pas encore acquis.
L’enjeu économique se situe précisément à ce niveau. Le financement public doit servir de levier pour faire entrer davantage de capitaux privés dans les chaînes de valeur agricoles sans déforestation.
Le programme devra également accompagner la mise en œuvre de pratiques agricoles vérifiées comme sans déforestation et résilientes au changement climatique sur 9 950 hectares d’ici 2030. À cela s’ajouteront 7 000 hectares destinés au boisement, au reboisement, à la régénération naturelle assistée ou à la protection des forêts.
LE GRAND MBAM COMME PREMIER TERRAIN
Le volet consacré aux paiements pour services environnementaux démarrera dans le Grand Mbam. Le principe repose sur une rémunération liée à des résultats environnementaux vérifiés. Agriculteurs et communautés pourront recevoir des paiements en fonction des pratiques mises en œuvre. L’agroforesterie, le reboisement et la protection des forêts figurent parmi les activités concernées.
Le mécanisme introduit ainsi une logique économique nouvelle. La conservation et la restauration des écosystèmes deviennent des activités susceptibles de générer des revenus lorsqu’elles produisent des résultats mesurables. CAFI et IDH comptent utiliser les enseignements de cette première expérience pour envisager une extension du mécanisme à d’autres zones du Cameroun et, à terme, du bassin du Congo.
Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 16/09/2026
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Entrepreneuriat : 2,8 milliards FCFA disponibles pour 1 300 projets

C’est dans le cadre du Fonds de garantie aux jeunes entrepreneurs. Le Fonds de garantie aux jeunes entrepreneurs (Fogajeune) va accorder une attention particulière aux postulants jeunes ex-combattants issus des centres de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.
Le comité national du Fonds de garantie aux jeunes entrepreneurs (Fogajeune) a tenu sa 4ème session ordinaire le mardi 28 octobre 2026 à Yaoundé. La structure sous l’égide du ministère de la Jeunesse et de l’éducation civique (Minjec) va injecter 2,8 milliards FCFA pour soutenir 1 300 projets portés par les jeunes.
«Nous allons encourager les jeunes à se rapprocher rapidement des encadreurs ou des accompagnateurs pour que les dossiers soient mis en forme et transmis aux institutions financières pour le déblocage des financements» a indiqué Jean Dupleix Dogmo, président du comité national de crédit et de garanti du Fogajeune, invitant les jeunes par la même occasion les promoteurs concernés à accélérer la préparation de leurs dossiers.
Comme critères d’éligibilité, les porteurs de projets doivent être âgés entre 15 et 35 ans et inscrits à l’Observatoire national de la jeunesse. Les différents postulants vont au préalable bénéficier d’un réarmement moral, civique et entrepreneurial. La sélection retiendra les projets les plus pertinents, innovants et en adéquation avec les priorités nationales.
Lors des travaux, Valérie Gara Nina, chef du département des opérations au Fogajeune a expliqué que les initiatives liées aux filières prioritaires à l’instar de la pêche et de la culture du maïs et du soja seront privilégiées.
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Garoua-Boulaï : Le HCR installe un poste avancé d’état civil

L’infrastructure vient mettre fin aux longues distances et aux délais contraignants dont les populations de cette partie du pays font l’objet.
La commune de Garoua-Boulaï, département du Lom-et-Djerem dans la région de l’Est Cameroun dispose désormais d’un poste avance de l’état civil. C’est grâce à un partenariat entre les autorités locale et le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR). L’édifice a été inauguré le 9 octobre 2026 au centre polyvalent du HCR.
L’objectif est de faciliter l’accès aux actes de naissance pour les réfugiés et les populations locales, pour une inclusion effective. Le nouveau poste de l’état civil vient mettre fin aux longues distances et aux délais contraignants en approchant l’état civil des bénéficiaires.
Ousmanou Saladoudine, président des réfugiés de Garoua-Boulaï s’est dit satisfait et a indiqué que «Nos enfants naissent ici, mais sans papiers, ils restent invisibles. Ce bureau est une porte ouverte vers la reconnaissance. Désormais, nous savons que leur avenir sera protégé par une identité légale».
Pour Guy René Dagbo, responsable par intérim du bureau du HCR à Bertoua, l’enregistrement des naissances est un acte fondateur qui garantit aux enfants le droit à l’éducation, à la santé et à la protection.
Au Cameroun, selon les chiffres officiels, environ 1 enfant sur 3 (soit près de 33 %) est privé d’acte de naissance, et plus de 7 millions de citoyens au total ne disposent pas de ce document d’identité légale. L’absence de ce document essentiel pour l’accès à l’éducation, à la santé et à d’autres services publics, touche particulièrement les zones rurales et les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
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Sécurité sociale au Cameroun : Le système fera l’objet d’un audit

Le pays à du mal à s’arrimer aux exigences de la Conférence internationale de la prévoyance sociale (CIPRES).
Le Cameroun envisage d’étendre sa couverture sociale à au moins 50% de sa population active dans le cadre de sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).
Malheureusement, cette ambition reste confrontée à des défis majeurs, à l’instar de la faible couverture des travailleurs du secteur informel, les contraintes liées à la soutenabilité financière des régimes, le renforcement de la gouvernance institutionnelle ainsi que la nécessité d’assurer la conformité du système aux normes et standards internationaux, en particulier aux exigences de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES).
C’est dans ce contexte que le gouvernement envisage de disposer d’une évaluation globale, objective et prospective de son système national de sécurité sociale, afin d’identifier les réformes prioritaires susceptibles d’améliorer sa performance, sa résilience et son efficacité. Pour cette opération, le pays va injecter 17 millions FCFA.
Grégoire Owona, ministre en charge du Travail et de la sécurité sociale a récemment lancé un avis d’appel d’offres national ouvert, en vue du recrutement d’un cabinet chargé de réaliser la revue du système de sécurité sociale au Cameroun. Le communiqué du membre du gouvernement précise que le délai maximum d’exécution des prestations fixé par le maître d’ouvrage pour la réalisation du projet est de 60 jours calendaires.
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