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Cameroun-Royaume-Uni : le commerce chute de 32 %, le stock d’IDE britanniques atteignait 75 milliards FCFA fin 2024

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Cameroun-Royaume-Uni : le commerce chute de 32 %, le stock d’IDE britanniques atteignait 75 milliards FCFA fin 2024
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(Investir au Cameroun) – Les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Royaume-Uni ont fortement reculé au cours des douze mois achevés en mars 2026. Ils se sont établis à 242 millions de livres sterling, soit environ 185 milliards de FCFA, en baisse de 32 %, ou 114 millions de livres, sur un an, selon la dernière fiche sur le commerce et l’investissement entre les deux pays, publiée le 31 juillet 2026 par le gouvernement britannique.

À titre de comparaison, sur l’ensemble de l’année civile 2025, le commerce bilatéral avait atteint 321 millions de livres, en hausse de 17,2 % par rapport à 2024. Ces deux périodes se chevauchent toutefois et ne constituent pas deux exercices successifs directement comparables.

Sur les douze mois à fin mars 2026, les exportations britanniques vers le Cameroun ont diminué de 23,7 %, à 87 millions de livres. Les importations britanniques en provenance du Cameroun ont reculé plus fortement, de 36 %, à 155 millions de livres. Le Royaume-Uni a ainsi enregistré un déficit commercial de 68 millions de livres avec le Cameroun, contre 128 millions un an plus tôt.

La contraction est presque entièrement concentrée sur les marchandises. Le commerce de biens a diminué de 111 millions de livres, soit 48,9 %, pour tomber à 116 millions. Les échanges de services n’ont reculé que de 3 millions, ou 2,3 %, à 126 millions. Les services représentaient ainsi 52,1 % du commerce bilatéral sur la période, contre 47,9 % pour les biens.

Les achats de pétrole camerounais chutent de 67,4 %

Dans le détail des échanges de marchandises, dont les données par produit sont publiées sur une base non désaisonnalisée, le recul le plus marqué concerne le pétrole brut. Sur les douze mois à fin mars 2026, les achats britanniques de brut camerounais ont atteint 37,2 millions de livres, soit environ 28,4 milliards de FCFA, en diminution de 67,4 % sur un an. Les importations de bois et liège ont également baissé de 18,1 %, à 20,9 millions de livres.

D’autres produits camerounais ont en revanche progressé. Les importations britanniques de fruits et légumes ont augmenté de 37 %, à 22,8 millions de livres. Celles de café, thé, cacao et produits assimilés ont progressé de 60,1 %, à 4,5 millions de livres. Les achats de caoutchouc brut ont augmenté de 49 %, à 1,4 million de livres.

Du côté britannique, les principales catégories de marchandises exportées vers le Cameroun restent de faible montant. Les ventes de boissons et tabac ont atteint 3,5 millions de livres, en hausse de 82,5 %. Les exportations de voitures se sont établies à 3 millions de livres, en progression de 4,6 %, tandis que les machines industrielles générales ont représenté 2,2 millions de livres, en baisse de 1,8 %.

La part britannique dans les importations camerounaises tombe à 1,1 %

Le recul récent des échanges intervient après une forte diminution de la part du Royaume-Uni dans les importations camerounaises. Selon les données compilées par le Department for Business and Trade à partir de l’ONS et de la Cnuced, la part britannique dans les importations totales de biens et services du Cameroun est passée de 2,7 % en 2023 à 1,1 % en 2024.

La baisse a été particulièrement marquée dans les services, où cette part est tombée de 8,5 % à 3 %. Pour les marchandises, elle a reculé de 0,8 % à 0,5 %. Ces données portent sur 2024 et ne doivent donc pas être directement assimilées à la contraction du commerce observée sur les douze mois à fin mars 2026.

La relation commerciale reste par ailleurs marginale à l’échelle du Royaume-Uni. Sur les douze mois à fin mars 2026, le Cameroun était son 128e partenaire commercial et représentait moins de 0,1 % de ses échanges totaux.

En 2025, environ 300 entreprises britanniques enregistrées à la TVA avaient exporté des marchandises vers le Cameroun et environ 100 en avaient importé. Ces chiffres sont arrondis à la centaine et excluent notamment les opérateurs dont les déclarations se situent sous les seuils statistiques douaniers retenus par HM Revenue & Customs.

Le stock d’IDE britanniques atteint 98 millions de livres fin 2024

Le recul récent du commerce contraste avec l’évolution du stock d’investissements directs britanniques au Cameroun. À fin 2024, celui-ci atteignait 98 millions de livres, soit environ 75 milliards de FCFA, en progression de 10,1 %, ou 9 millions de livres, par rapport à fin 2023.

Il s’agit du stock accumulé d’investissements directs à cette date, et non du montant de nouveaux investissements réalisés pendant l’année. Le Department for Business and Trade définit ce stock comme la valeur cumulée des investissements antérieurs, nette des désinvestissements.

À l’inverse, le stock d’investissements directs camerounais au Royaume-Uni atteignait 3 millions de livres à fin 2024, soit environ 2,3 milliards de FCFA. Sa variation par rapport à 2023 était nulle ou inférieure à 500 000 livres. Le stock britannique au Cameroun était ainsi près de 33 fois supérieur.

La fiche britannique ne détaille ni les entreprises ni les secteurs à l’origine de la hausse de 9 millions de livres du stock d’IDE entre fin 2023 et fin 2024. Elle ne permet pas non plus d’établir si cette progression s’est poursuivie en 2025 ou en 2026.

Amina Malloum

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OM : Faris Moumbagna poussé vers la sortie, le mercato de janvier en ligne de mire

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pourquoi son combat pour la paix reste d’actualité cinq ans après sa mort

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Cinq ans après son décès, une journée de commémoration, instaurée par le Fon de Nso, remet en lumière le message du défunt cardinal — axé sur le dialogue, la justice et la réconciliation — ainsi que le défi que représente la mise en pratique de ces principes.

Lorsque le Fon de Nso, Sehm Mbinglo Ier, a rencontré l’archevêque de Douala, Samuel Kleda, cette semaine, leur échange a revêtu une portée qui dépasse la simple rencontre entre un chef traditionnel et un dignitaire religieux. Cette entrevue a permis de braquer à nouveau les projecteurs sur l’héritage du cardinal Christian Wiyghan Tumi, dont les dernières années furent marquées par des efforts visant à trouver une solution pacifique à la crise anglophone.

Le Fon a décrété le dimanche 25 octobre 2026 « Journée d’hommage au cardinal Tumi », appelant à prier pour le défunt cardinal ainsi que pour une paix durable, la justice et la réconciliation au Cameroun. Cette initiative fait suite à des rencontres communautaires organisées à Douala et à un dialogue destiné à favoriser l’unité au sein de la communauté Nso. Les églises et les fidèles musulmans ont également été invités à se joindre à ces prières.

Au-delà de la commémoration, cet événement soulève une question qui demeure complexe pour le Cameroun : les idées défendues par le cardinal Tumi peuvent-elles guider un pays toujours en quête d’une résolution durable de son conflit ?

Un cardinal qui a prôné le dialogue

Né à Kikaikelaki, près de Kumbo, dans la région du Nord-Ouest, Tumi est devenu le premier cardinal camerounais lorsque le pape Jean-Paul II l’a élevé au Collège des cardinaux en 1988. Il a par la suite exercé les fonctions d’archevêque de Douala, avant de prendre sa retraite en 2009. Il est décédé le 3 avril 2021, à l’âge de 90 ans.

Son rôle dans la sphère publique ne se limitait pas à l’Église catholique. Il s’exprimait ouvertement sur la gouvernance, la corruption, la démocratie et les droits humains, devenant un fervent partisan du dialogue à mesure que la crise anglophone s’intensifiait.

En 2019, le cardinal Tumi a lancé une initiative de paix d’envergure nationale pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, durement touchées par le conflit. Il a souligné que la crise ne pouvait être résolue par de simples déclarations religieuses ou des condamnations, insistant sur le fait que la paix exigeait des actions concrètes sur le terrain.

Cette distinction demeure au cœur de son héritage : pour Tumi, la paix ne se résumait pas à la simple absence de combats. Ses démarches ont notamment consisté à mobiliser les communautés, à recueillir des avis sur les causes de la crise et à plaider en faveur d’une conférence plus large, au sein de laquelle les anglophones pourraient débattre de leurs griefs et des solutions envisageables.

La conférence générale des anglophones, telle qu’elle avait été envisagée, n’a finalement pas eu lieu. Cette initiative témoignait néanmoins de sa conviction qu’un conflit enraciné dans des griefs d’ordre politique, historique et culturel exigeait bien davantage que de simples mesures sécuritaires ou des appels à l’unité.

Quand plaider pour la paix comportait des risques

L’engagement de Tumi en faveur du dialogue a été mis à l’épreuve en novembre 2020, lorsqu’il a été enlevé, aux côtés du Fon de Nso, par des séparatistes armés alors qu’ils circulaient dans la région du Nord-Ouest. Tumi a été libéré après avoir passé une nuit aux mains de ses ravisseurs.

Lors de cet événement, il a clairement fait savoir qu’il ne parlait pas au nom du gouvernement et qu’il dénoncerait les exactions, quel qu’en soit l’auteur. Sa position reflétait l’indépendance qu’il jugeait nécessaire pour les chefs religieux lorsqu’ils sont confrontés à l’injustice.

Cet épisode a également mis en lumière les risques encourus par ceux qui tentent d’ouvrir un espace de dialogue en plein conflit armé. Malgré les menaces et la détention, Tumi a continué de plaider pour un règlement pacifique.

Dans un message adressé après son décès, le pape François a salué la défense de la démocratie et la promotion des droits humains par Tumi, qualifiant d’inoubliable l’empreinte qu’il a laissée sur l’Église ainsi que sur la vie sociale et politique du Cameroun.

Du devoir de mémoire à l’action concrète

La décision du Fon de consacrer la journée du 25 octobre à la mémoire de Tumi offre l’occasion de se pencher à nouveau sur le message du cardinal. Toutefois, les commémorations ne suffisent pas si les valeurs célébrées ne se traduisent pas par des efforts durables.

Pour les communautés touchées par le conflit anglophone, la question demeure très concrète : comment rétablir la confiance entre des populations divisées ?

L’approche de Tumi suggère que les initiatives de paix doivent prendre en compte les griefs et le vécu des personnes affectées, plutôt que de se limiter à des déclarations formulées loin du terrain. Elle implique également, pour les dirigeants, une responsabilité : celle d’être à l’écoute, de reconnaître les torts commis et de rechercher des solutions qui dépassent les intérêts politiques immédiats.

Cela ne signifie pas pour autant que le dialogue puisse, à lui seul, résoudre tous les désaccords. Tout processus de paix significatif doit nécessairement aborder les enjeux de sécurité, la question des responsabilités, la protection des civils ainsi que les problématiques politiques au cœur du conflit. L’héritage de Tumi constitue un cadre de réflexion, et non une solution toute faite.

Un héritage qui interpelle les vivants

La rencontre entre le Fon de Nso et l’archevêque Kleda, ainsi que l’instauration d’une journée de commémoration, ont ramené le nom de Tumi au cœur du débat public. Cet hommage revêt également une dimension personnelle : le Fon et le cardinal ont tous deux vécu l’épreuve d’un enlèvement en 2020, et Tumi avait soutenu le retour du Fon au palais de Nso.

Pour la communauté Nso, cette commémoration honore l’un de ses fils les plus éminents. Pour l’Église catholique, elle rappelle la figure d’un dirigeant qui a su conjuguer foi et responsabilité publique. Pour le Cameroun, plus largement, elle soulève une question : les valeurs qu’il a défendues peuvent-elles contribuer à surmonter les divisions ?

Alors que le Cameroun se souvient du cardinal Tumi en ce 25 octobre, son appel à la paix demeure un défi lancé aux vivants : il ne s’agit pas seulement de parler de réconciliation, mais de démontrer ce qu’elle exige concrètement.

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Cameroun : Le « banc d’attente » du pouvoir face à l’immobilité des élites de l’ère Biya

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Le débat sur le renouvellement de la classe politique au Cameroun a de nouveau été mis en lumière par une intervention du chroniqueur Blériot Nyemeck […]

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